Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Leipzig

    Pin it!

    La ville a bien pleuré son saoul de peine intense
    Le ciel en est chargé d'étrange brume orange
    Les pavés n'ont perdu peut-être rien au change
    fondus dans les reflets d'asymétriques danses

    Et je mâche, avec toi, une pâte sucrée
    - bonbon acidulé, acheté près du zoo
    Le soir nous fait de l'œil; il fait bon - bel ego
    se laisser, par les rues, rêvant cru, balader

    Il a fini l'empire au fanal rouge et or !

    Peux-tu me rappeler par ce nom qui me manque ?
    Je te dirai le tien, d'un soupir, à l'oreille
    Nous nous donnons l'âme, hein ? Et c'est pure merveille
    quand l'alentour embrase d'autres saltimbanques

    Z'y va ! Autour de nous, toutes les parois chantent !

    Il en est des couleurs comme de nos murmures
    ça ricochète aux murs et teinte le silence
    Je t'écoute parler; tu sais ce que je pense...
    Par la ville nouvelle, allons notre aventure

    Gohlis-Mitte, pour une pause entre quat'z'yeux
    puis le parc ombragé, juste au bout de Springer
    dont tu vas crayonner les essences, les fleurs
    tandis que mon carnet cherche une rime en -eux

    tiniak,leipzig,bulles dorées,orange nuit,saltimbanques

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK.
    pour une des Bulles Dorées d'Anne...

  • Femina, petits pas

    Pin it!

    Elle revient, à petits pas
    la mélo dite sur le tard
    la mèche brune, l'œil humide
    avec ce regard, impavide
    qui vous épelle un autre soir

    Ça fait des bruits, sur le parquet
    comme les patins de mémère...
    Ça vous tient par la jugulaire
    et vous respire par le nez
    mieux qu'un lutin dans sa tourbière

    C'est elle, toujours z'et t'encore
    qui va vous passer sur le corps
    et prélever sa gente dîme
    avec ce mouvement sublime
    qu'on lui connaît bien, sur le port

    Elle s'avance, maintenant
    la mèche brune, l'œil aimant
    moins ton sourire que ta main
    fouillant le cuir de cet écrin
    vers toi, qui ne sais plus les vents

    Ferme, sa main te prend le cou
    C'en est fini de tes courroux !
    Les goëlands peuvent bien rire...
    Tu aurais dû penser au pire !
    Oui, mais te voilà à genou

    Elle en exige de nouveaux
    lieux de s'inventer un espoir
    avec ce doux alcool de poire
    et tous les joyeux oripeaux
    qu'on va noyer dans les baignoires

    Ma mie ! Mon Dit ! Mon Sang ! Ma honte !
    Mes tempes ne sont pas de fonte...
    Mes yeux sont plus mous que ce beurre
    et pour aucun chat, à cette heure !
    En quel lieu ce peut-il que j'apponte ?

    Il existe autant de raisons
    que d'en déraisonner le monde !
    J'en veux pour preuve poLésie...
    Brune, blonde, rousse, ah ouiche !
    Quelle âme ? Quelle âme, sait-on ?

    Ne m'enjambez plus la rigole
    brune, blonde, rousse... folles !
    J'en conviens : il nous faut des mères
    mais j'aime autant ce bras de mer
    où passe une risée frivole

    Ah, concluons ! Mademoiselle...
    pas sur le poil sous les aisselles
    mais sur le port du pantalon
    qui t'a libéré le giron
    mais pas la corvée de vaisselle

    temps,time,hour,heure,moment,instant,sofort,Zeit

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • chanson'taine

    Pin it!

    Chanson fontaine...
    Qu'il fait bon dégorger
    les couleurs d'une peine
    à tes brillants reflets
    pour les voir s'écouler
    entre les brins de laine
    rondes gouttes au plaid
    ricochant à mes pieds

    Fleuve, chantons !
    (patientes, sur le seuil
    et son vieux paillasson
    de cils au bord de l'œil)
    les pluies d'un nouveau deuil
    (perdu pour la raison
    l'humeur ou la saison)
    de ta rive à l'écueil

    " A vouloir te connaître, amour
    le souhaiterais-tu, en retour ? "

    Il pleut ! Il pleut des vers
    de rage continue
    d'hommages contigus
    sur nos terres de chair

    Et le puits n'y peut mais
    le ru, s'en émouvoir
    ni la mer se mouvoir
    puisque le ciel se tait

    Plain-chant, c'est l'alentour
    des intimes débours

    poésie, nyctalope, fumée, rêve, tiniak

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • 620, t'au matin...

    Pin it!

    Si s'en vint, au matin, là, Madame Du Parc
    (le cul et le tétin aussi fermes que nus)
    c'est qu'elle avait versé, de longtemps ! sa vertu
    dans l'un de ces bassins qui plaisent aux monarques
    - avec le gars Justin

    Car, si c'est à la brune qu'on prend l'hiboux, la chouette
    (pour se parer d'un masque ou d'une autre perruque)
    l'humidité du soir l'indisposait à nuque
    tandis que la rosée lui titillait la couette

    Hélas, Ô jour funeste ! Point de Justin, à l'aube
    (il avait ripaillé auprès d'autres julies)
    et Madame Du Parc de ronger sa lubie
    en cherchant, ci-devant, sur qui jeter l'opprobre
    - à défaut de son gant

    Et, faisant quelques pas, vit un particulier
    (mis comme un roturier, mais pas dégueu, en somme)
    employer son entier à lustrer une pomme
    comme il se fût agi de l'or d'un bijoutier

    "- Madame, je vous prie, accordez-moi le temps
    de faire se présent à votre doux minois.
    "- Monsieur, pour quelle affaire auriez-vous quelque voix ?
    "- Oh, pas celle de plaire ! On me nomme Satan
    et m'en vient vous quérir. "

    Et Madame Du Parc de rire et se railler
    chipant du familier la pomme de discorde
    n'aura pas fait semblant, pleine bouche, d'y mordre !
    Voilà ce que l'on dit de cette statufiée...

     

    Défi du samedi,620,si s'en vint,Madame du Parc,écriture ludique

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    pour un Défi du samedi #620

  • Lunatic waves

    Pin it!

    L'obscurité nous va si bien
    que nous en parons nos paupières
    levant, haut ! nos chopes de bière
    vers tous les dieux aux noms de chien

    Un manteau même, chargé d'ombre
    eh ! cheminons, bras d'ssus, bras d'ssous
    mêlant de chansons nos courroux
    moi qui suis d'ici, toi de Londres

    Nos yeux souhaitent ne rien avoir
    pour mieux plonger au fond du puits
    et, lestes, s'offrir à la nuit
    qui miroite sur les trottoirs

    " - Ah, Curnonsky, non plus que l'aube..."
    ai-je murmuré sur ta lèvre
    " - ... Ma vie a passé comme un rêve..."
    répliqua ton œil émeraude

    Tout va t'au mieux, la ville est morte...
    Il fait bon vivre au coude-à-coude
    et laisser nos traces de soude
    à de policés pas-de-porte

    Il en va de savoir souffrir
    comme de jouir de l'instant
    sous le blanc regard insistant
    mieux que sous l'autre astre à venir

    Qu'allons-nous manger sur le pouce ?
    Ce vol égal de goéland ?
    Ce rideau sur l'appartement ?
    Cette vieille pute qui tousse ?

    Un vent s'est levé dru à l'ouest
    Il fera beau, demain matin...
    Allons ! notre pitre chemin
    tes bras noués dessous ma veste

    Et Dame Lune, à l'œil poché
    couvre nos pas d'un lait sans nom
    Tu tiens mon nez dans ton giron
    pour m'enjoindre de l'oublier

    S'il-te-plaît, fais-moi peur encore !

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK