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21/12/2014

Reste haut du cœur, eh ! dame

Reste haut du cœur, eh ! dame
 
 
Tous les soirs confondus dans le même porridge
et la cuisson de l'âme à couver à feu doux
Un magma de folies clapote là-dessous
À l'affût, au-dessus, l'œil et son doigt de Kirsch
La faim qui me taraude
a piqué mon entier de fines électrodes
 
Touille, touille-la, Cuiller
Sauce à la crème d'hiers
Même lit, même liaison
Sourires z'et trahison
 
Mes convives sont las de la curée du jour
En hôte attentionné, je les mène au dortoir
À chacun Son Duvet (sa chacune), et bonsoir !
Je sirote à présent l'Orange de la cour
dans la nuit qui me coiffe
et m'en avait gardé quelques brocs pour la soif
 
Lève, lève, Main Fidèle
pleine coulpe vers Cybèle
Même lie, même élection
Délires z'et compassions
 
Les matins résolus à saupoudrer le sol
réprouvent ta venue tardive à mon chevet
pompent à sa rigole un vilain Moi de mai
et n'osent espérer t'y voir à bonne école
puisque tu y versas
la fatale ciguë qui me désagrégea
 
Verse, verse-la Ta Soupe
Traîne ailleurs ton sein, ta croupe
Mêmes dits, mêmes chansons
Soupirs z'et contrefaçon
 
Des miettes rescapées
la dernière gobée
d'Elle, et son vœu d'Être Inoubliable
 
Le goût aura passé
par un autre fumet
dans le bonheur de dresser la table
 
Que l'âme reste au rang où la place le cœur
et le cœur y demeure entier se restaurant
 

poésie,restaurant,lol mais patent

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

18/12/2014

caisse, hier

Le cœur a sa fenêtre ouverte
La forêt bien rangée devant brûle tout son flanc droit
Ça va chauffer plus fort à présent, sous les toits
que, sur le bout des doigts, ont repris les décomptes
des passagères hontes
et des gentils émois
quand, depuis l’occident un vent court à sa perte
 
Ou c’est peut-être moi qui me fais à l’idée
que le jour a passé sans que je ne le vois
nichée toi, niché moi
dans quelque dé à coudre
avec nos grains à moudre – et de concert, encore !
jusqu’au délit des corps dans le content des chairs
 
Mais – je ne rêve pas…
cela fait bien longtemps que tu n’es plus personne
que je n’ai que dix doigts
pour joindre mes deux bras
et que je m’époumone à maudire l’automne
quand l’hiver est bien là, en bas, rue Salomone
 
Ou alors quoi ? Courir ?
Bondir, là ! sur tes pas qui se sont effacés
depuis quelques années vers un autre Agadir
sa paire de saphirs et son autre patois ?
Puisque je les entends toujours dans l’escalier
 
Je ferme la fenêtre
La forêt peut brûler, je m’habille de fleuve !
Qu’est-ce… j’allais chercher
…en traversant la pièce où tu restes cachée
dans ta dernière épreuve ?
Pour que je m’en émeuve, tout l’être !
 
Ça, qui me le dira ?
 

poésie lubrifiante,lol y tasse, dé à coudre

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki# 232 

17/12/2014

Larme à gauche

La nouvelle est tombée à mes pieds comme un soir
Elle avait tout pour plaire; elle a fané d’un coup
si vite qu’un Honneur au bras de son Epoux
et le regard noyé dans deux obscures moires
 
N’osant plus faire un pas, j’étais pour m’accroupir
la prendre, l’embrasser, la réchauffer peut-être
après l’avoir portée au bord de ma fenêtre
lui disant : « Je t’attends. Je reste là. Respire… »
 
Mais ce qu’il me fallut pour lui tendre la main
(le geste délicat, précieux en quelque sorte)
le vent aura séché sa larme, Lettre Morte
et me soufflait déjà de suivre mon chemin
 

street sodade

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
 
 

16/12/2014

Mai disant

Tout a pris fin il y a dix ans et quelques jours
Donc, j'ai dix ans
dès à présent
et je viens de vivre une sacrée journée-four !
 
J'ai découvert à l'aurore un soleil violé
par l'haleine d'un vieux marin chargée de mousse
déjà la journée courait, la mort à ses trousses
son élan pris depuis mon petit-déjeuner
 
Les huis libéraient leurs effluves quotidiens
charriant les bruits de la comédie laborieuse
le sang perdu coulant de ses mains oublieuses
quand, sur son paillasson, j'enjambais mon vieux chien
 
J'ai recueilli un vol de mouettes, quai Vendeuvre
passé la main au ventre gris de son Vieux Port
payé d'une plume nouvelle pour mon sort
un franc sourire au long empire à la manœuvre
 
L'heure avait les cheveux plus courts
Je t'ai reconnue sans maudire
Quel heur célébrait l'alentour ?
Un mystère de mai n'y voulait pas suffire !
 
J'ai parcouru la ville à genoux, haut le front
dans la poche une main prête à sortir mon soûl
dans l'autre ce mouchoir qui ne me dit pas où
et la semelle offerte à de soyeux marrons
 
Le vent marin jouait des gammes peu bourgeoises
sur d'antiques matins perclus de vérité
L'après-midi faisait des bonds désordonnés
craignant l'inimitié verte que l'On dégoise
 
J'ai abouché le flanc d'une triste panthère
avec le sentiment de lui mordre bien plus
Comment s'en consoler puisqu'elle m'a dit "Tu.." ?
Moi, triste Gagne-Pain de ses maigres affaires !
 
L'heure avait les cheveux plus longs
J'y mêlais mes doigts fatigués
J'avais du mal à respirer
Dans le mai blet, me faisais l'effet d'un gougeon !
 
J'ai embrassé le pli de la nuit approchant
sa robe sur les toits du monde grabataire
criant les noms perdus de mes Trop Être chers
et ne pouvant rien faire autre que les aimant
 
Le tableau s'est conclu sur un carnage veule
avec les mains fouillant cette peau infertile
où je peine à trouver la ferveur érectile
d'une journée passée sans que mon âme feule
 

walk don't walk

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire - tiki# 231
 
 

14/12/2014

Mot, daughter

Quant à marcher tel un vil animal sans nom
sur le sol dur et froid de la seule raison
nul bonheur en mire
nul horizon
qu'un vaste sol
où pister sa trace, Ma Folle
à quoi bon ?
 
Quant à prier le cœur malade d'être sûr
de voguer loin des vagues aventures
un bonheur fragile
va sans futur
son aujourd'hui
au pas s'inventant sa partie
quoi de mûr ?
 
Marcher dans tes pas, Mon Enfant ?
Ma Poucette ?
Tenir tête
à d'amples festins liquescents ?
 
Prier le prochain météore ?
D'un seul cri :
Aujourd'hui !
au Machiniste du décor ?
 
Périssons avec élégance
Sachons taire notre saumure
Goûtons plutôt la confiture
des infimes exubérances
qui nous lient
et que trempent nos yeux coquins
au flux incertain de la vie
 
Complices !
 
 

alice

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK