10.10.2009

vint avril à Cherbourg

Ce matin, à la terrasse
du café le Carpe Diem
avec ma vieille habitude
face à face

je bois un jus plus noir
qu'il y a peu, ma mine sombre
et sur le sol les ombres
ont reparu

c'est qu'il est beau le ciel
que nul nuage ne menace
le soleil investit la place
- merveille crue !

je vais reprendre le fil
de mes écrits et gribouillages
tandis que les passants filent
tout passe

le jus est bon, noir et petit
fort et noir dans la tasse blanche
hier encore c'était dimanche
ça jase en français, aussi

dans les rues, pas grand monde
c'est un lundi comme les autres
qui bosse, chôme ou se vautre
moi, j'en regarde la ronde

le marin souffle frais
me caresse le visage
même le soleil m'y fait
de doux hommages

de mon côté, distraitement
ce bel ami à quatre pattes
venu à moi nonchalamment
bon, je le flatte.

et dans ce lundi d'avril
tandis que les passants passent
file, ma pensée file
- vide, la tasse.


tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
d'après un gribouillis matinal de NEWT
(ci-dessous)

03.10.2009

fumerolles

(à Joe KRAPOV, poète à ses heures et photographe à 16h30)

Joe Krapov, fumerolles

l'aube tardait à se frayer
un chemin sous les frondaisons
et les oiseaux avec raison
n'avaient de cœur à gazouiller

le vent se cachait sous le saule
retenant sa respiration
et dans cet air en suspension
il faisait comme un froid de pôle

j'étais là, je ne sais comment
parvenu au bout d'une course
que n'eût pas guidée la grande Ourse
dans un ciel un peu moins vacant

la nuit m'avait pisté le pas
puis saisi dans cette posture
les yeux gelés dans les chaussures
je ne sais comment, j'étais las

dans les premiers rayons du jour
la brume se fit plus précise
sur l'onde aux ombres indécises
où j'avais noyé quelque amour

et ça dansait au ralenti
les fumerolles
ça vous disait des paradis
la bonne école

mais j'étais très mauvais élève
et la leçon
s'abîmait sous moi dans la grève
en alluvions

que n'ai-je pris à ce moment de la lumière
de quoi me ranimer le rêve - et le sang, donc !
au lieu de quoi je restai planté comme un con
insensible aux subtilités de l'atmosphère

et ça dansait là, sous mon nez
les fumerolles
ça me disait comment bouger
comme on décolle

mais j'avais trop mauvaise oreille
et la chanson
n'apportait toutes ses merveilles
qu'à des goujons.

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration : Joe Krapov.

27.09.2009

nayghttime

Janeczka Dabrowski...

howza?j'ose à peine développer tant le sujet est vaste !
en un mot, cette fille est folle... j'aime autant, oui.

le genre touche-à-tout qui fait des mots, des sons, de la vidéo, du chant, des vertes et des plus mûres...
un clin d'oeil s'imposait depuis qu'elle n'administre plus le site d'écriture ludique du "Défi du samedi" pour cause de sûr-ménage outre-manchatlantique.

les paroles sont les siennes ; je les ai agrémentées d'un jus sonore - vu comment que tfasson, déjà, ça swinguait...
allez, soyez curieux, -zeu !
('pi, je teste la fonctionnalité Ht&Ft sur ce coup-là) 


podcast
NAYGHTTIME dev ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions

Janeczka Dabrowski
Nighttime in the daytime

It's nightime in the daytime
It’s raining minor chords
On a major city

The corner café calls you out
You can feel the time is right
And the streets whisk you away

Clouds closing in like grey walls
But somehow, you feel at home
A blanket of rain as you walk

Contem...
plating the world
Wet and weary, but warm
And contented at heart

The smell of coffee mesmerizing your senses
Clearing your spirit
Making you more focused

Feeding your thoughts, your soul
You drown yourself in a cup
Of hot, black gold

Kicking out your confusions
And keeping you in that
Creative state of mind

And you let the words flow
Consistently, relentlessly writing
Because it feels right

Closing time, comforted, calm,
Your head full of dreams
You go back home in a reverie

And you toss stars in the sky
Hang out with the moon
- It’s daytime in the nightime again

______________________________

j'ai traduit ça comme ça...

