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  • PoLésie (2)

    rame, rame, rameurs, ramez

       I

    - Dis, c'est encore loin la Polésie ?
    - Tais-toi et rime !

     

       II 

    Lume rémanente et sidérale
    le jour n'y est pas le jour que l'on sait
    occultant des nuitées l'ombre partiale
    aucun contour n'en bornera jamais
    l'immensité

    Vertige intense où peuvent se commettre
    du beau du laid l'effarement des sens
    et l'étrange expérience de renaître
    à éprouver des béates jouissances
    la vérité

    Fantaisie insolente et curative
    où la bouche est à l'oeil comme une main
    venue calmer des suées maladives
    qu'une autre fièvre instaure du chemin
    la liberté

     

       III 

    Tue, même d'un mot la peur au ventre
    je trouverai la force de le dire

    Tu m'aimes d'un mot, j'aime l'entendre
    et n'ai d'autre repos que ton sourire

     

       IV

    Je vous écris de Polésie où je séjourne
    avant que mes yeux de la vie ne se détournent
    j'y ai retrouvé quelque ami que j'ai cru mort
    mais réside et demeure ici au bout du port

    Il m'assure qu'on est ici plus que vivant
    il me semble qu'il ait raison contre le Temps
    de là pourquoi je vous adresse ces nouvelles
    je pense que je vais rester, mon hirondelle

    m'appelle.

    oups !
    P.S. : c'est manifeste, je reste.

     

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

    I guess I just wasn't made for these times

  • l'amante religieuse

    (à Poupoune)


    Ses doigts effilés
    aux ongles soignés
    caressaient au front sa coiffure

    Ses yeux révulsés
    de chat satisfait
    trahissaient presque sa mesure

    Juste sous la mouche
    un pli de sa bouche
    esquissait un vague sourire

    Un calme serein
    lui donnait le sein
    libre et léger dans le soupir

    D'obscures fragrances
    enivraient les sens
    de l'amante religieuse

    L'abandon d'un jour
    sonnait sans détours
    le glas des amours désastreuses

    L'ombre se faisait
    l'écrin velouté
    d'un triomphe plus féroce

    Les doigts effilés
    aux ongles soignés
    maintenant caressaient l'os.

    gnin hin hin

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK - tiki#49
    pour le thème hebdomadaire des Impromptus Littéraires

  • natures fortes

    Deux tableaux se font face
    l'un grisonnant, l'autre vivace ;
    ce qui se passe entre eux
    - je l'observe, ne saute pas aux yeux
    et comme ils parlent peu
    il me faut deviner leur dialogue discret

    Le naturel de l'un semble incommoder l'autre
    dont le sourcil arqué, torse, froissé, se vautre
    sous la paroi exsangue du front inquiet
    grogne, rogne à la base du nez la trogne
    d'un coup de griffe de jais

    appelons-le Visage
    (malgré son teint de pitre)

    Une France de rois pourrait mener sa courre
    par les allées du bois que celui-là présente
    à travers les frimas une frondaison lente
    révoque le regain de plus franches amours
    dans l'or timide et pâle d'une aube naissante

    nommons-le Paysage
    (d'ailleurs, c'est dans le titre)

    Comme tout les oppose
    je ne sais pas trancher où va ma préférence
    à cette austère pose ? à ces luminescences ?
    je n'ose... je balance...

    Tu m'es plaisant, Visage, avec ta mine sombre
    il y a du ridicule à ta colère noire,
    tandis que ta tristesse nourrit quelque espoir
    forêt de Paysage où s'effacent les ombres

    Je ne veux pas choisir, laisse ouverte la porte
    et mon âme bondir dans ces natures fortes.

     

    allee-foret-241205.jpg

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    (à paraître dans l'abécédaire poLétique)

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • l'heure avait le front noir...

    l'heure avait le front noir et or
    à en courber l'échine
    l'automne et ses rapines
    dépouillaient nos grands frères

    les nuées se livraient encore
    à quelque horrible fête
    on y tranchait les têtes
    dans des éclats de rire

    et moi de contempler le spectacle sauvage
    comme un autre à la plage regarde ses pieds

    un capiteux parfum d'été
    engluait l'atmosphère
    il vous coulait de l'air
    jusque sous la pelure

    des incantations débridées
    mugissaient à folir
    ou priaient d'un soupir
    que l'eau mouche la terre

    et moi j'applaudissais la venue sur les Maures
    de madame La Mort et tous ses nains mauvais

    la ruée s'abattit brutale
    tapotant sur les tuiles
    changeant le sol en huile
    ruinant les capillaires

    cette chevauchée magistrale
    s'écriait : ville prise !
    arrachant aux chemises
    l'opacité mature

    et moi de savourer toujours
    de l'orgie cathartique
    les foudres énergiques
    m'inspirait de l'amour.

    eclairs006.gif
    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (paru dans l'abécédaire poLétique - adjectifs)
  • porte close feinte

    Porte close vibre

    Oh ! mon amour, mon bel amour
    viens, je t'en prie
    et vois ce que j'ai là pour toi
    ce que j'ai pris

    Elle est à toi comme jamais
    je ne le puis
    c'est une tendre fleur des bois
    que j'ai cueillie

    Porte close geint

    Oh ! mon amour, mon bel amour
    veux-tu entendre
    de ma douleur le chant qui te dit
    viens me prendre

    Oh, mon seigneur ! Oh, mon malheur !
    Oh, ma lubie
    ne reste pas aveugle et sourde
    à ma folie

    Porte close nuit

    Oh ! mon soleil, mon doux réveil
    mon cher festin
    vois combien mon souffle est pareil
    à ton destin

    Oh, mon idole ! Oh, mon école
    des Enfers
    poison de mon sang qui s'affole
    je t'espère

    Porte close feint

    Ah, mon fidèle ! Ah, mon cruel
    te voilà donc
    Ah ! mon néant, tu m'ensorcelles
    Cupidon !

    Ah, mon bonheur ! Ah, mon ardeur !
    Ah, ma furie !
    Ah, mon adorable grenouille
    au fond du puits.

    Gaena_please.jpg

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    (à paraître dans l'abécédaire poLétique)

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    inspiré par les photographies de Gaëna Da Sylva
    extraites de sa CHAMBRE NOIRE 

    grenouille_granit.jpg