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poésie

  • Amaretto

    Après avoir longtemps erré dans la campagne
    y ai laissé mon pagne et quelques rêves mous
    l'idée d'une compagne avec le cheveu roux
    armée de francs courroux, quand la rage la gagne

    Madame, aux cent virages...
    Ô Très Chère au sang frais
    l'est doux, votre visage
    mais quel piège y logez !

    Oublieux au grimoire
    je réfute les mots
    que j'avais dit, tantôt
    par des ratures noires

    Restez là ! pour entendre
    vous, issue de la ferme
    mais aux formes si tendres
    quel est votre épiderme

    Eh, chérie ! C'est du flan
    et pas du meilleur cru
    ce que tu m'as vendu
    et sans prendre de gants

    Toi ? Tu es l'araignée
    en confort, sur la toile
    tissée comme une voile
    sur un navire à quai

    Tant va la cruche à l'eau
    que c'est du pain béni
    pour les tristes dénis
    trempés d'Amaretto

    Oh, c'en est trop ! C'est bon ! Va jouer dans ta cour...
    Je me garde, en recours : les prés, les alluvions
    des fleuves sans détour, les prunes, les marrons,
    et ce dernier moignon : mon poing dru dans ton four !

     

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    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#296

  • La ligne indécise des arbres

    J'avançais, mon pas - ce festin !
    par de magnifiques miroirs
    qui se renvoyaient mes espoirs
    sur d'oblongues moires, sans tain

    J'allais mon train, dans la forêt
    me demandant : quel horizon
    murmura qu'il n'est de raison
    qu'entre les ombres dans l'allée ?

    Un blond papillon, brun dessous
    et des ocres doux plein les yeux
    vint me caresser le cheveu
    (et pas pour m'y chercher des poux)

    Je le chassais d'une main molle
    vu que j'étais un rien pensif
    que j'avais oublié mes tiffs
    et que je cherchais mon école
    dans les feuillages
    où frétillait, d'en haut, le sang blanc d'un mirage

    Quelques champignons m'interrogent...
    Je leur réponds, le cœur troublé
    Ma réponse n'a pas d'effet !
    Ils montent grignoter ma loge

    Disiez : « La vie est dégueulasse »
    Léo Malet, Jacquottet, frères...
    perclus d'horreurs z'et de misères
    Mais, cette forêt, c'est du strass !

    Et voici que je suis la ligne
    indécise des arbres morts
    très occupée à mon décor
    pas à pas, pour y voir un cygne
    rogner son aile
    et me narguer, gracile opale, irrationnel

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    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#295

     

  • Mire, hors...!

    Je tombe - chut ! à la renverse...
    Verse, verse
    vers ce jus blanc, las, dans la coulpe
    (avec autant de bras qu'un poulpe)
    un sang plus noir
    que le Nombre logé au fond de ce tiroir

    L'autre jour, vins
    (allez ! mille lieux sous l'éther…)
    avec mon âme en bandoulière
    (pour dire comme j'en suis fier)
    me planter devant le miroir
    Je me songeais Tarzan
    je vis que j'étais Noir !
    basculais à l'inverse
    Verse, verse, verse, Cri
    de la falaise dans un puits

    Mais ce cri n'était pas le mien
    (ce cri strident et féminin !)
    Quand je crie, c'est à l'intérieur
    (je suis né au pays du beurre !)
    et quand je marche sur Falaise
    - à l'aise, à l'aise...
    ce n'est sûrement pas pour filer à l'anglaise
    Oh ! Pas pour choir
    (en suivant tous ces Blancs, braillant dans le couloir)
    mais, des nazis
    voir s'abîmer, dans les marais, l'horreur, l'ignominie

    Miroir... Miroir... Hé ! Qui l'eût cru ?
    Tu ouvres ton terroir aux ombres méconnues
    et le Nombre, Il… ?
    (nombril ? nombril !)
    …déploie sa loi depuis les secrets infantiles
    et va, sa foi particulière en bandoulière
    son destin sans tain sur la terre

    Mon cœur moqueur, reste de glace...
    Dès demain, sous ma main, cette buée, c'est farce !

    Et je mire, hors
    ces affres de reflet
    où je situe mon or
    Hé ! Hé !

     

     

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    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#294

     

    voir à : Tarzan, Colonialisme, Droit de la Femme, Cinéphile et coton :p

  • ample heure (et consolation)

    de tiniak à Gaëna

    Armchair & Tristesse

    (illustration d'une connivence)

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  • Bliss hard

    Oh, paix ! Dis, c'est quoi, ce blizzard ?
    Ce vent glacé sous mes cheveux...
    Un défi descendu des cieux
    indécis, défendu des vieux
    par quelque brutal avatar ?

    Un pet de plus sur la moquette ?
    Un air de fête au bord du gouffre ?
    Qui saura comme en vrai j'en souffre
    à gâcher toutes mes pantoufles
    à me rapporter à ma couette ?

    « Boujou, madame. Ça ! fait pas chaud...
    Tandis que l'âme y théorise
    souffrez que je souffle une bise
    à votre sein des vantardises
    avant de masser votre dos. »

    Là, c'est que l'On n'est plus d'ici !
    Vous m'avez dit : « va, voir ailleurs »
    J'y suis, las, et pas bien meilleur...
    Je n'en serai pas le veilleur
    tous les vents ont changé de pluie

    Il est venu d'où, ce blizzard ?
    Ce vent rivé sur mes doigts gourds...
    Je me croyais, seul, dans la cour
    à scribouiller sur nos amours
    quand il m'a soufflé : « c'est trop tard »


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     tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK