Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

poésie

  • Lessiveuse

    (programme de nuit)

    Des enfants jouent au ciel
    à faire la vaisselle
    après le plat du jour
    (ça inonde la cour
    et ça pique les yeux
    ça agace les vieux
    et, pour moi, c'est du miel
    peu chaut ce qu'il m'en coûte
    en ce nouveau mois d'août
    qui m'a vu naître ailleurs)

    Je détourne mon sang
    du commun sentiment
    qui convient au mortel
    (il en faut, des ficelles !
    pas des miséricordes !
    pour que je me raccorde
    une envie d'être au monde
    une pensée féconde
    un rêve s'égarant
    et qu'enfin, je déborde)

    "Qu'il fait mauvais, ce soir..."
    les façades soupirent
    de peur de trop en dire
    (qui vaut pour les armoires
    où s'abîment, contraints
    des songes enfantins
    et les simples sourires
    et les vilaines affres
    brodés, fières balafres
    sur des linges éteints)

    Je n'aime rien autant
    que ce moment - bascule !
    et sa pluie rougeoyant
    (hormis la minuscule
    virgule sous ton sein
    dans le pli de ma main
    qui vient tout oublier
    plutôt que de crier
    le coeur au bord des lêvres
    sa fièvre d'être ailleurs)

    Et voilà : C'est la nuit...
    son espace fini
    ouvert sur l'éternel

    Nul besoin des prothèses
    de quelques parenthèses
    pour vivre son récit

     

    poésie,lessiveuse

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Chut !

    Jusqu'ici, ça va, mais je me demande où tombe la mer, ainsi, plus dense que la pluie, avec mon corps en parallèle, bercé par des étoiles froides la sourde ritournelle ?
     
    Je suis sorti, ce vendredi
    de chez quelque fidèle ami
    Il m'avait jeté ce défi :
    « Prouve-moi que la terre est ronde,
    toi qui dis embrasser le monde »
     
    Jusqu'ici, ça va, mais ne devrais-je pas étouffer ? Comment puis-je encore respirer, dans ce qui est, à l'évidence, le cosmos où mes membres dansent ?
     
    J'ai marché (et j'allais bon train)
    de villes en lieux peu communs
    J'ai rétorqué : « Bon, tu m'attends !
    Surveille mon ombre au ponant »
     
    Jusqu'ici, ça va, mais ça commence à chauffer dur ! Ma peau n'est plus que craquelures; et, sous mon crâne, ma cervelle bouillonne pis que tagliatelle !
     
    J'ai vu, sur la ligne océane
    poindre l'astre aimé des profanes
    J'ai embarqué tous mes organes
    dans une élémentaire lutte
    et puis, soudain, ce fut la chute
     
    Jusqu'ici, ça va... On est d'accord, hein ? mes atomes... Plus question de retour at home. Adieu, cirque de Galilée. Seuls règnent les cercles d'Icare et Prométhée.
     
    Pour toi, je n'ai pas de souci
    mon cher et si fidèle ami
    car le ponant te l'aura dit :
    « Tu avais raison, mais quel drame !
    pour la démonstration d'y sacrifier une âme ? »
     
    Jusqu'ici, ça va, mais taisons-nous !
    Le cercle est large aux cycliques atouts
     

    whirlpool,tourbillon,la haine,la chute

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#288
  • Réduction de parlotte

    (au sang crémé monté au beurre)

    Petite fleur au nom connu d'émoi
    que les corbeaux musardent, restant coi
    Tes vivaces couleurs, chéries des bois
    viennent combler ma peau d'une autre foi

    Joli poli caillou millénaire
    ourlé par les flots d'une rivière
    accordons nos pouls de rude chair
    à nos prompts ricochets sur l'amer

    "- Eh ! Quoi de neuf au point de fuite ?"
    "- L'amour, mon amour, qui t'invite !"

    Un ciel meurt à son ponant
    Je vais lui brosser les dents
    Lui me signe sur le front
    une rougeur de pardon

    L'amour est un éveil
    au tracet de soleil
    entre crème et oseille

    Je sais qu'il est là
    - fillote !
    dans mes agrégats
    - parlotte !
    d'ocre brut et mat

    J'entends qu'il chante
    que sa tourmente
    est une attente
    en libre pente

    Je les aime
    ses dilemmes
    son poème

    Son coeur
    sa fleur
    ses heurts
    j'en meurs

    Oh,
    l'Homme !
    Ômmmmmmmmmmmmmmm

    poésie,ponant,réduction d'échalote,ricochets,bouquet

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#287

  • Bout de quai printanier (à Lyon ?)

    Je te vois... comme tu respires
    J'entends le sang sous l'ivoirin
    J'abouche ton prochain soupir
    J'affleure au secret de ta main
    J'y hume nos derniers plaisirs

    Une ombre hivernale s'écoule
    où le sol prend feu dans ta pose
    automnale, éthérée, morose
    Deux belles saisons s'y ampoulent

    Tu recueilles mon exsudat
    à bout de doigt, un rouge à lèvres
    et l'aveu d'une sourde fièvre

    Une perle sur le front plat
    se désole à n'en plus finir

    Pour moi, je creuse une traboule...

     

    poésie,Marie Laurencin,aquarelle,exsudat,trabboule,ombre,quatre saisons

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#286

  • Est-ce cale, braise îlienne ?

    L'Ecrit vint, voyageur
    poser sur mes genoux
    ses peines, ses courroux
    ses fébriles ardeurs

    Ça ! j'en ai pris des sueurs
    sans que leur brouillard dise
    quand ma débrouillardise
    en cueillerait les fleurs

    Il y manquait le souffle
    inspiré par les ors
    rougis à l'athanor
    de quelque vieux maroufle
    rompu au mastroquet

    Des cris vains, ravageurs
    s’invitèrent à table
    à force jeux pendables
    et vilaines humeurs

    J'ai questionné mon cœur...
    "En resterons-nous las ?"
    quand l'océan héla
    mes rêves de skipper

    Et se brise la rime
    Ô Jules Supervielle
    à l'Escale (Cybèle !)
    où mouillent mon estime
    et ma verve au taquet

     

    poésie,tiniak,escale brésilienne,mastroquet

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#285