NUIT EN PLEIN JOUR

Il fait nuit en plein jour
Des accords mineurs pleuvent
sur une cité majeure

Le café du coin te réclame au-dehors
Tu sens bien que c'est le moment
et les rues t'embarquent aussi sec

Des nuages s'approchent comme des murs gris
N'empêche... tu es dans ton élément
une couverture de pluie sur ton pas

Ici, plutôt contem... platif
mouillé, maladif, mais chaud
et plein au coeur

L'odeur du café happe tes sens
clarifie ton esprit
te rendant la vue

Nourrissant tes pensées, ton âme
Tu te noies dans une tasse
de noir et chaud or

Expulsant tes troubles
pour te concentrer
dans cette disposition créative

Et tu laisses les mots couler
écrivant constamment, sans relâche
parce que ça fait du bien

A la fermeture, réconforté, calme,
la tête pleine de songes
tu rentres chez toi en plein délire

Et tu jettes des étoiles au ciel
Et tu traînes avec la lune
- il fait jour à nouveau en pleine nuit.

d'après Nighttime in the daytime de J. Dabrowski.

15.09.2009

l'amante religieuse

(à Poupoune)


Ses doigts effilés
aux ongles soignés
caressaient au front sa coiffure

Ses yeux révulsés
de chat satisfait
trahissaient presque sa mesure

Juste sous la mouche
un pli de sa bouche
esquissait un vague sourire

Un calme serein
lui donnait le sein
libre et léger dans le soupir

D'obscures fragrances
enivraient les sens
de l'amante religieuse

L'abandon d'un jour
sonnait sans détours
le glas des amours désastreuses

L'ombre se faisait
l'écrin velouté
d'un triomphe plus féroce

Les doigts effilés
aux ongles soignés
maintenant caressaient l'os.

gnin hin hin

 

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK - tiki#46
pour le thème hebdomadaire des Impromptus Littéraires

08.09.2009

bouche Noire à fleur rouge

bouche_souffledame.png

bouche Noire ourlée sur l'or
des rois l'aventureux trésor
bouche rouge de femme Noire

bouche, ne bouge plus je t'aime
bouche, ne m'aime plus je meurs
bouche Noire rouge et fière fleur

 

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
à Milady Souffledame

05.05.2009

la musique têtue

...
la musique, c’est têtu
fillette, fillette,
qui l’aura entendue
celle qui, de ta tête
s’échappe, fil ténu
quand tu restes muette
et les deux bras tendus
au-dessus de gambettes
qui ne te portent plus
qu’à l’aube pleurant nue
parmi les pâquerettes

la musique s’était tue
au bal de Jonquerettes
on ne t’avait pas vue
dans ta robe de fête
suivre cet inconnu
jusqu’à sa fourgonnette
garée sur la Grand Rue
« La Poudre d’Escampette »
était inscrit dessus
en lettres blanc écru
ornées de pâquerettes

Cette petite fille...la musique, c’est têtu
fillette, fillette,
celle qui t’a rendue
au bal de Jonquerettes
persiste et continue
de nous gâcher la fête
quand passe à l’impromptu
certaines fourgonnettes
au goût de déjà vu
filant sur la Grand Rue
bordée de pâquerettes

on reste bras tendus
et des lèvres muettes
mâchent des pisse-dru.

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un dessin de
 Janeczka
(découvrez ses aphorismes et autres réjouissances linguae)

tsé skit'dit mon profil ?

24.03.2009

neiges-tu ?

Gaena_w-queen.jpg

vois que j'en pleure des lettrines
pleins et déliés de racines
ancres de faims plus qu'intestines

sous le couvert d'un blanc manteau
ton regard me perd à nouveau
pour le plus grand mystère du beau

du beau, du beau, du beau
et du plaisir d'en savoir faire des mots

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

10.01.2009

voie rouge

Chen_légendes célestes.jpg

A portée de regard, célestes, légendaires
elles sont devant moi les marches de Yu Gong
taillées à même le roc sur les pas de Kui Fu
entre le vieux Taihang et le rustre Wangwu
et le souffle me manque à fouler cette terre.

