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Grrr!

  • Bord d'heure

    Le gris s'étend
    Le gris s'épand
    Le gris s'entend...
    De par où ?
    De partout !
    Le vert en a mal aux genoux
    et l'émoi doute
    A-ouh ! A-ouh !

    La ville n'a pas pris de gants
    La fille en a les yeux béants
    Certains font du lèse-béton
    accusant lézards z'et fissures
    par d'éphémères signatures
    surgissant, comme des frissons
    - pas en mièvre marge, en bords durs !

    Dans la gorge du policier
    roule un glaviaud de la cité
    Il en est issu; il patrouille
    et croque un sandwich à l'andouille
    car la Fée Electricité
    vient d'afficher sur son tableau
    "On se voit après le boulot ?"
    (il en a déjà mal aux couilles)

    La beurette a pris son élan
    de sa fenêtre - au Canada ?
    L'alter, natif d'un autre chant
    brosse un lent rétif, au colza
    (ça pue la mort, mais c'est nature !)
    sur la toile de lin - pour l'Autre...
    puis s'en va cueillir son épeautre
    où passe la route, en bordure...

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     inspiré par "en bordure" une photographie d'Ernesto Timor - @Timor Rocks

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • Retourne-m'en !

    D'un mot sur le frigo, organiser le monde
    Observer mon ego se vider par la bonde...

    Ai-je bien tout rangé les enfants à bonne heure ?
    Quoique j'aie travaillé, ça ne fait pas mon beurre !

    Voyez dans quel état me plongent ces papiers...
    Pour demain, je prends quoi : pull-over ? chemisier ?

    Il m'énerve ce con, à me jauger le cul !!
    Pas grand chose au balcon, et voilà ! c'est foutu...

    Donc - si j'ai bien compris, c'était juste un plaisir ?
    Ben oui, nan, c'est fini ! Y a plus d' vin pour le kir

    Elle est belle, sa mère, avec ses petits plats...
    Avec ces tupperware, tu crois que je fais quoi ?

    Tu sais que j'en ai chié pour poser cette applique !?!
    Voilà, c'est décidé : je ferme la boutique...

    Tout prend sens à nouveau; j'ai de l'or dans les mains !
    Je parle avec mes mots... pas les leurs, pas les tiens...

    Eh, qu'il sent bon ce drap... L'air est doux, maintenant...
    Ma fronde à bout de bras, ce soir, je suis maman !!

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour (remanier) un Impromptu Littéraire - tiki#320

  • Tout's les mamas

    Oh, pleurs, douleur, sourde fatigue !

    Des yeux brûlants
    sur les écrans à la raison
    comme des mouches
    vibrant en vilain rigodon
    sur un papier-glue, louche...

    Des cinémas aux tragédies de pacotille
    qui s'invitent
    - et à la maison, dites !
    pour vendre des models abscons...

    Et allez, va !
    purée de pois
    dans les esgourdes

    Sur le mot dit
    au rouge fruit
    claquer la lourde !

    Toutes les heures
    comme des fleurs
    pourries debout

    Dans le jardin
    des coeurs sans tain
    qui font les fous !

    Oh, peine ! Oh, rage ! Oh, contritions !

    De ces caresses avortées
    (à l'élan pourtant magmatique)
    qu'une patriarcale éthique
    rengorge à force de poids niais

    De ces espoirs lâchés du ventre
    (sans aucun moyen qu'ils y rentrent !)
    avec, autour, un monde sot
    qui célèbre mieux les idiots
    que les chéris
    dont le giron s'est renfermé sous l'appentis

    Les revoilà
    tout's les mamas
    criant des noms de fusillés

    Avec leurs doigts tout boudinés
    sous des pancartes...
    Tristes jubartes !

    Oh, c'en est trop des extinctions !

    Des extinctions, mais pas de voix
    Ha, ha !... Ha, ha !!... Ha, ha !!!

    Toutes ces fêlures, debout !
    Prêtresses des humbles courroux
    - et, chacune, son disparu !
    battant le pavé de la rue

    Sous les rideaux des baies vitrées
    (serait-ce que Pancho vit là ?)
    fumant les bourgeoises villas
    mieux que leurs méchants SUV

    Et allez, vont
    la fleur au front
    tout's les mamas

    En rigodon
    vers l'horizon
    des idéats

     

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#319

     

  • barouf

    Ra ta ta !
    En veux-tu ? En voici, en voilà !

    Bagout debout, les morts de rire...
    C'est pas l' tout, y a du poil à frire !
    Y a d' la bourgeoise à dégommer
    en meuglant ses petits secrets
    à la rue ! à la rue !
    et, tant qu'à fair', sur l'avenue !

    Ra ta ta !
    En veux-tu ? En voici, en voilà !

    Allo ? Allo ? Bonsoir geekette
    muette, Petite Poucette...
    Tu vas te manger un poteau
    en croyant trouver des potos
    sur le web ! sur le web !
    quand ton four loge à Bab-el-Oued

    Ra ta ta !
    En veux-tu ? En voici, en voilà !

    Reviens ! Reviens ! Monsieur Seguin
    se ronge les doigts de la main
    que tu ne l'aies pas entendu
    Allez, tu l'auras bien voulu
    biquette ! biquette !
    le loup qui t'as prise en levrette

    Ra ta ta !
    En veux-tu ? En voici, en voilà !

    Oki ! Oki, petit frippon...
    Va reluquer sous les jupons
    Chercher d'où tu as pu sortir ?
    Nan, où se trouve un doux plaisir !
    Oui, cela, oui, c'est là !
    Va pas t'en faire un cinéma

    Ra ta ta !
    En veux-tu ? En voici, en voilà !

    Unis ! Unis, amis crevards...
    Il ne sera jamais trop tard
    pour assembler nos pourritures
    à leurs paraîtres, z'à leurs murs
    Rigodon, rigolons
    de la savstika sur leurs fronts

    Ra ta ta !
    En veux-tu ? En voici, en voilà !

    Folie ! Folie, embrasse-nous !
    Tu n'auras jamais meilleurs fous
    pour t'étaler, pour te répandre
    et gagner ce que tu sais vendre
    d'horreur l'odeur
    masquée par un bouquet de fleurs*

     

    tiniak,acrostiche,poltergeist,anarchie,ra ta ta,poêle à frire

     tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#317

    *Apocalypse Now!


    NB : Deux textes en prose précèdent cette nouvelle participation aux thèmes hebdomadaires des Impromptus Littéraires

  • C'est le métier qui rentre

    Il croyait bien connaître l'ombre
    à force d'embrasser la suie
    et le voici pris dans la nuit
    à hurler seul sous les décombres
    de ce qu'il avait tant chéri
    le ramoneur
    ramoné par un sang meurtri

    Il ne livra plus ses casiers
    couverts d'encre bleue, pleins de nacre
    saturée de laiteux massacres
    ne pouvant rien anesthésier
    de l'aveu ni du simulacre...
    l'écailler fou
    le couteau planté dans un fiacre

    Il masque son cœur à l'envers
    fuyant les regards sur la place
    plus froids que les verres de glace
    que lui commandent les chaumières
    pour se refaire un peu la face
    le vitrier
    l'haleine chargée de vinasse

    Il aura bientôt sa revanche
    contre les bouchées à la reine
    bradées à la petit' semaine
    par le gros porc au triste manche
    Oh, il s'en paiera une tranche
    l'écarisseur
    de la bouchère aux vastes hanches

    Moralité ?
    Méfiez-vous des petites mains...
    Ne minorez pas leur ouvrage
    car il est tout sauf anodin
    pétri tant de force que rage

    Ce mal au ventre ?
    Allons ! C’est le métier qui rentre

     

    poésie,petites mains,métier qui rentre,obsolète

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#314