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VUES sur le web

  • Adam et Eve

    Animal de la finitude
    (évoluant dans un monde
    et pour un temps finis)
    avec à son bec une blonde
    (phare éphémère et domestique
    incandescent et périodique)
    une autre rousseur à l'esprit
    le contracte jusqu'à l'oubli
    de soie négligée où il promène
    une pour chaque main, joie et peine
    demain, réduit à une idée vague
    hier, une longue traîne fantôme

    Dès qu'on l'appelle par son nom d'homme
    c'est comme l'éveiller d'un somme
    ça lui rameute l'aujourd'hui

    Aux souples dards tirés du ponant
    il enroule des sentiments partiels
    prétend aux harmonies du ciel
    qui l'ignore superbement
    à présent, il n'a pas trop faim
    il pressent que ça va venir
    il voudrait bien s'en départir
    mais le naturel est certain

    Magnifiquement, songe
    est le désir qui le ronge
    et le rapproche d'un soupir
    l'ultime, cela va sans dire

    Et voici que les bois lui réservent
    une folie inconcevable
    une louve au teint adorable
    Tout une, femme, sœur et mère

    Elle chante et le vent l'écoute
    l'herbe vient lui bercer le pas
    sur sa nuque des entrelacs
    l'abritent mieux qu'une redoute

    Voici qu'elle est nue dans ses yeux
    vibrant d'un mystérieux feu
    mais luisant telle une évidence

    Et, comme elle lui prend la main
    les voici deux sur le chemin
    apprenant à se reconnaître
    et se donner des raisons d'être

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Enigmatigmération

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    - en réponse à un visuel de ernesto timor "à qui ça fait écho ?" -

  • Bord d'heure

    Le gris s'étend
    Le gris s'épand
    Le gris s'entend...
    De par où ?
    De partout !
    Le vert en a mal aux genoux
    et l'émoi doute
    A-ouh ! A-ouh !

    La ville n'a pas pris de gants
    La fille en a les yeux béants
    Certains font du lèse-béton
    accusant lézards z'et fissures
    par d'éphémères signatures
    surgissant, comme des frissons
    - pas en mièvre marge, en bords durs !

    Dans la gorge du policier
    roule un glaviaud de la cité
    Il en est issu; il patrouille
    et croque un sandwich à l'andouille
    car la Fée Electricité
    vient d'afficher sur son tableau
    "On se voit après le boulot ?"
    (il en a déjà mal aux couilles)

    La beurette a pris son élan
    de sa fenêtre - au Canada ?
    L'alter, natif d'un autre chant
    brosse un lent rétif, au colza
    (ça pue la mort, mais c'est nature !)
    sur la toile de lin - pour l'Autre...
    puis s'en va cueillir son épeautre
    où passe la route, en bordure...

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     inspiré par "en bordure" une photographie d'Ernesto Timor - @Timor Rocks

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • Rose

    Le temps à bout de bras et le cœur à l'arrêt
    (il ne veut plus compter mes larmes qui s'envolent)
    je me tiens devant toi, fatiguée, sans parole
    dans le vent cévenol venu jusqu'à nos crêts

    J'implore - l'entends-tu ? quelque moment paisible
    hurlant dans ma sourdine au milieu des criquets
    que "j'en ai plein le cul !" de tous les sobriquets
    dont tu m'as affublée en te trompant de cible

    La robe qui me vêt, c'est mon premier affront
    (ouais, ce rose-bonbon, c'est de l'âme à l'eau forte)
    puis, j'ai muré la porte et brûlé tes chaussons

    L'image que tu vois n'est qu'un prétexte, en fête !
    Me figure ta tête... Adieu, triste garçon !
    Mon réveil est profond et piste une autre quête

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Crédit photo ©Val Tilu Photographie

  • ma Liseuse

    Elle a ces petits pieds boudinés qui m'émeuvent
    et ce sourire tout plié aux commissures
    quand elle vient, pour me faire un brin de lecture
    poème ou prose, avec, en fond, le bruit d'un fleuve

    Ses vêtements sont - parfaitement ! improbables
    (on les dirait sortis du placard d'un fantôme)
    Elle est comme une vieille avec un corps de môme
    mais il sort des trésors de son fâcheux cartable

    Pliés, ouverts - et grand ! Avec image ou sang
    ils lui chargent les bras sans encombrer sa voix
    que l'on dirait empreinte d'un doux vin de noix
    un brin râcleuse, avec de sauvages accents

    Rien ne me ferait manquer ce moment divin
    quand elle vient vers moi, quasi ourdie d'excuses
    (de creuser mes émois ? d'être pis qu'une buse ?)
    et se révèle folle en ouvrant un bouquin

    Il est une autre foi qui se réjouit de peu...
    La nourrissons, tous deux, joyeux, page après page
    comme on peut défaillir devant un doux corsage
    une parole amie, un regard amoureux...

    Tout se tait; elle arrive et le cheveu tressé...
    Sait-elle, seulement, comment je la regarde ?
    - que j'y vois le pendant d'une fine Renarde
    aux pieds nus, sur ma rive, abreuvant mon carné ?

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Crédit photo ©Val Tilu, Photographies