26/10/2014

Absurdes, "Ite"

Plus j'y songe, plus c'est..
 
Comme d'aller chercher
à quoi le silence ressemble
 
et vouloir s'emparer
des pans de la robe du siècle
 
Comme aller mesurer
à l'automne, le tronc des trembles
 
en ayant oublié
comment se ferme le couvercle
 
sans moins se divertir
ni se priver d'Autres Amours
 
(comme d'aller, venir
 dans l'évidence de la mort)
 
et voulant s'affranchir
du procès que nous fait le jour
 
(comme s'aller frémir
 à chevaucher des météores)
 
...luxuriant !
 
 

poésie,manifeste,pollution,esprit,sein,beauté,de l'absurde

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

25/10/2014

Ursule, las...

À la queue-leu-leu, les trains-trains
pour le transport des lieux-communs
vers leurs stations inamovibles
pourquoi donc y suis-je sensible ?
puisque je ne m’y sens pas bien
allant et venant mon chemin
jamais autrement qu’à l’encontre
ou pour n’y voir briller qu’un cent de molles montres
 
Ah, le chouchou de sa nana… !
(où minuscule s’imposa)
La main déjà moins conquérante
retombe sur l’épaule en pente
quand son front d’Icelle fourbit
un reproche dans les sourcils
avant de soupirer un peu
en le laissant lui patouiller quelques cheveux
 
Antinomiques mitoyens
au demeurant tous citoyens
superbement indifférents
mais feignant leur détachement
voisins, voisines, se la toisent
ou se dégorgent la bourgeoise
en postures bien policées
claquant plus fort le sol d’un talon aiguisé
 
Au théâtre des afflictions
- versets dus aux contributions
comme noisette d’écureuil,
tremble en paume le portefeuille
quand il faut solder les agapes
arrosé le rang de Satrapes
qui promettaient tant – et de belles !
avant de s’en retourner pronto vers Cybèle
 
Ah, jeunesse ! toi qui me tues
par tes festins inattendus
(je dis bien celle-là qui passe
 avec ses rires dégueulasses)
je n’ai qu’un souhait à formuler :
que tu n’aies jamais le regret
d’avoir descendu l’alambic
fumant ton mobile fumoir électronique
 
Bon, pour ce soir, cela suffit…
Je m’en retourne en PoLésie
peut-être y trouverai-je encore
l’heur de grimper un météore
puisque je répugne au carnage
s’il n’est plus à mon avantage
(où je reste seul et m’égare
 dans les allées et les venues des trains en gare...)
 
J’aime autant que mon quotidien
soit fait d’abois parmi les chiens
 
Je préfère à la servitude
de fraternelles rectitudes
 
Je profite et je goûte mieux
les discours muets dans les yeux
 
Je savoure que le temps fuie
devant l’éternel Aujourd’hui
 
Et quand d’autres se font la course
mais quel plaisir que de revêtir ma peau d’ours !

Laurence Le Masle, bourgeoise, bourgeoisie

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#
Illustration : "Promenade bourgeoise", Charles PHILIPON.

21/10/2014

Sur prise

Quand, énorme, vient la surprise
- qu'on se le dise et c'est tout vu !
un vent me prend par le joufflu
 
Il me massacre l'intérieur
pour y attiser des ardeurs
que je ne savais pas nourrir
sur le brasier de mes désirs
 
Tout oublié, mon nom, mon âge
m'emplis, me gonfle d'un orage
et fourbis un lent grondement
où s'accroît mon étonnement
de n'en pas maîtriser la cause
 
Maintenant, voici que j'explose
masquant mon trouble d'un éclat
de rire fou d'être encor là
la joue rougie d'inexpertise :
une fille m'a fait la bise !!
 
 

dépucelage du bec, dépucelé de la bouche

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Défi du Samedi (à venir)

15/10/2014

galoche

Je vais donner du pied dans ta mémoire sale
que d'ici au cosmos
un ballet de poussières
aille le disputer à ces autres - solaires !
à quoi se sont brûlées des ailes idéales
et sans âge
 
Je vais la secouer, ta pelure avachie
d'un coup de balai brosse
dans ton regard éteint
pile entre les deux yeux du bonheur mal appris
dont s'étouffent les feux près du tendre regain
des ménages
 
La chanson oubliée, je vais te la redire
et la baleine à bosse
en reprendra le ton
La moindre particule au vibrant électron
sera le vestibule où poser un sourire
neuf et sage
 
Lors, tu composeras
de nouveau les couplets
qui feront chavirer des lents soirs
 
la vilaine armada
aux voiles déchirées
de naviguer sur l'amer espoir
 
À cette orchestration
fuiront tous les moutons
quittant les recoins du vague à l'âme
 
Et, selon le tempo
de notre oratorio
nous saurons sous de longs oriflammes
nous emballer
 
 

Laurence Le Masle

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#225
 

12/10/2014

Ce que silence put

Taire, nourrisse hier
à l'histoire moins douce que le souvenir
mieux vaut peut-être, alors, savoir ne rien en dire
et laisser le passé mouronner dans son suaire
 
Un silence apaisé ne masquera pourtant
ni l'écho de son chant
ni l'odeur
où se mêlent effluves de sueur
et les parfums ancrés depuis le premier âge
avec ceux amassés de carnage en carnage
 
(la paume de la main qu'il a fait bon baiser
 le cheveu qu'un marin avait gainé de sel
 la chaleur du tétin qu'a libéré l'aisselle
 et le prochain festin qu'inspira le dernier)
 
Bientôt - et sans discours ! je vais me perdre encore
en allant explorer mon dédale à rebours
sans même avoir levé un gramme de mon corps
vers le ciel impotent et ses flasques pourtours
 
Proustienne madeleine à l'heur ébroïcien
quel était le jardin qu'il nous fallait quitter
quand tu livrais bataille avec ton seul bouquet
contre le bégonias qu'enviait le voisin ?
 
Non, Rose... ton bouton ne me grisait pas tant
que celui dégrafé par mes doigts ingénus
qui libérait soudain le fébrile tourment
que devoir accepter l'implicite refus
 
Voilà, je suis perdu; trop de senteurs m'assaillent
et, ne formant bientôt plus qu'une même essence
Prégnance ! Prégnance !
Remontée des entrailles !
Il m'en sort de partout de ce jus d'évidences
 
J'en imbiberais bien le creux de ce mouchoir
mais, si j'y fais un nœud sur quelque vague espoir
tout va me revenir
en pire empire !
charriant tous ses relents dans le moindre soupir
 
(une coulée de fonte embaumait l'orient sale
 et gerbait sous les nues un feu rose et violet
 plus tard, la marée monta, septentrionale
 en broyant son varech au tamis des rochers)
 
Taire ?
La belle affaire !
Il pue trop, ce silence...
plein qu'il est des odeurs de la réminiscence
 
 

Laurence Le Masle

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#224