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strabismes - Page 5

  • Au goût de Reviens-Y

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    Le pas aimé sonne or
    engendre au sol un bel accord
    À sa modulation
    la fièvre arpente la maison
    où les rideaux respirent
    à la fenêtre tout sourire
     
    Il était donc parti
    pas bien loin, mais assez quand même
    pour me suspendre à son poème
    et m'arrêter la vie
    au plain-chant de ses ralentis
     
    Mélodie sur le tard
    j'aime ton retour en fanfare
    Le chœur est au complet
    Feule, placard ! Tinte, buffet !
    Sonore, cher Empire
    vers qui rêvait de te sourire
     
     

    poésie,retour,inanité sonore,sourire

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire  - tiki#208
    (la 207ème, texte en prose, se trouve en exclu,
  • Toi, émoi !

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    A la deuxième personne du singulier...
     
    Je me rappelle à ton émoi
    (le premier entier sous le ciel)
    les vents ouvraient là-haut des voies
    vers quoi tu lançais des appels
     
    Le nez collé à la fenêtre
    à genou sur le coffre plein
    d'un fatras prodiguant peut-être
    un hier plus doux à deux mains
     
    Tu fredonnais des mélodies
    rameutées d'archaïques âges
    Un lent remède à ton ennui
    à défaut de plus sûr courage
     
    Tu savais n'avoir pas les mots
    (mais tu les trouverais plus tard)
    pour orner de coquelicots
    l'alcyon niché dans ton regard
     
    Si souvent le fleuve a mué
    de l'or au brun sa course lente
    Lui as-tu, par foi, murmuré
    le secret de ta peine aimante !
     
    Des martinets la virevolte
    un temps, ne te parut pas digne
    de la nébuleuse révolte
    où s'abreuvait ton Chant du Cygne
     
    Tu es sorti du long silence
    qui t'aura saisi à la gorge
    peut-être par inadvertance
    par le désir qu'un songe forge
     
    Un soleil nu à chaque bras
    flanqué de matins prometteurs
    est-ce toi que je remets, là
    où cessent ta fièvre et tes peurs ?
     
    Tes yeux sont les miens désormais
    Tu m'as mis tes mots dans la bouche
    Et par ta malice, Poucet
    m'enhardit l'ombre que je touche
     
    Tu me raccordes cet émoi
    jadis éprouvé sous le ciel
    Et que je m'en morde les doigts
    si j'oublie jamais ton appel !
     
     
    deuxième personne du singuliertiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire  - tiki#205

  • Le lieu de mon secret

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    (à Ernesto Timor)
     
    À révéler mon lieu secret à d'autres paires d'yeux
    - d’autres destinataires !
    puis-je garder à discrétion, à défaut de mystère
    le lieu d'être de mon secret
    sans y voir soudain déballé
    ce que je chéris mieux
    - sans être avaricieux…
    loin des regards, loin des curieux et tous les tralalères ?
     
    À promener mon lieu secret, à ce moment précis
    du dedans au dehors
    sur le théâtre de la vie, parmi tous ses décors
    tel qu'en moi, je le lie, l'endroit
    où, tout ce que je lis, c'est moi
    jusqu'à le résumer
    à sa plasticité
    dans la geste photographique d'Ernesto Timor
     
     

    Ernesto Timor, "Mon lieu secret" - 2031

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un ouvrage du photographe Ernesto Timor
    "Mon lieu secret" éditions lebel ©2013
  • XII - nuit

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    I
     
     
    Carne rafistolée aux raccords apparents
    marionnette, poupée d'un artiste caprice
    ta lèvre ni tes yeux n'avouent aucun supplice
    et taisent le vertige où s'abîment tes sangs
    perdus pour la raison, la fièvre, le délice
    dans l'absence de bruit qu'absorbent des tombeaux
    les paroies émaillées, si lisses que le verre
    dans l'absence de chair au revers de ta peau
    perdue pour la lumière et le frisson du vent
    Nulle flamme à ton sein, nul champ sous ta paupière
    que le triste ornement de tes désolations
    volontaires ou non, quoi qu'en vaille la fin
     
     
    II
     
     
    Porte close dans le mur
    Quoi derrière, la nuit ?
     
    Quoi derrière ta chose
    horrible porte close
    qu'espère mon ennui ?
     
    Le havre lent que j'ose
    prendre pour fête éclose
    à la moindre ouverture
    offre un panier de fruits
    cerné d'un cent de roses
    cueillies la nuit dernière
    un murmure à l'appui
     
    Pour qu'une âme en dispose
    et s'en pare l'ennui
    pour sa dernière nuit
    devant la porte close
     
     
    III
     
     
    A force de s'étendre et perdre en densité
    où va l'immensité, invisible à l'extrême ?
     
    D'apprendre qu'il est vain d'en comprendre l'effet
    le fil de ma pensée n'en soutient pas le thème
     
    Où je vais, éprouvant mon élasticité
    à Son Infinité relater mon poème
     
     
    IV
     
     
    Ne nuit
    la nuit
    que le regret du jour
    devant l'autre qui suit
     
     
    V
     
     
    Bruitamment
    nuitamment
    expirent les soupirants
     
    Puis un lent
    firmament
    sort matutinalement
     
    Qu'à l'aurore
    teintée d'ors
    meure leur Petite Mort
     
    L'Aujourd'hui
    s'accomplit
    au vacarme cru des corps
     
    Jeu de maints
    le temps plaint
    tant d'éphémères transports
     
     
    VI
     
     
    La main, souple recueil
    calme l'alarme à l’œil
    remède inégalable
     
    Le fruit nu dans sa paume
    c'est l'enfance de l'homme
    intime dissemblable
     
    Et sa palme console
    un souffle à rude école
    Odorante adorable
     
    Le cauchemar est dans
    cet environnement
    moins vaste qu'insondable
     
    Aura suffit d'un cri
    Elle en connaît le prix
    au cours impondérable
     
    J'en conserve le goût
    les bras sur les genoux
    les yeux pris dans la table
     
     
    VII
     
     
    Respiration musicale
    Tout doux.. Tout doux...
    rythme d'orange océan
     
    L'aurore phénoménale
    De bout en bout
    jusqu'à son déchirement
     
    L'air consume, primordial
    un cri de fou
     
     
    VIII
     
     
    Mettant l’œuvre à l'épreuve
    de son désœuvrement
    naît le chant délirant
    de mon rêve au supplice
    de n'embrasser jamais que ton ombre, Eurydice
    et la nuit qui l'emporte, écoule infiniment
    le désir incessant
    d'approcher ses délices
     
     
    IX
     
     
    Vers ta gorge assouplie par un souffle indolore
    surgi du sol trempé d'un songe meuble et gourd
    la main qu'il me restait de l'oubli de mon corps
    approche de ta nuit la promesse d'amour
     
     
    X
     
     
    Désormais, tout se tait, sait la moindre des choses
    (le bouton de la rose et son grave bouquet
     hasardeuse aventure au flanc de l'étranger
     un feuillet suspendu à sa prochaine prose)
     
    Sur la terre apaisée, sous le vent, dans les cieux
    ça bruisse encore un peu de palabres discrets...
    La bougie au chevet de rivages précieux
    rapporte mille feux à tes cheveux défaits
     
    Mille et un feux plus haut s'échangent des oracles
    pour, une heure au théâtre, être encore à briller
    Un parfum d'océan se mêle au chant des arbres
     
    Une bruine engourdie vient me lécher les pieds
    des landes le jersey se ravine de marbre
    Promis, je dormirai à la fin du spectacle
     
     
    XI
     
     
    L'horizon qui finit toujours par se signer
    de l'est à l'occident
    efface en souriant
    de tous les feux mourants de sa bouche fardée
    le peu que la journée
    aura su grappiller
    à la table dressée pour des mages convives
     
    Je promène à sa rive et la ville-océan
    grosse d'un nouveau chant
    envahit ma coursive
    y vient prendre son temps
     
     
    XII
     
     
    Je garde, nyctalope, à l’œil un autre jour
     
     

    Jean-Pierre BOUYGE, photographe

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : Jean-Pierre BOUYGE, photographe.
  • Mésignorances

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    CRASSE

    Le temps ne passe pas, par ici - et pour cause !
    Il a vidé les lieux en relevant ses jupes
    Il n'a laissé, au mieux, qu'un sale jeu de dupes
    Alors il pleut, partout; sur la chair et les choses

    La merde plaint les yeux qu'oblige le regard
    à chercher dans la boue devant soi, pas plus loin
    où ne coucheront plus ni l'orge ni le foin
    mais de quel vilain trou surgira le Bazar

    Le sang s'est réfugié, comme il a pu, là-haut
    sous le casque trop fin d'un songe caverneux
    écorne les parois, l'ongle maigre, crasseux
    révoquant les endroits de séjours blonds et chauds

    La gerbe s'est dressée d'un coup, m'a pris le corps
    Envahi de l'espoir d'atteindre le soleil
    je suis dans le Bazar, à mes frères pareils
    mort avant de tomber; pour quoi ? ça, je l'ignore...

    ***

    BEATE

    Quelque lieu hors la ville, à deux pas du camion.
    - Dis-moi, quelle heure est-il ?
    - 'cune idée...
    - ...c'est cool, non ?

    ***

    OUBLIEUSE

    Je ne veux pas savoir où vont les météores
    pour mieux leur attacher les rubans de mes songes

    sais bien d'où vient le vent, mais pas ce qui le pousse
    à se mêler de nous chatouiller la chemise

    aime l'inattendue douceur de ton sourire
    même logée au fond de ton vaste sommeil

    ***

    POLÉTIQUE

    Oronge
    Pousse-mise
    Rirommeil

    Y on est-il une idée ?

    Fête & Cause
    pour les choses
    du regard sur le bazar

    Vé, là-haut
    blonds z'et chauds
    nos corps fous de soleil !

     

    dance,danse,danser,dancer
    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#193