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paVupApRi - Page 103

  • En danseuse (fado)

    Pour un pas de deux flambé à l’improviste
    damnerais mes yeux sans regretter le jour
    ni du fleuve les ors animant son parcours
    quand au vieil occident décline le lampiste

    Ta main dans la mienne et le monde à nouveau
    célèbre à l’ancienne une chorégraphie
    connue de force mage et de source de vie
    que révoque la flamme au fond des braséros

    Damnée mille fois ! plutôt que la contrainte
    de danser sans joie, privée de ton regard
    et de son attention complète à mon égard
    dans le mouvement sûr, le vertige ou l’étreinte

    Je vibre ! Je brûle et tu me fais écho
    N’ai pas de férule autre que ta partie
    M’y raccorde l’entier, volontiers assortie
    à ce moment de grâce en ton port hidalgo

    Oh ! Mon âme à cent bras, cent jambes !
    Quoi, perdre mon latin ? Jamais !
    J’en serai le festin, l’orgue, le dithyrambe
    la preuve incandescente à l’ultime sommet

    L’ombre ne me paraît si belle
    que la sienne posée sur moi
    quand nos souffles s’arrangent une ritournelle
    et nos gestes renflouent notre content d’émoi

    poésie,poésie lubrifiante,fado,fol amourOh, viens à moi et danse !
    Et dense, danse-moi !
    Oh, sois ma révérence !

    Porte ma réjouissance
    plus haut, à bout de bras
    jusqu’à ma défaillance !

    Tu m’as toute et je meurs
    Va, je suis bien heureuse !

    Totale, ton ardeur
    me conduit en danseuse

     

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

    illustration d'après une sculpture de Guillaume Martin

  • Le rêve du clown

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    Oh, foire !
    que c'est la nuit tombée d'arpenter son histoire

    Croquembouche dans la faïence
    d'une grenouille à bouche immense
    que soulignait une serviette
    j'esquivais ses coups de fourchettes
    malhabiles
    (il n'est pas pour les batraciens, cet ustensile !)

    Puis, je fus à table à mon tour
    cerné par d'anciennes amours
    qui s'échangeaient des connivences
    feignant d'ignorer ma présence
    désœuvrée
    (j'éprouvais le besoin d'aller me soulager)

    Un pavé tomba dans la mare
    Il m'entraîna sous son miroir
    Des poissons dans notre sillage
    crachaient des bulles de cirage
    noircissant
    l'opacité marécageuse de l'étang

    (le clown :) Triste vint, déballa
    devant lui tous mes aléas
    y accolant des étiquettes
    pour les vendre à la bonn’ franquette
    à la foule
    à son allure familiale qui déboule

    Le cauchemar !
    que c'est de prendre son histoire en pleine foire

    Un après-midi espagnol
    étirant sa sieste impromptue
    vient gâcher ma journée d'école
    jurer qu'on ne l'y prendrait plus
    pour circonvoler à nouveau
    avec la charcutière et ses deux jambonneaux

    Dans l'ombre, le parfum d'une forêt se fige
    autour d'un faisceau lumineux et naufrageur
    La fratrie sera sauve aux dépens d'autres sœurs
    par le génie de l'innocence encore aux prises
    avec une brute et formidable surprise
    renvoyant à ses limbes l'insidieux vertige
    d'être seul
    à trancher entre se jeter dans les bras ou la gueule
    - de l'ogresse ? du loup ?
    de quelque inexplicable et tortueux courroux !
    (Tu sais, la peur demeurera
     Poucet, tant que ne seront pas
     rendues au bout du conte
     pour être résolues de même :
     honte
     peine
     et dévorante nécessité
     que tu dises m'aimer)

    De lune grise en lune orange
    un singe amoureux de Saint-Ex'
    récita quelque œuvre connexe
    tenant lieu de monnaie d'échange
    - le primate ayant dans l'idée
    pour éloigner Bonhomme Hiver
    d'éteindre tous les lumignons
    catastrophait des réverbères
    la lignée
    à chaque bond impitoyable exécuté;
    pour finir
    il m'assomma de paroles sans consentir
    à rien me dire de nouveau
    sur le programme à suivre au lever du rideau

    Je lui tire mon chapiteau d'irrévérences
    allonge encore en pourboire un déca
    puis vais me fendre au sujet d'une danse
    d'un billet n'ayant rien à voir avec mon cas

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    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#141 

     

  • Poussières à la moutonnière

    Titanesques oublis fourmillant sous la terre
    ou moutons gris tapis sous mon lit de misère
    Poussières, poussières, poussières !

