06.01.2010

Révolution des résolutions

« Tu voudras bien d'un gâteau, maintenant »
dit la bouche fine, parlant
sous le regard à l'ombre
avec, sur le gâteau
une manière de prière
et dans le dernier mot
à deux doigts de l'espièglerie
une certitude alanguie
déposée devant les mains jointes
l'une par-dessus l'autre, éteintes
ou peut-être engourdies
ou feignant de s'être assoupies

...Et quoi ! d'autres font la sieste à cette heure
au prétexte que la chaleur l'exige
Ça, et puis le nombre de piges...

Sur la nappe en toile cirée moutarde
une couteau patiente sur sa garde
il ne veut plus jouer à l'horloge
espérant là qu'on l'en déloge
et bientôt tinter dans l'assiette
et trancher et faire des miettes
mais l'assiette aussi, vide et pâle
attend au pied du verre, sale
où de vestiges en fragments
subsiste une gloire d'enfant

L'assiette à un bout, la voix de l'autre
et au milieu boude une poire

Une poire en est pour ses frais !
Elle qui s'est coupée en quatre
en quatre encore et puis en quatre
Elle a sucré, de ci de là
de quelque bras long quelques doigts
Elle en garde le dos pelé
et personne pour y goûter ?
C'est gâcher ! C'est misère !
et qu'en dire à la Terre Mère !

Dans le rai de lumière
que laisse un volet entr'ouvert
partager l'intérieur
arrimé ferme à son balcon
l'oiseau de la tête, non-non,
décline cette invitation

C'est qu'il a résolu hier
de faire maigre tout l'hiver
ayant cet été pour dessein
de voyager léger (enfin!)

C'est ainsi ...allez !
C'est tant pis, pour les
bonne poire,
pov'pommefête des miettes,
voix dans le noir...
l'oiseau a quitté son perchoir;
il ne reviendra de sitôt
que l'on célèbre l'an nouveau

Voici comme en révolution
s'ensuivent les résolutions


 

tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
impromptu littéraire - tiki#64

03.01.2010

fatales ivresses

Le monde ouvre les yeux et c'est de moi qu'il rêve
La couronne et la fève
je les ai tous les deux
Au plus fort de l'hiver entre l'année nouvelle
Je bois de l'hydromel à son regain fiévreux

  Que dit ce firmament venu froisser le ciel
  au ras des horizons brisés que les toitures
  alignent en fatras de cohésions obscures
  dont je suis sans savoir le serpent qui ruissèle
  et draine en contrebas l'ennui dans les fissures
  hein ?

Le monde ouvre les bras et c'est moi qui l'emporte
Je suis la mère forte
la vie à chaque pas
De sourdes profondeurs je puise à l'essentiel
Ma course est naturelle et m'élance au-delà

  Qui reprend en écho ma rauque ritournelle
  au flanc des murs crépis qui m'écorchent la voix
  quand j'avise une vrille où des feuilles tournoient
  et que je les poursuis au bas de la tourelle
  en laissant aux créneaux mon écharpe de soie
  dis ?

Le monde ouvre les jambes et c'est moi qu'il accueille
Je suis nu sur son seuil
et j'ai le premier cri
Au plus fort de la nuit entre l'âme nouvelle
et son doux hydromel j'en bois tout à l'envi

  T_épaule01.JPG- Qui pleure ?
  - C'est la pluie.

 

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un défi du samedi [#87]

31.12.2009

Qu'on sonne à la porte

A point nommé
fil, ma pensée
subtilise
et d'un mot l'autre
aussi la vôtre
électrise

Elans, détours
hauts libres cours
épiloguent
coquelicots
ceignant à flot
la pirogue

Insigne extase
des périphrases
hyperbolent
tirée des songes
à bout de longe
la corolle

Oubli ! Oubli !
ton vent s'écrit
« j'aime encore »
aux coins de table
des nuits de sable
noir et or

Unique vers
à l'univers
méthodique
frotte ta corde
au Grand Désordre
mélodique

qu’on sonne à la porte, hélas
mon grave et gris sourire grimace

 

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
impromptu littéraire -  tk#63

1think.jpg

une occasion de souhaiter à tous les participants du site d'écriture ludique LES IMPROMPTUS LITTERAIRES la meilleure et la plus durable énergie qui soit, très chères Scribouilles, au seuil de cette nouvelle année de LIBRES COURS !! 

 

23.12.2009

vis sage

Visage, nudité
  de l'esprit, du cœur et de l'âme
  ornée
je t'aime autant sans fard
  qu'avec
  d'accessoires salamalecs;
comme aucun vêtement ne sied
à ton rayonnement
  de simple vérité
  de toute humanité
Visage,
laisse-moi t'embrasser
  d'un fraternel sourire
laisse-moi t'embraser
  de mon plus franc désir
selon ton propre gré

burka.jpgburka_2.jpg

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

impromptu libertaire - tiki# 62

17.12.2009

valse océane

Dans la valse océane où flirtent les embruns
avec les grains de sable au gré du vent marin
j'arpente du regard mon rêve sans rivage
quand de l'onde les gris tous ceux du ciel partagent
sur cette ligne étale où débutent mes fins

Et je danse avec eux - tous les troubles de l'air,
une gigue corsaire échappée de mes yeux
que j'en ai le vertige et que c'est délicieux
de sacrifier un peu de mon cœur sur sa tige
au chant de l'atmosphère et son jeu hasardeux

Comme on arme un vaisseau d'une bordée de voiles
sur les cheveux mouillés de Neptune endormi
en suivant le faisceaux du désastre d'un jour
je te quitte ma terre au sol endolori
et lance tous mes vœux sur la piste aux étoiles

Et le chaos y gagne une fête foraine
avec son bal musette et ses bois qui nasillent
les galets font de l'œil aux planètes anciennes
comme certains garçons savent combien les filles
aiment sous les façons l'audace des aubaines

Le grand miroir sans tain de la mer s’encoquine
embarquant des canots à flanc de goélettes
qui tirent sur leur jupe avec des cris de mouette
mais c’est du Rock’n’Roll qui monte des cabines
tandis que sur le port fatigue le musette

Et je ferme les yeux puisqu’enfin tu m’embrasses
et qu’en fermant les yeux je sais d’où je t’enlace
et nous dansons tous deux sur la piste aux étoiles
et nos cœurs amoureux bientôt mettrons les voiles
et nous serons bien loin au réveil de Neptune

croisiere.jpg

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
impromptu littéraire - tiki# 61

27.11.2009

ragtime

(an american tale)

Connais-tu cette histoire
de la colombe et du petit homme noir ?
Ils s'étaient rencontrés sur le trottoir
où les gens passaient sans jamais les voir
et si leur vie en noir et blanc
laissait le monde indifférent
il leur suffisait que les enfants
les regardent en souriant

jusqu'au jour
où un garçon
les mena par le bras
dans sa maison

de ce jour
tout - l'amour
et le goût qu'ils eurent
pour l'aventure,

devint un bonheur
de chaque instant
et ça mettait des fleurs
dans les yeux des passants

et c'était nouveau
c'était rigolo
même pour les ronchons
dans leurs chaussons

Oh, bien sûr...
certains trouveraient à redire
d'autres à médire
qu'importaient ces quelques grincheux
le parti pris de vivre heureux
raflait tous les suffrages
tous les âges
du jeune au plus vieux :

La vieille dame et son piano
n'était plus cette virago
à qui l'on pensait en tremblotant
à présent on allait danser
sur tous les rythmes fous
qui s'échappaient de sa fenêtre sans volets

La fille du boucher
et les chats du quartier
sur le toit du resto
tenaient un casino
et plumaient du banquier voisin
le fils et ses petits copains qui s'en foutaient

Et c'est ainsi que rejaillit l'espoir
d'une colombe, un petit homme noir
et l'entremise d'un petit garçon
dont on ne sut jamais les noms

now you can truly say you've heard
an american tale
would you honestly spread it 'round
and never let it fade in the shade?
for its magic to work better on and on
when the skies are grey
when it all seems wrong
you could turn it into a lovely song
for the children to sing along:

Right from the skies above
was sent to me this amazing dove
I was alone and the great big city
where no one took care nor dared look at me
is also where I found out
what in this world this is all about
Not only angels have wings and fly
my lovely dove can such as high

 

1ragtime.jpg

podcast

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

impromptu littéraire - tiki# 60

21.11.2009

6métriques

question_mark.jpg

 

I

Tous ces architectes - pour un seul Gaudi ?
affectent d'infecte symétrie
les galeries sélect d'insectes asservis
qui n'ayant queue ni tête et rien à espérer
de doctes têtes au carré
doivent tout au contraire
taire et se contenter
de leurs habitats similaires
à en pleurer

Ah, ce culte manichéen, Minerve !
- binarité des gens de bien, m’énerve !!


II

Je suis hors de moi
toujours, mais à l'envers
- c'est l'endroit qui veut ça
le premier de nous deux qui décroche
perd ses verres


III

L'enfer du miroir, pour sûr
ce n'est pas de s'y voir
c'est de ne s'y voir pas
ainsi qu'on se figure
l'être ou l'avoir été

Stupeur médusée
le corps étranger de mon reflet


IV

Où laitue bêle
" L'es-tu, belle ? "
Carotte lui répond :
" ...pas en fin de cuisson "

A trop cultiver ta beauté
il pourrait bien t'en cuire
Carotte pour finir
t'en donne la leçon

Je te préfère crue, tfasson

(salade grivoise)

 

V

mais il est des reflets dans l'eau
qui me transportent larme
et sourire à nouveau
plutôt et plus sûrement vrai
que ne le peut le charme
de l'apprenti sorcier
depuis sa tour d'ivoire
venu me présenter
quelque mage miroir de l'âme
sans sourciller


VI

Toi
Moi
La lumière

et puis l'armoire

où le miroir s'en tint à ce puissant mystère
que je me vois en toi plus clair
et qu'en moi tu puisses te voir,
ma chair

 

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

ocean-mirror-by-littlemewhatever.png

pour un défi du samedi

 

_________

sandi

rtém

9
_________

16.11.2009

Liberté des libertés

Liberté des libertés
youpi tagada tsoin tsoin
Liberté de funambule
marchant tête dans les mains

Donne-moi des libellules
des fleurs et des meul's de foin
'pi des canons sans recul
au p'tit guéridon du coin


Liberté des libertés
prout et prout et tralala
Liberté de fumerolle
dans son foyer d’apparat

Dis-moi la bonne parole
cigarette au chocolat
Dis-la moi que je rigole
quand je compte jusqu'à trois


- Un'... deux... trois !

Fraternité, allons donc !
mais la guerre, mais la guerre
Fraternité, mon colon !
mais la guerre en rigodon


Égalité, va savoir !
c'est le gouffre, c'est le gouffre
Égalité, cette Histoire !
c'est le gouffre des espoirs


Liberté, oh ! ma jolie
libellule, libellule
Liberté, ma douce amie
prends ta pilule à midi


Elle est passée par ici
et se cassera par là
La liberté, mon amie
commence par toi et moi

La liberté, c'est de l'encre
et des taches sur les doigts
La liberté, c'est le cancre
parmi tous les cancrelats


Liberté, mon rêve à prendre
je te donne à bout de bras

Liberté des libertés
youpla boum et ratata

 

 

68marianne.jpg

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration chienlitesque (1968)

impromptu littéraire - tiki#59

11.11.2009

sisssuUUiiii

4MONSTZ.JPG

SuUuiii, je l'ai pondu mon impromptu de la semaine...
(tiki#58)

mais 'faudra aller le chercher, hin hin !

06.11.2009

porte vue

Je vois... un jardin... il est sale
Des arbres mangent... une lune pâle
bavent du lière sur les buissons

Ce jardin est un abandon... épais... profond,
il s'y empêtre des saisons
un confus amalgame

d'odeurs... de couleurs... flamme,
terreuses... piteuses...
et réchappées de quelque drame

Ici, le règne du vétal
l'emporte sur l'autre... animal
avec... une arrogance... totale

J'avance... du moins, je le pense... je l'espère
Prudence... plat, mon pied sur la terre
qui grogne... maudit ma présence... et me pousse

J'avance... dans l'indifférence... de la mousse

Je vois... comme une lisière... c'est un mur
Parfois... c'est une montagne... envahie de verdure
J'ai froid... je voudrais quitter... ce vilain cauchemar
Et quoi !... là... là, comme j'avais... ravalé tout espoir

Une porte
Une porte... l'ouvrir ?
Une porte ! ...Qu'en dire ?
que je pourrais... en quelque sorte
me délivrer de ce délire
pour trouver quoi ? ...derrière la porte :
bien mieux ? ...bien pire ?

Je l'ouvre... les yeux fermés
J'en passe le seuil... troublé
Je tire la porte derrière moi
J'ouvre les yeux

Je vois...

DOOR3.JPG

_______________________________

un défi du samedi qui sonore...


le port du casque est jaunement recommandé cax0.gif 

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

 

Toutes les notes