20.05.2012
Neuf, aux conteurs
aux âmes vives
Maints dans la main savaient lire les signes
et ne s'enorgueillaient pas de tant de magie
Ils allaient, le pas simple, mais l'allure digne
répandre au gré du vent les mots qui font la vie
Ils savaient le regard qui absorbe le monde
Ils chantaient pour les dieux qui leur expliquaient tout
embrassaient terre et ciel, les flammes et les ondes
se contentaient de pain, de miel ou de saindoux
Le Verbe avait alors valeur incomparable
et son cours sinuait sans gâcher le labeur
Parole se donnait pour être véritable
délivrant son message et libérant les peurs
La mesure du temps se jugeait au bâti
Les peuples s'arrangeaient des caprices du ciel
Tandis que les puissants cédaient à leurs folies
une sagesse œuvrait, attentive au réel
Etre luttait déjà avec le vain Avoir
Vivre avait le souci de vivre chaque jour
mais ils venaient alors, chargés de leur savoir
rappeler à chacun sa puissance d'amour
Nos hommes ricanaient; les femmes, plus souvent
entendaient le message et lui donnaient un nom
qu'arrivé à raison porterait leur enfant
investit de son âge au point de la question
Il a pourtant fallu que cet ordre s'inverse
Parole n'a plus cours pour étayer les actes
et nous voyons passer, dos courbés sous l'averse
les enfants ignorant la vérité du Pacte
Une Bête a mangé les mots de la Parole
imposé de l'Avoir la prégnance putride
Elle a chié de l'or, du charbon, du pétrole
semé partout sa règle ignoble et parricide
Mais le jour est venu de répudier son ombre
et de fouler au pied, partout ! son imposture
Elle aura oublié que la force du nombre
la voue aux gémonies ! Que le Verbe perdure !
tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
00:06 Publié dans totalités mineures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : résistance, capitalisme, conteur, parole, verbe, poésie |
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19.05.2012
Avec Lui
Par quel extraordinaire est-Il si près de toi
que niché dans la mie l'est le grain de sésame
que ténue dans la fleur la promesse d'une âme
qu'en Son abscence meurt toute possible joie ?
Par quel enchantement, quelle mage incidence
auras-tu, selon Lui, le regard sombre ou clair
une fraîcheur au teint, la voix rougie au fer
ou l'impérieux besoin d'entamer une danse ?
Sans Lui, tout est perdu de la gaieté de vivre
Avec Lui, rien de vain n'hypothèque le jour
En Lui - dans le confins de Son précieux Amour,
la vérité va, nue; l'espérance délivre.
Il est la destinée où la tienne se fonde
et s'élance au-delà des limites connues
de la raison, des sens ou du rêve abslou
vers ce règne infini que traverse le monde.
Et puisque c'est ton choix
j'en respecte l'augure;
Embrasse-Le pour moi
si d'aventure...

tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
(4 et 5 mai 2012)
pour le Baptème de ma fille Zoë, âgée de 11 ans; baptisée à Carpentras le 19 mai.
08:05 Publié dans effet : mes rides | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bapteme de zoë, poésie |
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18.05.2012
Le jugement du singe
Singe en cage à l'œil vitreux
quand tu passes, mon sang flaire
celui sous ta pâle chair
lande frêle, fin rivage
que longent des voiles bleus
porteurs de gourmands présages
ta caresse… un mot ou deux…
J'ai toujours vécu ici
sous le nom que tu me donnes
Parfois, tu me le fredonnes
et j'y entends de l'amour
ou ce que j'en ai compris
quand l'ombre a mouché le jour
et que je songe à ma vie
Je révoque des forêts
l'abri touffu des collines
la sieste sur l'herbe fine
la surprise d'une baie
que la fresque sur les murs
le béton sous le rocher
de cette villégiature
ne peuvent pas égaler
La tribu que je côtoie
dont je sais tous les visages
me rappelle à mon grand âge
et m'agrée force de loi
d'autorité, sans abus
mais je n'éprouve de joie
qu'au moment de ta venue
Alors, ta seule présence
quoique discrète et fragile
maniant tes ustensiles
distribuant notre pitance
manifeste d'un regard
sans futile déférence
l'évidence d'un égard
Pour moi, en particulier
ta voix prodigue - merveille !
la chaleur d'un franc soleil
quand il pleut sur le gravier
de l'allée enfin paisible
et contente mon entier
par ton attention sensible
Mais ce soir, quel est ce linge ?
C'est un nouvel uniforme
chargé de sévère norme
qui m'agite les méninges
Son cirque sent la menace...
On n'apprend à un vieux singe
pas à faire des grimaces !

tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
16:48 Publié dans strabismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mes alors, singe, zoologie, poésie |
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