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nostalgie

  • Profitâge

    La mer, visage bleu
    avec mille yeux tout blancs
    et sa peau se mouvant
    au caprice des cieux
    rendu à mes quartiers
    de plume solitaire
    dont j'écorche la terre
    j'en ai bien profité

    Il m'en reste, au rivage
    les souffles du voyage

    L'herbe, sous nos pieds nus
    ses brins, menues caresses
    où loge une promesse
    à nos cœurs ingénus
    pour mon corps fatigué
    par la mélancolie
    qui berce ma folie
    j'en ai bien profité

    Et j'en garde, au revers
    le toucher d'un mystère

    La flamme, robe vive
    danse furtive et crâne
    quand l'alentour se fane
    puisque la nuit arrive
    pour l'avoir embrassée
    de rêves délirants
    délictueux, frondants
    j'en ai bien profité

    J'en conserve les moires
    d'une profonde histoire

    Le vent, fumée z'et brume
    dont j'ai fumé, en pipe
    les sanglots z'et manipes
    les volages agrumes
    à l'heure d'embarquer
    vers l'ultime retour
    à d'insignes amours
    j'en ai bien profité

    J'en ai, jusqu'à plus soif
    des bords tirés sur le chapeau dont je me coiffe

     

    poésie, mer, voyage intérieur, quatre éléments, vacances

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#290

     

  • Mais l'eau...

    C'est le soir à nouveau
    Ça rampe sur le monde
    Ça range les colombes
    et puis, ça fait le beau
    - citadin jus d'orange !
    qui vous masque des anges
    la course, tout là-haut
     
    Mais l'eau danse
    et, pendant que j'y pense
    il y passe un écho
     
    Plus tard, il fera nuit...
    Maintenant, c'est de l'or
    habillant l'An-Dehors
    mieux qu'une douce pluie
    briquant tous les trottoirs
    - quotidiennes z'histoires !
    dont le jour se réduit
     
    Et l'eau coule
    pendant que se déroule
    éternel, Aujourd'hui
     
    C'est le soir sur le fleuve
    et les larmes du saule
    me caressent l'épaule
    Un pas sage est à l'œuvre
    Il fourbit quelque rêve
    où la parole est brève
    et plaque un rai au sol
     
    Mais l'eau file
    pendant que se distillent
    de nos amours les preuves
     
    Il fera nuit, bientôt...
    Je fredonne un chant triste
    à ma joie qui résiste
    au fond de ce carnet
    si léger que Poucet
    et plein de graves mots
     
    Mais l'eau pleure
    tandis que j'ai au cœur
    un lent soir à nouveau
     
     
    tiniak ©2015 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Une folie à l'orient

    Mumtaz MahalÀ peine vêtue des bruits
    de ses arcanes...
    la rue chante sous la pluie
    sa caravane
    et ça va durer la nuit
    cet appareil
    qui ne trompe ni l'ennui
    ni le sommeil

    Perdue pour mon familier
    dont je révoque
    l'allure et le cavalier
    je soliloque
    Trop austère, ce palier
    de parquet sale
    et n'a, ce chat de papier
    rien d'oriental

    De mon prince tolérant
    et bâtisseur
    au syncrétique talent
    de noble cœur
    j'ai le regret permanent
    et fort en gueule
    la main molle caressant
    cet épagneul

    Le séjour qui me retient
    en cet asile
    loin de mes tendres parfums
    seule, en exil
    me trouvera, c'est certain
    hurlante et folle
    croyant voir dans le matin
    mon roi moghol

     

    tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#161,
    motivé par ce thème musical.

  • infortunée tourterelle

    Bonjour à vous, mademoiselle Aux Petits Pas Pressés
    bourgeoise tourterelle
    qui n'a pas roucoulé

    Et bonjour à Madam'-Vot'-Mère; à trotter après vous
    l'aura mal aux genoux
    et vous le paierez cher

    Que restez-vous sur ce parvis toute cloche et boudeuse
    dans ce long fourreau gris
    la jambe malheureuse ?

    C'est des jours à courir au lac avec ses congénères
    à tournoyer dans l'air
    la chemise ou le sac

    Votre jeunesse est là rieuse, espiègle ou délurée
    Que n'allez-vous, peureuse !
    vous la rabibocher  ?

    Ce cœur ganté comme il se doit, le doigt sur la coutume
    c'est plus de l'amertume
    c'est du ver dans le bois

    Allons, donnez-moi votre plume; appelez-moi Pierrot
    Bientôt sous d'autres lumes
    vous toucherai d'un mot

    Dame ! à la fortun' du pot…

     

     

    demoiselle1.jpg

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • braguette paysanne

    Prise de terre
    entre les dents;
    la faim du monde paysan
    j'y pense à l'heure de la promenade
    sur le bitume des villes malades
    Pré  du kiosque le gazon vert
    crotté par de bonnes mémères
    aux étrons blancs et solidaires
    je lévite au-dessus de son aire
    le front ceint d'atmosphère artiste
    pour un peu me ferai lampiste
    de théâtre
    - drame, comme j'essuie tes plâtres

    Prise de terre
    sous les pieds nus;
    je titube - Eh, je n'ai pas bu !
    Des forces telluriques, impies
    affolent un rang de fourmis
    qui s'égaille entre mes orteils
    dispersent le soudain réveil
    de tout mon capricieux appareil
    Ruée      à travers l'échine
    Détente  des plis de mon grin
    Extase    phase après phase
    et le Cri
    que tout cela m'arrache
    emplit tout ce dont je m'amourache
    Et la nuit

    Prise de terre
    l’œil en coin;
    avec la lune
    pas loin, pas loin !
    et le Centaure et la Grande Ourse
    avec le chien
    qui font la course
    mais c'est toujours le même qui gagne
    vite à la niche des campagnes
    et allez, si les cloches sonnent
    (ces cloches que plus rien n'étonne)
    ça participe de la fête
    (ses bourrades, sa chansonnette)
    - Eh, te voici ! le bon chienchien
    pour ta caresse de l'autre main

    Prise de terre
    à paume pleine;
    l'exilé de retour au pays
    à son ennui, son oubli de soi
    des autres
    et leur mauvaise foi 
    et puis leurs femmes
    avec leur nom
    qui s'efface d'un trait d'union
    passage obligé par la vie, son cours
    la grimace de ses contours

    Prise de terre
    à plein poumons;
    la terre est sauve
    (ben voyons :
    pas son labeur
    ni les lieux qu'on a pris par cœur)
    la terre odorante
    ses berges
    près des eaux, les lumières vierges
    dans le murmure bienveillant
    des arbres
    (mais les arbres aux bras ballants)
    sous le ciel glabre

    Prise de terre
    aucun miracle;
    je reviens à mon tabernacle
    le front gris
    le menton pris
    dans un sourire d'empathie lasse
    alors la boue sur mes godasses m'apparaît
    Bottes_noires_001.jpgau moment de quitter le square
    (où je ne t'ai pas vue, ce soir)
    puis ma nostalgie paysanne
    me pousse au flanc
    oui... comme un âne

    Prise de terre
    (tout électrique);
    je
    regagne ma mezzanine
    chassant de mon bras la farine

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK