14/05/2013
sacerdoce
Je suis, serpent casqué parcourant tes coursives
la dernière barrière avant tes invectives
Je la suis jusqu'au bout de ce long corridor
que ma rêverie floue nomme ton hellébore
Par quoi tu meurs et tues ton précieux quotidien
en cherchant des vertus, aux ombres, à tes chiens
Louve au sein dévoyé par une chère absence
j'enserre ton poignet du linge de mes stances
Car la mort annoncée affadit ton sourire
quand il devrait chanter ton plus simple désir
Je serais fol et sot de ne pas te connaître
Ici, tu es mon sang, séchant à la fenêtre
Le venin qui te vient aux yeux comme à la bouche
est le prochain festin où mon verbe fait mouche
Il n'est pas d'expertise ! Et aucun sacerdoce
n'échappe à la bêtise et son obscur négoce
Nul airbag, ni coussin, ni gentille promesse
n'évite l'accident, quand on vient à confesse
Demain, nous dormirons sur nos crânes fendus
répandant nos cerveaux sur la terre battue
Car la mort annoncée peut aller se fair' voir !
Je t'aime, tu le sais, il n'est pas d'autre histoire.

tiniak © 2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un défi du samedi
22:04 Publié dans carnÂges | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, tu veux quoi ?, moi je sais |
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meurs, d'heure partie...
Nous courons, droit devant...
Ce qui n'est pas encore un lieu de se réjouir
de nos assassinats, nous attend
La suée qui nous vient
nous en partagerons la douceur, le fumet
l'un à l'autre liés, dans le bain
Qu'importent les regards
qui se portent sur nous, inquiets, indifférents
anonymes, hagards
Je te nomme Arachné
moi, ton Quetzacoatl au plumage d'airain
qui t'offre, à pleines mains, cette ivraie
Massacre au point du jour !
Nous les avons tués
des serviles journées, les sibyllins contours
Des caresses sans fin
Des rires sans objet
Des larmes sans chaleur
Des yeux sans appétit
Des hurlements sans cœur
Des mots sans mélodie
Des odeurs sans festin
Des rêves sans idée
L'esprit, d'un simple trait
s'est offert un carnage
Lui suffit un hommage, honnête, simple, vrai
Dans notre douce alcôve...
Qui souhaite incriminer notre parti d'en rire
puisque la joie est sauve ?

tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#185
20:59 Publié dans >imPrOmpTus, carnÂges | Lien permanent | Commentaires (0) |
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09/05/2013
big bang ballade
Puisque la nuit, traînant les pieds, tardait à regagner de son aube mollette le confort attendu, je décidai de m'occuper de ta coiffure.
Dans la cuisine, je tirai par son cou flexible le robinet niché dans le plafond moussu. Je remplis un broc d'eau fraîche et revins vers le fauteuil à oreilles où tu t'affairais à élaborer des stratagèmes dans une autre dimension - peut-être en ramènerais-tu quelque chose de beau, comme hier.
Je défis, de ta nuque, le nœud maintenant le fichu qui le serait bientôt complètement - tu m'avais dit le tenir de ta mère, ne t'en séparais guère qu’avec un regret crispé sur les tempes et l’invariable grognement qui dit que tu te fâches. L'herbe rouge de tes cheveux ainsi libérée, je l'arrosai d'un filet d'eau; jaunie par le revêtement intérieur de la plomberie, cette eau dansant, ça faisait de l'or liquide dans l'air contrit. Tu te réveilleras rousse, comme promis.
J'entendis les gros sabots de la nuit annoncer son retour dans les ordres. Je soufflai la bougie. Il y eut un suspens de l'obscurité dans une autre lumière, inconnue de mes yeux, qui s'en émerveillaient. J'aurais voulu te réveiller, mais j'avais peur de t'arracher à quelque découverte fondamentale. Aussi, je m'assis dans la main du bras du canapé en gardant cet instant contre moi, bien serré, pour te l'offrir à ton réveil.
D’une main engourdie, j’inscrivis sur la cuisse de mon pantalongraphe des mots que je pense avoir lu sans avoir jamais pu, même su ni voulu, (pourquoi ?) en oublier jusqu’à la parenthèse : Un jour. Il y aura autre chose que le jour. Une chose plus franche, que l'on appellera le Jodel (Boris VIAN).
tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#184
15:48 Publié dans >imPrOmpTus | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, hommage, boris, vian, jodel, un jour, big bang, manifeste polétique |
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07/05/2013
piano, las ?
Mol éclat pâlissant de l'harmonie finale
précédant le salut d'enthousiastes bravi
du tragique destin de la note investi
est tombé le dernier accord professoral
Le silence ne tient qu'au repos de son geste
C'est, le poignet cassé au-dessus du piano
qu'en l'artiste peine est contenu le tempo
destiné à se rendre à l'heure et tout le reste
Voilà, c'est fait ! Ça claque ! Et tout est consommé...
Bien fini le miracle, en scène et dans la fosse
L'humilité ployée, l'échine blanc de Causse
elle offre le spectacle attendu des comblés
Mais de cet oratoire elle n'est pas la dupe
Le clavier blanc et noir lui est plus authentique
Même la partition liée à sa métrique
aurait quelque leçon à prendre de sa jupe
Car elle a tout donné aux sévères mesures
de sa chair insatiable et de son feu nourri
pour traduire l'élan méconnu de Satie
en intime défi jeté à l'Aventure
« Oh, Rideau, ferme-toi et allons nous coucher
mon dos cassé, mes doigts, ma parure d'un soir
qu'il me faut parader sur les vastes trottoirs
où je n'aurai pas l'heur d'un rire énamouré »
Tous les rideaux tirés sur ses piètres fenêtres
toute porte fermée sur son enfermement
la pianiste recluse en son appartement
s'offre le seul secret pour quoi vibre son être
« Je t'aime. Tu le sais, Maudite Confidence !
Tu me veux. Tu m'auras. Vois, mes doigts te parcourent
mon tyran sans pareil et sans égal amour
Instrument de la joie de ma Chère Évidence ! »
C'est l'hiver à nouveau plein de sombres accords
Nulle oreille, nul œil et pour aucun partage...
Enfin seule avec l'Art et son brut apanage
à jouter le défi quotidien sans effort
Elle attaque
une sincérité libertaire et foutraque : Dvořák !

tiniak © 2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un défi du samedi
13:07 Publié dans >imPrOmpTus, totalités mineures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, mélodie, dvořák, satie, piano, défi du samedi |
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04/05/2013
L'implacable douceur de l'Autre
Ici
enfin dans le souffle de l'Autre, je respire
Là-bas
longeant l'heure privée de l'Autre, l'espérais
Tandis qu'une pluie triste couvrait les marées
en leur disant son regret des vastes empires
une fine clepsydre égrainait mes pensées
Vers le pays de l'Autre, embarqué volontaire
j'ai quitté, sans ciller, le rivage connu
du rêve familier, où je m'étais tenu
à ne pas me mêler d'orgues phagocytaires
Sur les lèvres de l'Autre, ai signé de mon sang
mon retour au chevet de sa voix sûre, calme
à son nom parfumé plus qu'un vieux jus de palme
je rapporte le mien, sa prière et son chant
Sur moi
le regard de l'Autre, mais d'un œil et le bon
En main
celle par quoi m'attache l'Autre, mais la douce
Tandis qu'au ciel, trois lents nuages qu'un vent pousse
masquent le soleil en lui demandant pardon
je marche dans les pas de l'Autre et du bon pied

tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#183
12:05 Publié dans >imPrOmpTus, strabismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, vie de, couple, relations amoureuses, partition à quatre mains, douceur, implacable, l'autre |
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