19/11/2014

ave

(c'est ça, ris ! ah...)

 And.. - en attendant Sodade i Morna - ...ACTION !

Evora, Evora
Evora, Evora
Evora, Evora
Evora, Evora

Les effluves de rhum dans ta voix, me font tourner la tête
Tu me fais danser du bout des doigts, comme tes cigarettes
Immobile, comme à ton habitude, mais es-tu devenue muette
ou est-ce à cause des kilomètres, que tu n’ me réponds plus ?

Evora, Evora... Tu ne m'aimes plus ou quoi ?
Evora, Evora... Après tant d'années !
Evora, Evora... Une de perdue, c'est ça ?
Evora, Evora... Je te retrouverai, c'est sûr, 
c'est sûr, bah oui, c'est sûr
c'est sûr, bah oui, c'est sûr
c'est sûr, bah oui, c'est sûr

Evora, Evora...

Souviens-toi de la première fois, où nos regards s'étaient croisés
Même que ton œil disait merde à l'autre, surtout à moi
Mais pourquoi moi,
alors que les autres te trouvaient bien trop laide ?
Peut-être que moi je suis trop bête, mais je sais t'écouter

 Evora, Evora...Tu ne m'aimes plus ou quoi ?
Evora, Evora... Après tant d'années !
Evora, Evora... Une de perdue, c'est ça ?
Evora, Evora... Je te retrouverai, c'est sûr, 
c'est sûr, bah oui, c'est sûr
c'est sûr, bah oui, c'est sûr
c'est sûr, bah oui, c'est sûr

Evora, Evora...

Ave ! Cesaria... Chapeau pour la route à pieds
Nue est, et nue était, Diva aux pieds nus, restera
Et à vie ! Cesaria, et à la mort aussi
Obrigado, tu embrigadas des millions de soldats dans ta patrie
Donc gare à vous ! Cesaria,
tu nous as tous quand même bien eus, hein ?
Tout le monde te croyait disparue, mais tu es revenue
Sacrée ! Cesaria, quelle belle leçon d'humilité
Malgré toutes ces bouteilles de rhum, tous les chemins mènent à la dignité

Evora, Evora
Evora, Evora
Evora, Evora
Evora, Evora

Evora, Evora... Tu ne m'aimes plus ou quoi ?
Evora, Evora... Après tant d'années !
Evora, Evora... Une de perdue, c'est ça ?
Evora, Evora... Je te retrouverai, c'est sûr, 
c'est sûr, bah oui, c'est sûr
c'est sûr, bah oui, c'est sûr
ah oui, c'est sûr, bah oui, c'est sûr

Evora, Evora...

Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...
Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...
Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...
Oy Sodad' ! Sodade ninha Cesaria...

Music videos by Stromae performing 'ave cesaria'. © 2014 Mosaert

09/11/2014

Pirouette, allumette !

Craquée l'allumette
viennent pour la fête
 à petits pas dans le couloir
 au galop à travers le soir
 ou, depuis le Septentrion
 portés par un vent pâlichon
 des apostrophes
 qui se bousculent pour me regarnir le coffre
 
Le temps d'une flamme
j'ai le cœur à Dame
 le souffle en paix dans le sillon
 de son très plantureux giron
 enivré de cet elixir
 où se malaxent nos désirs
 et nos sueurs
 dans le fondant et sidérant suspens de l'heure
 
...Entre, Parenthèse !
   (coquelicot !)
   quelque anachorèse
   dans le jabot...
 
Fumante allumette
cramé de la tête
 c'en est bientôt fini, bonhomme
 Qu'il en fût de gloire ou de somme
 l'instant n'est jamais si précieux
 qu'au moment de fermer les yeux
 et de gésir
 laissant à d'autres le soin de se recueillir

Laurence Le Masle

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
 

08/11/2014

bleu pâle

La chaleur mollissait. Quant à moi – pour l’avoir bien battue ! je finissais de polir cette peau chagrinée que m’avait revendue un vieil amour de foire. Tu connais cette histoire, elle ne t’a jamais plu.

Mordent les mots, tanne l’heure… 

La fadeur éluda le nombre des Jamais

tant qu’à son front déjà crissent des plis de suaire

où ne craignent le vent ni sables ni poussières

et se lisent, mauvais,

de vilains songes

leurs salves trait pour trait

refusant au tableau d’aller passer l’éponge

« Oh, pardon, j’ai fini, oui. Le temps de remballer mes outils et je te laisse la place… Amuse-toi bien. Il fait moins chaud, déjà. »

Connue, la rue me prenait en patience. Un peu de pain, ici. Là, un air de piano. Un morceau de fromage, quelques pas plus avant. De « coucou ! », de « hello ! », du « comment ça va-t-y ? » Point. Zéro. Je ne suis pas du genre qu’il faut et je m’en accommode assez, depuis que j’ai quitté mon quartier pour m’installer dans les parages. Oui, bien sûr, à mon avantage, après ce qui m’est arrivé. Depuis, je soigne mon incognito, disons… paradoxal, qui appelle ou fait fuir des regards étonnés ou sales.

D’absence de mots naît l’horreur…

Des yeux dans tous les sens ! Des bouches !

Les cinq, envahis par le monde !

J’ai l’impression d’être un cartouche

dans les yeux d’une sotte blonde

 

Ma joie se perd dans le chien qui fait un écart

Je ne rentrerai pas chez moi, quoiqu’il fût tard

 « Non, ça je peux pas te dire. Simplement, au mois de mai, l’an passé, après avoir bu mon café du matin, je vais où tu penses, je me lave les mains, lève le nez et découvre dans le miroir un type étrange qui me regarde avec un air effaré. Blanc comme un linge maladif. Les yeux presque aussi pâles, furtifs. Oui, fuyants, brusquement – comment dire… par saccades, avec une frénésie de mécanique emballée, déréglée ! Bêtement, je me retourne… La douche, comme d’hab… Personne dedans. Je reviens au miroir, et là, je comprends… Le macabre, c’est moi - moi le caribéen d’origine ! affublé de cette peau livide, de cette morbidité sordide, incurable, avec ce regard fou, partant de partout. Stupeur, peur,  incrédulité, déni, docteur, d’autres docteurs, leurs examens, cauchemardesques abymes – et au fond ? rien ! Suées, incompréhensions, questions pressantes, quotidiennes, bouche bée sans réponse : déménagement ! Et dans la tête, obstinément, ce lent tourment de Jean Sablon (un vieux, mais alors très vieux truc) : Vous Qui Passez Sans Me Voir… Consternations. Constipation. Relâche ».

Mes outils à la taille, je rentre pour manger mon pain. Ce soir, j’ai Groupe de parole. Et je n’aurais rien à y dire que : Toujours, Le Même, Pavé Dans Le Four ? … Inexplicablement….

Non, pas ce soir ! Ce soir, je sors de ma réserve. Je ne suis plus cet être figé qui s’est réveillé un jour albinos, inexplicablement. Désormais résolu à m’accommoder de ce handicap, je veux m’exprimer devant mes pairs.

Marre de passer pour un bleu !

 

albino model,albinos

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#227
Illustration dénichée sur Hibiscus jaune

 

conduite urbaine

pvpp_Nicole-G_1pan.JPG

 
Carnage autorisé dès le prochain détour
Ouvrez la boîte à gants, Madame a les mains moites
N'avez-vous pas laissé une évidence à droite ?
Détournez vos regards de ces copieux contours
Un chien va traverser, tranquille, votre esprit
Il peut vous ravager, il est prioritaire
Tu devais m'annoncer à tes parents, hier
Elle a tout obstrué, ne parlons plus d'amour
 
Usez du radiateur avec parcimonie
Rangez-vous des crayons sur la gauche après elle
Bingo, c'est le bouchon ! Redépolyez vos ailes
Attention, ce piéton était dans votre lit
Ici, prenez à gauche une occasion rêvée
N'attendez plus ce feu qu'une autre a remporté
Evitez les trottoirs à vos sens interdits
 
 
tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
Illustration : ©Nicole Gérard, "Vibration sur la ville" (détail)
 

26/10/2014

Absurdes, "Ite"

Plus j'y songe, plus c'est..
 
Comme d'aller chercher
à quoi le silence ressemble
 
et vouloir s'emparer
des pans de la robe du siècle
 
Comme aller mesurer
à l'automne, le tronc des trembles
 
en ayant oublié
comment se ferme le couvercle
 
sans moins se divertir
ni se priver d'Autres Amours
 
(comme d'aller, venir
 dans l'évidence de la mort)
 
et voulant s'affranchir
du procès que nous fait le jour
 
(comme s'aller frémir
 à chevaucher des météores)
 
...luxuriant !
 
 

poésie,manifeste,pollution,esprit,sein,beauté,de l'absurde

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK