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°ruades°

  • Chipmunk blues

    Je marche, dans les pas nouveaux chemins du soir
    Je m'en raconte - des histoires ! Je m'en berce...
    J'ai fini, quelque part, un tonneau mis en perce
    Je rentre - et content ! lissant, du pavé, la moire

    Un nom me revient à l'esprit, et ça me navre
    Eh, purée ! Vas-tu bientôt finir par descendre
    A la cave ! Allez, hop ! Là, dans mon seau de cendres
    Quel fut ton prix ? Ah, ça ! Moins chargé que mon havre !

    Il pleut des fleurs à la blancheur inégalée
    Pour peu, j'irais signer mon cœur sur un Jésus
    Pas sur la croix... - pff, naaan ! la saucisse au menu
    Ah, ce nocturne est bien loin de sa matinée...

    Je marche, sur un souvenir...
    J'y peux rien, c'est mon côté punk !
    Je touche, à l'élingue, un chipmunk
    Je m'arrache un dernier soupir

    Je m'étrécis
    Il pleut du sang
    J'embrasse un gant
    Il me sourit

    Eh, mon miel
    il a plu
    Vois, pour preuve
    je suis nu
    au bord des lots du fleuve !

    Eh... Poème !
    si Caen m'aime !

    Pas toi

    poésie,fleuve,ruade,chipmunk,logorrhée

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • paisible à l'auréole

    ondes

    Passe, fleuve au lent cours et aux arbres fidèle
    avec ta majesté placide et généreuse;
    moi, mon vin tristounet et mon âme pleureuse,
    à te voir sous nos pieds, changeons de ritournelle.
    Va, nous t'en savons gré !

    Pour la belle cambrure et les solides pierres
    de son enjambement sûr et inamovible,
    j'aime arpenter ce pont en me donnant pour cible
    d'atteindre à l'autre rive une pensée plus claire
    - un nouveau lent demain ?

    Le vent qui s'est levé prend le fleuve à rebours.
    Les claveaux ciselés du pont sifflent son air.
    Je l'entends me souffler le regain des amours,
    mon pas dans sa cadence.

    Sur la rive opposée, se caresse le saule.
    Avec ses bras croisés, il masque son sourire
    (il m'aura, maintes fois, vu regagner ma piaule
    à des heur's pas possibles !).

    Alors, c'est dit ? adieu, ma peine, ma langueur ?
    Je jette du gravier dans le contre-courant.
    Je me sens si léger que son furtif éclat,
    paisible à l'auréole.

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Ici s'achève le recueil des "RUADES" (na!)

    ondes

  • tempi

    apaches,ParisLe temps... Le temps... mais qu'est-ce ?
    Considérant celui d'une vague caresse
    polissant la surface au dos d'un galet rond
    celui du météore au flanc de l'horizon
    passant inaperçu dans le jour qui paresse
    où vivre ?
    À ce moment près d'elle seule ? dans son livre ?

    Temps passés ou futurs n'êtes à l'aujourd'hui
    que reliquats obscurs, rêves inassouvis
    - mêmes, imaginaires...
    C'est d'ici, maintenant, que je prends le parti
    d'en faire
    un endroit familier où je vais prendre l'air
    du temps
    tel qu’il me plaît vraiment

    Me voici dans Paris croisant un éléphant
    connu de mes amis et de moi seulement
    à cette heure
    (où l'On craint le hulan cantonné à demeure)
    et qui sera bientôt des plus problématiques
    quand l'ère aura versé d'Empire à République

    Trois Jules vont venir au devant de la scène
    arracher les marmots à la mine et aux champs
    pour les jeter sitôt brailler "Allons z'enfants !"
    sur les chemins de gloareu...
    Sans faire autant d'Histoire de France
    moi, je n'en aime qu'un pour tout ce qu'il balance
    et prône au Décadent sur les quais de la sienne
    de Cène

    L'à-présent me taillade et son vent libertaire
    me prêtera sa main pour entrer en enfer
    comme on va d'un bon coup achever la semaine
    passant à la revue des deux mondes le seul
    qui vaille
    de souiller nos linceuls aux fruits de nos entrailles

    Sorties des toits bourgeois dont les cheminées fument
    grisant le ciel joufflu, des colonnes d'écume
    plombent, empestent
    l'âpre souper frugal des demeures sans restes
    la voisine repue sous son mari trop gras
    le paternel inceste
    la poularde
    qu'arrose de son jus la bonne - campagnarde !
    la suée des dortoirs
    et le vieux saucisson pourrissant sous les draps
    qui finiront charpies paquetées aux armoires
    sanitaires
    et panseront les plaies de trop pauvres misères

    Des fenêtres les pianos las
    pleurent des doigtés réfractaires
    à ces mélodies populaires
    qui romancent les célibats

    Dans cette vaste fourmilière
    au quotidien
    je bade un art à son affaire
    aussi mon chien
    relevant la piste tracée
    par les humeurs
    d’artistes battant le pavé
    jusqu’à pas d’heure

    C’en est fini du bon Parnasse
    levons haut le vers libéré
    sur le boulevard Montparnasse
    les apaches vont défiler

    Jusqu’à pas d’heure, alors c’est dit
    tandis qu'auprès de moi tu lis
    je rêve encore et reste ici


     

    APACHE.JPG

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi Du Samedi #152

    Illustration (médaillon), d'après Gary R. Benson

     

  • lamantin

    lamantinEntre deux eaux frottant son ventre à la verdure
    dans la douce chaleur du fleuve amérindien
    avec sa grâce lourde et son œil enfantin
    enviable paix selon sa nature
    massif, un lamantin me venait à l'esprit
    tandis que j'observais deux ou trois malappris
    dépouillant un mendiant de ses chaussures

    Accoudée au balcon, sur la rue d'Amsterdam
    attendant la fraîcheur qui tardait à venir
    une jeune beauté cabrait son port empire
    expirant des bouffées de vague à l'âme
    sur la place un pigeon, sale et unijambiste
    fuyait ses congénères lancés sur sa piste
    lui disputer un sandwich à l'edam

    Remettant à demain mes notions de civisme
    me suis contenté de nature à l'isthme;
    pourquoi je retournai au fleuve amérindien
    gratter le ventre du bon lamantin

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Tour la ville

    Ach, Paris !

    La ville est à mes pieds comme un tapis d'éveil
    ma plante semelée y prend des sensations
    en passant du bitume au pavé à dos rond
    s'empare du récit des quartiers en sommeil

    Avec sa féérie pailletée au cordeau
    un jeu de construction pointe ses dentelures
    rythmique allant au ciel titiller la courbure
    pour donner la mesure à de vieux oripeaux

    Ses enfants de minuit ont toujours le même âge
    Leurs genoux sont usés aux semblables motifs
    qui auront inspiré leurs cultes intuitifs
    animant le ballet de leurs fébriles rages

    Quand la pluie rafraîchit la chaussée de sa traîne
    ils savent les endroits où se mettre à l'abri
    et ranger au placard le carnage accompli
    en grand anonymat pour les gloires urbaines

    La nuque fatiguée, éteint le lampadaire
    garde pour lui les songes encyclopédiques
    tirés de la vision qu'offre son œil unique
    des segments citadins à leur hebdomadaire

    Il faut s'en éloigner pour la croire figée
    la comédie urbaine aux fausses ordonnances
    que ses lignes de fuite et ses protubérances
    donnent à l'œil artiste en pâture - à regret ?

    J'y vais mon baladin en mode automatique
    promener - vous savez : mes canines humeurs,
    et joindre à ce concert bourgeois mon propre chœur
    dans l'idée de nourrir ma grise polétique

     

    tiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki #119