07.09.2009
L'ABECEDAIRE poLétique
Œuvre de pédagogie légère sensée démontrer avec bonheur combien la poLésie a son terme ancré dans le quotidien ; où l’on verra en outre tout l’intérêt de conserver par devers soi les ouvrages et essais littéraires, les recueils de poésie et ses vieux manuels de littérature française qui nous ont tant pourri la vie scolaire.
Epigraphe incipitatif aux fins de caution littéralesque :
« Ce n’est pas la station debout permanente qui a séparé l’homme du singe, c’est la poésie » Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française – © Éditions Grasset et Fasquelle, 2005.
AU SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE POLETIQUE :
AVANT-PROPOS INTRODUCTIF EN MANIERE D'EXERGUE :
J’avoue avoir choisi cette forme catégorique par lâche concession faite à l’actuelle pression qu’exerce sur les individus certaine gestion du temps qui se prétend moderne et pragmatique. Alliage des fonctions contradictoires de la lecture documentaire et de la contemplation poétique, cet ouvrage (un mictionnaire de poLétique ?) recèle de miens écrits originaux suivis de citations d’auteurs pertinemment décédés pour la plupart – ce qui ajoute au caractère péremptoire de mes choix et permettra au lecteur avisé de s’exclamer ici ou là « ah oui tiens, ça je connais ».
Alors, de la pourriture didactique qui nous les avaient rendues indigestes, je gage que nous verrons, après cet exercice, refleurir nos parcs de leurs nourritures terrestres.
Ah, et puis si on vous le demande : le L dans « poLésie », ça veut dire ludique, donc.
PoLétiquement vôtre,
tiniak.

Avec, par ordre alphabétique d’apparition magnifiante :
Allais
Apollinaire
Aveline
Barbey D’Aurevilly
Barjavel
Barrès
Bernard
Boyer
Breton
Cadou
Cendrars
Charef
Cocteau
Cohen
Cros
Dac & Blanche
De Beauvoir
De Navarre
De Noailles
Deleuze
Destouches
Devos
Dovalle
Duby
Eluard
Fargue
Follain
Gautier
Gélis
Giono
Giraudoux
Goll
Grécourt
Hugo
Ionesco
Jacob
Jarry
La Fontaine
Laforgue
Lamartine
Lapointe
Leduc
Malet
Malherbe
Mallarmé
Malraux
Marinier
Martin du Gard
Michaux
Michel
Montaigne
Moréas
Neveu
Pennac
Péret
Pieyre de Mandiargues
Ponti
Queneau
Reine Margot
Reverdy
Rimbaud
Rochefort
Roy
Saint-Exupéry
Saint-John Perse
Samain
Sarraute
Sartre
Schwob
Senghor
Soupault
Supervielle
Thérèse de Lisieux
Thiry
Toulet
Valade
Vargas
Verhaeren
Verlaine
Vian
Vildrac
Wittig
Yourcenar
*poLèmes précédemment parus sur http://pavupapri.hautetfort.com
Le Bel Aujourd'hui en PoLésie (I & II) ©2007-2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
_________________________________________________________________
allez... pour les pointilleux, les références des textes cités dans sont compilés à l'index de ce mictionnaire poLétique

23:55 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : abécédaire, polétique, écriture ludique, exergue, pioche
LES VERBES HAUTS
Les verbes hauts
de l'abécédaire poLétique
Conjuguant l’action et la réflexion, les verbes hauts portent haut les couleurs du récit. Grâce à eux, quelles que soient sa fonction ou son genre, sa teneur s’écarte des chemins de basse-fosse où versent trop souvent le pamphlet qui mène sa charge, le pédant qui pérore, le pompier qui ne tarit plus d’éloge, et le parnassien qui contemple.
Ayons donc quelque indulgence pour ceux d’entre eux qui désuètent, ou surannent... n'allons pas trop vite leur prêter des intentions péremptoires ou un caractère élitiste. Désignons-les plutôt par ce à quoi ils prétendent : une certaine hauteur de l’esprit.
- GHI á clic
gémir - hypothéquer - inonder - JKL á clic
jouer - lire - MNO á clic
mourir - naître* - oser - PQR á clic
plaire quitter - révoquer - STU á clic
savoir - tancer - unir
Avec, par ordre d’apparition volubile :
Monsieur Léon-Paul Fargue ; Monsieur Claude Ponti ; Monsieur André Pieyre de Mandiargues ; Monsieur Marcel Thiry ; Mademoiselle Frédérique Audouin-Rouzeau (dite Fred Vargas) ; Monsieur René Barjavel ; Monsieur Alphonse Allais ; Monsieur Michel de Montaigne ; Monsieur René-Guy Cadou ; Monsieur Robert (dit Boby, aussi dit Robert Foulcan) Lapointe ; Madame Monique Wittig ; Madame Anna (de Brancovan, comtesse) de Noailles ; Monsieur Jean Cocteau ; Monsieur Albert Cohen ; Monsieur Jean Giraudoux ; Monsieur Léon-Paul Fargue ; Madame Marguerite de Navarre ; Monsieur Léopold-Sédar Senghor ; Monsieur Mehdi Charef ; Monsieur Albert Samain ; Monsieur Isaac Lang (dit Ivan Goll) ; Monsieur Claude (né Evgen Atsine) Aveline.
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri
____________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
___________________________________________________
• Des noms communs
• Des substantifs peu ordinaires
• Des adjectifs épithètes
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
13:00 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, verbes
verbes hauts (abc)
adorer :
Il n’est pas d’ici ou d’ailleurs rien que j’adore
plus que ton pas venant à moi dans le silence
ainsi qu’en ce moment tout ce à quoi je pense
est contenu dans ce feulement que j’implore
Il n’est pas d’avant ni d’après que cette vie
où le soleil ne luit que pour créer ton ombre
et la nuit dévoile ces étoiles en nombre
pour éclairer ton rêve où s’abreuve la pluie
Toute chose reste sans nom sans ta parole
rien d’agréable qui ne vaille ton sourire
auprès de toi l’arbre entend comme l’on respire
la vérité même semble être à bonne école
Dire que tu m’es tout n’est rien
si ton destin n’est pas le mien
je m’en retourne avec les chiens dans la ruelle
Et quand tu sortiras le tien
trottinant au bout de son lien
je dirai aux miens : ma maîtresse, c’était elle.
; vouer une passion, un culte à quelque objet qui nous occulte.
- J'adore les huîtres : on a l'impression d'embrasser la mer sur la bouche [Léon-Paul Fargue].
briquer :
Allons, briquons, mon bon ami
ci les marches du palais rose
la Madelon a tant servi
qu’on y a pissé quelque chose
Et si l’on doit pousser demain
la populaire chansonnette
aucune rose, c’est certain
ne s’y lerrait conter fleurette
Fi qu’on nous tienne pour des cons
gardons sauf notre bel adage
selon quoi tout finit chanson
ménageons point notre courage
Il en va de la Nation
comme de la paix des ménages
Allons, mon bon ami, allons
briquons ! briquons !
; tâcher de me rendre tout ça tout propre et en moins d’deux, je veux !
- La porte a parlé (…) On l'a nettoyée, briquée, graissée, huilée partout où on pouvait. On a versé du pétrole dans la serrure et on lui a laissé le temps de comprendre. [Claude Ponti].
caresser :
D’espoir on ne caresse pas
plus que du doigt ne touchera
la vérité des anges
Mais que cela n’empêche pas
qu’on espère et recherche la
compagnie de l’étrange
; imiter de la main (ou tout autre pareil aimable) le vent dans la fourrure pour apprivoiser de l’autre l’être, procéder de même de l’esprit sur l’idée (ou toute autre pareil objet).
- Ses mains avaient remué premièrement, et elles lui avaient rendu le sentiment de son corps en se portant sur ses petits seins, en caressant son ventre avec amitié, en parcourant tout le beau domaine lisse dont il lui semblait qu'elle s'était retirée pour se concentrer uniquement dans sa tête. " je ne me hais pas", avait-elle pensé encore [André Pieyre de Mandiargues].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri
________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:52 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes
verbes hauts (def)
donner *:
Nuage, sans visage et sans nom
tu forces mon admiration
je te contemple et je voyage
sur tes volutes de coton
je m'obstine à te reconnaître
à te nommer, à te faire être
monstre, divagation
en abusant à ton passage
mon imagination volage
Nuage, clé des songes
presse ma vue comme une éponge
Nuage, rêve en plein jour
donne à mon esprit libre cours
; faire exactement le contraire du mondain qui reçoit.
- Les dames donnent, c’est leur nom en italien, / L’une qui laisse voir une mouche à son sein, / L’une qui marche comme on danse ou l’on encense… [Marcel Thiry].
espérer :
Porte close vibre
Oh ! mon amour, mon bel amour
viens, je t'en prie
et vois ce que j'ai là pour toi
ce que j'ai pris
Elle est à toi comme jamais
je ne le puis
c'est une tendre fleur des bois
que j'ai cueillie
Porte close geint
Oh ! mon amour, mon bel amour
veux-tu entendre
de ma douleur le chant qui te dit
viens me prendre
Oh, mon seigneur ! Oh, mon malheur !
Oh, ma lubie
ne reste pas aveugle et sourde
à ma folie
Porte close nuit
Oh ! mon soleil, mon doux réveil
mon cher festin
vois combien mon souffle est pareil
à ton destin
Oh, mon idole ! Oh, mon école
des Enfers
poison de mon sang qui s'affole
je t'espère
Porte close feint
Ah, mon fidèle ! Ah, mon cruel
te voilà donc
Ah ! mon néant, tu m'ensorcelles
Cupidon !
Ah, mon bonheur ! Ah, mon ardeur !
Ah, ma furie !
Ah, mon adorable grenouille
au fond du puits
; remettre à plus tard ce que l’on souhaite à présent.
- Il faut signaler que l'âme humaine, qu'elle soit bantoue ou de la ferme Desmonchel (Villiers d'Écaudart, Haute-Normandie) est la même partout, j'espère que tout le monde le sait [Fred Vargas].
fleurir :
Elle a germé entre nos doigts ta nouvelle assurance
quand j’ai laissé ta main sur moi éprouver mon désir
et que nous avons accordé de pleines résonances
nos mouvements et nos élans sans craindre de folir
Elle a fleuri entre nos doigts ta liberté nouvelle
quand j’ai laissé ta main sur toi promener à plaisir
et regagner parmi la soie le précieux hydromel
avant de partager la joie d’aller le recueillir
Maintenant tu goûtes des fruits dorés à même l’arbre
les saveurs et le jus sertis dans son plateau de chair
et prends de l’atmosphère et l’ombre et tout le charme
Et je sais que dès aujourd’hui je ne suis que poussière
craignant de n’être déjà plus demain l’objet des larmes
qu’à l’issue du vacarme, je t’arrachais naguère.
; faire éclater une brillante promotion à la boutonnière.
-…il créa une rose dont la forme et la couleur varient d’heure en heure et qui ne vit qu’une journée. elle fleurit encore en Angleterre. Les Anglais la nomment Yesterday [René Barjavel].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri

________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:50 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes, yesterday
verbes hauts (ghi)
gémir :
Patientes patientes,
dans la salle d’attente
la petite Flore et sa mère…
l’une un bonbon à la menthe
l’autre une lèvre amère
bien en bouche, bien en chair.
- Entrez, entrez, fait le bon docteur,
asseyez-vous, mets-toi donc ici ;
raconte-moi ton malheur,
il n’en est pas de petit.
L’enfant ne dit mot, la mère parle
- C’est, gémit-elle, que mon Charles
l’a vue plantant dans le jardin
une croix de fer de ses mains
et mugissant tout à la ronde :
« Ci-gît c’monde ! Ci-gît c’monde ! »
; exprimer son malaise, un violon grinçant dans la voix.
- Chaque fois que les gens découvrent son mensonge, / Le châtiment lui vient, par la colère accru. / " Je suis cuit, je suis cuit ! " gémit-il comme en songe. // Le menteur n'est jamais cru. [Alphonse Allais].
hypothéquer :
Sur le fleuve un hippopotame
évolue dans son élément
plus aisément que vous, madame
auprès de votre amant
Il est Américain, madame,
quand vous êtes Française
et ne quitte sa chaise
que pour voler votre âme
Il ignore que son base-ball
lui vient de notre thèque
et croit que les Aztèques
ont envahi la Gaule
Je vois que vous l’aimez, madame
pour ce qu’il vous délivre
de ces mots de vos livres
la puissance des flammes
Lors - vous y revenez toujours,
la bibliothèque est
où vous hypothéquez
d’autres folles amours
Près du fleuve l’hippopotame
s’ébroue et marche pesamment
que n’êtes vous tentée, madame
d’en faire autant ?
; gager d’aujourd’hui le présent à l’usure pour un cadeau futur.
- Il faut mesnager la liberté de nostre âme et ne l’hypothéquer qu’aux occasions justes [Montaigne].
inonder :
l’ombre ayant tant molli
ces jours derniers
elle inonde la cour
et son pavé
je t’y attends toujours
mon seul et bel amour
accroupi sur le mur voisin
et la nuit qui s’installe
accuse encor le mal
de n’être jamais qu’un gamin.
; verser à l’excès dans n’importe quoi (pour le seul plaisir de se mouiller ?).
- O sang frais du matin inonde mon visage / Homme jamais aimé demeure mon tourment / Je cherche dans ma nuit des rêves de mon âge / Qui me rendra jamais mon butin de froment ? [René-Guy Cadou].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri

________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:45 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes
verbes hauts (jkl)
jouer :
pour ne pas jouer avec le feu
il faudrait être sot
comme un seau vide d’ohs et d’ahs
mais rempli d’eau
pour ne pas bousculer le sort
il faudrait être chat
pas comme un fringant chamois d’or
mais bête chat
pour ne pas déranger pépère
il faudrait être mûre
pas de ces tristes murs de pierre
mais mûres mûres
et pour ne pas tenter le diable
il faut… je ne sais quoi
- une âme pure et vénérable ?
ce n’est pas moi !
; réinvestir l’acquis concret dans un espace imaginaire où fonder à loisir le réel à nouveau.
- Avec le violon, il faut choisir : ou bien tu joues juste, ou bien tu joues tzigane [Boby Lapointe].
[k]
lire :
délire tes yeux
c’est boire une noisette
un chocolat crémeux
et s’en faire une fête
et prolonger la fête
à lire au fond des tasses
où de tendres promesses passent
délire tes mains
c’est voler aux oiseaux
les plumes du matin
et tous leurs trémolos
et de ces trémolos
vibrant au bout des doigts
s’assurer qu’on n’aura pas froid
délire le monde
c’est repeindre la terre
sa pierre plate et ronde
est un galet dans l’air
et ce galet dans l’air
trace des ricochets
sur l’onde où je t’ai retrouvée
; prendre du sens avec les yeux de l’âme.
- On lit des phrases entières. Ma sœur les écrit au tableau. Le tisserand tisse la toile. Les tuiles du toit tiendront tout l’été. Elle suit chaque syllabe avec le bout de la règle en bois. Ma sœur dit répétez avec moi,… [Monique Wittig].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri

________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:40 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes
verbes hauts (mno)
mourir :
Combien de fois, allez, t’aurais-je entendu dire
mon cœur, je veux mourir
et sitôt rebondir de puérile vigueur
Tu me fatigues, allez, de là je crains le pire
ma peine : de finir
dans un affreux soupir sans savoir à quelle heure
La triste vanité de cet obscur empire
qu’un rémanent désir
porte jusqu’au loisir de jouir du bonheur
Quand je peux m’enivrer du plus simple plaisir
d’un jour s’entendre dire
qu’il est bon de chérir ton âme et ton odeur
; finir ses devoirs quotidiens en renonçant à en connaître la note.
- Mourir, baignant ses mains aux fraîcheurs du feuillage, / Joignant ses yeux aux yeux fleurissants des bois verts, / Se mêlant à l'antique et naissant univers, / Ayant en même temps sa jeunesse et son âge [Anna de Noailles].
naître* :
J'avais un père mettable
qui me fit naître impaire
en s'étant mis minable
un jour avec ma mère
Je suis un père rieux
flanqué de deux nuages
l'une marron et bleu
l'autre pas davantage
Faut-il qu'un père l'ait manqué
même d'un saut de puce
le courage a jeté
la sienne dans ce bus
qui s'éternise au loin ?
L'un perd, l'autre gagne
sa rive inexplorée
Un père-île s'éloigne
ça arrive, tu sais
Tant père le fil déroule
qu'à la fin il se brise
Des deux laquelle viendra
lui loger une bise
avant trop tard déjà ?
Pas terne, austère
ce que Pater n'ose taire...
père mise
erre
habilite
et
meurt
sentez!
mes fleurs chanter
; échapper au néant, rejoindre sa nature, y tenter l’aventure, et retour à zéro.
- Paris de ta triste asphalte / on me croît être le fils / Et naître crapauds et lys / Du silence de mes haltes [Jean Cocteau].
oser :
Ne couvre pas de rose
ton sein qui là repose
si j’osais
J’en blanchirais l’osmose
et ta gorge déclose
brûlerait
Quand le doigt qui l’arrose
d’infertile lactose
goutterait
Mais ce désir implose
ton somme lui impose
le secret
; agir enfin en accord avec soi, de là, réaliser un vœu, joindre le geste à la parole…
- A deux reprises, hier et avant-hier, il avait été lâche et il n'avait pas osé. Maintenant, en ce premier jour de mai, il oserait et elle l'aimerait [Albert Cohen].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri

________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:35 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes
verbes hauts (pqr)
plaire :
Il me plaît qu’il ait plu avant la nuit venue
étouffer dans la gorge mes songes
le pavé roucoule un mensonge
au brillant d’une lame nue
Tu n’as pas reparu et ne paraîtras plus
trottinant vivement dans le square
à ton cou la tulipe noire
vague de jais borde l’écru
Ainsi ai-je connu que tu ne l’aimais plus
notre fol écrin de turbulences
où nous apprivoisions la danse
enivrés de chair et de jus
Il pleut encor, mon cœur, sais-tu ?
et longue la nuit commence
; être agréable au point de séduire et réciproquement.
- Si le mot plaire ne vient pas seulement du mot plaisir, mais du mot biche en émoi, du mot amande en fleur, Alcmène, tu me plais [Jean Giraudoux].
quitter :
Pour une gorgée d'hydromel
pour un plongeon dans l'aube bleue
pour un envol parmi les fous
pour un vers dit dans le marin
Pour une simple goutte même
pour un seul rais entre les yeux
pour un semblant de duvet doux
un dernier cri de mon chant plein
Boire à la source de ton sein
jaillir depuis la rive atlante
raser la paroi des falaises
être un écho à ton appel
Plutôt que de damner un saint
plutôt que revisiter Dante
plutôt qu'un saut dans la fournaise
puisqu'il n'est de péché mortel :
je me quitte
Le goût du sang m'est odieux
mais le vertige délicieux
c'est les mains riches de parole
que je veux vivre libre et fol
et m'être quitte
; ne laisser pour solde de tout compte que la résolution à l’absence et celle de dettes.
- Fais-moi quitter mon corps visible (…) / Ma vie est le rêve d'un rêve / Hanté de fantômes trop tendres[Léon-Paul Fargue].
révoquer :
Deux tableaux se font face
l'un grisonnant, l'autre vivace ;
ce qui se passe entre eux
- je l'observe, ne saute pas aux yeux
et comme ils parlent peu
il me faut deviner leur dialogue discret
Le naturel de l'un semble incommoder l'autre
dont le sourcil arqué, torse, froissé, se vautre
sous la paroi exsangue du front inquiet
grogne, rogne à la base du nez la trogne
d'un coup de griffe de jais
appelons-le Visage
(malgré son teint de pitre)
Une France de rois pourrait mener sa courre
par les allées du bois que celui-là présente
à travers les frimas une frondaison lente
révoque le regain de plus franches amours
dans l'or timide et pâle d'une aube naissante
nommons-le Paysage
(d'ailleurs, c'est dans le titre)
Comme tout les oppose
je ne sais pas trancher où va ma préférence
à cette austère pose ? à ces luminescences ?
je n'ose... je balance...
Tu m'es plaisant, Visage, avec ta mine sombre
il y a du ridicule à ta colère noire,
tandis que ta tristesse nourrit quelque espoir
forêt de Paysage où s'effacent les ombres
Je ne veux pas choisir, laisse ouverte la porte
et mon âme bondir dans ces natures fortes.
; rappeler à son (bon ?) souvenir ; où renier n’est pas jouer.
- Plus je me tais et plus je suis marrie, / Car ma mémoire, en pensant, me révoque / Tous mes ennuis, dont je me moque [Marguerite de Navarre].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri

________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:30 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes
verbes hauts (stu)
savoir :
A quoi bon dire ce que l’on sait
quand il nous faut toujours apprendre
et qu’il reste tant à comprendre
et qu’on n’atteint jamais le vrai.
J’aime autant redire ce que je vois
ce que je ressens à travers toi
ou ce que je peux toucher du doigt…
De toutes ne prends qu’une loi :
« Je sais bien que je ne sais pas »
Mais : je rêve ; il me semble ;
et : si nous marchions ensemble.
; c’est selon, croire ou connaître, grâce ou vanité de l’être.
- Je ne sais en quels Temps c'était, je confonds toujours l'Enfance et l'Eden [Léopold-Sédar Senghor].
tancer :
Pan ! Pan ! Cul ! Cul !
C’est la danse, c’est la danse
Pan ! Pan ! Cul ! Cul !
C’est la danse des fessues
Cul ! Cul ! Pan ! Pan !
C’est la ronde, c’est la ronde
Cul ! Cul ! Pan ! Pan !
C’est la ronde des nian-nians
Tireli pon pon
garde-la bien offerte
Tireli pon pon
garde-la bien ouverte
Tireli pon pon han han
donnez-moi du bois et du bien vert
Tireli pon pon han han
que je la tance vertement
Tireli pon pon han han
donnez-moi du bois et du bien vert
Tireli pon pon han han
que je la tance vertement
Pan ! Pan ! Cul ! Cul !
C’est la danse, c’est la danse
Pan ! Pan ! Cul ! Cul !
C’est la danse des fessues
Cul ! Cul ! Pan ! Pan !
C’est la ronde, c’est la ronde
Cul ! Cul ! Pan ! Pan !
la ronde des culs béants
; action violente, consistant à réprimander vertement qqn sous l’effet d’une colère noire ; mettre une danse à la teutonne.
-…elle se met en colère, et dans ces cas-là ses origines africaines prennent le dessus, elle tance en arabe [Mehdi Charef].
unir :
Dans l’univers et son grand huit
que mon regard époussète
j’unirai mon abscisse
à son grand dessein
afin de battre
l’air à froid
- ’de dieu !
hein ?
; rassembler de la façon la plus confondante.
- Musique, c'est ton eau seule qui désaltère ; / Et l'âme va d'instinct se fondre en ton mystère, / Comme la lèvre vient à la lèvre s'unir [Albert Samain].
* poLèmes précédemment parus sur pavupapri

________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:25 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, poètes, littérature, citations, définitions, verbes
verbes hauts (vw)
voiler :
Un sommeil amène
la voile de nos yeux
qu’un regard en peine
empanne près du port
Il n’est de sirène
qui n’ait de triste sort
ni de capitaine
qui meure sous les cieux
Une ombre formelle
éponge l’océan
penniforme ombrelle
signe la fin des temps.
; tisser le masque désuet de la honte sur un secret objet de fierté ridicule, ce qui fait ostensiblement injure à la liberté de l’œil.
- Et quand j’y lance l’appât d’une seule parole / Tes yeux se rident se brisent de petits sourires / Et se voilent soudain de mes désirs [Ivan Goll].
[w]
________________________________________________________
retour au SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
12:20 Publié dans mictionnaire poLétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, abécédaire, polétique, écriture ludique, auteurs, verbes









