27.11.2009

ragtime

(an american tale)

Connais-tu cette histoire
de la colombe et du petit homme noir ?
Ils s'étaient rencontrés sur le trottoir
où les gens passaient sans jamais les voir
et si leur vie en noir et blanc
laissait le monde indifférent
il leur suffisait que les enfants
les regardent en souriant

jusqu'au jour
où un garçon
les mena par le bras
dans sa maison

de ce jour
tout - l'amour
et le goût qu'ils eurent
pour l'aventure,

devint un bonheur
de chaque instant
et ça mettait des fleurs
dans les yeux des passants

et c'était nouveau
c'était rigolo
même pour les ronchons
dans leurs chaussons

Oh, bien sûr...
certains trouveraient à redire
d'autres à médire
qu'importaient ces quelques grincheux
le parti pris de vivre heureux
raflait tous les suffrages
tous les âges
du jeune au plus vieux :

La vieille dame et son piano
n'était plus cette virago
à qui l'on pensait en tremblotant
à présent on allait danser
sur tous les rythmes fous
qui s'échappaient de sa fenêtre sans volets

La fille du boucher
et les chats du quartier
sur le toit du resto
tenaient un casino
et plumaient du banquier voisin
le fils et ses petits copains qui s'en foutaient

Et c'est ainsi que rejaillit l'espoir
d'une colombe, un petit homme noir
et l'entremise d'un petit garçon
dont on ne sut jamais les noms

now you can truly say you've heard
an american tale
would you honestly spread it 'round
and never let it fade in the shade?
for its magic to work better on and on
when the skies are grey
when it all seems wrong
you could turn it into a lovely song
for the children to sing along:

Right from the skies above
was sent to me this amazing dove
I was alone and the great big city
where no one took care nor dared look at me
is also where I found out
what in this world this is all about
Not only angels have wings and fly
my lovely dove can such as high

 

1ragtime.jpg

podcast

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

impromptu littéraire - tiki# 60

21.11.2009

6métriques

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I

Tous ces architectes - pour un seul Gaudi ?
affectent d'infecte symétrie
les galeries sélect d'insectes asservis
qui n'ayant queue ni tête et rien à espérer
de doctes têtes au carré
doivent tout au contraire
taire et se contenter
de leurs habitats similaires
à en pleurer

Ah, ce culte manichéen, Minerve !
- binarité des gens de bien, m’énerve !!


II

Je suis hors de moi
toujours, mais à l'envers
- c'est l'endroit qui veut ça
le premier de nous deux qui décroche
perd ses verres


III

L'enfer du miroir, pour sûr
ce n'est pas de s'y voir
c'est de ne s'y voir pas
ainsi qu'on se figure
l'être ou l'avoir été

Stupeur médusée
le corps étranger de mon reflet


IV

Où laitue bêle
" L'es-tu, belle ? "
Carotte lui répond :
" ...pas en fin de cuisson "

A trop cultiver ta beauté
il pourrait bien t'en cuire
Carotte pour finir
t'en donne la leçon

Je te préfère crue, tfasson

(salade grivoise)

 

V

mais il est des reflets dans l'eau
qui me transportent larme
et sourire à nouveau
plutôt et plus sûrement vrai
que ne le peut le charme
de l'apprenti sorcier
depuis sa tour d'ivoire
venu me présenter
quelque mage miroir de l'âme
sans sourciller


VI

Toi
Moi
La lumière

et puis l'armoire

où le miroir s'en tint à ce puissant mystère
que je me vois en toi plus clair
et qu'en moi tu puisses te voir,
ma chair

 

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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pour un défi du samedi

 

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sandi

rtém

9
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16.11.2009

Liberté des libertés

Liberté des libertés
youpi tagada tsoin tsoin
Liberté de funambule
marchant tête dans les mains

Donne-moi des libellules
des fleurs et des meul's de foin
'pi des canons sans recul
au p'tit guéridon du coin


Liberté des libertés
prout et prout et tralala
Liberté de fumerolle
dans son foyer d’apparat

Dis-moi la bonne parole
cigarette au chocolat
Dis-la moi que je rigole
quand je compte jusqu'à trois


- Un'... deux... trois !

Fraternité, allons donc !
mais la guerre, mais la guerre
Fraternité, mon colon !
mais la guerre en rigodon


Égalité, va savoir !
c'est le gouffre, c'est le gouffre
Égalité, cette Histoire !
c'est le gouffre des espoirs


Liberté, oh ! ma jolie
libellule, libellule
Liberté, ma douce amie
prends ta pilule à midi


Elle est passée par ici
et se cassera par là
La liberté, mon amie
commence par toi et moi

La liberté, c'est de l'encre
et des taches sur les doigts
La liberté, c'est le cancre
parmi tous les cancrelats


Liberté, mon rêve à prendre
je te donne à bout de bras

Liberté des libertés
youpla boum et ratata

 

 

68marianne.jpg

tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration chienlitesque (1968)

impromptu littéraire - tiki#59

11.11.2009

sisssuUUiiii

4MONSTZ.JPG

SuUuiii, je l'ai pondu mon impromptu de la semaine...
(tiki#58)

mais 'faudra aller le chercher, hin hin !

