Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

invitation au voyage

  • impossible conservatoire

    Pin it!
    Le Déjeuner sur l'Herbe, de Monet.jpg
    le gazon pianotait sur le dos des fourmis
    sous la brise légère, un bel après-midi
    s'offrait à la paresse, invitait au voyage
    et tenait sa promesse à l'abri des feuillages :

    la guerre est impossible.

    des enfants se cachaient quelque part alentour
    en allant débusquer sous les bosquets l'amour
    et son gentil murmure au long des boutonnières ;
    le printemps triomphait dans l'oubli de l'hiver

    la mort est impossible.

    le saucisson suait sur la nappe à carreaux
    et l'abeille agaçait la confiture en pot
    mais on n'y prenait garde, on débouchait le vin
    et dans l’œil qui s'attarde palpitait le sein

    la peur est impossible.

    des chants couvraient des ris qui couvraient des hommages
    éloges à la vie, à son doux badinage
    on s'échangeait des plis, des poèmes, des lettres
    et le temps s'étonnait d'avoir le temps d'y être

    l'horreur est impossible.

    et le très cher ami venu de son lointain
    admirant de ta chair la rondeur et le teint
    à la pâleur étrange, avait quelque embarras
    à dire en notre langue un terme délicat

    la fange est impossible.

    on était loin du compte à rêver d'éternel
    l'horizon nous masquait un horrible cheptel
    le siècle se trompait, croyant que rien ne bouge
    des crânes craqueraient bientôt sous l'herbe rouge

    la paix est impossible.

    Le Déjeuner sur l'Herbe, de Manet

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    _______________________________________

    bonus, with a little help from Joe KRAPOV
    mettant en musique un poème de NERWEN* :

    Canzonetta

    * "Nerwen - Canzonette" ; texte orginial paru sur Kaléidoplumes

  • poing d'ordre

    Pin it!

    Sur trois points de suspension
    1d8dfcad7961b7180ea3c5449d2dfc82.jpg (cyprès, portail et balcon)
    du jardin à la maison
    un fil tendu tout du long
    intrigue fort le mainate
    rentré des Monts de Carpate
    découvrant l'installation

    " Bon, dis-moi, c'est quoi ce fil ? "
    demande le volatile
    " Ah, je te le donne en mille "
    lui répond de son baril
    un tiniak échevelé
    l'air patraque et mal rasé
    plutôt d'humeur versatile
     
    " - Je crains d'avoir deviné,
    fait le mainate agacé.
    Tu finis par m'inquiéter.
    Viens te changer les idées!
    7bb1033293fc444e58e0f9538de7ca68.jpg   - Pas dans les Bois de Gahenne!
    J'y vois partout des sirènes "
    gronde un tiniak enroué.

     " Pourtant tes chants sont meilleurs
      pleins de morgue ou pleins d'ardeur
      quand tu sais plonger au coeur
      de cet endroit enchanteur.
      Allons, maître, secoue-toi.
      Allons, rêve et donne-moi
      de quoi m'occuper dans l'heure. "

    " Nan! J'ai mieux à faire ici.
      Je recycle les écrits
      retrouvés dans mon fourbi ;
      de la prose, je te prie. "
    tiniak puérilement boude
    prenant appui sur ses coudes
    dans son baril avachi.

    97c620057f1db339f9a0493eb9e71054.jpg Le mainate siffle alors
    " Maître, revois-tu ce corps
      piétinant les hellébores
      et s'adonnant haut et fort
      à de suggestives danses
      torrides comme une transe ?
      Il n'est de ceux qui s'ignorent! "

    Le mainate piaille ensuite
    " - Maître, vois-tu qui s'invite
    caressant les amanites ?
      - Non... 'vois pas! Berthe, ou... Edith ?
      - Mais non, c'est le vent marin
    qui rapporte du lointain
    des embruns hermaphrodites "

    " - 'Prends pas tes airs de martyr
    l'oiseau, je te vois venir!
    Va chercher mon gant de cuir,
    et cesse de m'étourdir "
    Maître et oiseau se préparent
    l'un pétillant, l'autre hagard
    mais tous deux sûrs d'aboutir

    Au terme d'un court voyage
    tiniak redevenu sage
    se tient devant un rivage
    qui lui redonne courage
    " - L'oiseau, tu sais, j'ai grand faim! "
    (ce pour quoi l'oiseau sait bien
    se mettre à son avantage)

    " Je m'en vais planer plus haut.
    Il se trouvera bientôt
    quelque tétin ou cuissot
    quelque fessier rond et chaud
    à rabattre jusqu'à toi ;
    chante un peu et attends-moi
    bien allongé sur le dos "

    Sans trop se faire prier
    tiniak se met volontiers
    à rêvasser, fredonner

    quelques tendres mélopées
    l'océan accompagnant
    son esprit vagabondant
    vers l'horizon irisé

      Il n'a pas fallu une heure
    hors de toute peine et peur
    pour percevoir les odeurs
    les pas et le ton rieur
    des proies que le bon mainate
    de l'aile ou bien de la patte
    guide vers leur prédateur 

    f8811f582367320256c4bc1d8cd1666a.jpg Il en fallut deux de plus  
    pour que ces cons et ces culs 
    ne soient plus des inconnus 
    mais des complices charnus
    et qu'enfin rassasié 
    tiniak se mette à rimer
    comme on ne l'attendait plus

    " Puisqu'il n'est jamais trop tard
    pour écraser les cafards
    ayant satisfait
    mon dard
    je puis reprendre mon art
    lâcher mes vers tout de go 
    me saoûler de vertigo
    et repartir dare-dare "

    76b841edddbd903f68e6661ee3e8309c.jpg " Fais donc ça, dit le mainate
    et sans me graisser la patte
    sans jouer les acrobates
    tu sais que je garde Catt'
    pas loin dans mon lot de rimes
    qui ne supporte ni frime
    ni le moindre psychopathe "

    " De cela je te sais gré.
    Si je me suis égaré
    à jouer le veuf éploré
    tu sais comment raviver
    mon joujou de tac-au-tac
    mon bagout de tout-à-trac
    qui t'a toujours fait marrer "

    " Aussi, Maître, brisons là!
    Comme au temps des cattleyas
    lâchons nos mots quels qu'ils soient
    et qu'advienne ci ou ça
    de la poule sur son mur
    rien n'arrête d'aventure 
    la vigueur de nos blablas " 

    " Ah, ça! L'oiseau, tu dis vrai
    ceci n'a que trop duré!

    Vois, je m'en vais débrancher
    ce qui me tenait lié
    et m'empêchait d'entrevoir
    ni solution ni espoir
    où il n'est que d'être entier

    car au fond, en toute chose
    et quelle qu'en soit la cause

    (délicieuse ou bien morose  
    rageuse ou à l'eau de rose)
    il est un rien de futile
    qui attend au bout du fil
    qu'enfin quelqu'un vienne et ose... "

    Le mainate : " - Lui mettre un bon coup de poing ?
    tiniak : " - Tsi hi! ... lui faire du bien! "

    tiniak le niak(oué!)