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  • armageddon, c'est du gâteau

    ninnin niiiin nin nin nin...viens-t-en ma nine, près de moi
    nous allons compter jusqu'à trois
    et puis nous soufflerons tempête
    sur cette canopée de fête

    vois comme le bel aujourd'hui
    sur notre joli gâteau luit
    tu auras la pâte d'amande
    et moi tes rires sarabande

    on compte à un, je vois tes yeux
    refléter les bougies en feu
    à deux, tu gonfles tes poumons
    et à trois, c'est Armageddon

    tu cries, tu sautes dans tes bottes
    noyées dans ta jupe-culotte
    la pâte d'amande attendra
    tu cours dans le jardin déjà

    ...ninnin niiiin nin nin nintu reviens, une coccinelle
    sur ton doigt pointé vers le ciel
    m'offrir le plus beau des cadeaux :
    la magie d'un printemps nouveau.

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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    30ème contribution au site des impromptus littéraires où je vous recommande aussi
    la lecture du saisissant texte de Pandora

    ainsi que les textes de...
    Maximus Bob2Bob ; Vegas sur Sarthe ; Poupoune.

  • pas finir

    c'est là, notédis, mon dit, entre nous soi dit
    tu sais, je ne veux pas finir
    comme ce très cher Paul, au pire
    (chez les figures monstrueuses !)

    que j'aime mieux la vie au chant
    heureuse, heureuse, obstinément
    comme je l'aime soi disant
    éclat riant devant la Gueuse

    dis aux gênes que le tonneau
    déverse de mon sang le flot
    pour en partager le nectar
    avec le sel et le bâtard

    mon autel est un océan
    abîme où sombrent les négoces
    anthropophages et féroces
    sous le trait muet du couchant

    ceci dit, revenons au vide
    et à ce choix qu'il nous propose
    d'aller contempler sa nécrose
    ou de le combler d'impavide

    car j'aime mieux la vie au long
    d'aventureuses obsessions
    signer d'une main l'autre au con
    une rime libidineuse

    alors, c'est dit ? pas vu, pas pris
    parmi ces mille oiseaux en vol
    rester celui qui batifole
    et pépie le bel aujourd'hui ?

    sur ma vie, oui.

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

  • impossible conservatoire

    Le Déjeuner sur l'Herbe, de Monet.jpg
    le gazon pianotait sur le dos des fourmis
    sous la brise légère, un bel après-midi
    s'offrait à la paresse, invitait au voyage
    et tenait sa promesse à l'abri des feuillages :

    la guerre est impossible.

    des enfants se cachaient quelque part alentour
    en allant débusquer sous les bosquets l'amour
    et son gentil murmure au long des boutonnières ;
    le printemps triomphait dans l'oubli de l'hiver

    la mort est impossible.

    le saucisson suait sur la nappe à carreaux
    et l'abeille agaçait la confiture en pot
    mais on n'y prenait garde, on débouchait le vin
    et dans l’œil qui s'attarde palpitait le sein

    la peur est impossible.

    des chants couvraient des ris qui couvraient des hommages
    éloges à la vie, à son doux badinage
    on s'échangeait des plis, des poèmes, des lettres
    et le temps s'étonnait d'avoir le temps d'y être

    l'horreur est impossible.

    et le très cher ami venu de son lointain
    admirant de ta chair la rondeur et le teint
    à la pâleur étrange, avait quelque embarras
    à dire en notre langue un terme délicat

    la fange est impossible.

    on était loin du compte à rêver d'éternel
    l'horizon nous masquait un horrible cheptel
    le siècle se trompait, croyant que rien ne bouge
    des crânes craqueraient bientôt sous l'herbe rouge

    la paix est impossible.

    Le Déjeuner sur l'Herbe, de Manet

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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    bonus, with a little help from Joe KRAPOV
    mettant en musique un poème de NERWEN* :

    Canzonetta

    * "Nerwen - Canzonette" ; texte orginial paru sur Kaléidoplumes

  • Aracna (2)

    Carna-Original.jpginterprétant librement les illustrations de la dessinatrice Nephyla, je me suis proposé, avec son autorisation, d'extrapoler quelque nouvelle fantastique, inspirée par son graphisme expressif.

    EN RESUME :

    Akitin, le Colporteur a découvert la petite et mystérieuse Aracna, flottant sur l'eau entre les bras d'un arbre mort. Ayant confié la jeune enfant aux soins de la famille du docteur Grescar, Akitin la retrouve chez eux quelques mois plus tard, à l'occasion d'une réception comme le couple aime en donner fréquemment en priant le Colporteur de les animer de contes et de chants.  Les visites d'Akitin, sont toujours une fête pour l'enfant secrète.

    [accéder au chapitre précédent]

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    LI GÜRLN


    " Sliur Akitin, vous nous voyez très honorés de votre présence. prenez donc la peine d’ôter votre cape. Anna, vous serez gentille de débarrasser Sliur Akitin, je vous prie, m’accueillit Madame Grescar, femme accorte et enjouée, mais maîtresse femme tout de même - de celles qui imposent respect et bon aloi dans leur domaine. "
    Quand je pénétrai dans le salon, j’en appréciai l’ambiance feutrée, le raffinement discret du mobilier offrant un écrin des plus appropriés pour les œuvres de maître et les tentures qui habillaient les murs.
    " Ah, je constate avec bonheur que vous avez apporté votre plus bel instrument, s’extasia avec une emphase exagérée le docteur. Passons vite à table, voulez-vous mes amis ? Nous n’en jouirons que plus tôt des savantes mélopées de Sliur Akitin. "
    Les convives, dont je connaissais la plupart, me gratifièrent de grommellements circonspects.
    J’étais en effet régulièrement sollicité par le couple Grescar aux fins d’agrémenter leurs soirées mondaines ou privées avec une série de liaars encadrant quelques vieux contes. Pendant qu’ici et là les gorges achevaient de se soigner en sirotant leurs douceurs liquoreuses, j’extirpai mon nissarne de sa gangue pour le présenter à la curiosité bonhomme du docteur. Il s’en saisit, actionna la manivelle et pinça quelques cordes.
    " - Magnifique, tout simplement magnifique ! me dit-il avec, dans le regard, la brillance d’une joie enfantine.
      - Madame est servie, annonça Freddele, le vieux majordome qui me semblait toujours avoir été conçu avec les plus anciens fondements de la bâtisse.
    On se dirigeait vers la salle à manger.
    Une femme s’effaça pour me laisser passer. Dans mon dos, je l’entendis murmurer à son époux "…c’est lui qui a… " (découvert la petite, oui oui).
    Nous fîmes bonne chère, cela va sans dire.
    Peu avant le dessert, on ne manqua pas de m'entreprendre pour narrer dans quelles circonstances j'étais venu en aide à la petite Anna. J'y répondis volontiers, d'autant que cela me permit de jauger mon auditoire et de juger de l'effet de ma voix sur cette bonne assemblée.

    Vint l'heure du conte.


    Je vous parle d'un temps où le rêve des hommes leur parlait d'eux-mêmes depuis le mont Darn.

    En ce temps qui subsite malgré nous au plus fort de l'oubli, vivait Li Gürln.

    NEPHYLA.JPGPrincesse de la lignée des Sorgh, fille unique dont le père Nahian venait de sacrifier sa vie au cours de la fabuleuse bataille de Kaarn'an-Darn, Li Gürln serait bientôt appelée à régner sur les peuples de la vallée du Kaarn. Il ne lui manquait, pour succéder à son père, que de trouver le chant qui plairait à son peuple.
    Les rives du fleuve Kaarn avaient bu tout le sang versé sur la plaine. Les crânes des vaincus ornaient les pics le long des berges à nouveau giboyeuses et l'étendard en berne de Nahian flottait depuis trois révolutions aux flancs du mont Darn en sommeil.
    Bien des voix s'étaient succédées, venues de tous les horizons connus, clamer leurs mélopées sous le Daarnem. Chaque soir, chaque matin, Li Gürln y accueillait les prétendants, chaque fois entourée de nouveaux membres de son clan. Jeunes ou vieux, mâles ou femelles, tous la secondaient dans son choix. Mais Li Gürln savait une chose : le chant qui plairait à son peuple sera celui qui la fera vibrer elle-même.

     

    tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK -#340-3
    proposition inspirée par une illustration originale de Nephyla

    (toubi continioude...)

  • cochonnaille

    GRAIN2.JPG

    cochon qui s'en dédit : cuissot tu fanfaronnes
    et bondis sous le pli d'un jupon de cretonne

    tu feins d'être surpris mais cède à l'évidence
    et déjà tu frémis quand je mène la danse

    sur ton autel où perle une bien douce invite
    s'exprime l'hydromel, ainsi, la messe est dite :

    swing-becassine.jpgramène tes fesses, et vite !

    DUK     OU

    tiniak ©2009           TwalesK      ZUMIN     &d

                     itions