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poésie lubrifiante

  • Pisse and Love

    Sur un tapis de chrysanthèmes
    bordant la stèle au noir mica
    puisque je n'étais plus abstème
    à force de rhum et vodka
    au cœur, une chanson bohème
    au bras, une matriochka
    (appétissante, quoique blême)
    merguez en pogne, le froc bas
    je déchargeais mes tréponèmes
    en manière de vendetta

    L'heure était sombre et automnale
    L'endroit s'y prêtait en tout point
    C'est qu'on venait pour la Toussaint
    rendre hommage au vice-amiral

    Il est mort cocu, le saint homme
    pas de ça ! mais du ridicule
    de s'être fourré le bidule
    - allez savoir...? dans un vid'-pomme !

    Gaillarde, sa matriochka
    (une santé ! une acrobate !)
    chaque année m'offre ses cravates
    sous le couvert des aucubas
    au cimetière
    où il nous plaît de faire l'amour, pas la guerre

     

    poésie,humour,14 juillet,poésie lubrifiante,grivoiserie

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#270

    Avec une pensée grivoise pour l'excellent vegas-sur-sarthe

  • Ambulatoire séjour

    Des murs, cent visages bourgeois
    se succèdent à l'enfilade
    dans la journée qu'un soir dégrade
    sur mon trajet de Par Chez Toi

    Au rythme assuré de mon pas
    mes pensées teintées d'albumine
    tuent le temps qui les achemine
    à former un bleu canevas

    D'un œil distrait par la séquence
    hypnotique d'urbains signaux
    je recompose l'écheveau
    soyeux de nos dernières transes

    Plus tranchant sur son anthracite
    le linge blanc de ton invite

    À ce nuageux lait - sans mousse !
    s'accordent deux lentilles rousses

    Berceuse odorante et charnue
    au Bel-Hiver ci-éperdu

    En profondeur, une caresse
    répond à sa chaude promesse

    Fragiles, fébriles
    sourire, torpeur...
    Et puis, voici que pleure l'heure

    Qu'importe ! Je toque
    au discret fumet de ta porte

     

     

    poésie lubrifiante,Paris,Saltimbanques,Delphine Signol

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Ce bonheur odorant

    Le clocher du quartier, grippé
    ne sonne plus depuis deux jours
    je glisse du rêve au velours
    dans ce début de matinée
     
    Le marché déjà bien en place
    bruisse à voix basse un chant connu
    de coutellerie rémoulue
    lissant les harangues bonasses
     
    Parmi les lents piétinements
    plaidant leurs coutumiers négoces
    distincte, légère et véloce
    ta venue sonore autrement
     
    J'ouvre ma fenêtre au bonheur
    d'un bain d'épices nuancées
    à quoi nos haleines mêlées
    feront fête dans le quart d'heure
     
    Le jour brûlera sa bougie
    à notre amoureux carnaval
    Nous en essuierons le final
    au chiffon bleu de notre lit
     
    Mais, souffrons que l'instant s'étire
    avant que je t'ouvre mes bras
    tandis que s'avancent tes pas
    et que ce dimanche transpire
     
     
    tiniak ©2015 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#241
     
    Ouaip, ben le suivant aussi, tiens :
    A la manière de... (beuah, mais bon, hin hin)
    tiki#242

  • caisse, hier

    Le cœur a sa fenêtre ouverte
    La forêt bien rangée devant brûle tout son flanc droit
    Ça va chauffer plus fort à présent, sous les toits
    que, sur le bout des doigts, ont repris les décomptes
    des passagères hontes
    et des gentils émois
    quand, depuis l’occident un vent court à sa perte
     
    Ou c’est peut-être moi qui me fais à l’idée
    que le jour a passé sans que je ne le vois
    nichée toi, niché moi
    dans quelque dé à coudre
    avec nos grains à moudre – et de concert, encore !
    jusqu’au délit des corps dans le content des chairs
     
    Mais – je ne rêve pas…
    cela fait bien longtemps que tu n’es plus personne
    que je n’ai que dix doigts
    pour joindre mes deux bras
    et que je m’époumone à maudire l’automne
    quand l’hiver est bien là, en bas, rue Salomone
     
    Ou alors quoi ? Courir ?
    Bondir, là ! sur tes pas qui se sont effacés
    depuis quelques années vers un autre Agadir
    sa paire de saphirs et son autre patois ?
    Puisque je les entends toujours dans l’escalier
     
    Je ferme la fenêtre
    La forêt peut brûler, je m’habille de fleuve !
    Qu’est-ce… j’allais chercher
    …en traversant la pièce où tu restes cachée
    dans ta dernière épreuve ?
    Pour que je m’en émeuve, tout l’être !
     
    Ça, qui me le dira ?
     

    poésie lubrifiante,lol y tasse, dé à coudre

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki# 232