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voyage - Page 2

  • En butée

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    Un train
    des fils
    aux arbres presque nus déjà des tons subtils
    Poésie des Partances
    organise au décor des fugitivités
    l'art de s'offrir à l'œil et de se consommer
    sans effort ni violence
    comme un long chapelet d'oublieuses errances

    L'horizon bayadère où s'appuie la cité
    en accuse la chair de folle illuminée
    puis s'en excuse et rabat sur son front rougissant
    un feutre pailleté de lointaines fureurs
    ayant prêté le flanc à d'anciennes rumeurs
    sans parler ni entendre
    aucun de nos discours si prompts à leur prétendre
    une forme d'esprit
    qui pourrait en retour donner sens à nos vies

    La nuit rentrée en gare
    conforte l'illusion qu'il n'est pas de hasard
    aux destins résolus claquant des pas pressés
    sur les quais vers la rue de bitume et pavés
    Tout arrive; tout part
    confusément certain de porter le regard
    où il faut, quand il faut, comme il convient ici
    de mener rondement son jeu dans la partie

    Et puis, encore un train d'autres fils invisibles
    court après son festin de substances miscibles
    dans les larmes de vin aux épices corsées
    que pleurent en latin des âmes déportées
    de leurs sens
    ayant pris sans retour leur voyage d'essences
    (pareil se vide un verre
     à l'arrivée des trains, boulevard d'Angleterre)

    Oh ! Ne fais pas grincer, mon cœur, cette chanson
    comme vrillent les freins de l'engin sur ses rails
    Tu as voulu partir, aller livrer bataille
    et te garder partout de l'orgue ou du violon

    Partir, c'est la leçon - destination ? finale !
    Aussi, mon cœur, sachons durant tout l'intervalle
    chanter
    avec, pour seul souci, de pas trop dérailler

    Oh, chanter ! pour les arbres presque nus déjà
    pour les fêtes du ciel et les étoiles mortes
    puis tirer mes wagons jusqu'au pas de ta porte
    et frapper les trois coups qui m'ouvriront tes bras
    pour la gloire
    que c'est d'avoir ton train pour ultime butoir

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • jamais quittes

    ou pè diou

    Crête où la terre se fait la dent
    mollement contre le ciel gourmand
    de flasques firmaments
    mon pays dans le vent
    un pied en mer, l'autre dans l'océan
    je viens oublier le temps

    Si ta bouche parle bruyamment
    et crache du soufre incandescent
    c'est pour qu'un sable blanc
    et rose et noir courant
    tes rives alanguies dessous le vent
    flatte et caresse tes flancs

    Parfois dans la nuit s'élève un chant
    groka, guitare et le pied dansant
    l'âme et le rhum aidant
    un rire éblouissant
    moque le coq et le counyamaman
    d'un égal et vif allant

    Noirs sont les hommes dans l'ouragan
    Verte la palme au lent mouvement
    Rouges sont tous les sangs
    sous la peau se mêlant
    qui sous le madras ou le lin flottant
    marche d'un pas nonchalant

    Mon pays tu me prends
    et, par toi je l'apprends
    on ne se quitte jamais vraiment.

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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    participation au défi du samedi, pour le thème
    "Carnet de voyage"

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  • Lynne, deux fuites

    Ooooh! c'est beau...

    - Ooooh! c'est beau, n'est-ce pas, Grand-Père ?
    - oh oui, Lili, c'est beau.

    - ça donne envie de faire un beau voyage, hein Grand-Père ?
    - oh oui, ça donne envie.

    - tu vas où, Mamie ?

    - chercher le goûter. ne vous inquiétez de rien. je vous retrouverai bien. Jacques... ?
    - oui, ma mine ?
    - ...ne te laisse pas mener par le bout du nez, comme d'habitude.
    - comme d'habitude, oui, ma mine... je veux dire, non... enfin, tu m'as compris.

    - dis, Grand-Père... ?
    - voui, ma nine ?
    - tu crois que je peux en prendre un de ces engins, là ?
    - oh, on dirait bien qu'ils sont faits pour les enfants ; vas-y oui, ma nine.

    tu viens... ?

    - youpi! .... brrroum.... brrroum... tu viens, Grand-Père ?
    - euh...

    - allez, viens, mon Papouchou.
    - j'arrive, ma Lili. oui... oui.

    Youpi!

    - tu crois qu'elle saura nous retrouver cette fois, Mamie ?
    - mais oui, ma nine, mais oui.

    - youpi! .... brrroum.... brrroum...
    - youpi!...

    Lynne-COHEN, le vide après tout (V)
    Lynne COHEN, le vide après tout (V)
    "Après toute l'exponentielle", 2005.
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    fragmentation textuelle de tiniak
    ©2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK