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impromptu

  • Moais Blues

    Ils restent plantés là, flatulant, dos à la mer
    Tels cinq doigts d’une main surgissant de sous la terre
    à saluer, muets, un Lion dans l’atmosphère
    (non pas les villageois sidérés par leur mystère)

    Le défi persistant dans leur insigne attitude
    a nourri quelque rêve, épuisé nombre d’études
    et démultiplié un goût pour l’incertitude
    (témoins décomplexés d’une ère d’incomplétude)

    Et pourtant, il me semble, à fixer leurs regards morts
    (d’une forêt de trembles ?) entendre tirer les bords
    pour accoster ici, comme sur l’Île Au Trésor
    telle que j’y songeais alors, en mon vieux Tréport

    « - Dites, les gars ! J’ai le front qui caille…
    « - Vas-tu te taire, Petit Mo’ai ?!
    « - Mais, tais-toi donc, Petit Mo’ai !
    « - Ferme-la donc, Petit Mo’ai !
    « - C’est ça : ta gueule, con de Mo’ai !! »
    Et oui, sans pukau, même les pierres bataillent…

    Par foi, j’ai besoin de partir
    m’en raconter – pour mieux dé-lire
    le monde… le monde à souffrir
    comme un Ponti sait me le dire

    Arbre Sans Fin
    au p’tit matin
    papier repeint
    bouchée de plaint

    « - Qu’est-ce qu’on fait contre l’ennui ?
    « - Tais-toi ! V’là les Rapanui !
    « - Ta gueule ! On finit le rami.
    « - T’es aussi con que t’es petit !
    « - En plus, il est bientôt midi… »

    Un vent pousse ma voile étroite
    Je tiens, en mode aristocrate
    ma barre à la poignée ingrate
    avec des pensées maladroites

    Eh ! Me fais pas chier, Pacifique…
    Si l’Île de Pâques est mythique
    en mire, deux yeux magnifiques
    m’ont convaincu : l’âme est magique !

    ***

    Sérieux :
    Ne va chercher aux antipodes
    que les yeux qui t’inspirent une ode

     

    polésie,exotismique,rapanui,antipodes,pacifique que ça,impromptu

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#342

  • vol stationnaire

    Progressant à l'aveugle, il marche sur les yeux
    son regard amoureux absorbé dans les aires
    Un moulin au poignet caressant l'atmosphère
    il sifflote aux oiseaux des ordres granuleux
     
    Au banc qu'il a quitté trône le nom d'un mort
    Du festin quotidien le vent souffle les miettes
    qu'éparpillent déjà les roues des trottinettes
    vers la carne du quai, plus sablonneuse au bord
     
    Somerville attendra, le fou sur la colline
    entraîne malgré moi par les ombres du Ouaisne
    à l'invite un besoin d'oublier la semaine
    et de boire au goulot la promesse marine
     
    Sous la grasse aubépine, une berce commune
    redouble de blancheur en baillant ses ombelles
    un gobemouche gris répondant à l'appel
    quitte sa cavité, lance un cri de fortune
     
    À présent voletant près de l'épaule accorte
    où deux doigts mollement posent un papillon
    il hésite et soudain file comme un larron
    D'un claquement du bec fête ce qu'il emporte
     
    Normoint ripe à main gauche et le chemin s'éclaire
    Des ourlets de bruyère adoucissent la baie
    La fraîcheur cède enfin aux avances de mai
    qu'abrite Saint-Brelade et quémande Corbière
     
    Tu le sais mieux que moi, qui vas ta route sûre
    avec les passereaux, prodigieux familiers
    une main dans le dos, l'autre à ton journalier
    ouvrage bienveillant d'oiseleur à l'air pur
     
     
    gobemouchetiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire  - tiki#204

  • Carton plaint

     

    Kat Grandy

     
    Je connais la manière, oh ! je sais la chanson...
     
    Il lui prend le besoin de bouger des cartons
    remplis de lendemains qui ne font plus l'affaire
    et de la crypte au front, lui monte un sang lunaire
    que rêve ni raison ne peuvent apaiser
    ni l'heur d'un doux baiser
    ni les psaumes perdus pour son oreille interne
     
    Le manège est couru jusque chez la voisine...
     
    On l'entend qui rumine aussi, à sa façon
    de frapper ses glaçons avec un pic en fer
    en marmonnant les noms qui ne riront jamais
    avec elle, en cuisine ou à plier les draps
    en lui tendant les bras
    pour être encore un peu, pas mieux aimés qu'hier
     
    Je sais bien... qui me tiens là, sur l'autre hémisphère...
     
    Notre L'Une a payé son tribu au sanctuaire :
    une semaine entière avec le ventre dur
    à blêmir et gémir que "C'est déconfiture !"
    que "C'est trop d'injustice, la nature humaine !"
    que "J'aimerais t'y voir !"
    et que "Pour se raser, on fait pas tant d'histoires !"
     
    Alors, pour patienter, je tape le carton
    avec mes congénères, garçons...
     

    poésie monstruelle

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu littéraire - tiki#196
     
    Illustration : d'après "Go with the Flow", watercolor by Kat Grandy
    (avouez que ça s'invente pas !!)
  • rue, mine !

    C'est la venue des gens petits
    l'artère des fins microbiennes
    il y circule des semaines
    un laborieux ordre établi

    Claque, talon ! L'autre tape un
    joufflu perdu pour le Trésor
    Négoce des petites morts
    dimanche s'en lave les maints

    Ça va; ça vient, de l'aube à l'aube
    en s'ignorant le mieux possible
    et masquant des zones sensibles
    l'âcre fumet de maigre daube

    J'ai laissé mon chien à son jeu
    mes rêves crus au caniveau
    sous ses pavés mes idéaux
    couverts de bitume spongieux

    Mais c'est la mienne; et j'y retourne
    à ne plus savoir en quel sens
    par automatique évidence
    et n'espérant pas de ristourne

    C'est là que je divague entier
    une heure, un instant et ma mort
    occupés à tirer des bords
    vers ses rivages séculiers

    C'est là que je navigue encore
    une heure, un instant, volontiers
    hissant ma verve à son hunier
    gonflée d'un souffle franc de port

     

    poésie,rue caponière,impromptu,ruade,hors recueil,impromptus littéraires

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un impromptu littéraire - tiki#195

  • Arrière, Saison !

    Prolongations de la saison
    les soirées traînent en douceur
    des simulacres de langueur
    aux pans ouverts de leurs visons

    Congrégation des afflictions
    dythirambe hâlée, des soupirs
    célèbrent de latents désirs
    aux estivales émulsions

    Débonnaire, un Bonhomme-Hiver
    picore déjà feuille morte
    flaque piègeuse au pas de porte
    onguent, tisane et le thé vert

    Prune amère, une idée d'en l'ère
    vogue mollement sur les toits
    n'entend pas que le monde aboie
    mais débarque enfin à Cythère

    Emballement des expédients
    l'heure est aux dernières folies
    dénichées (plutôt à bas prix)
    par les greniers vidés à temps

    Rengorgement des Ci-Devant
    sur les bancs faits pour - à la tâche !
    comme au poste-clé va la gâche
    au buvard, les émargements

    Hallali des péripéties
    dans la main, le courrier grimace
    le ciel assemble ses menaces
    et bouchonne aux périphéries

    Incurie des salmigondis
    le plat refroidit, ras le bol
    le piano tire des bémols
    et canarde l'enharmonie

    Désolation ! L'Arrièr'-Saison
    à siffler son dernier dimanche
    avec un bourguignon (de Branches)
    y laissa toute profusion

    Constellation des pantalons !
    C'est fini, les fanfaronnades...
    Rangées les tongues z'et pommades
    montent les cols sous les mentons

    arb_automne_056.gif

     

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#194