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tiniak est cosmique

  • CHill ICône cArnet

    Coule, fleuve et passe m'en un peu
    Herses mouvantes en canopée
    Il va bien me venir une idée
    Là, sous le ciel qui ferme les yeux
    La poésie trouble mon carné

    Improbable reflet, sais-tu à qui je songe ?
    Coule et roucoule, fleuve et passe-moi l'éponge
    Où j'ai le cœur meurtri
    Nurse Lune et nuées, couvrez-moi de jeux d'ombres
    Et prenez mon parti

    Coule et déroule, fleuve, un savoureux mystère
    Au moment de le lire ? en referme la page...
    Résonnez, vêpres, rire et mère au lent courage
    Nocturnes pianotages
    Ecrits à l'encre terre
    Tout le pays se meurt et je suis amoureux

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour une resucée d'Impromptu Littéraire - tiki#343

  • l'heure avait le front noir...

    l'heure avait le front noir et or
    à en courber l'échine
    l'automne et ses rapines
    dépouillaient nos grands frères

    les nuées se livraient encore
    à quelque horrible fête
    on y tranchait les têtes
    dans des éclats de rire

    et moi de contempler le spectacle sauvage
    comme un autre à la plage regarde ses pieds

    un capiteux parfum d'été
    engluait l'atmosphère
    il vous coulait de l'air
    jusque sous la pelure

    des incantations débridées
    mugissaient à folir
    ou priaient d'un soupir
    que l'eau mouche la terre

    et moi j'applaudissais la venue sur les Maures
    de madame La Mort et tous ses nains mauvais

    la ruée s'abattit brutale
    tapotant sur les tuiles
    changeant le sol en huile
    ruinant les capillaires

    cette chevauchée magistrale
    s'écriait : ville prise !
    arrachant aux chemises
    l'opacité mature

    et moi de savourer toujours
    de l'orgie cathartique
    les foudres énergiques
    m'inspirait de l'amour.

    eclairs006.gif
    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (paru dans l'abécédaire poLétique - adjectifs)
  • désordre de grandeurs

    I

    Il passe une lactose
    là-haut dans le cosmos
    coulée sur la nécrose infinie
    et l'ennuit profond isolé de l'étoile
    dont l'appel muet déjà mort étincelle
    et que l'on croit fidèle et nous trompe
    pour qu'on le magnifie
    et que les gens d'ici avec leur nez en l'air
    tenus dans l'univers
    se trouvent bien petits.


    II

    Par vagues longues, l'onde, l'onde
    répète mon tourment aimant et ment
    et quand mes yeux las sondent
    les volutes de l'onde
    je ne vois qu'océan
    et pas de Nouveau Monde.


    III

    D'un pas l'autre et le suivant
    sur la route, sur la route
    un regret ne me coûte
    que de le quitter là

    Je ne le chasse pas
    je demeure à l'écoute
    lapereau sur la croûte
    allant vers son trépas.


    IV

    Les mains toujours plus grand ouvertes
    à cette carne offerte
    à mon corps dépendant

    J'embrasse cette âme déserte
    soit qu'elle est vraiment pauvre
    soit qu'elle fait semblant

    L'aimer c'est s'émouvoir à perte
    et je n'ai pas le temps.


    V

    Quand rien ne s'y oppose
    l'immensité des choses
    me saisit par le bras
    me montre une lumière
    tendue par la forêt
    où le rêve n'attend
    que de me dévorer

    N'ayant pas de cailloux
    pas même un bout de pain
    je poursuis le chemin
    les cheveux en désordre
    vers la maison de l'Ogre
    sous le regard meurtri de ma fratrie.


    VI

    Elle est grande
    et même plus que cela
    ne se sait ni ne se voit

    VII

    Il avait soif ce berger
    là-haut perché

    Il a plongé la longe
    dans la gorge de nuit ouverte
    et le puits l'a mangée ;
    certes, il aurait pu attendre
    avant de l'avaler
    mais c'est mensonge de dire, enfin !
    qu'il existe des puits sans faim

    Il est mort ce berger
    sans revoir jamais sa vallée.

    VIII

    Elle est grande
    et m'aime plus que cela
    ne se sait ni ne se voit.

     

    puits-pouldergat.jpg

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (à paraître dans l'abécédaire poLétique)

    01/09/2009

  • substantifs (abc)

    Autrui :
     Aux truies ?
     Ah, mon cochon qui ne veut tant d’efforts
     que d’extraire un genou par-dessous la jambée
     qui n’aura pu tanguer plus avant vers le port
     et compte son écot pour une autre lampée
     sur la verge ruinée qui lui pend sous le pli

     Il n’est question d’amour ni même de transports
     mais d’aller secouer un peu de sa rosette
     contre un visage peint aux couleurs de la mort
     odieux truchement qui loge au fond des têtes
     un mol élan de l’âme à se garder d’autrui

     Dimanche, c’est demain… cochon qui s’en dédit !
     rempaillé par les tiens et leurs civilités
     tu iras psalmodier, comble d’hypocrisie
     les commandes d’un ciel où tout est décidé
     par l’amour du prochain qui te sauve la vie

     Aux truies ! Aux truies ! c’est l’heure, il faut payer encore
     et le prix du bonheur et celui du passage ;
     cochon qui s’enlaidit au long des corridors
     parvenu à l’issue où le fond se partage
    ; si ce n’est toi, c’est l’autre : ton frère.
    - L’absence d’autrui, c’est quand on se cogne, et que nous est révélée la vitesse stupéfiante de nos gestes [Gilles Deleuze].

    Baiser* :
     aussi
    dans le suspens de ce baiser, déjà tes lèvres ourlées en embuscade sous les cheveux complices déjà tes mains, fraîcheur qui m'épouse les joues déjà tes diamants sombres dans les miens déjà fous
     et puis
    dans l'affleurement de ce baiser, déjà vibre ma lippe emprisonnée par deux tendres et juteuses délices déjà mes doigts qui t'apprivoisent le  cou déjà mon souffle dans ton souffle tient, déjà nous
     alors
    dans l'affolement de ce baiser, déjà nos bouches d'appétence en douce se régissent déjà nos mains qui se cherchent des envols déjà nos vertiges caracolent déjà tout
    ; archétype manichéen du tout ou rien (il est délicieux ou dégueulasse, du bout des lèvres ou pleine bouche, il est bonjour, adieu, menace, consolation, long, lent, court…) toujours.
    - La terre est bleue comme une orange / Jamais une erreur les mots ne mentent pas / Ils ne vous donnent plus à chanter / Au tour des baisers de s’entendre [Paul Eluard].

    Ciel* :
     Discobole ! Discobole !
     un genou sur le Tourniquet
     défiant Éole et ses nuées
     dans le suspens de ton élan
     tous les envols du temps prescient :

     Plein ouest, rien d’autre que le soir
     révolution, ce vain espoir
     de pouvoir embrasser jamais
     l’aube de la fertilité ;
     
     L’Étoile du Berger patiente
     fendant l’oubli, sa voie lactante
     un cheveu blanc sur le front plat
     d’un cosmos, Chaos et substrats ;
     
     Orient, extrême évanescence
     luit d’opportune renaissance
     quand l’ombre cernée de lumière
     s’amenuise enfin sur la terre ;

     A des profondeurs abyssales
     la vie et sa chaleur australe
     gourmandement remet au four
     galette, la rondeur des jours

     Discobole ! Discobole !
     tourbillon dans le Tourniquet
     spirale folle en déroulé
     goutte de miel au cœur de l’œuf
     relance au ciel un disque neuf.
    ; couvre-lit cosmique auquel n’accède pas qui veut, du reste il en faut bon nombre rien que pour les voir en peinture sans risquer d’en affecter la nature.
    - Mon ciel à moi ! [Sainte Thérèse de Lisieux].

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

     discobole.jpg

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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • impropre exil

    (manifeste poLétique)
    autoportrait

    Ton exil est le mien, poésie vive en rêve
    sur les flots incertains charriant l'humilité
    dont ne sont pas nourries ni les âmes bien nées
    ni les peaux de chagrin pour qui l'aube est trop brève,
    nous voguons vent debout l'un vers l'autre portés

    Idiot celui qui croit - comme on croit un Jésus
    car l'aimer nous ferait une toute autre histoire !
    en l'exil volontaire, œuvre libératoire
    d'un génie supposé en connaître l'issue ;
    nous couchons sous le pont des frères à peau noire

    La prison, c'est l'idée aux forces surhumaines
    (l'espoir d'en réchapper en insulte la grâce)
    le séjour y est doux quand on sait la menace
    qui mange tous les corps et dehors se déchaîne ;
    nous y purgeons le temps que notre âme s'efface

    Pourtant nous la quittons quand nous prend le désir
    d'aller voir les ailleurs qui nous viennent en songe
    espaces infinis que le verbe prolonge
    en y faisant rimer le meilleur et le pire ;
    nous nous retrouvons là, affranchis du mensonge

    Mais les cailloux jetés à la crête des vagues
    forment bientôt les murs qui vont nous contenir
    chacun dans sa cellule à pousser des soupirs
    dessinant à la craie une raie pastenague
    ou sifflant dans le vent la nuit qui doit venir.

    Aussi vivant qu'il soit le rêve meurt un peu
    quand nous fermons les yeux sujets à nos effrois ;
    aussi bien ferons-nous malgré l'heure et le froid
    de veiller avec joie son objet merveilleux

    Et nous irons chanter sous le grand cacatois
    enviant d'un géant les plongeons gracieux
    triomphe d'innocence entre ciel et flot bleus.

    ouééééé, elle est bwooOonne !
    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK