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poussières

  • Poussières à la moutonnière

    Titanesques oublis fourmillant sous la terre
    ou moutons gris tapis sous mon lit de misère
    Poussières, poussières, poussières !

    Comme votre sommaire, humble et sans prétention
    rappelle à son destin la nôtre condition
    de pas sages
    quand vous marchons dessus sans prêter davantage
    attention ! aux voltiges
    que nos empressements (de mourir ?) vous infligent

    Je deviens qui je suis à mieux considérer
    dudit Bel Aujourd'hui la sade vanité
    pour l'avoir
    cependant clamé haut et fort à mon histoire
    ainsi voulu, écrit, vomi, couru, venté
    en omettant, chez moi, de passer le balai
    la toile, le chiffon
    préférant massacrer des nuées de moutons
    qui dansaient
    imitant les étoiles dans un soudain rais
    de lumière
    plongeant par la fenêtre encore bouche bée
    sa ruée cavalière au galop printanier

    Calcaire !
    Calvaire des baignoires
    écorche mes statuts
    Éclabousse au miroir
    mes carrières perdues
    mes caprices
    aux encéphalogrammes plats de tourne-vice
    Que me revienne vite au sens, à l'oraison
    pour ma belle amanite une tendre passion
    granitique et sincère
    que nous lapiderons à coups de pousse-hier

    Poussières, poussières, poussières...

    Puis, dans ce Lent Demain où nous ne serons plus
    qu'éparpillés en grains, je logerai mon dû
    dans un cul de bass'-fosse
    le nez coulant d'un gosse
    l'œil pleureux d'un sentimental
    sur le carreau fendu d'une lunette sale
    ou sous l'ongle crasseux
    du dernier abandon d'un monde industrieux

    Mais ferais-tu de même
    toi qui de mon vivant me poudrais de "je t'aime" ?

    Qu'importe !
    taquine la poussière en passant sous ma porte

    Il faut donc - ah, bourdon ! canaille, que je sorte
    arborant à la boutonnière, en broche
    un mouton de poussière
    Qui trouverait ça moche
    Moi, j’en suis plutôt fier

     

    poésie,défi du samedi,polème,poussières

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi du samedi

  • Moyenne en treize ors

    (et des Pousse-Hier)

    Louise BOURGEOIS

    C'est pas tout d'être sans figure
    fantôme familier des intimes postures
    - à quoi pourrais-tu ressembler si je devais te peindre
      ou que je veuille étreindre
      ton feu désincarné ?
    Sache au moins être mieux-disant
    que bavards et bons sentiments
    à m'encombrer l'oreille
    à l'orée du sommeil
    et compter que je m'émerveille
    pour une resucée
    de leur triste cuvée
    signée Monts & Parvaux de Pitié

    Par quelle insigne investiture
    te prend-il de coller
    à ma lente aventure ?
    Du calme ! du calme, tout beau...
    C'est bien assez pour mon cerveau
    de femmes, d'enfants - ces héraults
    clamant tout, haut et fort
    de mes inimitiés,
    tandis que j'emploie mon entier
    à tendre le décor
    des ceci, des cela
    nettoyés les et caetera
    pour y trouver à peine
    de quoi redorer la semaine

    L'immeuble est droit sous la toiture
    dedans, la société
      le doigt sur la couture ;
    devant passeront les cabots
      avec leurs colliers de grelots
    braillant des litanies
    aux sournoises hypocrisies bourgeoises,
    gardant sous le couvert de l'heure en leurre ardoise
    le blanc maintien de la tablée
    où siège des promises nées
    le franc port de leurs hautes destinées...
    Louise BOURGEOIS, 1947.si haut et fort portées
    qu'aucun aboi n'en peut jamais troubler
    l'hermétique secret

    Fantôme, alors
    je te vêts comme un gant...
    Flou Carnivore et Piètre en Bâtiment
    allons dehors
    aux chiens prêter main forte
    tirer des bords
    en très sonore et fraternelle escorte

    Nos voix se mêlant au concert
    des arrogants six Pieds Sous Taire
    moyennons, toutefois
    de tendre sur les toits
    notre toile aux treize ors

    prenant à notre compte, celui des météores

     

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : Louise BOURGEOIS, Femme-maison, 1946-1947.