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tiniak

  • Jet d’ancre, hier

    J'ai déjà passé deux longs jours
    (et quelques parties de leurs nuits)
    à me révoquer le velours
    de tes cris d'oiseau alanguis
    - printanière bergeronnette...

    Et brûle encor, d'un même four
    mon corps meurtri par la disette

    Tes pas ont déserté la cour, sans bruire
    Désormais, tout m'écharpe; tout me fuit :
    la voisine à sa harpe, au pied du lit
    la vitre où est venue danser la pluie
    la journée jouée pour ne faire aucun pli
    jusqu'à ce tweet qui ne peut aboutir

    [Demain n'est qu'un bel endroit pour mourir
    Et qu’en serait-il à dire, aujourd'hui ?]

    D'en avoir, vibrant à l'oreille
    des nocturnes, des matinales
    il me semble que c'est merveille
    de céder au sentimental
    - passagère bergère honnête...

    « - Ah ! Tu me fus trop trop humaine !
    que j'en eus le cœur bien amène »

    ...Nous rendant autant la pareille
    que la surprise d'une fête...

    Ces pas qui viennent dans la cour, sans feindre
    sonnent si juste que le jour éteint
    claquant leur talent pour couvrir ma plainte
    Les murs et les plafonds, en sons, repeints
    t'ouvrent les bras pour la prochaine étreinte
    et la suivante, et leurs chansons à joindre

    Retour à la case des « pars »
    « attends-moi », « reste un peu », « cui-cui »...
    chacun son quart sur les remparts
    faisant des rondeurs à mi-nuit
    - et jusqu'à « dès potron... », minette !

    Eh ! qu'en pâtisse l’Au-Jour-Dit !!

    ***

    Hiatus ! Hiatus ! Posons-nous là...
    « - Regarde, j'ai dit ça de toi.
    « - Plus tard... Plus tard... Embrasse-moi.
    Très bientôt, le goût passera. »

    Il coule de l'eau sous les ponts
    (c'est bien tout ce qu'on en demande)

    Et je t'embrasse les paupières
    tes chants d'oiseau plein les esgourdes
    La semaine passée fut lourde
    mais jamais de ton franc mystère

    « - Rigole ! » dis-tu, endormie.
    Dehors, les moineaux font la bringue
    Je file à la boulangerie
    et t'y choisis une meringue
    - Ô bergeronnette crémière !

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Listenning to Rosie Lowe's 'Bidsong'

  • La rouée

    Le temps, pourtant inavoué
    traverse un plein cœur mis à jour
    quand, sur la berge où elle accourt
    l’ombre déporte ses nuées

    Au vent, s’égaille un cri d’amour
    à l’extrême pli de sa robe
    à l’opposé, l’allure probe
    elle offre son front sans détour

    Révoquant sa dernière lutte
    elle cabre son cheveu brun
    dans la pagaille des embruns
    ravis de jouer dans ces volutes

    « - Oh, mais bien sûr ! C’en était trop… »

    Un vilain creux sous la paupière
    lui donne raison pour son crime
    (acte sauvagement sublime)
    accordé à son linge aubère

    Et, dans ce décor maritime
    lâchant sa montre à bout de bras
    s’autorisant un dernier pas
    elle suspend sa pantomime

    Et meurt, à l’heure douce et grise
    où se perdent soir et matin
    où se fondent tous les chemins
    d’une femme rouée, pas soumise !

     

    tiniak,Val Tilu,Acrostiche,photographie,poLésie

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour une photographie de Val Tilu, que j'embrasse.
    Et parce que le 8 mars, c'est toute l'année !!

  • Rhapsode, dite en bleu

    Fatigué, là... Nan, mais si, fatigué je suis. J’ai erré, toute la nuit, bourré au point de jeter mes bras dans le ciel pour en faire une… tartouillade, quoi. T’imagines ? Avec la ville sous mes pas, mes maigres doigts de plumitif caressant le platane, l’orme et… si !... si !... même l’if. Ces foutues haies d’ifs ! Nul pardon pour les amateurs; même pas désolé… C’est pas des interrogations, ces buissons ratés ! Cette grossière trucherie ! C’est une injure à la façon d’organiser un peu sa haie en donnant, s’il-vous-plaît, quelque chose aimable et singulière à contempler. Passons…

    [Tiens, c’est marrant, Gogol du web reconnaît pas s’il-vous-plaît, passons…]

    Sauf que le greffier que je suis, au service du cabinet Vattefer, piloté par Maître Hassac, il s’est réveillé ce matin, auprès de sa moitié gobant des mouches tsé-tsé (hiver, printemps, été… qu’importe la saison, elle dort tout autant), les esgourdes (les miennes !) embrouillées par un foutu croque-notes. Attends ! Que tu mettrais, dans un sanibroyeur SFA, Nathalie Dessay et Johnny Rotten, ça t’aurait encore un semblant de Tom Waits, quoi ! Que lui, le gonze, il braillait, une sorte de chanson réaliste, truffée de termes abscons et désuets où il était question d’une « damoiselle » dont il s’était « enganté naguère » (nan, mais attends ! « enganté » !!) et qui l’avait jeté sur le pavé… à venir rhapsoder jusque sous mes fenêtres, dis !

    [Tiens, c’est marrant, rhapsoder, Gogol du web connaît pas non plus, dis…]

    La journée qui s’ensuivit ne fut pas moins irritante. Au bureau, j’avais le cerveau englué dans mes dossiers pis qu’en cuisine, les doigts de ma grand-mère travaillant sa guinette. Grève de métro à l’aller, panne de RER au retour, tombée de drache par vent violent rendant l’usage du pébroque impossible, pour finir par reconnaître, dans le couple échangeant un baiser fougueux sous le porche d’une résidence voisine, ni plus ni moins que celle dont j’avais préservé le sommeil ce matin en quittant silencieusement notre (?) chambre. J’ai balancé ma serviette dans l’entrée, sans entrer, puis j’ai tourné les talons et j’ai foncé Chez Loulou & Raymond, bar LGBT où je savais pouvoir trouver un air de fête salutaire… mais pas salvateur, vu que j’en suis sorti, rond comme un petit beurre même pas LU et plus chargé qu’une douteuse ripopée, tant et si bien qu’en ce morne petit matin, je n’entends pas venir la voiture électrique qui me f…

    [Quelqu’un peut-il ajouter ripopée au dico de Gogol – ultime pensée qui me f…]

     

    tiniak, Joëlle CHEN, rhapsody in blue,blond fail

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#346

    Avec les obsolescences programmées: ripopée, tartouillade, rucherie, croque-notes, s’enganter, guinette, rhapsoder et plumitif (à tes souhaits !).

    Illustration Joëlle CHEN, artiste peintre... T'en veux ?

  • Mobiliers

    Marchant droit sur la terre meuble
    où son ventre opulent me porte
    quelque soit ce que je transporte
    au loin, un soleil rouge meugle

    On est fort loin d'être rendu...
    Là n'est pas la question; ce soir
    est l'opportunité, en miroir
    de s'en remettre à l'impromptu

    « - Bien le bonsoir, Mademoiselle...
    où donc va tout ce vaisselier ?
    Vers ces souffreteux sans-papiers
    et leurs dossiers pleins de ficelles ? »

    Ici, se joue la partition
    - en plaints, en déliés z'et rapines...
    sur un piano de cuisine
    qui va sertir un... bourguignon ?

    Là, je doute que l'Etat gère !

    « - Il me plairait d'en savoir plus...
    Disons, peu après le JT ? »
    Quand je les vois sur la jetée
    je m'interroge le vécu.

    Eh, relis la première strophe !
    Monsieur promu chef de l'état...
    L'état de quoi ? Des reliquats
    ou des cinglantes z’apostrophes ?

    Recompter nos vieilles armoires
    - et pas qui travaille à #Bercy !
    ce n'est pas ce qui vous grandit
    à l'échelle de notre histoire

    Sans nous, le peuple laborieux
    meurent les civilisations
    (depuis toujours !)
    quand vous croyiez faire un carton
    avec un mouchoir sur les yeux
    (sans notre amour !)

     

    tiniak,rebelle,gilets jaunes,macron,commune de Paris

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Rutabagage

    Puisque tu m'aisselles
    ben, je t'encornets
    là, tu me haut-talonnes
    depuis tes sommets enneigés
    ma langue en saillie presque oublier
    ton bouton d'or
    qui là-haut fort rée

    Je te nomme et tu me verbalises
    Bon ! que s'en électrisent nos renommées

    Qu'invite et deux plantes
    (si c'est pas le pied !)
    tandis que je tétine
    tes deux bourgeonnant frais ilets
    genoux grenouillant sur l'oreiller
    à toi, les "fore !!"
    à moi, la "curée !!"

    Chante, paronomase abreuvée d'asyndète
    notre fête du Têt (sans agent orange)

    You, me... Yummy !
    Le verbiage interdit
    jouons notre party
    sur les a priori !

    Voici que ton train-train réclame ses dimanches
    J'entends bien... J'entends bien, et t'attrape l'an vert
    (deux mille vingt-et-hein ?); ça fait vibrer ton anche
    quand j'y plaque les maints besoins que j'ai d'en faire

    Voilà, c'est tout complet, con ! Tout replets désirs...
    On va pas se mentir : il fait bon, sur la berge
    asseoir la jupe en serge au bel endroit pour jouir
    et souffler, d'un soupir, de trop sades gamberges

     

    tiniak,poésie lubrifiante,cattleya-ah ne pense pas ça-ah

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    avec un clin d'œil appuyé vers Cattleya (qui se reconnaîtra)