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voyage

  • Nancy's journey

    N’en ayant plus pour très longtemps
    (tout simplement, la fin est proche)
    les yeux dans un livre de poche
    elle esquive ses sentiments

    A la faveur d’un lent virage
    couvert par un profond tunnel
    elle arrange ses cheveux miel
    prenant soin de corner la page

    Nulle autre personne, alentour
    n’aurait pu lire son dessein
    dans la fraîcheur de son maintien
    ni à son murmure velours

    Ce n’est qu’à l’arrivée en gare
    où, tous les plaignants rassemblés
    et tous leurs propos recoupés
    que l’évidence vint, trop tard

    Y voir de quoi tirer leçon
    j’en laisse le soin au jury
    je réserverai mon parti
    jusqu’à sa prochaine évasion

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi du samedi
    (qui s'ensuivra d'un acrostiche dédié à Dame #Gaëna Des Bois )

  • Wee-Mah-Way (Nocturne)

    C'est bien la nuit !
    C'est bien la pluie !
    L'ombre est partout striée de fuites
    Ici et là, piquée d'orange
    Belle Cybèle, nuit de challenge

    À hue, à dia
    les aléas !
    N'étaient tous ces fâcheux portiques
    irais mon mode automatique
    si droit que je sois sans mes bottes
    zivaguer, plus près de ta roulotte
    (oui mais, vois-tu, Renarde oblongue ?
    ma route est longue, longue, longue...)

    Y a pu d' soleil ?
    J'ai pas sommeil !
    Je chante à l’œil et à l'oreille

    Dès l'émotion
    c'est la mission !
    Quand qu'On appelle "Aède, à l'aide !"
    c'est là, la mission dont je procède

    -regain-
    "Les frondaisons exhalent des humeurs
    aussi de ceux qu'ont pas trouvé bonheur..."

    Allons, tant pis !
    C'est reparti...
    Filons notre Bel Aujourd'hui !
    Mortuaire, Hier, garde ton masque !
    L'orient, déjà, pointe sur nos basques

    Le charivari s'est éteint
    mais l'autocar, i' varie rien
    de son trajet, de son allure
    ni de son mépris des voitures
    Sûr ! L'autoroute, au goutte-à-goutte
    instille qu'on est loin... du mois d'août ?

    -rabiot-
    "Chaque maison recèle des soupirs
    l'humble regret de ses Ça-va-Sans-Dire"

    Des Dulcinée
    la Destinée
    perle sans bruit sur l'oreiller
    et, n'en disant mot z'à Leur Père
    nous leur serons peut-être... un frère ?
    (l'âme damée d'un sol égal
    feutre des orgues sentimentales)

    Par habitude
    des latitudes
    qui saura dire où est la cuisine ?
    Il fera beau tendre les narines
    le beurre est passé par d'autres mains
    Perdue ! la magie du "par faim !"

    Perdue, berlue
    des ingénus
    la déroute est longitudinale
    franchi le seuil de l'odre marital

    Ni nuit, ni pluie, ni même lune
    n'effacent plus ces tâches brunes
    sur le poignet
    au blanc carné
    des lents voyages avortés

    Par don, partons !
    Foin, des raisons
    qui nous feraient prendre pour miel
    des hiers chargés de missel

    Empanne, peine
    car l'aube est pleine
    Eh, pine blanche !
    Engourdis-moi tous ces dimanche
    d'infortune...!
    La route longue est opportune

    M'en vais braver
    des logorrhées
    qui me délivrent du chafouin
    le dos tourné au petit matin

    -bonus-
    "a thrill a day keeps the chill away
    love like a dagger and a sound like a 'wee-mah-way' " (*)

     

    Quichotte,Dulcinée,tiniak,roulotte

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    *Adam And The Ants 'That Voodoo'

  • Virgule

    Mille ans après ton réveil
    serai-je encore vibrant ?
    Quel sera ton sentiment
    si je baise ton orteil ?
     
    Dans le plus simple, appareille
    affranchie de vains tourments
    la barque aux rêves aimants
    vers une amicale oreille
     
    Le plus humble songe aidant
    l'engorgement des merveilles
    à jeter dans la corbeille
    un mot d'amour pur et franc
     
    Toi, ma Peine Au Poids Dormant
    sertie d'ambre et de vermeil
    je briserai ton sommeil
    avant que soit fini l'an
     
     

    Laurence Le Masle

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
  • helios grin

    Quoi que tu m'en aies dis, au moment opportun
    je le sais désormais, c'est vrai, le soleil tourne
    en avalant le ciel - c'est fou ce qu'il enfourne !
    et je ne l'ai compris qu'en te lâchant la main
     
    Je dormais dans tes bras, hier au soir encore
    absolue vérité, au regard attachant...
    Aujourd'hui, l'ombre plate allonge son pas lent
    sur un cirque saumâtre aux crêts de pâles ors
     
    Voici la nuit d'été que je n'attendais plus
    déjà grosse d'hiver et n'y laissant rien voir
    Ton nom, que j'ai soufflé sur ce vaste miroir
    dégoutte sa buée, navrante et froide mue
     
    Comme foutus les blés à l'orageux mois d'août
    sans fin de recevoir, mes poèmes dans l'herbe
    étouffent leur chanson à connaître du verbe
    et feulent, désolés, que l'air ne soit plus doux
     
    Dans ta barbe noircie, grimace donc, soleil !
    Au ciel, s'est ramassée toute une catastrophe
    roulant un graveleux chapelet d'apostrophes
    aux reproches viciés par un trop long sommeil
     
    Ainsi, tourne le vent; j'y demeure immobile
    au pont miraculeux de mon lopin de terre
    et mon rêve cabré se voulant si habile
    que sa voile d'étai dans le furieux éther
     
     
     

    Jean-Pierre Bouyge

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : Jean-Pierre BOUYGE, ami de tous jours.
     
  • voyage retour

    Vous partez chaque fois moins loin qu'il ne m'en coûte
    mes "vois", mes "dois" - de fait, mes semblables sommeils;
    et ne me revenez qu'au prix de longues routes
    sans pluie rafraîchissant le bain d'aucun soleil

    Où lisez-vous nos joies, tandis qu'un vent soulève
    une mèche bouclée, une feuille après l'autre ?
    Y verrai-je moi-même où se logent vos rêves ?
    Quand l'air évangélise un parfum, c'est le vôtre...

    Y sera-tu jamais résignée, ma Chanson ?
    Le théâtre du temps ignore la distance
    La clepsydre égouttant le plus humble micron
    a l'élasticité des degrés de l'absence

    Au moment de partir et de nous séparer
    sommes-nous les jouets d'invisibles enfants
    dont le jeu favori, pour mieux nous éprouver
    étale entre nos pions des gouffres océans ?

    Grappillons quelques points en nous faisant des signes
    Adaptons la partie à nos propres enjeux
    De règles sans élan faisons bouger les lignes
    et gagnons du terrain sur nos intimes lieux

    Entourons nos paquets du papier rose et gris
    dont nos rires lissaient tous nos projets de fête
    À l'aile d'un vent doux sur la vague et son pli
    calmons de nos poitrines les chants à tue-tête

    Revigorons-nous l'âme au brûlant élixir
    que c'est de se suffire et de s'en assurer
    quelle que soit l'époque en notre pré carré
    puisons notre content aux rus du souvenir

    Et le flux gratifiant de nos vitalités
    mettra sur l'écheveau, mieux qu'un cent d'albumine
    le tissu musculeux de nos chairs en famine
    qui se paiera de mine et de rien à branler

    Tatata, l'Avant-Toute ! Allons machine arrière;
    le regard pas moins fier sous le front économe...
    Malbrough s'en va ? Tant guerre, et la folie des hommes !
    C'est assez que mes bras couvent deux éphémères

    Outre qu'il faille encore oublier la distance
    il reste tout ce temps à presser comme un fruit
    Mêlant à nos hiers le vibrant aujourd'hui
    gorgeons nos appétits d'attentive présence

    Univoque avanie des noblesses de sang :
    un tien vaut mieux que dieu, quand c'est tout l'or du monde
    D'un regard amoureux s'abroge la faconde
    (où l'ordre dynastique émarge à son néant)

    Raison ni prophétie à l'instant n'ont plus cours
    alizouJ'aime trop de la vie l'accord exponentiel
    qui me démultiplie en feux unis vers celles
    dont j'écoute, la nuit, les filiales amours

     

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK