10/04/2014

Cornes à l'agenda

à Christiane et Eugène
 
Une goutte de cire a roulé, s'est figée
sur la bougie aux flancs toujours plus avachis
Un hiver a passé sur tes cheveux plus gris
dans un geste attendri, sa main froide et fanée
 
Tu as rouvert au monde un œil jauni à l'ambre
quand nos voix ont clamé haut ta révolution
Ton regard a viré à l'or, sous l'émotion
et nous a embrassé, chacun dans cette chambre
 
Une année a roulé, s'est figé dans nos cœurs
le temps, de la bougie, avait soufflé la mèche
Et nous voilà, sonnés, comme l'insigne glas
 
Nous réglons nos soupirs à nos sourdes fureurs
et joignons nos bougies dans la bise trop sèche
un triste anniversaire au creux de l'agenda
 
 

amours filiales

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire  - tiki#209

08/04/2014

confessional verso

Venu, comme à l'accoutumée
par quelque chemin de hasard
ses ornières buvant mes phares
et ses ombres sur mes talons
suis entré en tes Confessions
observant leur ordre intimé
de capituler sans raison
que la beauté de ton regard
 
Effleurant le voile embué
de ta mise en scène amoureuse
à la chaleur aventureuse
et la totale abnégation
d'être le vagabond dévoué
à ces troubles propositions
que ta rêverie généreuse
 
Rompu à la fertilité
de tes plus graves euphories
sans réserve, je m'en nourris
et goûte avec délectation
la magistrale suspension
de leur instantanéité
épure sans affectation
des nobles fantasmagories
 
Solitaires simplicités
chacune portant son ravage
au singulier carambolage
où se heurtent les positions
trop fermes pour l'élévation
vers les transcendantes nuées
j'absorbe votre solution
pour me fondre en votre équipage
 
Oubli et silence liés
dans une discrète éloquence
portent la violente évidence
qu'une sensible profession
surgie de la corrélation
entre brève sagacité
tenace lubie et passion
électrise nos expériences
 
 

Confession Seize

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
en manière de salut dédié au nouvel espace de Gaëna da Sylva, Les Confessions du Fauteuil Vert
-ci-dessus : "Confession Seize"-

07/04/2014

À pareille, deux fortunes !

Gwen gallery

Nul à nulle autre pareille
en son plus simple appareil
eu égard à son régal
ne trouva meilleure égale

Ornementalement point
le délicieux embonpoint
qu'il nous plaira d'aboucher
- ainsi, chacun sa goulée !

Universatilement
cantilènes se mêlant
d'être l'Un vain, l'Autre tous
d'eux deux en un, faisons Noûs

S'il se peut que se rassemble
- ce dont nous somme l'ensemble,
notre extrémité comme Une
honorons cette fortune :

Mes marrons dans ses noisettes
Mirouettes ! Mirouettes !
Sa main dans la mienne qui fond
- un joyeux Armaggedon !

Elle entre où je vais sortir
(dans l'ombre de son bouquet)
mène mon cœur à l'arrêt
feutre au front, ourle un soupir… en jouer !

Manger les débris du ciel
que j'ai rhabillé pour elle
aux couleurs de nos maisons
flanquées de fleuve et de jonc

Et - pour ne pas trop en dire,
quand tout s'endort à nos pieds
délassés nos galibiers
déforestons nos désirs entiers

Solidaires alias
miroitant nos silhouettes
marrons frits dans ses noisettes
similaire face à face en fête

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Défi du samedi (22/03/2014)

Illustration : "Gémellité"Gwen Gallery © Copyright 2011

26/03/2014

Au goût de Reviens-Y

Le pas aimé sonne or
engendre au sol un bel accord
À sa modulation
la fièvre arpente la maison
où les rideaux respirent
à la fenêtre tout sourire
 
Il était donc parti
pas bien loin, mais assez quand même
pour me suspendre à son poème
et m'arrêter la vie
au plain-chant de ses ralentis
 
Mélodie sur le tard
j'aime ton retour en fanfare
Le chœur est au complet
Feule, placard ! Tinte, buffet !
Sonore, cher Empire
vers qui rêvait de te sourire
 
 

poésie,retour,inanité sonore,sourire

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire  - tiki#208
(la 207ème, texte en prose, se trouve en exclu,

15/03/2014

poêtre

Sur la page nubile et son aube inviolée 
je répands mon carné, l'alentour et son rêve 
goutte à goutte, ma dose 
 
Des mots, la chair et le sang prennent fête et causent 
du corps de l'âme au flanc invisible des choses 
à telle oreille amie, supposée inconnue 
telle autre familière à combler de nouveau 
avec des chorégies rechapées au goudron 
qui revêt le chemin, glissé à travers chants 
d'hier, de maintenant 
dans un vacarme rond 
 
Quand paraît la lumière
aux rideaux entr'ouverts
n'en pas faire mystère
ni gâcher sa vertu
mais boire à son tonneau le meilleur de son jus
pour la soif et peut-être y voir un peu plus clair
maintenant mieux qu'hier
puisque le soleil fond
 
Des mots ! Du corps ! De l'âme !
et, à rideaux tirés sur la carne qui saigne
l'embrasement d'un fleuve où tremper le calam
 
Qui rêvait en chemin de boire en société
le meilleur de son jus - mystère mis en perce ?
Qui chante maintenant d'Hier la mise à pied ?
 
Je vais signer ma peau sur un ciel aux arrêts
voir si ça fait jaser un cent de passereaux
(que mon reflet dans l'eau soit encore au bas quai
qu'il pêche au moulinet, qu'il brûle au brasero
ou que l'aient piétiné grenouilles z'et crapauds)
et puis, chemin faisant, je viendrai souligner
d'un trait de khôl lampant ton sourire au pas sage
lissant du paysage un boudeur horizon
 
Debout, à ta fenêtre
je bois le miel fondant
du soleil mollissant
sur son peigne de hêtres
Et puis, le ramenant
à mes yeux de poêtre
pour ton regard aimant
il s'en faudra de peu que j'embrasse ton nom
 

calam,almost grown

tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Impromptu Littéraire  - tiki#206