03.11.2009
CocoRosie
Oh, les filles ! sœurettes, vos voix
où nos grand-mères nasillent (comme poupons)
et les divas-pities scintillent (sans compromission)
proprelettent les ondes
et vos joujoux poppy frétillent vos recettes
répondent
à quelque incantation secrète
que ne peuvent entendre plus
que les chairs tendres et disparues

tatou,
"...la vie, / c'est comme / une boîte de chocolats..."
une larme suffira sur la joue sous l'œil
(souris kazou,
j'embarque après vous mon deuil)
une brillance lui fait écho
s'effeuille des spirales
vocales bancales
Oh, les filles ! coquines
vestales riant à la porte Colline
- grimace à la face des joyeux sots,
plein pot, les nuances !
tout l'air tremblant qui danse
et la peau qui résonne
s'étonne
jupons,
Japon,
tout un chenil en tête
chanson,
scansions
toute, la ville en fête
à l'écoute des deux sœurettes
déroulant
déroutants
les arpèges
la nuit
la pluie
se désagrègent
pincez-moi, fort
je ne sens rien
c'est que je rêve
c'est bien
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
15:55 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, musique en ligne, cocorosie, hommage
01.11.2009
apartés superflus
La porte mûre ne demanderait pas mieux
que découper au ciel une chemise bleue
sans manches,
par où délivrer ce dimanche
plus vieux d'une semaine
(évidemment pluvieux)
La fraîcheur grelotait, humide et reniflante
sur les feuilles en pentes et prêtes de tomber
à terre,
orange et marron sur le vert
tapis de nos prairies
(gazon des normandies)
Le temps s'alanguissait pris dans une Limoges
au cadran de l'horloge implorant la soirée
qui tarde,
et par les collines brouillarde
les arbres par les pieds
(ah ! l'ordre des pommiers)
Le village fumait dans le bas du vallon
ses foyers de saison où l'ennui se taisait
en masse,
chacun se croyant seul, hélas
et songeant au souper
(on avait sa fierté !)
La route Par-En-Haut calmait les grognements
de cette toux mauvaise et tout le jour durant
qui crache
les véhicules sans relâche
vers leurs pauvres ailleurs
(bien sot qui ne demeure !)
La rumeur avait cours, mais venant de la ville
on se savait tranquille à l'abri du vieux bourg
serein
- qui en avait vu d'aut', enfin !
et ça, depuis l’Empire
(campagne, tes soupirs...)
Un lundi de labeur remit le monde en selle
qui tombait la bretelle ou tamponnait la sueur
au front,
une capricieuse saison
donnait bien du souci
(campagne, tes ennuis !)
...mais l'Histoire, quelle histoire !
L'Histoire était en train quelque part sur la route
d'arrimer au destin la fin de tous les doutes
le siècle
dégoupillerait son couvercle
avec la nuit venue
(aparté superflu)
Pour un matin de juin, on avait connu mieux...

19:22 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, amours filiales, débarquement allié en normandie, 1944, boudiou !
hommages
PAUVRE MERCURE
(à Laforgue)
Non, pas dimanche, je vous prie
pas dimanche, merci !
Ça va, j'en ai des pianos dans la tête
ma tête comme une girouette
avec le nord en moins - trop loin,
et puis trop gris, et puis trop froid,
pas bon pour moi et mes myriades
de machins minuscul’s et malades.
Lundi ?
- ...vous êtes occupée,
tant pis.
Voulez-vous que nous disions Mercure ?
Allons, allons, joli poison...
Laissons-nous tenter l'aventure.
J'aurai des ailes à mes pieds d' nez
ainsi, pour sûr, me reconnaîtrez
à mon visage pâle, aussi
- c'que c'est qu'être mâl' par temps gris !
Passez, passants, vos routes obscures...
Je vous dis que j'attends l'aventure
et que n'en sachant ni le nom ni la mère,
je veux que je l'espère !
Oh, les mères !
tagada tsoin tsoin
tous cors dehors
dès le matin
Oh, les vilaines
- qui me gâcheraient la semaine !
avec elles, de l'art
... bon, mais de la manièr' donc !
Mais j'entends des alleluias...
Est-ce que soyez déjà là ?
Je ne vous y vois pas !
Vous n'auriez pas cette farine
à votre cou de gourgandine.
Vous ne coifferiez pas si haut
de si belliqueux oripeaux.
Je vous voyais Cybèle
pas de ces robes isabelle !
Je vous rêvais Hermione
pas de ces sinistres dragonnes !
Ah, dites-moi, dites
dites-moi tout...
Dites que ce n'est pas vous !
Mais j'entends des Væ soli
C'est-y qu'on s'rait dimanche ?
Ah, non merci.
Au clocher sonne un conciliabule
(je vais me faire appeler Jules).
Alors adieu mon aventure
(puisque vous préférez Arthur).

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration : Ludger Larose, La leçon de piano.
________________________________
DANS LA MAISON DE PIERRE
(à Reverdy)

Dans la maison bien élevée de Pierre
le vent
entre ses rochers blancs
titille un feu qui pleure et se fend
d'un souvenir passant
Dessus, l'horizon s'est assis
il médite
de tout son poids sur l'ardoise du toit
de tout son poids mort
loin des trottoirs corridors
où nul visage, aucun nom ne séjournent
il évite
le vol triangulaire d’une flèche criarde
et tous ces mots attendus qu’on ajourne
cependant qu'on bavarde
Sous sa maison, les maisons qui s'oublient
Les saisons froides sans aucun bruit
Leurs ombres roulent de lourds tapis
sur les cadavres des lampes éteintes
Tous les enfants n'y sont qu'une plainte
sourde
et morne
et jugée gourde par les yeux borgnes
Un arbre
lavant au ciel ses pas de marbre
Et, juste à coté, la rue qui tremble des pieds
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration : Joan Miró
11:02 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, amours filiales, auteurs, reverdy, laforgue, maison, dimanches
29.10.2009
HEXÆMERON
(parenthèse cosmique)
L'orage passé, la terre et ses humeurs
le ciel intimidé quoique propre ose peu
l'arbre pleure
dans un presque silence
des larmes de géant s'écrasent à ses pieds
la fraîcheur appelle tout à elle
le feu même a des ailes pour la rejoindre
notre feu étendu
dans sa force nouvelle nos corps détendus
la chambre tremble à nouveau, mais c'est de frissonner
avec toute la terre et le ciel et le vent
le vent qui fait danser les cheveux du géant
hilare maintenant
Un cortège se forme
la nuit au bout et nous devant
se met en branle
entraîne ce qu'il touche
ce qu'il croise
ce qu'il déniche sous les ardoises
dans ses poches vides
d'un mouvement limpide et gai
fluide sang frais
tout ce qui a de l'esprit se ressemble
se reconnaît dans ce dragon
y loge des lampions que le fleuve a rendu
et des mots feuille d'or
aussi des calligrammes
et c'est la fête du monde
c'est la fête du monde en un mot, à l'instant
craché haut dans le ciel comme un oeuf blanc
qui se brise
et tout le chaos s'électrise
dans une pluie nouvelle
où somatise à tire d'ailes
le vol planant du dragon dans le ciel
Je t'offre un des bris de coquille et tu le manges
Tu m'offres un bris de coquille et je le mange
et notre malheur est étrange
il est d'avoir conscience des anges
en un mot, à l'instant
Maintenant sur notre lit
entre nos corps éblouis
une ombre a passé l'éponge
la fraîche paix d'un songe investit
la place d'un feu nourri et l'apaise
en soufflant doucement sur la braise
à fleur de mots
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
09:22 Publié dans effet : mes rides, imPrOmpTus | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, écriture ludique, manifeste poétique, polétique, cosmique
07.10.2009
Quel âne !

Un âne à la miteuse robe
à l'âme rude et xénophobe
toisait du regard un bon chien
oreille fine et cœur badin
qui cheminait près de son maître
menant au pré ses vaches paître.
- Eh, l'idiot ! lui fit l'âne hautain,
ce que tu peux être servile
obéissant à cette main
qui, sans toi, serait malhabile
à mener seule ce troupeau.
Le chien lui dit alors ce mot :
- Je vois que tu veux disputer
de quoi nature nous a faits ;
dis-moi donc quel est ton emploi
et nous concluerons après quoi.
L'âne lui dit tout son travail :
comme sur les champs de bataille
il charrie les munitions
qui contribuent à la victoire
de l'un ou l'autre bataillon
de la nation méritoire
qui nous garde de l'étranger
de ses déboires et projets
ou toute infâmie qu'il importe
de ne pas voir devant sa porte.
A quoi le chien lui fit réponse
en ces termes bien mesurés :
- Mais si sur toi un boulet fonce
et te réduit comme pâtée,
dis-moi qu'y auras-tu gagné ?
- Ah, mais la médaille et l'honneur !
- Et cela ferait ton bonheur ?
- Certainement ! j'y compte bien.
Et ce destin vaut toujours mieux
que ta vie de chien, malheureux !
- Ma vie de chien, j'en suis content ;
je vais tous les jours par les champs
paisible, vif et laborieux,
assuré de vivre bien vieux
près de ceux que j'aime et me rendent
tout le bonheur qu'on peut attendre.
- Tu es idiot, je le répète.
- Je vois, ton opinion est faite.
- Et demain, je pars au combat !
- Qui sait, quand on se reverra
me tiendras-tu l'autre discours.
Ainsi passèrent quelque jours...
Puis ce fut la sombre retraite
de toutes nos armées défaites
où l'âne ne paraissait pas
parmi le chaos des convois.
Un soir qu'on lui donnait son dû
le chien renifla sa gamelle
car il n'y reconnaissait plus
l'odeur de pâtée habituelle.
Le maître approchant sa cabane
lui dit : - ça te plaît-y, mon bon ?
J'ai mis un bout du saucisson
que les troufions ont fait de l'âne
tombé sous eux dans la mitraille.
Le chien se remplit les entrailles
ce soir-là, de belle façon.
Quant à disputer à toute heure
de la raison ou de l'honneur,
c'est le fait des gens bien repus ;
mais ça, l'âne ne le sait plus.
(à paraître dans l'abécédaire poLétique) tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
20:28 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, fable, guerrière, âne
L'invitation au bal

Si nous dansions un peu plutôt que tout se dire ?
la musique des corps parle autant que la bouche
s’il se peut que cet air te fasse moins farouche
nous nous dirons bientôt comment mieux nous conduire
empoignons ce ballet !
Vois que pour te saisir j’y mets de l’élégance
quelque souplesse même et beaucoup d’attentions
et ne porterai pas la main à ton giron
que nous n’ayons compris au fond de cette danse
ce que le menu est…
Voilà, c’est mieux déjà le rythme nous embarque
une harmonie s’installe et nous prend par la main
déjà tout se dévoile empruntant le chemin
par où nous saurons bien imprimer notre marque
- un signe déjà, va…
Entends-tu ? cette fête sonore est la nôtre
ce tempo est le nôtre et nous le maîtrisons
en chantant à tue-tête en-dessous des lampions
qui tombent à nos pieds, puis dans l’herbe se vautrent
même si c’est sale, ça !
Nous n’irons pas au ciel, c’est le ciel qui descend
nous couvre de son miel et d’un souffle plus frais
que nos haleines pleines de nos envolées
orchestrant des nuées que nous envie l’encens
(dont le capot est rat)
Que n’avons-nous appris d’essentiel à nos yeux ?
maintenant qu’on rajuste un corsage, une veste
dis-moi ce qui pourrait bien nous laisser en reste
et quel savant discours nous rendrait plus heureux
que ce sol qui tangue ? Oh !...
…mais tu en redemandes
voilà qui est nouveau…
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
09:51 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, écriture ludique, danse nouvelle, drague éhontée au bal des pucelles, ou des femmes mariées, enfin quoi, des femelles
06.10.2009
après
(à mon père, à son frère)
Ils partent
les proches
c'est dit
c'est moche
et rien qui n'en rappelle
le miel
Ils pleurent
les nôtres
et pas
les autres
pendant ce temps le ciel
chandèle
Ils chantent
les chœurs
en tresses
les fleurs
finissent d'être belles
ficelles
Ils passent
les jours
aussi
l'amour
et tout le sol ruisselle
Mortel
Et les fils et les filles
chapeaux bas et mantilles
se renvoient ce regard
qui sait qu'il est trop tard
Alors les mains, les bras
se racontent tout bas
le sang qui roule encore
la vie après la mort.

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
en médaillon : Pablo Picasso.
09:19 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, amours filiales, allex, la vie après la mort
cinoche
Et le croqu'mort au 22
d'attendre l'assassin
en se frottant les mains :
" - Vous auriez tort...
- ...de quoi ?
- ...soupçonner les autres..."
Si c'est pas du cinoche
le meilleur des apôtres
je ne m'y connais plus.
Et c'est le moment venu
d'un regard, Belle - rose,
pour une horrible chose :
" ...mais les pauvres bêtes
qui veulent prouver leur amour
ne savent que se coucher par terre
et mourir..."
Si c'est pas merveilleux
qu'on me crève les yeux
ce monde est à pourrir.
Et c'est le dernier accord
en fondu sur le mot FIN
qui nous rend au strapontin...
" Louis,
je crois que nous voici
au seuil d'une belle amitié... "
Si c'est pas l'aventure !
lancez-moi vos chaussures
et je quitte la salle.

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
07:35 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, amours filiales, cinéma, l'assassin habite au 21, cocteau, casablanca, un strapontin pour, l'amitié
04.10.2009
Oui

Oui, j'aime le populot, me méfie du populaire
Oui, je rends à ces salauds et les horreurs et l'enfer
Oui, j'embrasse autant la vie que la mort, l'amour, la sueur
et oui, je défie le temps, les tourments, le sang, la peur

Oui, j'ai le goût du vertige inscrit là, en nombre d'or
Oui, j'aime comme vos tiges me disent tout de vos corps
Oui, j'ai dormi à la niche et hurlé parmi les chiens
et oui, Vénus Callipyge, c'est ta croupe que je tiens

Oui, petite véronique, j'ai tout bu de ton poison
Oui, quand cesse la panique, je retourne en oraison
Oui, me reste le parfum de ta chevelure brune
et oui, c'est toi qui me tiens en verves inopportunes

Oui, je suis fier et serein et rivé à mon carné
Oui, le poLème qui vient sera mis dans mon carnet
Oui, je bois, je fume et bande - quel que soit ton nom, Fernande
et oui, je ne serais rien si tu n'avais pris ma main
Ne sois pas fâchée de ça
toi que j'aime aujourd'hui - ah !
et ne me dis plus jamais
"avant nous plus rien de vrai"
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
20:15 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, oui, vénus callipyge, pop, culture
16.09.2009
PoLésie (2)

I
- Dis, c'est encore loin la Polésie ?
- Tais-toi et rime !
II
Lume rémanente et sidérale
le jour n'y est pas le jour que l'on sait
occultant des nuitées l'ombre partiale
aucun contour n'en bornera jamais
l'immensité
Vertige intense où peuvent se commettre
du beau du laid l'effarement des sens
et l'étrange expérience de renaître
à éprouver des béates jouissances
la vérité
Fantaisie insolente et curative
où la bouche est à l'oeil comme une main
venue calmer des suées maladives
qu'une autre fièvre instaure du chemin
la liberté
III
Tue, même d'un mot la peur au ventre
je trouverai la force de le dire
Tu m'aimes d'un mot, j'aime l'entendre
et n'ai d'autre repos que ton sourire
IV
Je vous écris de Polésie où je séjourne
avant que mes yeux de la vie ne se détournent
j'y ai retrouvé quelque ami que j'ai cru mort
mais réside et demeure ici au bout du port
Il m'assure qu'on est ici plus que vivant
il me semble qu'il ait raison contre le Temps
de là pourquoi je vous adresse ces nouvelles
je pense que je vais rester, mon hirondelle
m'appelle.

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
09:27 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, manifeste, polétique, séjour, pagaie, tache, encre, 550











