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strabismes - Page 6

  • Mésignorances

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    CRASSE

    Le temps ne passe pas, par ici - et pour cause !
    Il a vidé les lieux en relevant ses jupes
    Il n'a laissé, au mieux, qu'un sale jeu de dupes
    Alors il pleut, partout; sur la chair et les choses

    La merde plaint les yeux qu'oblige le regard
    à chercher dans la boue devant soi, pas plus loin
    où ne coucheront plus ni l'orge ni le foin
    mais de quel vilain trou surgira le Bazar

    Le sang s'est réfugié, comme il a pu, là-haut
    sous le casque trop fin d'un songe caverneux
    écorne les parois, l'ongle maigre, crasseux
    révoquant les endroits de séjours blonds et chauds

    La gerbe s'est dressée d'un coup, m'a pris le corps
    Envahi de l'espoir d'atteindre le soleil
    je suis dans le Bazar, à mes frères pareils
    mort avant de tomber; pour quoi ? ça, je l'ignore...

    ***

    BEATE

    Quelque lieu hors la ville, à deux pas du camion.
    - Dis-moi, quelle heure est-il ?
    - 'cune idée...
    - ...c'est cool, non ?

    ***

    OUBLIEUSE

    Je ne veux pas savoir où vont les météores
    pour mieux leur attacher les rubans de mes songes

    sais bien d'où vient le vent, mais pas ce qui le pousse
    à se mêler de nous chatouiller la chemise

    aime l'inattendue douceur de ton sourire
    même logée au fond de ton vaste sommeil

    ***

    POLÉTIQUE

    Oronge
    Pousse-mise
    Rirommeil

    Y on est-il une idée ?

    Fête & Cause
    pour les choses
    du regard sur le bazar

    Vé, là-haut
    blonds z'et chauds
    nos corps fous de soleil !

     

    dance,danse,danser,dancer
    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#193

  • Lès Ailleurs

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    Ils marchent
    peut-être vers le temps qu'il fait
    Vers le temps qu'il fait, mais ailleurs
    « Ailleurs, il fait toujours meilleur »
    alors, ils marchent sans arrêt
    juste de quoi se restaurer...
    juste un moment pour admirer...
    quand ils ont besoin de dormir
    pour être en forme et repartir...
    avec le jour qui les attend
    là-bas, ailleurs, évidemment

    Elle avance
    au pli du coude une évidence
    bien à l'abri au fond du sac
    Un panache de Bergerac
    lui fait porter haut le menton
    Fût-elle sortie de prison
    elle n'en serait pas moins fière
    Elle compte sur un mystère
    s'est administrée le pardon
    Sa foulée neuve sur la terre
    emporte son rire intérieur

    Il hait l'heure
    du départ ou de l'arrivée
    enfin, tout ce qui fait bouger
    les lignes qui devront plier
    comme le ciel dans l'attraction
    la planète en révolution
    l'univers à son expansion
    le merdier géant de l'Histoire
    et ses huissiers gantés de noir
    qui viendront frapper à sa porte
    et déposer leur Lettre Morte

    C'est en route
    À chaque instant, ça se rapproche
    Ça ne veut laisser aucun doute
    C'est inexorable; c'est moche
    et ça veut nous tomber dessus
    La fuite serait superflue
    c'est la suite logique et froide
    Aucun espoir ne la balade
    Aussi cheminons de concert
    dans un ensemble utilitaire

    « Ça roul' bien... »
    « Tu mets la radio ? »
    « Oh, pas de suite; c'est cool, là, non ? »
    « Si, mon amour, tu as raison... »
    « On aurait dû le faire avant. »
    « On y est. C'est ça l'important. »
    « Ouais, tu as raison, mon amour. »
    « Et puis, quel adorable jour ! »
    Un rond-point, bientôt l'autoroute
    Loin derrière, le vieil Hondschoot
    Déjà, la croisée des chemins

    Sous les arcades, cinquant' saints
    se tapent la tripe, se gaussent
    pointent la jauge, la rehaussent
    et réclament, pour le Banquet
    une Caverne sans pitié !

    walkmantiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Plat, c'est beau...

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    Pour un tour de roues, trois pas en arrière
    Une manivelle armée sur le front
    j'arrache un rayon au disque éphémère...

    Le port ne dit pas qu'elle est l'arraison
    qui sabre des pions l'envie de mystère
    à quai, pour de bon !

    Allons, mais allons !
    Juste à l'horizon fleurit un espoir :
    lire enfin l'histoire à ses frondaisons...

    Chante, Madelon ! Nos pas, nos déboires
    nos rires garçons
    et leurs à-valoirs sur tes francs jupons...

    En route, bordels ! cirques ! panacées !
    Mettons la branlée aux arrestations !
    C'est pas tous les jours qu'on a le ticket...

    Barjots sur le fleuve, où allez-vous donc ?
    Quoi, parmi les joncs ?
    Quelle orientation, quelle épreuve en naît ?

    Oh, staticités !
    Si j'en demandais humblement pardon
    pourrais-je embrasser ma destination ?

     

    aigle feu

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#191

  • Colo'rieur

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    Après avoir mâché de moissons insondables
    les bienfaits ignorés, bercé d'un vent d'automne
    je me regarderai jusqu'au fond la personne
    où me découvrirai ce métier improbable
    et très providentiel de peintre enjoliveur

    J'aurai ce tablier saturé de nuances
    qui se porte ceintré de noir sur un fond bleu
    Irai, palette au poing, promener en des lieux
    où l'Ignoble dispute aux humbles espérances
    un siège réputé aux louables ardeurs

    Mettrai mon chevalet contre le drapé jaune
    qu'un sable sans marée d'un océan perdu
    a jeté sous les pieds de nomades sans but
    qui ne leur fût dicté par une obscure faune
    et sa haine avérée des intimes langueurs

    Puisque je serai nu sous mon bleu de travail
    ne fermerai les yeux sur nulle crudité
    Y tremperai la pointe aiguë de mon stilet
    tel Rémi Caritey menant libre bataille
    avec son OEil-village, en aurai du bonheur

    Et, comme L'Arbre en nous réclame son partage
    me mettrai à genoux devant la graine en germe
    qu'elle soit d'autre sang ou de mon épiderme
    je lui peindrai des ciels dignes de son courage
    tant que l'Humanité n'écoute pas son coeur

    Je peindrai des oiseaux sur les Hôtels de Ville
    brouillerai d'indigo les partis incendiaires
    rougirai les drapeaux des ombres délétères
    pour rendre aux Saligauds ce que nous vaut leur bile
    et leur vaine entreprise aux morbides ferveurs

    Je ne finirai pas ! Passerai le flambeau
    à d'autres comme moi qui aiment l'omelette
    que l'on tire des champs, des bois, à la sauvette
    et désireux, et francs, et portant leur fardeau
    comme un éclat de rire arrogant et sans peur !

     

     

    Witch colors!

    tiniak © 2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un défi du samedi  

  • L'implacable douceur de l'Autre

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    Ici
    enfin dans le souffle de l'Autre, je respire

    Là-bas
    longeant l'heure privée de l'Autre, l'espérais
    Tandis qu'une pluie triste couvrait les marées
    en leur disant son regret des vastes empires
    une fine clepsydre égrainait mes pensées

    Vers le pays de l'Autre, embarqué volontaire
    j'ai quitté, sans ciller, le rivage connu
    du rêve familier, où je m'étais tenu
    à ne pas me mêler d'orgues phagocytaires

    Sur les lèvres de l'Autre, ai signé de mon sang
    mon retour au chevet de sa voix sûre, calme
    à son nom parfumé plus qu'un vieux jus de palme
    je rapporte le mien, sa prière et son chant

    Sur moi
    le regard de l'Autre, mais d'un œil et le bon

    En main
    celle par quoi m'attache l'Autre, mais la douce
    Tandis qu'au ciel, trois lents nuages qu'un vent pousse
    masquent le soleil en lui demandant pardon
    je marche dans les pas de l'Autre et du bon pied

     

    message in a bottle

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#183