08.11.2009
dernier regard
Des yeux ce qu'il me faut - sais-tu ?
c'est la bouche qui tremble dessous
et semble ne connaître plus
les mots qui lui ressemblent...
Des yeux, ce qui me va - tu sais,
c'est ce petit regard en biais
de ses volets mi-clos s'élance
nouvelle, une appétence...
Des yeux, ce qu'il me reste - enfin !
c'est l'espace réduit soudain
à ce dernier mot dit
que déjà l'on oublie
et fait place au festin qui nous lie
Chaque fois que je t'ai quittée
ce sont tes yeux qui m'ont manqué
ton cul, d'accord
tes mains aussi
ton rire encore
ta voix, pardi !
mais tes yeux - tes yeux, mon amie
sans eux comme je perds la vie
tes yeux taiseux ou volubiles
tes yeux amoureux ou tranquilles
tes yeux d'avant, tes yeux d'apprêt
(oui, ces lunettes sur ton nez)
tes yeux brûlés à nos fatigues
tes yeux griffés d'un sang de figue
tes yeux attachés à mon pas
tes yeux qui ne m'oublieront pas
tes yeux de tous les yeux les phares
je les veux pour dernier regard.

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
13:23 Publié dans gris sourire | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : poésie, de tous les yeux les phares, les poèmes amoureux, ne sont pas les plus beaux, mais souvent les plus doux à entendre
Élections
(suffrage par ciel)
à Jérôme FANSTEN et Sofia COPPOLA
Et puis, rentrés chez eux, ils avaient tout béni
les arbres, le repas, la chambre des petits
avec dans leurs mains jointes
une blancheur de plinthe
qui fait ce beau sourire en coin au bas du mur
On était vendredi, samedi ou dimanche
enfin, un de ces jours qui comptent sous le ciel
un jour en robe blanche
- ou pivoine... ou pervenche,
brillant comme du miel jusqu'au bout des chaussures
Et comme il faisait bon, ils sont restés un peu
à parler des voisins, à rallumer le feu
avec le menton lourd
des largesses du jour
qu'ils savaient méritées après force rigueurs
Le grand Lui, le grand On et tout son tralala
emplissait la raison d'être de ce goût-là
qui vous rend bien meilleur
que les autres ailleurs
puisqu'Il les assurait de son divin Amour
Et rien ne sera dit d'autre que Sa Parole
et les enfants iront dès demain à l'école
avec tous leurs semblables
et pénibles cartables
emplis jusqu'à ras bord du Devoir Accompli
C'était le moins, le mieux et le bien entendu
que de baisser les yeux et de n'en parler plus
il n'était que de vivre
le Jugement du Livre
aurait le Dernier Mot et tout serait guéri
Oh, la Miséricorde ! Oh, Vierges par milliers !
Oh, Tout ! le Sacrifice et le sang du Bélier
pour le service d'ordre
pour les pommes à mordre
pour le juste retour des Justes d'Entre Nous
Ah, ça valait peine
de garder le secret de toute la semaine
et d'aller dans la Paix de sa nature humaine
participer de l'Œuvre
Totale... Finale... et si impénétrable
que c'en est confortable pour l'humilité
Ah, plaisir d'élection que toute Sa Beauté !
Demain dans le journal tout sera bel et bon
fatal et pardonné
la page tournée

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
13:03 Publié dans gris sourire | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poésie, bondieuseries, suffrage, par ciel, hypocrisies
06.11.2009
porte vue
Je vois... un jardin... il est sale
Des arbres mangent... une lune pâle
bavent du lière sur les buissons
Ce jardin est un abandon... épais... profond,
il s'y empêtre des saisons
un confus amalgame
d'odeurs... de couleurs... flamme,
terreuses... piteuses...
et réchappées de quelque drame
Ici, le règne du végétal
l'emporte sur l'autre... animal
avec... une arrogance... totale
J'avance... du moins, je le pense... je l'espère
Prudence... plat, mon pied sur la terre
qui grogne... maudit ma présence... et me pousse
J'avance... dans l'indifférence... de la mousse
Je vois... comme une lisière... c'est un mur
Parfois... c'est une montagne... envahie de verdure
J'ai froid... je voudrais quitter... ce vilain cauchemar
Et quoi !... là... là, comme j'avais... ravalé tout espoir
Une porte
Une porte... l'ouvrir ?
Une porte ! ...Qu'en dire ?
que je pourrais... en quelque sorte
me délivrer de ce délire
pour trouver quoi ? ...derrière la porte :
bien mieux ? ...bien pire ?
Je l'ouvre... les yeux fermés
J'en passe le seuil... troublé
Je tire la porte derrière moi
J'ouvre les yeux
Je vois...
_______________________________
un défi du samedi qui sonore...
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
04:57 Publié dans gris sourire, imPrOmpTus | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : poésie, musique en ligne, dev, a encore frappé, samedi
05.11.2009
jolimo
Les jolis mots
ces perles d'eau
douce au creux de la main
calment la fièvre
scellant mes lèvres
à ton prochain festin
Oh, Lisa j'ai
un rêve entier
sur le bout de la langue
où tes mirages
sont des rivages
qui me brisent la gangue
tous ces trésors
de rouge et d'or
toutes les peaux diaphanes
je les arrime
à cette rime
avant que ne se fânent
tes pas dans les jardins de Diane
tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration : Lisa G., Les jolis mots - 2009.
00:18 Publié dans poLésiaques, x-priz | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, peinture, lisa g., amours filiales, muse
04.11.2009
regain
Amour, ton carré de verdure
- ce regain en bordure du monde
où le monde renaît dans la fronde du ciel
Amour, tu n'es pas vrai
tu es Autre
et ment
aimantant toute chose à ton désir brûlant
de repeindre au tableau
la vie qu'on a sur le dos
sans toi, tout sonne faux
les rires du repas noient dans un verre d'eau
toute raison de rire
les mains croisent les doigts qui craquent des soupirs
les oiseaux crissent
les vents pleurent
et les parquets nourrissent des vers à demeure
toi, tu chantes
et les gorges reprennent tes refrains atlantes
hors de toi, tout est laid, vil
et souffre
le miroir est mauvais comme un gouffre
le matin cache un sable mouvant
le soir, un marais putrescent
et les après-midis n'ont rien d'extraordinaire
que de nous rappeler tout ce qu'il reste à faire
et qu'on tient en suspens
pour n'avoir plus de goût à rien vraiment
toi, tu brilles
et souffles sur la forge où les ombres scintillent
loin de toi, tout est pauvre
fait maigre
les passants ne sont plus si allègres
et vont les routes interminables...
là, sur la table
la tartine a dégoutté son miel
la clarté a vidé tout le ciel
et colle son visage pâle
à la fenêtre aux carreaux bien sales
toi, tu prodigues
tes richesses d'aveugle sous l'arbre à figue
Amour,
je te goûte
je t'entends
je te vois
et le monde commence à nouveau avec toi
Amour,
je te perds
et je m'endors percé de berceuses amères
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
01:13 Publié dans gris sourire | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : poésie, amour, déclin, regain