    Comme votre sommaire, humble et sans prétention
    rappelle à son destin la nôtre condition
    de pas sages
    quand vous marchons dessus sans prêter davantage
    attention ! aux voltiges
    que nos empressements (de mourir ?) vous infligent

    Je deviens qui je suis à mieux considérer
    dudit Bel Aujourd'hui la sade vanité
    pour l'avoir
    cependant clamé haut et fort à mon histoire
    ainsi voulu, écrit, vomi, couru, venté
    en omettant, chez moi, de passer le balai
    la toile, le chiffon
    préférant massacrer des nuées de moutons
    qui dansaient
    imitant les étoiles dans un soudain rais
    de lumière
    plongeant par la fenêtre encore bouche bée
    sa ruée cavalière au galop printanier

    Calcaire !
    Calvaire des baignoires
    écorche mes statuts
    Éclabousse au miroir
    mes carrières perdues
    mes caprices
    aux encéphalogrammes plats de tourne-vice
    Que me revienne vite au sens, à l'oraison
    pour ma belle amanite une tendre passion
    granitique et sincère
    que nous lapiderons à coups de pousse-hier

    Poussières, poussières, poussières...

    Puis, dans ce Lent Demain où nous ne serons plus
    qu'éparpillés en grains, je logerai mon dû
    dans un cul de bass'-fosse
    le nez coulant d'un gosse
    l'œil pleureux d'un sentimental
    sur le carreau fendu d'une lunette sale
    ou sous l'ongle crasseux
    du dernier abandon d'un monde industrieux

    Mais ferais-tu de même
    toi qui de mon vivant me poudrais de "je t'aime" ?

    Qu'importe !
    taquine la poussière en passant sous ma porte

    Il faut donc - ah, bourdon ! canaille, que je sorte
    arborant à la boutonnière, en broche
    un mouton de poussière
    Qui trouverait ça moche
    Moi, j’en suis plutôt fier

     

    poésie,défi du samedi,polème,poussières

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi du samedi

  • À la porte

    J'ai la main sur la poignée
    de la porte du jour
    essaimée dans sa cour
    une horde pépiait

    Laissai dans l'intimité
    suspendre leur escorte
    des regards à l'eau forte
    sans pleur et sans regret

    Dehors, la lumière nue
    cendrée mouchait l'orange
    aux façades étranges
    baillant sur l'avenue

    Un frisson me parcourut
    ressemblant aux espoirs
    qui se forment au soir
    d'une journée perdue

    Hier encore
    la vie, la mort
    me prenaient à la gorge

    Et ne songeais
    qu'à l'échappée
    du rêve que l'on forge

    Ici, l'ailleurs
    d'un jour meilleur
    m'accueillait à sa table

    Et le festin
    de mon destin
    devint considérable

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    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#140

  • Trompettes renommées

    pouëeeet !

    Trompettes, fioles d'éclats de rire
    comme vous savez dire
    à ces mal embouchés
    la clameur des années
    poussives
    en leur donnant l'aspect des joies simples et vives

    On n'enterre personne
    sans vos pavillons qui résonnent

    Orgie de cuivres
    contre les jeux de l'or qui m'obligent à suivre
    le cours
    sans cesse répété
    des contraintes du jour
    et jusqu'à la nuitée !
    fusez !
    soyez mon cri !
    et faites-le entendre aux confins de l'oubli

    Je vais, ma route
    l'oreille pleine de Beirut
    avec mon gris sourire

    Sur Long Island, un éléphant
    me rappelle à l'autre géant
    aux moustaches empire

    Cornets ! Trompettes !
    Oh, faites fête
    aux rires coincés dans ma tête

    N'en ai que foutre
    de ces jeux de paille et de poutre
    Je veux du sang
    le goût sucré des prompts élans

    Tant qu'à jouer la mouche du coche
    c'est dit, ici : le monde est moche
    Et alors !
    Pour ta seule beauté, je redouble d'effort
    et crie :
    « Je t'aime ! » C'est assez pour vivre l'aujourd'hui

    Les matins mensongers peuvent se rhabiller
    Quant aux soirs...
    qu'ils en soient informés : je préfère t'y voir

    Ré do
    Crédo
    émousse mes ergots

    Si là
    Si sol
    Fat sol !
    Sache que je m'en vole
    des histoires
    Mais qu'Une me récole et préfère m'y voir
    alors à l'embouchure
    je souffle pour chauffer la nouvelle aventure :
    t'aimer contre les murs

    Sonnez, cornets, trompettes, cors !
    Il se peut donc que j'aime encore

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK