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impromptus littéraires

  • Lucy, dites... Eh !

    Le ciel, de nouveau, vers l'âme erre
    couvrant la cité de son biais
    mal bleui, moutonnant
    où je dardais mes yeux
    (pour y voir quelque Autre à aimer ?)
    ne me livra aucun mystère

    Un soufflet demeurait, pourtant
    venant du sud et quart nord-est
    Il fredonne 'a forest'
    pour que j'en reste sur les dents

    C'est pour quoi, cet air folk ?

    Y aurait pas plutôt un bon rock ?

    ***

    Déjà, qu'le soir est à mourir
    sous les frondaisons domestiques
    bordant, jusqu'au périphérique
    les rues z'et les jardins bourgeois !
    Qu'il ne s'occupe pas de moi
    ça me ferait une belle iambe
    (ben, pour ma chiambre, au pire)
    au pied de mon prochain dé-lire

    Il n'en fallut pas plus, au vrai
    que poussière à mon paillasson
    s'agrégeât dru à mes talons
    et m'insufflât quelque pamphlet

    Ta gueule, publiciste !

    (« - Eh ! On a dit : pas de mots en -iste... »
    « - Pardon ... »)

    Sauverons-nous la terre, ou l'air
    le gentil coquelicot ?
    Nul besoin ! Nous sommes leur fardeau
    Prends ma main, plutôt...
    C'est l'humain, ici, qu'est en galère

    ***

    Elle est revenue, ce midi
    avec ses yeux de Fantasy
    et je me dis : « - …peut-être, oui... »

    Hélios ! Hélios, oh ! Lâche-nous !
    Hélium, ne nous perche pas trop le pouls

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Illustration : Dessin de Julian Lennon, fils de... Tu vois l'truc ?

  • Pas de brouillon !

    S’agissant de dire mon fait au sombre idiot
    chaussé d’immondes godillots pour marcher (droit ?)
    droit sur la fille-mère et son frangin « homo »
    j’ouvre bien grand ma gouge et je dresse mon doigt
    Ah, ça non !
    Je ne fais pas de brouillon

    S’il est question d’interroger ce pas qui vient
    (qui n’est pas celui de mon chien), je me méfie
    de ces abois sans qu’on se soit serré la main
    de ma propension à me perdre en arguties
    Pour le don
    je ne fais pas de brouillon

    Trop d’intéressements pour si peu d’intérêt !
    Tant de chœurs concordant sur des voies de fossés
    de minois réchampis à d’obscures vitrines
    et de culs féminins creusés par la strychnine
    font que, non !
    je ne fais pas de brouillon

    Mais quand je pense à toi, ma mère, fille et sœur
    toi qui m’a fait humain à penser à demain
    toi qui m’a démontré que la joie tue la peur
    car tu sais, mieux que moi, où loge le malin
    c’est tout bon !
    Je sais n’être qu’un brouillon

    Devenu père
    livrant mes brouillons éphémères
    Un rien, brouillons des cartes les chimères...

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#348

     

  • Petits riens du tout... (grandis ?)

    Le jour se lève
    et je le prends, benoîtement, pour couverture
    A mon réveil, les bruits de la rue sont plus durs
    que le sera jamais mon sexe
    en quête d’aventures, concave, convexe..

    Un rideau tremble…
    (ma parole, il me fait de l’œil !)

    L’Aujourd’hui ment
    obstinément, bourgeoisement; je n’en ai cure…
    (pour le moment, j’ai besoin d’être en écriture)
    Je vais me poster près du fleuve
    à en attendre quelque risée qui m’émeuve

    Un canard passe…
    (en revue, sa lignée fébrile)

    L’hiver se meurt
    (dans chaque bourgeon, chaque fleur) de mésespoir
    car le soleil étend sa charge, chaque soir
    Sur son arnaque horizontale
    je viens épancher mon brûlot sentimental

    Un souffle gronde…
    (c’est pas du vent, c’est du poitrail !)

    La ville chante
    (un air atlante ?), à présent que la nuit s’invite
    de l’un à l’autre, j’en épouille, les points de fuite
    au « raillons-gris ! », sur mon carnet
    lui, qui sait si bien recueillir tout mon carné

    Une idée pleure…
    (âpre est l’autre et ainsi de suite)

    Le printemps sourd
    (de chaque jardin, chaque four), le ventre plein
    de notre amour de ces petits riens du matin
    quand, sur mon dos, passe ton doigt
    pour me dire à nouveau : « Eh, j’ai faim ! Lève-toi. »

    Un rire explose…
    (c’est bonheur d’en être la cause !)

    « - Eh, se pendant, il rêve encore ! »
    (applause)

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#345

  • Lente heure

    La rue, où je promène un vieux songe canin
    elle me connaît bien; tant ! que sa pluie orange
    guide, vers sa raison, un pleur qui me démange

    Est-ce Mars ou Vénus, là, auprès de la Lune
    à bout de doigt pointé par le dais de Vaucelles ?
    Allez, Dame Fortune, octroie-moi l'étincelle !

    Nan ? Pas grave, après tout... la nuit n'est pas si noire
    et m'offre ses trottoirs en mode automatique
    sous la normande craie, ses crachins ataviques...

    Tiens ! Quelqu'un, à l'encontre, descend vers la ville...
    à cette heure futile, humide et incongrue ?
    C'est encore un Perdu dans la Contrée des Montres...

    Est-ce de l'Erythrée en quête d'Ouistreham ?
    A coup sûr, c'est une âme avec les yeux pourris
    par les mirages crus de nos flammes nanties

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    Honte, que fais-tu là dans mon for intérieur ?
    Est-ce de grave humeur, au moment de gagner
    mon prochain nid douillet, ou bourgeoise facture ?

    Eh ! je nomme, à présent, le pleur qui me dérange
    (et depuis Saint Martin ! quand je vais rue Branville)
    en ma ville de Caen, sous l’œil de Cuverville

    Utopie, au tapis ? Rue du libéralisme
    vois le capitaliste accumuler ses lots
    renvoyant, dos à dos, toutes les asphyxies

    Remettons au métier la toile libertaire
    que lin se plaise à raire au sein de la forêt
    fraternelle, primaire, affranchie de corset !

    Et, trop fidèle chien, va-donc créi au tonniau
    un baron de pommeau; j'étions z'au au 36bis
    avec un truc à dire à propos d'Anubis

     

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#330

  • Impromtusardise

    Il est l'heure, à présent, de rendre gorge et texte
    Malgré le blues d'un très dominical contexte
    Produire, c'est l'idée; pour parler, la cerise...
    Relire avant l'envoi, sans mouiller la chemise
    Obliger son émoi à la mettre en veilleuse
    Maintenant qu'il est temps d'enfiler sa liseuse
    Pour expédier par mail sa participation
    Tant va la plume à l'encre... Il faut conclure, allons !
    Un espoir est au centre : procurer du plaisir
    Sans autre prétention qu'abonder au loisir

    Lire, écrire, échanger, attendre la surprise
    Intrinsèque projet où bonheur est de mise
    Tout ici nous rassemble et nous ressemble un peu
    Tant va sur le métier la toile noire ou bleue...
    Et ça, chaque dimanche, avec un nouveau thème
    Rejoindre qui vient là et lui dire "je t'aime"
    A faire acte de foi, chacun dans sa partie
    Il en vient; il en passe; et il en reste encore
    Rêves, révoltes, farces... creux z'et débords...
    En plaints, en déliés, en prose, aussi en rimes
    Sitôt que de penser à l'autre nous anime

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#325 et 326