21/10/2014

Sur prise

Quand, énorme, vient la surprise
- qu'on se le dise et c'est tout vu !
un vent me prend par le joufflu
 
Il me massacre l'intérieur
pour y attiser des ardeurs
que je ne savais pas nourrir
sur le brasier de mes désirs
 
Tout oublié, mon nom, mon âge
m'emplis, me gonfle d'un orage
et fourbis un lent grondement
où s'accroît mon étonnement
de n'en pas maîtriser la cause
 
Maintenant, voici que j'explose
masquant mon trouble d'un éclat
de rire fou d'être encor là
la joue rougie d'inexpertise :
une fille m'a fait la bise !!
 
 

dépucelage du bec, dépucelé de la bouche

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Défi du Samedi (à venir)

15/10/2014

galoche

Je vais donner du pied dans ta mémoire sale
que d'ici au cosmos
un ballet de poussières
aille le disputer à ces autres - solaires !
à quoi se sont brûlées des ailes idéales
et sans âge
 
Je vais la secouer, ta pelure avachie
d'un coup de balai brosse
dans ton regard éteint
pile entre les deux yeux du bonheur mal appris
dont s'étouffent les feux près du tendre regain
des ménages
 
La chanson oubliée, je vais te la redire
et la baleine à bosse
en reprendra le ton
La moindre particule au vibrant électron
sera le vestibule où poser un sourire
neuf et sage
 
Lors, tu composeras
de nouveau les couplets
qui feront chavirer des lents soirs
 
la vilaine armada
aux voiles déchirées
de naviguer sur l'amer espoir
 
À cette orchestration
fuiront tous les moutons
quittant les recoins du vague à l'âme
 
Et, selon le tempo
de notre oratorio
nous saurons sous de longs oriflammes
nous emballer
 
 

Laurence Le Masle

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#225
 

12/10/2014

Ce que silence put

Taire, nourrisse hier
à l'histoire moins douce que le souvenir
mieux vaut peut-être, alors, savoir ne rien en dire
et laisser le passé mouronner dans son suaire
 
Un silence apaisé ne masquera pourtant
ni l'écho de son chant
ni l'odeur
où se mêlent effluves de sueur
et les parfums ancrés depuis le premier âge
avec ceux amassés de carnage en carnage
 
(la paume de la main qu'il a fait bon baiser
 le cheveu qu'un marin avait gainé de sel
 la chaleur du tétin qu'a libéré l'aisselle
 et le prochain festin qu'inspira le dernier)
 
Bientôt - et sans discours ! je vais me perdre encore
en allant explorer mon dédale à rebours
sans même avoir levé un gramme de mon corps
vers le ciel impotent et ses flasques pourtours
 
Proustienne madeleine à l'heur ébroïcien
quel était le jardin qu'il nous fallait quitter
quand tu livrais bataille avec ton seul bouquet
contre le bégonias qu'enviait le voisin ?
 
Non, Rose... ton bouton ne me grisait pas tant
que celui dégrafé par mes doigts ingénus
qui libérait soudain le fébrile tourment
que devoir accepter l'implicite refus
 
Voilà, je suis perdu; trop de senteurs m'assaillent
et, ne formant bientôt plus qu'une même essence
Prégnance ! Prégnance !
Remontée des entrailles !
Il m'en sort de partout de ce jus d'évidences
 
J'en imbiberais bien le creux de ce mouchoir
mais, si j'y fais un nœud sur quelque vague espoir
tout va me revenir
en pire empire !
charriant tous ses relents dans le moindre soupir
 
(une coulée de fonte embaumait l'orient sale
 et gerbait sous les nues un feu rose et violet
 plus tard, la marée monta, septentrionale
 en broyant son varech au tamis des rochers)
 
Taire ?
La belle affaire !
Il pue trop, ce silence...
plein qu'il est des odeurs de la réminiscence
 
 

Laurence Le Masle

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki#224 

06/10/2014

Grave Ilion

(Tu me fous la gale, Até !)
 
Ce soir fait le beau
l'éclatant spectacle
Je tiens son miracle
en petits morceaux
 
Je t'en ferai don
quand tu seras née
ma Très Chère Até
ma condensation
 
L'heure est au joyau
des ombres fractales
- organique bal
chez l'Ami Pierrot !
 
J'y livre mon sens
Mon vers solidaire
libre et solide, erre
en m'éparpillant
 
Mes gravillons fous
ricochent, s’entêtent
égaillant leur fête
sur le fleuve roux
 
Ainsi répandu
- et d'une poignée !
ma Chère Pensée
m'as-tu reconnu ?
 
 

poésie,ilios,até,et toutes ces sortes de choses,mythiques,pierrot

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 
 

05/10/2014

externes nuées

Carapaces molles
retenez vos larmes
que tienne le charme
à vos fumerolles
 
Dans le doux suspens
de l'été dernier
je prends mes quartiers
(promu soupirant)
 
Septembre s'efface
sans que nul automne
ferme la crémone
aux volets d'en face
 
Je m'embarque alors
les yeux pleins de sel
dans un substantiel
et précieux débord
 
J'y cherche la voie
intime et vacante
d'une ombre chantante
et libre et sans foi
 
Pour goûter soudain
au pain du désir
à n'en plus finir
de donner la main
 
À d'anciens fantômes
au bord de l'oubli
plaidant à l'envi
de nouveaux binômes
 
Puis, quand vous partez
nuées indociles
découvrant la ville
me revient au nez
 
L'odeur sans visage
d'un nom sans parfum
mais dont je retiens
l'ultime partage
 
Aux nuées changeantes
je ne veux rien voir
qu'un nœud au mouchoir
où finit l'attente
 

Laurence Le Masle

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK