27.01.2012
Conjugaisons alluviales

Oh, ce cours...!
Et le boulot que c'est d'en perdre - et tout le jour !
à rebours les méandres
et de s'y fatiguer, comme de braise à cendre
le peu
qu'il reste du foyer au regard amoureux
Impossible de feindre; à faire autant d'histoires
nul décor à repeindre
nul talent méritoire
ne valent
de torturer l'esprit des lois grammaticales
Le futur antérieur, en sa supercherie
s'écrase au passé simple devant l'Un Fini
(l'Un fini, ment, complexe, au passé composé
l'Autre, l'œil à l'index et prompt à récuser
toute preuve
qu'il eût été possible de suivre le fleuve)
S'y devant, l'Ô Céans défend dur ses arrières
Il n'a jamais trempé son pas qu’à la rivière
mais s'arroge des rues le droit de pourparler
pour négocier au cours des Fluviales Instances
quelques taux d'intérêts, peau lisse d'assurance
et front ceint d'équité
des fois que...
jouirait d’un bénéfice à jouer son Qui Mieux Mieux
Mais derrière, il en va de toute autre chanson
Le rachidien s'affaire, implore l'arraison
des vaisseaux
brûlés de port en port à chaque renouveau
des espoirs
que s'arrange d'oublis sa longue chambre noire
Moi, remontant son cours, je tire mon chaland
sur le fleuve où le jour égaille sa lumière
et m'embrasse la rime à l'issue que diffère
une langueur de l'air empli de verts, de blancs
jusqu'au seuil de l'orange
dont je ne sais que trop l'appel qui me démange
Oh, ce cours...!
Et ce, tant que ma nuit s'achève au petit jour
Mes Moires
n'en finissent jamais d'abreuver mon histoire
d'oublis étranges
qui n'incommodent, non plus que ne dérangent
cette heure
où je te laisse aller, joli bubon de fleur
à l'endroit
où le fleuve s'écoule et n'a cure de moi
des autres
et de la façon dont la nuit venue se vautrent
nos ennuis
dont pourrait nous sauver un adorable Oubli
oh, simple et véritable
(en ferai dès demain un badge à mon cartable)
Nous savions toi z'et moi how the end always is
mais ne cherchons jamais que la franche surprise
de nous voir
exemptés d'expliquer quelle fut notre histoire
tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
17:11 Publié dans strabismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, mémoires, fleuve, alluviales |
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26.01.2012
Vois dans quel état j'erre !
Sur la place d'anciennes boucheries
se fracassent aux neuves armoiries
de la caste où mon âme grandit
pour le faste et l'heur des poésies
près de toi
qui ne soupçonnes pas d'où me vient cette loi
Je te dirai demain tes lenteurs quotidiennes
comme j'en fais mon pain, comme elles me reviennent
si chères
quand s'agite à l'entour des ombres familières
une vive lumière, affamée, sans amour
- demain, c'est l'Autre Jour !
le nôtre, sans mystère, toujours...
Mon bonheur sait te voir
pétrir la pâte de l'histoire
et la pendre
hors de portée de qui pourrait prétendre
en connaître
la petite fraîcheur lovée à la fenêtre
Tu m'appris
de ta bouche amoureuse où se loge ma vie
comme on meurt
dans le seul abandon que vaille le bonheur
Qui es-tu sinon moi ?
enfin réalisé dans l'Autre Projet : toi !
Qui suis-je ?
si ce n'est ta personne, à son calme vertige ?
Où vais-je ?
Je ne le sais pas plus que ce flocon de neige
qui flotte
et vient se poser sur ton épaule qui trotte
D'où suis-je venu jusqu'à toi ? Qu'importe !
puisque nos vérités s'en sortent
grandies
dans quelques vers de plus - et loin des boucheries !

tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
Illustration : André DERAIN, Arbres près de Collioure.
01:18 Publié dans carnÂges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, polésie lubrifiante, hercule poirot, a encore frappé |
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24.01.2012
Mystique rive (hier)
Qui sait ce que le karma foutra
de mes supputations zodiacales ?
M’en fiche autant que ce vieux rorqual
ignore ce banc de bélougas
J’aligne ces rimes pour la gloire
du signe maître dont il est dit
(c’est bien le cadet de mes soucis)
que ses feux motivent nos histoires
Faut-y êtr’ con !
pour se croire assujetti au signe du Lion ?!
Mais bon ! faisons – c’est là qu’on signe ?
preuve de majesté insigne :
Je prédis donc, pour la semaine
aux joyeux natifs du mois d’août
malgré les regrets de l’époux
quelques joyeusetés foraines
(oui, je dis vague
mais c’est le lot des prédictions, c’te blague !)
Oh ! Je vois… Je vois, pour mardi
un problème d’incontinence
pour celles et ceux qu’une danse
aura portés à dire : « oui »
Aoûtiens du premier décan
ne cédez pas aux bavardages
Il en va de votre courage
à taire vos émoluments
Et, pour la fin de la période
pour contenter la catharsis
sucez ce bâton de justice
ou préparez-vous à l’exode
Vous avez Jupiter en Mars
(quoique nous soyons en janvier)
Le front de votre fièvre y est
pour quelque chose dans la farce
(et n’y peux mais !)
Ô soleil !
comme tu masques ton déclin
quand pointent de ton riverain
les déclinaisons de vermeil
sur la prairie, dans la savane
où lions et hyènes se pavanent
Pi’ quoi, encore ?
La météo des météores ?
L’avenir de ce millénaire ?
Une absolution des Enfers ?
Je ne sais que peindre au décor
mes révolutions éphémères
comme naguère
sur une mystique rive (hier)
tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#142
Illustration ci-dessus : Khisanth
11:50 Publié dans imPrOmpTus | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, zodiaque, lion, décor, mystique |
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