06.11.2009

porte vue

Je vois... un jardin... il est sale
Des arbres mangent... une lune pâle
bavent du lière sur les buissons

Ce jardin est un abandon... épais... profond,
il s'y empêtre des saisons
un confus amalgame

d'odeurs... de couleurs... flamme,
terreuses... piteuses...
et réchappées de quelque drame

Ici, le règne du vétal
l'emporte sur l'autre... animal
avec... une arrogance... totale

J'avance... du moins, je le pense... je l'espère
Prudence... plat, mon pied sur la terre
qui grogne... maudit ma présence... et me pousse

J'avance... dans l'indifférence... de la mousse

Je vois... comme une lisière... c'est un mur
Parfois... c'est une montagne... envahie de verdure
J'ai froid... je voudrais quitter... ce vilain cauchemar
Et quoi !... là... là, comme j'avais... ravalé tout espoir

Une porte
Une porte... l'ouvrir ?
Une porte ! ...Qu'en dire ?
que je pourrais... en quelque sorte
me délivrer de ce délire
pour trouver quoi ? ...derrière la porte :
bien mieux ? ...bien pire ?

Je l'ouvre... les yeux fermés
J'en passe le seuil... troublé
Je tire la porte derrière moi
J'ouvre les yeux

Je vois...

DOOR3.JPG

_______________________________

un défi du samedi qui sonore...


le port du casque est jaunement recommandé cax0.gif 

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

 

02.11.2009

et avec ça, ce sera tout ?

Avec tout le bois mort des forêts insoumises
 tous les élans des amours ravageuses
 tout le soutien des terres généreuses
 tous les secrets attendant qu'on les dise

Avec les chiens perdus pour la bonne caresse
 les orphelins du plus simple sourire
 les solitudes à n'en plus finir
 les portes closes sans laisser d'adresse

Avec le peu de temps que chante la cigale
 la saison neuve où cette autre s'effeuille
 le rouge feu du soir qui monte à l'œil
 l'aube, son voile et sa danse orientale

Avec un petit rien que c'est un vrai bonheur
 une main pleine de caramels mous
 un vent marin glissant des billets doux
 une tartine confiture et beurre

Je ferai les barreaux de l'échelle à gravir
d'après Fabien NOURRISSONpour l'apposer au ciel sur le petit matin
en priant le Pierrot de vite déguerpir
décrocher de la lune le miroir sans tain

et te l'offrir
(mais cela va sans dire)

et boire un vers
au calice lunaire
avant de le jeter en l'air

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
illustration : d'après un bronze de Fabien Nourrison

impromptu littéraire (remanié)- tiki#57

29.10.2009

HEXÆMERON

(parenthèse cosmique)

L'orage passé, la terre et ses humeurs
le ciel intimidé quoique propre ose peu
l'arbre pleure
  dans un presque silence
  des larmes de géant s'écrasent à ses pieds
la fraîcheur appelle tout à elle
  le feu même a des ailes pour la rejoindre
  notre feu étendu
  dans sa force nouvelle nos corps détendus
la chambre tremble à nouveau, mais c'est de frissonner
  avec toute la terre et le ciel et le vent
  le vent qui fait danser les cheveux du géant
  hilare maintenant

dragon1.jpgUn cortège se forme
  la nuit au bout et nous devant
se met en branle
entraîne ce qu'il touche
  ce qu'il croise
    ce qu'il déniche sous les ardoises
       dans ses poches vides
d'un mouvement limpide et gai
fluide sang frais

tout ce qui a de l'esprit se ressemble
  se reconnaît dans ce dragon
  y loge des lampions que le fleuve a rendu
  et des mots feuille d'or
  aussi des calligrammes
et c'est la fête du monde

c'est la fête du monde en un mot, à l'instant
craché haut dans le ciel comme un oeuf blanc
qui se brise
et tout le chaos s'électrise
dans une pluie nouvelle
où somatise à tire d'ailes
le vol planant du dragon dans le ciel

Je t'offre un des bris de coquille et tu le manges
Tu m'offres un bris de coquille et je le mange
  et notre malheur est étrange
  il est d'avoir conscience des anges
  en un mot, à l'instant

Maintenant sur notre lit
entre nos corps éblouis
une ombre a passé l'éponge
  la fraîche paix d'un songe investit
  la place d'un feu nourri et l'apaise
  en soufflant doucement sur la braise
à fleur de mots

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

18.10.2009

chanson d'automne

(chanson de genre tsoin-tsoin)
feuille-morte.jpg

Les feuilles mortes, mortes, mortes
'faut que j'en sorte, sorte, sorte
avant de prendre un coup de pelle
un coup de trop dans la cervelle
ou que me pousse un champignon
là, sur le front

Les ciels d'automne, tonnent, tonnent
qu'on leur pardonne, donne, donne
d'être si longs que cramoisis
crème framboise sous le gris
éclaboussant - courbé le dos,
tous les manteaux

Ah, c'est pas des façons de vivre
pas des manières à suivre
d'écouter aux portes les cuivres
qu'on frotte au chiffon à salive
tristesse
langueur
et le goût pour le Mahler

Les vagues longues, longues, longues
de ce love song, song, song
au vrai me cassent les oreilles
cure ou Satie, c'est tout pareil
une froide tasse de thé
endimanchée

Les cartes lentes, lentes, lentes
de la patiente, chiante, chiante
c'est du rêve que l'on oublie
la vie qui ne fait pas un pli
qui s'arrange l'inéluctable
dessus la table

Oh, c'est trop de peine à souffrir
trop de rengaine à gémir
que ces violons, que ces pianos
et tout l'ennui de nos marmots
soupirs
murmures
et le goût déconfiture

C'est l'heure hélas, lasse, lasse
où tout s'efface, face, face
les chants qu'on aurait chanté mieux
si l'on n'avait baissé les yeux
les yeux qui perdent leur été
dans le foyer

Les feuilles mortes, mortes, mortes
'faut que j'en sorte, sorte, sorte
avant de prendre un coup de pelle
un coup de trop dans la cervelle
ou que me pousse un champignon
là, sur le front

Ennui_1914, by Walter Richard Sickert.jpg

illustration : Ennui, Walter Sickert - 1914.
tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK - tiki#55

et maintenant, en musique ?

 

14.10.2009

fractales

(ma ration d'obtus ?)

 

noir
obturateur_actus.jpg
au boulier des sourires niais
des chapeaux en chapelets
camaïeu de linges légers
le toutim en espalier
 noir
 enfin, je quitte mon pied

noir
est-ce un magma de cheveux roux ?
dans l'arbre un dernier vent d'août ?
la dérobade d'un matou ?
intension floue ?
 noir
 je m'en frotte l'étui, pour le coup

noir
le calme roule des collines
douces flanquées d'une ombre fine
au tétin repose, enfantine
la pâle mine
 noir
 il fait chaud dans ma chambre noire

noir
obturateur_optimo.jpgrond et lisse comme une pomme
songeant le monde entier en somme
si près d'entrer en son barnum
un petit-d'homme
 noir
 je change d'objectif

noir
verte lèvre rocailleuse
l'alpage aux courbes généreuses
dans le bleu sempiternel
d'un lac-en-ciel
noir

noir
lumignons qui sarabandent
orangeade de guirlandes
par le bourg
au pied d'un géant sourd
noir

noir
obturateur_ilex.jpgla grisaille mitraille
méthodique pagaille
une pluie où se noient
les jardins et les bois
noir

noir
voiles à l'épandage
absence d'un visage
l'éther au goût amer
où meurent les prières
noir

noir
absorbé l'éphémère
je garde toute lumière

noir
je vous laisse développer
(et mettre au présent le passé)

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
impromptu littéraire - tiki #50

 

50BRIT1.JPG
bon, tout bien considéré et incluant une note "récalée" par les admins du site, il s'agit de ma 54ème participation effective aux thèmes hebdomadaires du site d'écriture ludique des IMPROMPTUS LITTERAIRES.
bon, maintenant si on s'en tient à l'ouverture de cette quatrième mouture de leur site, euh... 'ttendez... moins la note "recalée" ou pas ?... ah ben non, piskeu c'était sur une mouture précédente... bon, donc :... euh, 49...
bon, la semaine prochaine ce sera la 50ème homologuée en version 4.0
pffff... tout ça pour ça...

05.10.2009

lessivé

Je vais tout oublier, alors je fais des nœuds
à ces vieux draps mouillés empilés sur mes yeux
que j'ai laissé traîner tout près de la cuisine
dans la petite cour où les tâches bassinent
au quotidien les jours

J'ai la mémoire humide et son linge glissant
bruine et dégouline et dégoutte du sang
tout le flux des corvées qui n'ont jamais fini
de vouloir attacher nos gestes à nos dits
l'aujourd'hui à l'hier

Je ne sais plus trouver les pinces sur le fil
et mes frêles pensées s'y tiennent malhabiles
car le vent de la nuit a forci au matin
- le soleil de midi n'empêchera sa main
de foutre la pagaille

Alors, je fais des nœuds ma dernière défense
et je plisse les yeux dans la vive brillance
- la si propre blancheur qu'ont les peaux maladives,
des longs draps étendus pour la grande lessive

Les nœuds du drap mouillé sont plus durs à défaire
de là, je reconnais préserver le mystère
des miennes taches ménagères.

lessive.jpg

tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
impromptu littéraire - tiki #49

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