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littérature

  • Où dense le menu est

    gullinapo.jpg

    Quand je vis le menu, je compris ma douleur
    car mon allure ici n'était à la hauteur
    ni ne rivalisait de loin avec ce gnome
    qui m'aurait recouvert, bras ballants, de sa paume.

    D'entre tous ces géants, même le plus petit
    me prenant pour son animal de compagnie
    n'eût besoin de quelconque entrave ni de lien
    pour m'aller promener au soir avec ses chiens.

    Et moi, venu la veille encor de Lilliput,
    doutant que mon périple eût jamais d'autre but
    que d'éprouver mon nom par force humilité,

    à défaut de raison, c'est en moralité
    que je devais juger de tout le nécessaire ;
    comme il n'est de saison que ne régule hiver.

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#74

    Illustration : James Gillray, Le roi de Brobdingnag et Gulliver (1803) ; caricature de Georges III et Napoléon Bonaparte.

  • l'heure avait le front noir...

    l'heure avait le front noir et or
    à en courber l'échine
    l'automne et ses rapines
    dépouillaient nos grands frères

    les nuées se livraient encore
    à quelque horrible fête
    on y tranchait les têtes
    dans des éclats de rire

    et moi de contempler le spectacle sauvage
    comme un autre à la plage regarde ses pieds

    un capiteux parfum d'été
    engluait l'atmosphère
    il vous coulait de l'air
    jusque sous la pelure

    des incantations débridées
    mugissaient à folir
    ou priaient d'un soupir
    que l'eau mouche la terre

    et moi j'applaudissais la venue sur les Maures
    de madame La Mort et tous ses nains mauvais

    la ruée s'abattit brutale
    tapotant sur les tuiles
    changeant le sol en huile
    ruinant les capillaires

    cette chevauchée magistrale
    s'écriait : ville prise !
    arrachant aux chemises
    l'opacité mature

    et moi de savourer toujours
    de l'orgie cathartique
    les foudres énergiques
    m'inspirait de l'amour.

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    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (paru dans l'abécédaire poLétique - adjectifs)
  • verbes hauts (abc)

    adorer :
     Il n’est pas d’ici ou d’ailleurs rien que j’adore
     plus que ton pas venant à moi dans le silence
     ainsi qu’en ce moment tout ce à quoi je pense
     est contenu dans ce feulement que j’implore

     Il n’est pas d’avant ni d’après que cette vie
     où le soleil ne luit que pour créer ton ombre
     et la nuit dévoile ces étoiles en nombre
     pour éclairer ton rêve où s’abreuve la pluie

     Toute chose reste sans nom sans ta parole
     rien d’agréable qui ne vaille ton sourire
     auprès de toi l’arbre entend comme l’on respire
     la vérité même semble être à bonne école

     Dire que tu m’es tout n’est rien
     si ton destin n’est pas le mien
     je m’en retourne avec les chiens dans la ruelle
     
     Et quand tu sortiras le tien
     trottinant au bout de son lien
     je dirai aux miens : ma maîtresse, c’était elle.
    ; vouer une passion, un culte à quelque objet qui nous occulte.
    - J'adore les huîtres : on a l'impression d'embrasser la mer sur la bouche [Léon-Paul Fargue].

    briquer :
     Allons, briquons, mon bon ami
     ci les marches du palais rose
     la Madelon a tant servi
     qu’on y a pissé quelque chose

     Et si l’on doit pousser demain
     la populaire chansonnette
     aucune rose, c’est certain
     ne s’y lerrait conter fleurette

     Fi qu’on nous tienne pour des cons
     gardons sauf notre bel adage
     selon quoi tout finit chanson
     ménageons point notre courage

     Il en va de la Nation
     comme de la paix des ménages
     Allons, mon bon ami, allons
     briquons ! briquons !
    ; tâcher de me rendre tout ça tout propre et en moins d’deux, je veux !
    - La porte a parlé (…) On l'a nettoyée, briquée, graissée, huilée partout où on pouvait. On a versé du pétrole dans la serrure et on lui a laissé le temps de comprendre. [Claude Ponti].

    caresser :
     D’espoir on ne caresse pas
     plus que du doigt ne touchera
     la vérité des anges

     Mais que cela n’empêche pas
     qu’on espère et recherche la
     compagnie de l’étrange
    ; imiter de la main (ou tout autre pareil aimable) le vent dans la fourrure pour apprivoiser de l’autre l’être, procéder de même de l’esprit sur l’idée (ou toute autre pareil objet).
    - Ses mains avaient remué premièrement, et elles lui avaient rendu le sentiment de son corps en se portant sur ses petits seins, en caressant son ventre avec amitié, en parcourant tout le beau domaine lisse dont il lui semblait qu'elle s'était retirée pour se concentrer uniquement dans sa tête. " je ne me hais pas", avait-elle pensé encore [André Pieyre de Mandiargues].

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • verbes hauts (def)

    donner *:
     Nuage, sans visage et sans nom
     tu forces mon admiration
     je te contemple et je voyage
     sur tes volutes de coton
     je m'obstine à te reconnaître
     à te nommer, à te faire être
     monstre, divagation
     en abusant à ton passage
     mon imagination volage

     Nuage, clé des songes
     presse ma vue comme une éponge

     Nuage, rêve en plein jour
     donne à mon esprit libre cours
    ; faire exactement le contraire du mondain qui reçoit.
    - Les dames donnent, c’est leur nom en italien, / L’une qui laisse voir une mouche à son sein, / L’une qui marche comme on danse ou l’on encense… [Marcel Thiry].

    espérer :
     Porte close vibre

     Oh ! mon amour, mon bel amour
     viens, je t'en prie
     et vois ce que j'ai là pour toi
     ce que j'ai pris
     
     Elle est à toi comme jamais
     je ne le puis
     c'est une tendre fleur des bois
     que j'ai cueillie

     Porte close geint
     
     Oh ! mon amour, mon bel amour
     veux-tu entendre
     de ma douleur le chant qui te dit
     viens me prendre

     Oh, mon seigneur ! Oh, mon malheur !
     Oh, ma lubie
     ne reste pas aveugle et sourde
     à ma folie
     
     Porte close nuit
     
     Oh ! mon soleil, mon doux réveil
     mon cher festin
     vois combien mon souffle est pareil
     à ton destin
     
     Oh, mon idole ! Oh, mon école
     des Enfers
     poison de mon sang qui s'affole
     je t'espère
     
     Porte close feint
     
     Ah, mon fidèle ! Ah, mon cruel
     te voilà donc
     Ah ! mon néant, tu m'ensorcelles
     Cupidon !
     
     Ah, mon bonheur ! Ah, mon ardeur !
     Ah, ma furie !
     Ah, mon adorable grenouille
     au fond du puits
    ; remettre à plus tard ce que l’on souhaite à présent.
    - Il faut signaler que l'âme humaine, qu'elle soit bantoue ou de la ferme Desmonchel (Villiers d'Écaudart, Haute-Normandie) est la même partout, j'espère que tout le monde le sait [Fred Vargas].

     

    fleurir :
     Elle a germé entre nos doigts ta nouvelle assurance
     quand j’ai laissé ta main sur moi éprouver mon désir
     et que nous avons accordé de pleines résonances
     nos mouvements et nos élans sans craindre de folir

     Elle a fleuri entre nos doigts ta liberté nouvelle
     quand j’ai laissé ta main sur toi promener à plaisir
     et regagner parmi la soie le précieux hydromel
     avant de partager la joie d’aller le recueillir

     Maintenant tu goûtes des fruits dorés à même l’arbre
     les saveurs et le jus sertis dans son plateau de chair
     et prends de l’atmosphère et l’ombre et tout le charme

     Et je sais que dès aujourd’hui je ne suis que poussière
     craignant de n’être déjà plus demain l’objet des larmes
     qu’à l’issue du vacarme, je t’arrachais naguère.
    ; faire éclater une brillante promotion à la boutonnière.
    -…il créa une rose dont la forme et la couleur varient d’heure en heure et qui ne vit qu’une journée. elle fleurit encore en Angleterre. Les Anglais la nomment Yesterday [René Barjavel].

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

     

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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

  • verbes hauts (ghi)

    gémir :
     Patientes patientes,
     dans la salle d’attente
     la petite Flore et sa mère…
     l’une un bonbon à la menthe
     l’autre une lèvre amère
     bien en bouche, bien en chair.

     - Entrez, entrez, fait le bon docteur,
     asseyez-vous, mets-toi donc ici ;
     raconte-moi ton malheur,
     il n’en est pas de petit.

     L’enfant ne dit mot, la mère parle
     - C’est, gémit-elle, que mon Charles
     l’a vue plantant dans le jardin
     une croix de fer de ses mains
     et mugissant tout à la ronde :
     « Ci-gît c’monde ! Ci-gît c’monde ! »
    ; exprimer son malaise, un violon grinçant dans la voix.
    - Chaque fois que les gens découvrent son mensonge, / Le châtiment lui vient, par la colère accru. / " Je suis cuit, je suis cuit ! " gémit-il comme en songe. // Le menteur n'est jamais cru. [Alphonse Allais].

    hypothéquer :
     Sur le fleuve un hippopotame
     évolue dans son élément
     plus aisément que vous, madame
     auprès de votre amant

     Il est Américain, madame,
     quand vous êtes Française
     et ne quitte sa chaise
     que pour voler votre âme

     Il ignore que son base-ball
     lui vient de notre thèque
     et croit que les Aztèques
     ont envahi la Gaule

     Je vois que vous l’aimez, madame
     pour ce qu’il vous délivre
     de ces mots de vos livres
     la puissance des flammes

     Lors - vous y revenez toujours,
     la bibliothèque est
     où vous hypothéquez
     d’autres folles amours

     Près du fleuve l’hippopotame
     s’ébroue et marche pesamment
     que n’êtes vous tentée, madame
     d’en faire autant ?
    ; gager d’aujourd’hui le présent à l’usure pour un cadeau futur.
    - Il faut mesnager la liberté de nostre âme et ne l’hypothéquer qu’aux occasions justes [Montaigne].

    inonder :
     l’ombre ayant tant molli
     ces jours derniers
     elle inonde la cour
     et son pavé

     je t’y attends toujours
     mon seul et bel amour
     accroupi sur le mur voisin

     et la nuit qui s’installe
     accuse encor le mal
     de n’être jamais qu’un gamin.
    ; verser à l’excès dans n’importe quoi (pour le seul plaisir de se mouiller ?).
    - O sang frais du matin inonde mon visage / Homme jamais aimé demeure mon tourment / Je cherche dans ma nuit des rêves de mon âge / Qui me rendra jamais mon butin de froment ? [René-Guy Cadou].

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK