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effet : mes rides

  • Fun en ulles

    Les pas du chien qui panique et soudain recule
    La gravité qui manque au discours du témoin
    Les relans de la douche attendue, ce matin
    On ne va pas...

    Les ailes arrachées à cette libellule
    Le mauvais goût du lait dans ce superbe hôtel
    Les lèvres sublimées par un coulant rimel
    On ne va pas...

    La mollesse du pain sous cette canicule
    La mousse dans les bois qui pleure après la pluie
    Le bras qui se dérobe à son uniqu appui
    On ne va pas...

    L'écho des mélodies d'une âme qui bascule
    Le flan qui ne dit rien à propos de l'infâme
    Le pied-bot qui s'en fout et met son pion à Dame !
    On ne va pas...

    L'âne qui broute au pré un rang de campanules
    pour le peu que j'en sache ou que je m'en inquiète
    qu'il m'offre un pied de nez ou qu'il me fasse fête
    On ne va pas... de toi à moi... en faire une pendule

    Tu le sais comme moi
    l'or est un funambule

     

    on ne va pas en faire une pendule

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#289

  • Bout de quai printanier (à Lyon ?)

    Je te vois... comme tu respires
    J'entends le sang sous l'ivoirin
    J'abouche ton prochain soupir
    J'affleure au secret de ta main
    J'y hume nos derniers plaisirs

    Une ombre hivernale s'écoule
    où le sol prend feu dans ta pose
    automnale, éthérée, morose
    Deux belles saisons s'y ampoulent

    Tu recueilles mon exsudat
    à bout de doigt, un rouge à lèvres
    et l'aveu d'une sourde fièvre

    Une perle sur le front plat
    se désole à n'en plus finir

    Pour moi, je creuse une traboule...

     

    poésie,Marie Laurencin,aquarelle,exsudat,trabboule,ombre,quatre saisons

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#286

  • Leviathan Blues

    Il marchait sur les noms qui maudissaient le sien
    en rappelant tous ceux qui n'avaient plus d'histoire
    Il n'avait qu'un bagage et c'était sa mémoire
    et riait comme on pleure, ignoré, dans son coin

    Il portait à son cou un lacet sans couleur
    et mâchait le coton qui lui bouffait les doigts
    les yeux et l'attention qu'il réservait pour toi
    le seul qui survivrait à son lot de malheur

    Il ployait sous la charge en avançant toujours
    sous le knout ou le fouet, l'opprobre ou l'invective
    Il voyait dans le ciel une lointaine rive
    et chantait, comme on prie un véritable amour

    Il est tombé, sans nom, sous les coups d'un idiot
    trop laid pour s'attacher une folie heureuse
    Mais tu es né(e) de son audace, aventureuse
    quelques générations plus tard, de maux en mots

    Tu marches, tu le portes, ne ploies, ni ne tombes
    aujourd'hui affranchi(e) de tout, sauf du passé
    Tu vois le ciel changeant réclamer sa beauté
    mais tu lui fais la nique, un géant dans ton ombre

    Et c'est beau !
    Pas tant le sacrifice ou le chemin de croix
    Pas tant tel artifice ou tel mea culpa
    Mais le mot...

    Celui qui dit ton nom, le mien, le nôtre
    sans e(r)go(ts)
    "Humain ! Eh, oh ! ?!!
    Où qu'est la faute"

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#273

  • Roots

    Le fleuve est noir et parle aux nues
    Dessus, la rue va, sans espoir
    Je marche dans les pas du soir
    Sa rêverie m'est plus aiguë

    Mes fers aux pieds sont invisibles
    Le fouet claque dans un regard
    Je chante : "On se verra plus tard"
    (un code puisé dans la Bible)

    Un enfant me touche la main
    Son parent l'en détourne, vite !
    Je lui adresse mon invite
    Il est pâle; il est incertain...

    Là, taire embrase mes racines !
    Oh, nulle pitié dans mon cœur
    Je suis l'inconcevable Ailleurs
    Je suis plus près qu'une cousine

    Savoie, tu t'es rangée plus tard...
    mais sur quel fart vas-tu skier ?
    Réunion, tu t'es oubliée
    à envier Madagascar ?

    Je vais me faire un columbo
    en raillant la fin des ans pires !
    Je vais te lire comment dire
    autre chose que mon négro

    L'espèce, nôtre, est noire au fond
    (vois-tu un peu ce qui te gène ?)
    Oh, tu peux ranger ta gégène...
    Bientôt finis, les roux, les blonds !

    Mes parents m'ont nommé David
    Depuis, j'engrange la question :
    "Quand reverrai-je Salomon
    pourfendre les temples avides

    disant : que Justice est Raison
    que l'Homme est meuble, mais censé
    exercer toute sa pensée
    pour que règne le seul Pardon

    Possible...

    Nulles fautes ! Eh ! Que l'erreur
    tangible...
    de se penser plus qu'infaillible
    que ton frère ou ta sœur"

    Aminh ? Amen ? Et quoi encore !?!
    Je vais crever au pied de l'arbre
    Je vais y loger mon palabre
    Tu me lis ? C'est que je suis mort

    Sans nom...

    Autre que celui de ta maison

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#271

     

  • ressac

    Légoland,poésie,tiniak

    Je suis dans la maison
    dans son ventre qui craque
    comme un ancien galion
    sur une mer foutraque
    sous les vents de saison

    Là, j'ai posé mon sac
    penaud et tout patraque
    avant de décider
    de lui donner raison :
    Nostalgie, nourrissons
    cet appétit foncier

    Grimper vers le grenier
    cet hypocondriaque
    de palier en palier
    tel un contrebandier
    regagnant son bivouac
    ne put le rassasier

    Il fallait l'investir
    du meilleur et du pire
    de songes familiers
    ou de visions orgiaques
    brodés sur l'oreiller
    en points irréguliers
    de filiations en vrac
    et puis, du tact au tac
    miser sur le métier...
    Tout rapporter au sac
    en sa cage, léger :

    Tomettes z'et parquets
    sur la pointe, d'épier...

    Papier fleuri, violer !
    d'intrépides collages

    Caresser le chauffage
    et, soudain, frissonner

    Au hachis parmentier
    noyer une salade

    Monter dans les étages
    de l'herbe sous les pieds

    Des pages colorier
    l'alternance trop fade

    Inonder le courrier
    de riants griffonnages

    Entendre, à l'escalier
    grincer quelque présage

    Ecraser son courage
    au fond du cendrier

    Aller son journalier
    d'ombre et d'enfantillage

    Des nocturnes orages
    portefeuille plié
    attendra l'ajourné

    Pour l'heure, s'amarrer
    Ressaser : rêve, assez !
    Tôt viendra le ressac

     

    poésie, tiniak, David Filoqueur, David Foulquier

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK