Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Femina, petits pas

    Elle revient, à petits pas
    la mélo dite sur le tard
    la mèche brune, l'œil humide
    avec ce regard, impavide
    qui vous épelle un autre soir

    Ça fait des bruits, sur le parquet
    comme les patins de mémère...
    Ça vous tient par la jugulaire
    et vous respire par le nez
    mieux qu'un lutin dans sa tourbière

    C'est elle, toujours z'et t'encore
    qui va vous passer sur le corps
    et prélever sa gente dîme
    avec ce mouvement sublime
    qu'on lui connaît bien, sur le port

    Elle s'avance, maintenant
    la mèche brune, l'œil aimant
    moins ton sourire que ta main
    fouillant le cuir de cet écrin
    vers toi, qui ne sais plus les vents

    Ferme, sa main te prend le cou
    C'en est fini de tes courroux !
    Les goëlands peuvent bien rire...
    Tu aurais dû penser au pire !
    Oui, mais te voilà à genou

    Elle en exige de nouveaux
    lieux de s'inventer un espoir
    avec ce doux alcool de poire
    et tous les joyeux oripeaux
    qu'on va noyer dans les baignoires

    Ma mie ! Mon Dit ! Mon Sang ! Ma honte !
    Mes tempes ne sont pas de fonte...
    Mes yeux sont plus mous que ce beurre
    et pour aucun chat, à cette heure !
    En quel lieu ce peut-il que j'apponte ?

    Il existe autant de raisons
    que d'en déraisonner le monde !
    J'en veux pour preuve poLésie...
    Brune, blonde, rousse, ah ouiche !
    Quelle âme ? Quelle âme, sait-on ?

    Ne m'enjambez plus la rigole
    brune, blonde, rousse... folles !
    J'en conviens : il nous faut des mères
    mais j'aime autant ce bras de mer
    où passe une risée frivole

    Ah, concluons ! Mademoiselle...
    pas sur le poil sous les aisselles
    mais sur le port du pantalon
    qui t'a libéré le giron
    mais pas la corvée de vaisselle

    temps,time,hour,heure,moment,instant,sofort,Zeit

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • 620, t'au matin...

    Si s'en vint, au matin, là, Madame Du Parc
    (le cul et le tétin aussi fermes que nus)
    c'est qu'elle avait versé, de longtemps ! sa vertu
    dans l'un de ces bassins qui plaisent aux monarques
    - avec le gars Justin

    Car, si c'est à la brune qu'on prend l'hiboux, la chouette
    (pour se parer d'un masque ou d'une autre perruque)
    l'humidité du soir l'indisposait à nuque
    tandis que la rosée lui titillait la couette

    Hélas, Ô jour funeste ! Point de Justin, à l'aube
    (il avait ripaillé auprès d'autres julies)
    et Madame Du Parc de ronger sa lubie
    en cherchant, ci-devant, sur qui jeter l'opprobre
    - à défaut de son gant

    Et, faisant quelques pas, vit un particulier
    (mis comme un roturier, mais pas dégueu, en somme)
    employer son entier à lustrer une pomme
    comme il se fût agi de l'or d'un bijoutier

    "- Madame, je vous prie, accordez-moi le temps
    de faire se présent à votre doux minois.
    "- Monsieur, pour quelle affaire auriez-vous quelque voix ?
    "- Oh, pas celle de plaire ! On me nomme Satan
    et m'en vient vous quérir. "

    Et Madame Du Parc de rire et se railler
    chipant du familier la pomme de discorde
    n'aura pas fait semblant, pleine bouche, d'y mordre !
    Voilà ce que l'on dit de cette statufiée...

     

    Défi du samedi,620,si s'en vint,Madame du Parc,écriture ludique

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    pour un Défi du samedi #620

  • Lunatic waves

    L'obscurité nous va si bien
    que nous en parons nos paupières
    levant, haut ! nos chopes de bière
    vers tous les dieux aux noms de chien

    Un manteau même, chargé d'ombre
    eh ! cheminons, bras d'ssus, bras d'ssous
    mêlant de chansons nos courroux
    moi qui suis d'ici, toi de Londres

    Nos yeux souhaitent ne rien avoir
    pour mieux plonger au fond du puits
    et, lestes, s'offrir à la nuit
    qui miroite sur les trottoirs

    " - Ah, Curnonsky, non plus que l'aube..."
    ai-je murmuré sur ta lèvre
    " - ... Ma vie a passé comme un rêve..."
    répliqua ton œil émeraude

    Tout va t'au mieux, la ville est morte...
    Il fait bon vivre au coude-à-coude
    et laisser nos traces de soude
    à de policés pas-de-porte

    Il en va de savoir souffrir
    comme de jouir de l'instant
    sous le blanc regard insistant
    mieux que sous l'autre astre à venir

    Qu'allons-nous manger sur le pouce ?
    Ce vol égal de goéland ?
    Ce rideau sur l'appartement ?
    Cette vieille pute qui tousse ?

    Un vent s'est levé dru à l'ouest
    Il fera beau, demain matin...
    Allons ! notre pitre chemin
    tes bras noués dessous ma veste

    Et Dame Lune, à l'œil poché
    couvre nos pas d'un lait sans nom
    Tu tiens mon nez dans ton giron
    pour m'enjoindre de l'oublier

    S'il-te-plaît, fais-moi peur encore !

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • D'éther minant et retours

    Le soir s'est mis, à neuf
    une belle cravate
    (ça m'a coupé les pattes !
    et germé un autre œuf)

    La fenêtre - entre, baille
    et la rue s'en amuse
    (y reconnais, ma ruse
    et son grand feu de paille)

    Les passants vont et poussent
    un flot de simagrées
    (qu'importe, s'ils m'agréent
    un boc de Maredsous !)

    ***

    Des jeux peu lumineux
    sous-tendent les nuées
    (qu'en savent les veillées
    aux écrans vaporeux ?)

    Une chanson me prend
    par le fond méconnu
    (en aime...? l'incongru
    dans les sobres accents)

    Un cafard écrasé
    me rameute un sourire
    (de là que j'en soupire
    au cou de la beauté)

    Magritte

    tiniak ©2020 - annéedemerde ! DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Comme ça, playlist...

    Comme je voudrais savoir pleurer en dansant
    (comme cette fille, Elena, aux bras tombants)

    Comme tu m'es hors de portée, Ô Johnny Boy!
    (comme tes accents délurés, en Ode to Joy)

    Comme il me manque, cet écho pur et si doux
    (comme le soupir ténu de Léa Seydoux)

    Comme nous somme un Clair De Lune et sa surprise
    (comme bondit, droit au but, Flight Facilities)

    Comme vous m'êtes devenus trop rarissimes
    (comme un vent, surgi de loin, caressant les cimes)

    Comme elles me sont franchement indiscutables
    (comme les doigts noués, priant dessous la table)

    Les fraîcheurs !
    qui se sont hasardées à pleurer du bonheur

     

     

    tiniak © #2020annéedemerde ! DUKOU ZUMIN & ditions TwalesK