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orage

  • Quel élémanque ?

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    Plus qu'un orage à satisfaire !
    (ni tous les vents, ni les éclairs
    ni le blanc grêlon sur la vigne)
    bien davantage !
    pour que je signe
    en bas de page
    et d'un sang clair

    Plus qu'un océan à franchir !
    s'agissant d'en venir à dire...
    - oh, c'en est bien assez des vagues !
    (adieu, chaland;
    bonjour, la drague)
    ...de but en blanc
    ce qui m'inspire

    Plus qu'une terre à embrasser !
    (de l'oeil ? des lèvres ? du poignet ?)
    je gourmande un autre univers...
    le pied fragile
    sous l'âme fière
    l'heur malhabile
    le coeur en biais

    Plus d'un volcan à redescendre
    - à foison, magma ! peu de cendres...
    et la combe au comble du trou
    dans le secret
    du songe fou
    (d'un rêveur niais)
    qui veut s'étendre

    Vienne à l'esprit
    (simple ou contrit)
    une intuition
    (révélée, pure...)
    là, dans un souffle
    - nulle mistoufle !
    "Fraternité nourrit la vie"

    Hare ôm!
    (soit, un Homme
    soit, un monstre
    ... as-tu choisi ?)
    - nul interdit ?
    Croque la pomme !
    Oublie ta montre !

     

    iniak,poésie,le cinquième élément,orage

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Birdie

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    Ce matin... Mâtin, Ô Mâtin !
    (mais bon, comme tous les matins)
    j'ai ramassé quelques oiseaux chus dans la cour
    bergeronnettes z’et vautours
    nombre pigeons gavés de pain
    - jamais le merle !
    logé dans mon surreau comme une perle
     
    Ce midi - quoi que tu m'y dis !
    J'ai renforcé mes abattis
    Il était temps que je m'y mette, avant l'orage...
    pour conforter cet avantage
    aussi précaire qu'insoumis
    du verbe lent !
    qui m'autorise encore un sentiment
     
    Enfin ! Enfin, voici le soir !
    Je me glisse dans sa baignoire
    y révise tous mes savons
    escompte y recouvrer les noms
    perclus dans une vaste peine
    perdus pour les rires sonores
    à l'alarme presque inodore
    de la nuit embaumant leurs corps
     
    Fantomatiques régalades !
    que n'êtes-vous à la parade ?
    Pour qui chantez-vous désormais ?
    Âmes, profondément aimées
    liées par la soie ou l'haleine
    où sont vos regards miroitants ?
    Je me suis assis sur vos bans
    pour en mesurer le serment
     
    Inutile - et donc, absolu !
    (à cette heure, on m'y prendra plus !)
    S'il-vous-plaît, ne me mentez plus...
    L'amour vibre quelques instants
    (pour quelques moments suffisants)
    sans prétendre s'éterniser
    mais touchant à la majesté
    d'un partage furtif
    dont se nourrit le pas, sous les peupliers, sous les ifs
     
     

    Gaëna da Sylva, photograpies, imageries d'art

    tiniak ©2015 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Ilustration (cliquer pour agrandir) : Gaëna da Sylva, photographe.
  • pluviométries

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    ...d'après © Louise Markise

    Deux mains fouillent un sol où le visage aimé
    a fini d'abriter son intime
    à chaque œil, un centime
    à chacun son loyer

    Mais la terre argileuse ayant durci le ton
    fait de la rétention de calvaire
    n'entend pas la prière
    les regrets, l'abandon

    Obstinément des pleurs martèlent la surface
    sans pouvoir délayer la poussière tenace

    Et le front qui se lève au ciel inamovible
    souhaiterait qu'enfin crève un nuage tangible

    L'orage passe au loin
    épargnant le bon foin pour les granges d'ici

    Ah, dieu ! que fait la pluie ?

    Les bottes gavées d'eau terreuse et de gravier
    un enfant du quartier, goguenard
    rentrera sur le tard
    sa gueule enfarinée

    Parenté pointilleuse, il aura sa leçon...
    mais l'heure est à l'affront, haut et fier
    devant tous ses confrères
    garder ses pantalons !

    Ouvertement railleur et le rire bravache
    ajoute à son aspect déplorable des taches !

    Et c'est la lutte à mort qui s'ouvre au caniveau
    Ça redouble d'ardeur et ça hurle "taïaut !"

    Il ne manque plus rien
    qu'un déluge au festin; que tout soit accompli

    Putain ! que fait la pluie ?

    Une glaise attend là de prendre forme humaine
    Et tout un régiment d'achever la semaine

    Une larme se tient tranquille au bout du nez
    Un coup de pied au cul se perd dans la soirée

    © Louise MarkiseMais la pluie ne viendra
    (toute à son importance)
    qu'à cette condition :
    Formez le rigodon !
    Il y faut une danse...
    Qui en saurait le pas ?

     

     

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#132 

    Illustrations d'après et de
    ©
    Louise Markise

  • La main chaude

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    La peau de l'air collante et la mienne
    imploraient l'orage et sa virulence,
    à la nuit tombée d'un jour en peine
    d'en obtenir jamais sa délivrance

    L'obscurité plus dense à chaque heure
    transformait toute chose en son fantôme;
    les arbres contenaient la rumeur
    d'une terre apeurée sous le grand dôme

    Dans ce calme lourd et douloureux
    ma poitrine enviait le buste en plomb,
    sur la cheminée au manteau bleu
    orné d'impossibles compromissions

    La clarté fragile des bougeoirs
    orchestrait des ombres le lent ballet;
    ma silhouette dans le miroir
    n'osait tourner la tête et regarder

    par dessus l'épaule, droite et morte
    un mouvement perçu depuis la porte

    Dans ce calme lourd et douloureux
    arrimant chaque chose à son fantôme,
    je devenais sourd, fermai les yeux
    quand une main s'installa dans ma paume

    L'orage rompit à l'instant même
    je n'en perçus que la ruée du vent;
    je me faisais l'effet d'être blême
    et serrais la main de mes doigts tremblants

    Une chaleur douce et parfumée
    caressa d'un souffle ma nuque nue,
    livrant à mon oreille apaisée
    la voix de la mère aimante et venue

    par-dessus l'épaule, droite et ronde
    remettre en ordre la marche du monde.

    hand-N-hand.jpg

    pour un Défi du samedi [#93]
    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • l'heure avait le front noir...

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    l'heure avait le front noir et or
    à en courber l'échine
    l'automne et ses rapines
    dépouillaient nos grands frères

    les nuées se livraient encore
    à quelque horrible fête
    on y tranchait les têtes
    dans des éclats de rire

    et moi de contempler le spectacle sauvage
    comme un autre à la plage regarde ses pieds

    un capiteux parfum d'été
    engluait l'atmosphère
    il vous coulait de l'air
    jusque sous la pelure

    des incantations débridées
    mugissaient à folir
    ou priaient d'un soupir
    que l'eau mouche la terre

    et moi j'applaudissais la venue sur les Maures
    de madame La Mort et tous ses nains mauvais

    la ruée s'abattit brutale
    tapotant sur les tuiles
    changeant le sol en huile
    ruinant les capillaires

    cette chevauchée magistrale
    s'écriait : ville prise !
    arrachant aux chemises
    l'opacité mature

    et moi de savourer toujours
    de l'orgie cathartique
    les foudres énergiques
    m'inspirait de l'amour.

    eclairs006.gif
    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    (paru dans l'abécédaire poLétique - adjectifs)