Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

et ce sera tout merci

  • Colo'rieur

    Après avoir mâché de moissons insondables
    les bienfaits ignorés, bercé d'un vent d'automne
    je me regarderai jusqu'au fond la personne
    où me découvrirai ce métier improbable
    et très providentiel de peintre enjoliveur

    J'aurai ce tablier saturé de nuances
    qui se porte ceintré de noir sur un fond bleu
    Irai, palette au poing, promener en des lieux
    où l'Ignoble dispute aux humbles espérances
    un siège réputé aux louables ardeurs

    Mettrai mon chevalet contre le drapé jaune
    qu'un sable sans marée d'un océan perdu
    a jeté sous les pieds de nomades sans but
    qui ne leur fût dicté par une obscure faune
    et sa haine avérée des intimes langueurs

    Puisque je serai nu sous mon bleu de travail
    ne fermerai les yeux sur nulle crudité
    Y tremperai la pointe aiguë de mon stilet
    tel Rémi Caritey menant libre bataille
    avec son OEil-village, en aurai du bonheur

    Et, comme L'Arbre en nous réclame son partage
    me mettrai à genoux devant la graine en germe
    qu'elle soit d'autre sang ou de mon épiderme
    je lui peindrai des ciels dignes de son courage
    tant que l'Humanité n'écoute pas son coeur

    Je peindrai des oiseaux sur les Hôtels de Ville
    brouillerai d'indigo les partis incendiaires
    rougirai les drapeaux des ombres délétères
    pour rendre aux Saligauds ce que nous vaut leur bile
    et leur vaine entreprise aux morbides ferveurs

    Je ne finirai pas ! Passerai le flambeau
    à d'autres comme moi qui aiment l'omelette
    que l'on tire des champs, des bois, à la sauvette
    et désireux, et francs, et portant leur fardeau
    comme un éclat de rire arrogant et sans peur !

     

     

    Witch colors!

    tiniak © 2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un défi du samedi  

  • sidérations érectiles

    poésie,bondieuseries,hypocrisie,et ce sera tout merci

    (à la soixantaine passée)

    Flèches, beffrois et minarets
    ogives sous le ciel, phalliques !
    Dans votre ombrage se commet
    une foule de gymnastiques
    aux postures expiatoires
    soudain autrement éloquentes
    sitôt qu’un œil épilatoire
    arches et poutres apparentes
    épure, effeuille et donne à lire
    bien moins sublimes que charnels
    les paradigmes d’un empire
    aux rouages sacrificiels
    considérant
    ses propriétés érectiles sous le vent

    N’était la charge de l’Histoire
    qui nous tient debout sur la terre
    je ne vous connais pas de gloire
    sans mutilation de la chair
    dévoiement des pédagogies
    fascination de groupuscules
    pour de rituelles nostalgies
    aux protocoles ridicules
    sur ordre de frigidités
    aussi contrites qu’intrinsèques
    incriminant d’autodafé
    les lots de nos bibliothèques
    et de nos sœurs
    craignent le sexe - jugé par trop intérieur ?

    De Jeanne, Lise ou Fatima
    vers qui pointe ce doigt de Pierre ?
    Qui fustigerait ce long bras ?
    Qui coifferait ce dôme austère ?
    Dos à dos renvoyer l’esprit
    et la chair, c’est fort peu commode !
    Il en faut pour la facétie
    et chanter cul sur tous les modes
    aussi pour la compréhension
    et n’entendre d’un « je vous aime »
    que l’unique et vive passion
    qui ne se connaît pas soi-même
    abandonnée
    à la seule question qui vaille de peiner

    Pas de réponse… que l’ennui
    d’être sans pleine certitude
    autre que le bel aujourd’hui
    se goûte mieux sans servitude
    A chercher des indications
    vers l’une ou l’autre façon d’être
    dans d’insignes procurations
    c’est risquer de trop y soumettre
    (aux vilaines moralités)
    notre propension viscérale
    (d’archaïque sagacité)
    à renifler du sidéral
    dans un jonc
    dressé vers un vaste cloaque d’illusions

    Sableux courant d’air et bourrasques
    soufflaient sans que leurs cous fléchissent
    Plaise que sans cierge ni masque
    ma risée les mette au supplice

     

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

  • hypocondriniak

    LES PATINS !!

    Hypocondries...

     Qu'un remède à l'ennui pour cent mille fatras
    J'en sue, j'en peste ! ou m'en tombent les bras
    jusqu'à taire
    au fond ce que nature appelle à satisfaire

    Mais que l'air soit moins doux que la couche habitée
    - même froide la douche intérieure m'agrée,
    quel miracle !
    Adieu, complications, vernis, nervis, obstacles...

    Mais fête !
    Rigodon !
    Abandon de chaussettes
    empoignades
    et lentes, lentes promenades
     
    Et ce sang, mes aïeux !
    n'est plus ni pleurs ni champ
    (qui jurait ses grands dieux !)
     
    Mais fontaine !
    Bengale !
    Jaillis, sang ! par les yeux
    de ma sobre vestale
     
    Qui me voit tel
    que selon elle
    (et puis après ?)
     
    Où, comme il lui plaira
    je sois son miel
    sa lampe
    glissé dans son missel, estampe
    berceuse
    ritournelle
    blessure
    dont fera ses meilleures confitures
     
    « Ergots ! »
    sommera-t-elle
    Et moi de déployer plutôt ma paire d'ailes
     
    « Je ne t'attendais plus »
    Victoire !
    C'est juste, ne nous embarrassons pas d'histoire
     
    Mais que l'air automnal soit plus gai que ce lit
    - qui me ferait l'effet d'être un nid où pépie
    enfer !
    une couvée gavée dès les préliminaires,
     
    Pagaille !
    Débandade !!
     
    Qui ? pour invalider ce mot :
    "Suis bien malade"

     

     ...mais patins*

     Jo99 n'a plus droit aux pilules

    tiniak - carnÂges © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration extraite du Capharnaüm 34 de Jo99
    "Aujourd'hui, je n'ai plus droit aux pilules", 2007.

     

    (*) mais si, comme la tarte que tu mets au four et pi... nn'aaala.

  • 700

    sept sangs


    au premier sang versé

    "... j'en sors, la mort dans l'âme"

    et ne sais de la femme
    que son regard posé
    tendrement sur mon corps frippé

    au prochain sang de l'aube

    naître avec la rosée
    avant que d'être évaporé
    parmi tous les microbes
    et leur improbable ballet

    au troisième sentier

    quand la dernière goutte
    absorbée dans le doute
    a fini de saigner
    rompre le pain de l'amitié

    au quart de sang qui suit

    s'étonner que sa chair
    aime tant la lumière
    que du géant l'abri
    repoussant les foudres solaires

    au cinquième centime

    valoir un sou de plus
    et, sans autre vertu
    que ce plaisir intime
    en verser le cent à la rime

    au sixième ascendant

    et sa posture suave
    à la gravité slave
    s'inquiéter de l'enfant
    dont il singe un filet de bave

    au septième sensible

    redoubler de pudeur
    en n'ayant plus de peur
    ni de peine tangibles
    mais seulement la paix pour cible

     

    sept.jpg

    tiniak ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour la 700ème note publiée sur cet espace.