29.03.2009

un samedi plus tôt

mêmpôkopExceptionnellement, je publie ici un texte dévolu au site d'écriture ludique animé par Papisatche, Janeczka, Val et Walrus : Le défi du samedi. D'habitude, je réserve l'exclusivité de mes participations à cette floppée de scribouilleurs décontractés du clavier (où l'on croise aussi quelques familiers des Impromptus Littéraires). Mais là...

Le texte qui suit prolonge la quête fantasque et onirique du Pas-Que-Beau, mon sous-marin sous les toits, lancé (pas vu, pas pris) sur les flots, à travers les chimers et les océantiques, à la recherche de Mû, le continent (pas) perdu (pour tout le monde). Alors...

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Consigne de Défi : Vous êtes chez le psy, confortablement installé sur un divan ; vous décrivez un endroit qui vous est agréable...

Avant-propos :

Dans mon sous-marin sous les toits
y pas d' divan, y a un sofa !
entrez, pensées me demander :
- vasistas, mon vieux ?
je réponds d'eux
- pas mieux…

J'y vais naviguant à loisir
entre l'un ou l'autre, délires
où je me vautre en mien plaisir avéré

Dans mon sous-marin sous les toits
il y a de quoi embrasser
des ciels de nuit aux vents légers ;
les nuages sont des îlots
qui me font signe de là-haut, à la surface
que je soupçonne dégueulasse

J'y entreprends un lent voyage
cherchant un continent perdu
sur l'océan, vers les rivages de Mû

Dans mon sous-marin sous les toits
œuvre un équipage fidèle
qui sait démêler les ficelles
des ces ablutions oniriques
amarrées à mes dialectiques fantasques
mariant Thésée à la Tarasque

J'y ramènerai la sirène
dont le chant courant par le monde
guide et vient calmer sur les ondes ma peine

Dans mon sous-marin sous les toits
baignés d'une lumière orange
flottent des appétits étranges
qui se nourrissent peu à peu
au rythme libre et hasardeux de mon dit
célébrant le bel aujourd'hui

J'y épouserai de mes yeux
tes yeux amoureux, ma sirène
et nous ferons de notre haleine un feu de dieu!

immersion périscopique

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

15.03.2009

Gaëna da Sylva, photographe (le site)

"pare ce que vois"
www.gaenaphotographie.com
Au sortir de La Chambre Noire,
ne manquez pas le site professionnel
de Gaëna da Sylva
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 par ce que voient
les yeux de Gaëna
une autre voix s'élève

au fond du bois
vapeur dans les frimas
comme au mi-temps du rêve :

" pare ce que vois
d'un regard délicat,
voile de sacolève ;
que jamais ne s'achèvent
l'instant ni l'au-delà,
Gaëna da Sylva " 

- tiniak -
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©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

01.12.2008

umbrellas

paVupApRi

Pour cette 360ème note, je m'offre un interview, tiens. hop!

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DUKOU ZUMIN &ditions Twalesk : tiniak, cela fait maintenant bientôt deux ans que vous vous produisez sur cet espace numérique 'pavupapri', pouvez-vous nous en rappeler sommairement l'intérêt selon vous ?

tiniak : sommairement ?... la rencontre amoureuse.

DUKOU ZUMIN &ditions Twalesk : 'pavupapri' est pourtant très éloigné des sites de rencontres tels qu'on se les figure, et tels qu'ils prospèrent sur la "toile"...

tiniak : alors, je précise : ... la rencontre amoureuse dans un espace virtuel. je ne cherche pas à rencontrer physiquement les internautes vers qui je vais ou qui parviennent jusqu'à moi. même si nombre de mes écrits ont pour objet la chair, le plaisir de la chair et comment on s'en sert pour continuer de vivre, je ne suis intéressé que par l'esprit qui anime ce qui se passe, surtout sur la toile... même si, bien des fois, je fais appel au charnel, au contenant de chair, de désir et de sang qui porte cet esprit - cet esprit inconnu tant que je ne l'ai pas vu.

DZ&T : une rencontre virtuelle donc, mais dans ce cas, expliquez-nous comment s'opère cette rencontre et à quoi elle tient.

tiniak : un des partis pris sur 'pavupapri' consiste à allier le texte et l'image dans une correspondance subjective : ma lecture de l'image. cela résulte d'un processus que je laisse à d'autres le soin de rattacher à ceci, à cela, et aux etc. moi, je parle de provocation. une image me provoque, elle appelle un commentaire de ma part. parfois, ce commentaire est intérieur (et je le garde pour moi), le plus souvent, j'éprouve le besoin de livrer ce commentaire au vu et au su de qui veut s'en saisir... à commencer par celle ou celui qui a créé l'image. de ce fait, mon interprétation de l'image initiale lui offre une publicité nouvelle.

DZ&T : 'pavupapri' serait donc une sorte de lieu prescripteur de productions artistiques ?

tiniak : si vous voulez... donc, non! ce n'est pas là qu'est mon intention première ni même finale. si on va par là, je m'inscris davantage dans une démocratisation de l'art, tel que l'ont rêvée les précurseurs du pop-art. c'est-à-dire qu'il n'y a chez moi aucune querelle de l'ancien et du moderne. en revanche, je réfute obstinément tout élitisme comme tout académisme et tous les mots en -isme que l'on rattache aux actes créatifs ou à leurs créateurs. pour moi, voyez-vous, Impression, soleil levant restera un tableau magnifique et n'aura pas d'autre mouvement que celui de l'âme.

DZ&T : vous conviendrez donc vouloir et pouvoir affirmer vos prétentions artistiques au moyen de 'pavupapri'. vos écrits ont des prétentions littéraires que n'ont pas d'autres sites de rencontre... (rires partagés)

tiniak : bien sûr! mon support de prédilection ici, c'est l'écriture. mais je suis aussi musicien. et parfois, les images m'inspirent des ambiances musicales ou des chansons. mais, pour en revenir au caractère "prescripteur" de cet espace, je le définirais plutôt comme un prolongement d'impressions - enfin, surtout pour ce qui à trait à la correspondance texte/image. en prolongement, oui. à ma façon je prolonge la proposition imagée. j'emploie les mots, mon plaisir des mots. d'autres personnes l'exprimeraient sans doute autrement et pas nécessairement avec des mots... imaginez un peu, si tout le monde faisait pareil, disons, dans un musée. chaque oeuvre donnerait lieu à un joyeux foutoir, non ?
eh bien, toute personne passant par ici, voyant une image, s'arrêtant dessus, lisant le texte qui y est associé, participe selon moi d'un prolongement fécond. la pérennité de l'art sera toujours assurée par celles et ceux qui y trouvent une nécessité. de quelque endroit de l'acte artistique qu'ils se placent, se sont ces personnes qui prolongent l'art. j'en suis.

DZ&T : et vous vous placez donc des deux côtés ?

tiniak : oui... oui, bon, puisqu'on s'est compris, on peut se dire "tu" maintenant ?

DZ&T : d'accord, allez. cette rencontre amoureuse que propose 'pavupapri', c'est celle des amateurs d'art, alors ?

tiniak : mouif, je dirais : des amoureux de la vie. vie dans laquelle, l'art prend une bonne part, oui. mais le cochon aussi!

DZ&T : oui alors, ça, c'est la facette la plus "porteuse" de ton espace, les écrits décomplexés déclinés en rubriques au ton et au propos libertins. cela faisait partie d'une stratégie de communication que d'ouvrir lespace par ce champ pour le recentrer par la suite sur quelque chose de plus artistique ?

tiniak: ah, ben on s'est pas si bien compris alors... (silence espiègle). il n'y a pas de hiérarchie possible selon moi, entre les nouvelles flesh, les poLèmes à Catt' ou ceux motivés par les Impromptus, par exemple. il y a entre eux, certes des niveaux de langage différents, un travail différent de la langue, des astuces ou des licences poétiques plus ou moins savoureuses, mais aucun n'écrase l'autre. j'ai de la chance, chez vous (DUKOU ZUMIN &ditions), vous prenez tout ce que je produis ou presque ; en tout cas quasiment tout ce que je vous donne. j'en profite! mais un jour viendra ou vous ferez le tri... selon vos critères et éventuellement, une façon de hiérarchiser tel ou tel aspect de mon écriture. et puis, sachez que depuis que je me suis rapproché de personnes également mûes par le plaisir d'écrire [Les Impromptus Littéraires - ndlr], la fréquentation de cet espace s'en est trouvée davantage accrue, comparativement à ses débuts très... charnels, disons. et je trouve de l'intérêt aux deux "profils" de personnes qui débarquent sur 'pavupapri' : les rouges sang et les encres noires...

dancing with mysel-elf oh ohpour ma part, ce n'est qu'affaire de spontanéité, donc de temps. c'est ma façon d'être riche : user du temps pour cela.

DZ&T : tu te vois comme un dilettante ou comme un bosseur acharné ?

tiniak: je bosse vachement dur ma dilettance, oui (rires partagés). bon et d'ailleurs 'faut que j'y retourne. juste avant, je voulais te montrer ceci.

[tiniak allume sa bécane et me montre un article posté sur un site "ami" (Bleu de Cobalt). l'article présente les installations dites "umbrellas" du goupe d'artistes les Christo. tiniak me fait voir le commentaire qu'il a laissé aux auteurs du post : ce sont des rimes. tiniak les réduit en un quatrain et me propose de conclure l'article en ces termes. ce que je fais...]

Irruption, cet atout de l'Art
pour irriter la peau du monde
oblige le temps, écoute et regard
à une attention féconde

tiniak (norbert tiniak)

umbrellas2.jpg
Les Cristo - 1991 (UMBRELLAS, en Californie)

entretien du 28/11/2008 accordé à DF pour DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

 

 

 

06.11.2008

i-LittBAND

tu t'es vu(e) quand t'as lu ?

20lettres.jpg Ecrivain.gif

ma sélection périodique d'auteur(e)s portant de régulières et méritoires contributions aux Impromptus Littéraires.
(NB : les pseudos sont liés à leurs scribouilles impromptues et les parenthèses à leurs blogs)

28.09.2008

Petit Ailleurs

Blog Day version 333512

Mon Petit Ailleurs
en veut sept d'un coup
sept liens de bloggeurs,
en tout et pour tout
pour toi, ma Lily
l'Ode est bien aisée
sur pavupapri
j'ai sélectionné
quelques familiers
qui, je l'espère
te donneront quelques surprises

 

C'est toujours à  Volubilis, Ipomée ivre, que revient l'honneur insigne d'ouvrir le bal. Je lui dois de m'être lancé dans l'aventure, sur la toile. Son parler cru, son parler vrai a débrouillé de mes scribouilles ce qui leur donne, Petit Ailleurs, des profondeurs qui riment en *ouilles, sans fatuité, mais sans fadeur. Pas facile d'avoir l'élégance de parler cul, sans déviance.

May Nat et ses oeuvres nocturnes ('fin, c'est ce qu'elle dit, hein) viennent en second. [Baaaawoui, chérie, pardon]. May Nat est mon doublon féminin, on vit ensemble, à quatre mains. Pour le plaisir de délirer : dé-lire le monde, le chambouler. Je te recommande de l'aspirine, Petit Ailleurs, avant/après, c'est vous qui voyez chère, 'oyez ? nnnnnnnnd'accord.

Natyot est ma soeur de lettres. Elle donne aussi dans des écrits décomplexés qui viennent d'être publiés. La violence de l'intime, chez elle, se fait sourde puissance ou pire, une paix qui hurle à briser tous les murs - a fortiori ceux de l'hypocrisie!. Petit Ailleurs, je te préviens, sur Erotik Mental Food, de candeur point! une porte claque : slam!

Pour le riche univers de sa Chambre Noire, je tire ma révérence à ma Dame des Bois de Gahenne, Gaëna! dont les travaux photographiques inspirent nombre de mes poLèmes et m'obligent à des jeux de contrastes que je n'aurais imaginés sans elle. Pour tes beaux yeux, Petit Ailleurs...

Mon coup de coeur graphique va sans conteste aux Colors of Poulili. Les petites bébètes qui la travaillent ont fini par rejoindre un projet que je tenais sous le coude et qui doit bientôt voir jour : un album pour jeunes lecteurs... je ne vous dis que ça! Vas-y voir, Petit Ailleurs, chez Poulili, ça fourmille dans tous les coins.

Pour ce qui est de découvrir d'autres surfeuses, Petit Ailleurs, ma compagne May Nat te recommande le site HELLOCOTON

Enfin, puisqu'en France, tout finit par des chansons, je te dirige vers l'espace musicologique de Storia Giovanna. Elle a des oreilles grandes comme ça! Dans sa Rocktaverne, tu trouveras toujours de quoi t'en mettre plein les feuilles, Petit Ailleurs.

En revanche, le lien que tu prolonges tombe dans une impasse sur pavupapri. Je n'inciterai donc pas les blogs sités à poursuivre l'opération 'tag'. Vois-tu, les tags, j'en fais du hâchi - rejoignant en cela ma récré favorite, chez LA pourfendeuse de tags, la talentueuse calembourmédienne que j'affectionne : Fanny BERREBI. Comme ça, tu as droit à un supplément d'âme, Petit Ailleurs. Je te salue, jolie plume libre.

17.08.2008

choucroute garnie

hop!

Site d'incitation à la scribouille, Les Impromptus Littéraires avaient tout récemment proposé pour thème d'écriture "Je pédale dans la choucroute" (mot clé : la voisine). Je n'ai pas résisté à l'envie de soumettre ma contribution à ce réseau d'auteurs et de lecteurs qui m'ont paru bien sympathiques...

Merci à Sandrine (qui se reconnaîtra).

CHOUCROUTE GARNIE - impromptu littéraire de tiniak.

" Cest ça, casse-toi! pauv' pédale, va! " Elle beuglait encore, la voisine, que je filais déjà sur la place du marché, courbé sur le vélo opportunément "emprunté" à son couillon de gamin. S'il le reverrait jamais, ça! rien n'était moins sûr à l'instant. Son vélo, j'en avais trop besoin. Toute la bande serait réunie sur la berge, ce soir, dans notre coin à nous, où c'est qu'on fait les fous pour épater la galerie en se lançant des défis. Deux mois qu'on n'avait pas retrouvé une telle occasion d'être à nouveau tous ensemble, les gars, les filles et la douceur inespérée d'une soirée qu'un bref orage avait fini par rafraîchir. Deux mois! Et justement ce jour-là, ma daronne qui me chope avec mes magazines dans le garage. La poisse, quoi! Et la honte de devoir écoper d'une ferme interdiction de mettre le nez dehors avant le lendemain. A dix-neuf ans, merde!

Je t'en fous, oui!

 

pédale toi-même!Je pédale comme un dératé vers le fleuve.

Les genoux sous le menton, le pouce ripant sur la sonnette, j'arrive en fanfare parmi les potos qui brandissent des bouteilles de blanc au-dessus d'un feu rougeoyant. Mon dérapage jette des gravillons sur les filles et Jérôme qui font la tambouille dans un coin déjà bien aménagé. Je leur arrache des "iih" et des "ooh" de protestation amusée. Oublié, mon retard! Eludées les questions, je suis dedans, à fond.

Charline a mené sa guitare, Julien sa clarinette, Richard va percuter des cuillers à soupe et je ne sors jamais sans mon harmonica. L'orchestre est au complet : fiesta! Les cuistots cuistaudent, les minettes minaudent, et d'une voix chaude ou erraillée, je leur balance la purée. Tout y passe. Tous les airs qu'on aime, les doux, les vivaces, les drôles, les dégueulasses et les "morceaux choisis" de nos été passés dont les échos sur le fleuve nous entendent grandir, un peu plus chaque année.

Au menu : terrines, choucroute, vin blanc et bières à volonté.

slurp!Quelques saucisses se sont bien promenées dans de coquines braguettes, des moustaches odorantes ont poussé ça et là au nez de quelques demoiselles et des bouts de petit salé empalés sur une brindille ont permis d'évoquer pêle-mêle Gengis Khân, Jeanne D'Arc et Dracula. Mais nous avons bu tout notre saoûl et mangé notre content, avec un appétit décuplé par l'entrain et l'envie de tenir jusqu'au petit matin.

Allées-venues de l'ombre à la lumière, bécots sous les fougères, rires fous qui s'apaisent dans la fumée blanche et l'esprit affranchi des messes du dimanche, la nuit passa. Au matin naissant, il y avait encore de quoi faire deux ou trois perruques avec les restes de choucroute... le coeur n'y était plus, simplement.

"- Merde, le vélo! m'exclamai-je en lâchant subitement la main de Julien.
  - T'en fous, reste avec nous, supplia-t-il mollement.
  - Nan, attends! C'est que je la connais la voisine. Debout aux aurores, si elle voit pas le vélo, elle va tomber sur ma mère de retour de la messe. Histoire de lui foutre bien la honte à gueuler son nom devant tout le quartier. "

Sans plus attendre, j'attrape le guidon de l'engin et, voulant dédramatiser ma précipitation aux yeux de ceux qui veillaient encore, j'entame, pour l'enjamber un mouvement de rotation acrobatique... qui me vaut une belle gamelle !

Quand je me relève, les autres sont morts de rire. Bidonnés comme des arsouilles, les salauds!
" - Oui bon, quoi ? "
A l'instant même où je compte m'en sortir d'une fanfaronnade, je mesure l'ampleur du désastre.
" Oh, putain! Oh, putain, les gars! Oh, putain! Je pédale dans la choucroute, dis. "

 

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tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions Twalesk 

Le site des "Impromptus Littéraires" propose à qui veut bien s'en saisir des thèmes motivant l'écriture de textes originaux. Renouvelés de façon quasi hebdomadaire, les thèmes proposés donnent lieu à de nombreuses productions souvent intéressantes, parfois surprenantes, toujours révélatrices de talents. QUE DU BONHEUR pour qui aime le mot dit...

J'y ai déjà jeté l'encre... On s'y croise ?

La fille du Général

citroen.jpgCorrespondance avec OdeToLily, une jeunesse en écriture... parvenue jusqu'ici, va savoir comm'...

Faire sourire le Général

Pour se moquer de mon père, ma mère l’appelait “général”. Il avait reçu une éducation militaire étant enfant, de laquelle il avait gardé une certaine rigidité. Alors maman nous faisait mettre au garde-à-vous, et nous trottions autour de lui en cadence, ce qui le faisait rire aux éclats.

Quand j’ai eu 12 ans, maman est morte, et papa a cessé de rire. Il est devenu absent de ma vie, absent de sa vie, un fantôme sans couleur.

Ca fait quinze ans maintenant. Aujourd’hui, j’ai quelque chose à lui annoncer. La famille va s’agrandir. J’ai le fol espoir que cette nouvelle fera au moins sourire le général.

(thème des Impromptus Littéraires) - ODETOLILY, le blog.

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Les mains sur l'évier, le nez dans le vague, tournant le dos de son gilet de laine usée à la pièce où elle était venue s'installer en bout de table, le Général ruminait sa pensée. Engourdie, empêtrée dans des souvenirs joyeux qui prenaient des airs de cauchemards, la pensée du Général avait des trous de vouloir. Il en creusait partout, dans les allées du jardin, les murs du couloir. Il en creuvait sous son crâne. En fait, ça lui venait comme ça lui venait, de penser. Sinon, quoi ?

" Je vois bien qu'elle a quelque chose à me dire, ma minette. C'est qu'elle prenne tout ce temps qui va pas. A moi, 'faut me dire les choses tout droit maintenant, tu penses... Penses-tu! 'va falloir attendre que ça sorte. "

C'était pas l'heure. Pas l'heure de faire quoi que ce soit d'autre que parler, dans la cuisine, à cette heure. Tu penses.

Elle est pas venue toute seule. Même si ça se voit pas trop, elle a pris du renfort.
Ils ne seraient pas trop de deux pour le lui coller au visage, ce sourire, au Général.

Il se retourne mollement, avec les yeux dans ses chaussons. Bon, ça va être coton!

(c)2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
de norbert tiniak à Lily-souris(au Général)

11.08.2008

pare-foie

spiderman@austerlitz08.jpg

sometimes i dream / sometimes i drink / sometimes i won't / sometimes i scream / sometimes i sink / sometimes i don't / sometimes just cream for a quick lick / i sometimes seek for one more link / some stink and sometimes make me sick / and sometimes wrong / so i should sometimes raise a fing' and sing along -- say, would you tell me : what d'you think? nah, come on!

par foi t'es fou, bon. parfois t'es flou, ça!
trop souvent tu vois comme un trou peut faire comme dégâts, alors zou! tu bois un coup... et crois voir spiderman partout.

© 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

tiniak le niak inspiré par un pola' de
andy warhlol, photographe lutécien
intitulé sometimes i dream, sometimes i drink

 


Découvrez Love and Rockets!

09.08.2008

Who Knew? - The Colors of Love

seasons.jpg
de retour d'Outre-Manche - j'ai fait vite, hein ? je vous rapporte ces quelques lignes et ce tableau trouvé sur "Who Knew?" pour un post intitulé 'Colors of Love'. en voici le texte original, auteure : Veronica ROMM.

The fresh green of the grass.

Your touch on my skin.

Our limbs entwined on the park lawn

as the breeze blows around us.

Hearts are dancing again.

 

The crisp blue of the water.

Your touch on my skin.

Waves crashing around us.

It is love we’ve been granted and

We have both given in.

 

The leaves falling yellow, orange, and red.

Wanting your touch on my skin.

I am chilled, dry to the bone,

Where have you been?

 

The red roaring fire.

Feeling your touch on my skin.

Snow falling outside the window

while you’re keeping me warm,

Yet now only in this dream.

Copyright ©2008 Veronica ROMM 

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et ma correspondance...

verte, ma main dans ton pot
verse
de l'eau
le printemps, bientôt

l'or, ange
coule des statues bien étranges
que l'été en ronde range

ce qui bouge
dans la furie rouge
de l'automne embrasé
pardi, mes pieds

le froid n'est pas blanc, mais bleu
disent tes yeux
à l'hiver malheureux

© 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

(oui, oui, ça va!  laissez-moi quelques heures et je traduis ça en anglais)

au vrai

j'arrive de chez Luciamel, une fidèle de mnw. sur son blog, une note a troublé le fils de divorcé que je suis (qui me suis ?). je vous la livre dans son intégralité, agrémentée de l'écho qu'elle m'inspire en Polésie.

L'enfant de la nuit (lien)

J'ai croisé cette nuit un enfant... il avait les yeux de son père, et une bobine toute fière. Un petit garçon dont je ne connais pas le nom. Il s'est approché de celui qui était parti, voulant l'observer et lui poser certaines questions. Puis, il est revenu vers moi, s'est blotti dans mes bras, et m'a demandé pourquoi il y avait deux mamans. Je lui ai dit que c'était du fait de l'homme, qu'il ne fallait pas que ça le trouble outre mesure, il devait savoir que moi je l'avais porté dans mon ventre, et que l'autre était la deuxième compagne, elle-même avec son enfant.

Puis, il a écouté le père se confesser à un thérapeute, dire le pourquoi de ses "fautes", de sa fuite, expliquer sa vie. Ca lui faisait un peu mal, mais il a voulu rester, tel un petit chat recroquevillé et alangui, car il voulait entendre la vérité.

Cet enfant est né cette nuit, et pourtant il a déjà 5 ans.

Devert_child.JPG

illustration Agnès Delvert

non ?! la vérité...

toute vérité n'est pas bonne à terre
mais le mystère n'en est plus un
quand l'enfant tient à savoir
de quel espoir il est construit

légère, vérité peut l'être
quand flotte dans l'air
la rencontre improbable
du présent, du passé
dans le dit véritable
de ce qui est

enfant, je te connais
enfant, tu me connais
en vérité

tiniak inspiré par la note de Lucia Bella
© 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK


[connaître : co-naître, naître avec...]

12:51 Publié dans vuz&priz | Lien permanent | Commentaires (4)

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