01.07.2009

La Bête, ça

Elle a les yeux qui mangent

le regard qui dérange les choses

en profondeur où la nécrose

absorbe la lumière

qui semble déserter la terre

 

Elle a ce nom étrange

qui dit combien elle est mauvaise

à côté d'elle une fournaise

réserve un bien meilleur sort

qu'à ceux qu'elle engrange et dévore

 

Bête01.jpgLa Bête

 

C'est l'ange de l'immonde

avide d'âmes moribondes

C'est la bête vomie

parmi les affres de la nuit

 

Le cauchemar vivant

dont on dit qu'il n'existe pas

pour laisser les enfants

se débrouiller seuls avec ça

 

 

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

LaBête01.jpg

28.06.2009

baiser mouillé

tibéco ?une goutte, deux, trois
sur la terre, poc poc poc
et le vent qui soliloque
n'assèche pas les yeux froids
qui me pleurent tout bas

quatre gouttes, cinq, six
droit au cœur, toc toc toc
et l'amour qui ventriloque
n'entend plus qu'un lent supplice
qui lui donne la réplique

cette goutte, la dernière
peine perdue pour la terre
dans le vent qui caracole
n'atteindra jamais le sol
je la cueille sur tes lèvres

rêve de ma vie, mon rêve

lèvres brunes, lèvres mauves
goûtez le baiser qui sauve

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

24.06.2009

en vrac

oh mon papoooOOoo

à l'ouverture, clac !
mon chapeau claque
en sortent tout-à-trac
des objets d'attention

un long colimaçon
de trucs et de bidules
que des bulles virgulent
(pour la ponctuation)

et ça tourne et ça vrille
ça remplit le séjour
ça fait rire les filles
et ça mange le jour

hier manque à l'appel
et demain n'est encore
que l'idée d'un trésor
couvée sous la tonnelle

alors, j'ouvre une ombrelle
où s'engouffre le vent
et je rejoins au ciel
le rire des enfants

Tomi Ungerer

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

illustration (ci-contre) : Tomi Ungerer, Le Chapeau Volant

18.06.2009

djinn orange (test)

- à Gino -

l'orange est là partout tombant sur la chaussée
feu orange ?sur mon pas mécanique et leste
sur mon souffle brûlant, sur mon chant ravagé
- qui perturbe la nuit céleste ?

je chante un pleur aveugle au monde indifférent
maudissant la horde funeste
il y a du Satie, du Cure, là-dedans
et puis certaine humeur de peste

et l'orange me suis, l'orange me talonne
orange, couleur de l'inceste
mais je ne peux tuer ni baiser plus personne
- mystère, qui retient mon geste ?

et je chante et je pleure et je pleure en chantant
comme il est loin l'heur de la sieste
et j'écrase une orange et l'orange me prend
au moment de lâcher du lest

je suis ce mauvais chien qui a rongé sa niche
et ne peut quémander de reste
la pluie qui m'appartient ne m'a pas rendu riche
et je donne à l'idiot ma veste

cheminant comme en rêve un rêve se faisant
masque toute lueur à l'est
orange, ma compagne, épouse mon allant
que j'oublie de l'aube le zeste

Ô cœur, mon cœur, proteste !

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK