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gammes mères

  • Caprice des cieux

    L'été, dès lors, ne fut jamais si capricieux
    martyrisant tous les décors, là, sous nos yeux
    avant que le siècle eût vingt ans et, sans effort
    s'employât à gâter la vie par nos débords

    L'hiver s'annonçait - pis que l'automne, infertile !
    Dans notre dos, des crapauds pleuvaient sur la ville

    Car son dernier printemps ne fut que servitudes

    ***

    Quand z'irons-nous t'au bois chatouiller la clairière
    avec tous ses décors pour d'amoureux ébats ?
    Avec tous les raccords d'enfantins z'agrégats...
    Quel sera notre oubli d'un ciel tant mortifère ?

    Pas sur les champignons, paume offerte aux feuillages
    et ce peu de courage à trembler sous la lèvre
    Tu n'auras dit qu'un mot et je fus pris de fièvre !
    La fougère y suffit, tu m'ouvris ton corps sage

    Oh, tonne ! Automne...
    en ta rousseur friponne !
    De l'Une, qu'aucune
    me soit une dragonne !

    ***

    C'est la vie des sous-bois; grouillant là, sans vergogne
    et rampant sous nos corps, attendant son écot
    sous nos pieds cheminant vers quelque pâle écho
    (une idée, un songe peut-être... une grogne ?)

    C'est la vie, endormie, plaidant un nouveau monde...

    ***

    Voici les premiers temps d'un bulbe sous la terre
    Il gémit sous nos pas et nous n'en avons cure
    Voilà que mes printemps, épurés d'aventure
    attendent, sous le vent, leur prochain Beau, de l'air...

    ***

    Soleil, soleil, soleil !
    Reste en tout point pareil
    à l'ombre sous mes pas

    (je mange une pizza)
    (et quoi ?)

     

    automne,saison,blonde,blondeur,rousse

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Poucet, en vrac

    Poucet, poussé, s'est offert un supermarché
    avec le gérant, désormais le crâne ouvert
    avec les passants, criant, pris à découvert
    et ce petit supplément d'arme, au débotté...

    Oh, si petit soit-il, Poucet voit tout en grand
    la vie, la ville et le ciel par-dessus les croix
    jetant partout l'ombre mouvante - ainsi que foi !
    "Il fait bon vivre", pense-t-il en s'étirant

    Un chien lui renifle les pieds et c'est bonheur !
    Au vrai, que faut-il inventer quand tout est là ?
    ...argent facile, âme docile et potentat ?
    Mais non... Mais non ! Bien sûr que non ! Que l'attentat !

    Contre le pouvoir de géants trop invisibles
    commettre un acte inattendu - quoique vital...
    avec, au flanc, la fronde de David et son mental
    narguant Goliath et le prenant pourtant pour cible

    Ecrits z'ou cris ? Etrange, comme on s'accommode
    et de ces news dans les journaux, et de ce voisin sans visage...
    Il a fermé sa porte; Poucet, tournée la page
    est allé sur la plage où prendre un bon bain d'iode

    Tant va la cruche au puits que l'aube s'en émeut
    et voici que Poucet danse sur la margelle
    la lune dans le dos et le pas qui chancèle
    "L'ai-je vraiment tué ?" demandent ses yeux bleus

    En vérité ! En vérité ?
    Nul ne le sait

    Voici comme on rêve...

    Rien n'est écrit sans souffle
    Ni saintes z'écritures
    Ni pamphlets oratoires

    A quel heurt, as-tu dit, Poucet, lancer l'histoire ?

    Comme il vient à l'esprit de retourner son ombre
    il va chercher querelle à bien d'autres affreux
    et mâcher, sur la rive, un soupir onéreux
    auquel il doit payer son écot, pour un songe

    et woup !

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Lunatic waves

    L'obscurité nous va si bien
    que nous en parons nos paupières
    levant, haut ! nos chopes de bière
    vers tous les dieux aux noms de chien

    Un manteau même, chargé d'ombre
    eh ! cheminons, bras d'ssus, bras d'ssous
    mêlant de chansons nos courroux
    moi qui suis d'ici, toi de Londres

    Nos yeux souhaitent ne rien avoir
    pour mieux plonger au fond du puits
    et, lestes, s'offrir à la nuit
    qui miroite sur les trottoirs

    " - Ah, Curnonsky, non plus que l'aube..."
    ai-je murmuré sur ta lèvre
    " - ... Ma vie a passé comme un rêve..."
    répliqua ton œil émeraude

    Tout va t'au mieux, la ville est morte...
    Il fait bon vivre au coude-à-coude
    et laisser nos traces de soude
    à de policés pas-de-porte

    Il en va de savoir souffrir
    comme de jouir de l'instant
    sous le blanc regard insistant
    mieux que sous l'autre astre à venir

    Qu'allons-nous manger sur le pouce ?
    Ce vol égal de goéland ?
    Ce rideau sur l'appartement ?
    Cette vieille pute qui tousse ?

    Un vent s'est levé dru à l'ouest
    Il fera beau, demain matin...
    Allons ! notre pitre chemin
    tes bras noués dessous ma veste

    Et Dame Lune, à l'œil poché
    couvre nos pas d'un lait sans nom
    Tu tiens mon nez dans ton giron
    pour m'enjoindre de l'oublier

    S'il-te-plaît, fais-moi peur encore !

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • D'éther minant et retours

    Le soir s'est mis, à neuf
    une belle cravate
    (ça m'a coupé les pattes !
    et germé un autre œuf)

    La fenêtre - entre, baille
    et la rue s'en amuse
    (y reconnais, ma ruse
    et son grand feu de paille)

    Les passants vont et poussent
    un flot de simagrées
    (qu'importe, s'ils m'agréent
    un boc de Maredsous !)

    ***

    Des jeux peu lumineux
    sous-tendent les nuées
    (qu'en savent les veillées
    aux écrans vaporeux ?)

    Une chanson me prend
    par le fond méconnu
    (en aime...? l'incongru
    dans les sobres accents)

    Un cafard écrasé
    me rameute un sourire
    (de là que j'en soupire
    au cou de la beauté)

    Magritte

    tiniak ©2020 - annéedemerde ! DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Comme ça, playlist...

    Comme je voudrais savoir pleurer en dansant
    (comme cette fille, Elena, aux bras tombants)

    Comme tu m'es hors de portée, Ô Johnny Boy!
    (comme tes accents délurés, en Ode to Joy)

    Comme il me manque, cet écho pur et si doux
    (comme le soupir ténu de Léa Seydoux)

    Comme nous somme un Clair De Lune et sa surprise
    (comme bondit, droit au but, Flight Facilities)

    Comme vous m'êtes devenus trop rarissimes
    (comme un vent, surgi de loin, caressant les cimes)

    Comme elles me sont franchement indiscutables
    (comme les doigts noués, priant dessous la table)

    Les fraîcheurs !
    qui se sont hasardées à pleurer du bonheur

     

     

    tiniak © #2020annéedemerde ! DUKOU ZUMIN & ditions TwalesK