Je vous entends railler - comme autrefois Zhi Sou
se moqua du vieillard attaquant ses montagnes,
vous qui baignez vos pieds dans la rivière Han
en rêvant de loisirs sur notre mer Bohai,
vous me tenez pour fou.

Elles sont pourtant là, réunies sous la lune
qui vient de s'arracher à la verte lagune
et je monte vers elles
qui sont l'Eternité
rouge et dorée.

Je ne sais qui m'attend - peut-être une sirène ?
il n'y a dans le vent plus rien qui ne m'aliène,
j'en épouse les ondes.

La pente n'est pas forte et mon pas leste encore ;
deux génies bienveillants ménagent mes efforts
et m'accueillent au ciel
où je suis convié
à demeurer.

Je vais dire mon chant sur la source de Han
aimer d'un même élan le sacré, le profane
et embrasser le monde.

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

inspiré d'une toile de Joëlle CHEN

Légendes Célestes, déc. 2008

24.12.2008

top mots duels

lettres-dictionnaire-glossaire.jpg

Tes mots, silencieuse éloquence
jalons d'une distance intime
incarnent, sublime
ton absence assassine

fraîcheurs, coulant de source mûre
jaillies des profondeurs d'un coeur en clair-obscur
aux parois éprouvées
rêveur,
je viens m'y abreuver
l'ardeur
et le désir muets

Tes mots, joyeux embruns
que me rapporte un vieux marin parfumé à la pomme
leur ton, bonhomme
a ce sourire en coin
d'où s'envole à l'envi
le sérieux anodin
son trop plein d'ironie
tes mots
m'affolent l'aujourd'hui

saveurs, goûtées du bout des doigts
l'apétissant bonheur d'en brasser à la fois
l'esprit, l'essence et la chair doucereuse
à bouchées doubles
libidineuses
je viens y rassasier
mon trouble
et l'envie d'y céder

Tes mots, rigoureuse indolence
rives d'exubérance infime
arborent, ultime
ton fanal d'élégance coquine

Tes mots sont
ces mots qui
des mots font la part belle
des mots le joli duel
entre des doigts,

 

tiniak ©2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
tk#380

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c'est donc ici, au 114 RUE DE LA MUSE, que vous tournerez à gauche dans la ruelle qui longe le bâtiment pour rejoindre le Boulevard des Impromptus.

admirez au passage, la magnifique fresque murale représentant une allégorie du monde perdu de Mû, l'Atlantide... Intitulée , Ô δέλτα de µ elle fut réalisée à l'hiver 2009 et, du fait de l'installation électrique qui la met en valeur la nuit, la ruelle a gagné en attrait comme en sûreté. C'est désormais un raccourci, très usité. A son débouché, vous vous trouverez en face de la boutique "Des mots! Démos!", tenue par certaine Poupoune... Mais vous connaissez déjà cette boutique à scribouilles, n'est-ce pas ?

21.12.2008

mon amie pseudo

MU.JPGau flair de ta prune
mon amie pseudo
arrime ta plume
à mon pas, que beau
ce babil conforte
l'exergue audacieux :
" après nous qu'importe
  qu'on soit amoureux "

auprès de la dune
tu me répondis :
" chacun sa chacune
  ainsi va la vie
  je suis ta voisine
  pendant qu'on y est
  viens, je te cuisine
  un doux sobriquet "

déchiffrant ces runes
l'aimable lutin
rappelle à la brune
" je viens dès demain
  il faut que ça sorte
  j'en ai fait le tour
  ma fièvre est trop forte
  je suis plein d'amour "

au gré d'une lume
les voici tous deux
dégustant la prune
les yeux dans les yeux
la lumelle morte
on ne dira pas
derrière la porte
ce qu'il arriva

 

tiniak le niak(oué!)
-polemza'µ-

©2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

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