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  • Aracna (2)

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    Carna-Original.jpginterprétant librement les illustrations de la dessinatrice Nephyla, je me suis proposé, avec son autorisation, d'extrapoler quelque nouvelle fantastique, inspirée par son graphisme expressif.

    EN RESUME :

    Akitin, le Colporteur a découvert la petite et mystérieuse Aracna, flottant sur l'eau entre les bras d'un arbre mort. Ayant confié la jeune enfant aux soins de la famille du docteur Grescar, Akitin la retrouve chez eux quelques mois plus tard, à l'occasion d'une réception comme le couple aime en donner fréquemment en priant le Colporteur de les animer de contes et de chants.  Les visites d'Akitin, sont toujours une fête pour l'enfant secrète.

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    LI GÜRLN


    " Sliur Akitin, vous nous voyez très honorés de votre présence. prenez donc la peine d’ôter votre cape. Anna, vous serez gentille de débarrasser Sliur Akitin, je vous prie, m’accueillit Madame Grescar, femme accorte et enjouée, mais maîtresse femme tout de même - de celles qui imposent respect et bon aloi dans leur domaine. "
    Quand je pénétrai dans le salon, j’en appréciai l’ambiance feutrée, le raffinement discret du mobilier offrant un écrin des plus appropriés pour les œuvres de maître et les tentures qui habillaient les murs.
    " Ah, je constate avec bonheur que vous avez apporté votre plus bel instrument, s’extasia avec une emphase exagérée le docteur. Passons vite à table, voulez-vous mes amis ? Nous n’en jouirons que plus tôt des savantes mélopées de Sliur Akitin. "
    Les convives, dont je connaissais la plupart, me gratifièrent de grommellements circonspects.
    J’étais en effet régulièrement sollicité par le couple Grescar aux fins d’agrémenter leurs soirées mondaines ou privées avec une série de liaars encadrant quelques vieux contes. Pendant qu’ici et là les gorges achevaient de se soigner en sirotant leurs douceurs liquoreuses, j’extirpai mon nissarne de sa gangue pour le présenter à la curiosité bonhomme du docteur. Il s’en saisit, actionna la manivelle et pinça quelques cordes.
    " - Magnifique, tout simplement magnifique ! me dit-il avec, dans le regard, la brillance d’une joie enfantine.
      - Madame est servie, annonça Freddele, le vieux majordome qui me semblait toujours avoir été conçu avec les plus anciens fondements de la bâtisse.
    On se dirigeait vers la salle à manger.
    Une femme s’effaça pour me laisser passer. Dans mon dos, je l’entendis murmurer à son époux "…c’est lui qui a… " (découvert la petite, oui oui).
    Nous fîmes bonne chère, cela va sans dire.
    Peu avant le dessert, on ne manqua pas de m'entreprendre pour narrer dans quelles circonstances j'étais venu en aide à la petite Anna. J'y répondis volontiers, d'autant que cela me permit de jauger mon auditoire et de juger de l'effet de ma voix sur cette bonne assemblée.

    Vint l'heure du conte.


    Je vous parle d'un temps où le rêve des hommes leur parlait d'eux-mêmes depuis le mont Darn.

    En ce temps qui subsite malgré nous au plus fort de l'oubli, vivait Li Gürln.

    NEPHYLA.JPGPrincesse de la lignée des Sorgh, fille unique dont le père Nahian venait de sacrifier sa vie au cours de la fabuleuse bataille de Kaarn'an-Darn, Li Gürln serait bientôt appelée à régner sur les peuples de la vallée du Kaarn. Il ne lui manquait, pour succéder à son père, que de trouver le chant qui plairait à son peuple.
    Les rives du fleuve Kaarn avaient bu tout le sang versé sur la plaine. Les crânes des vaincus ornaient les pics le long des berges à nouveau giboyeuses et l'étendard en berne de Nahian flottait depuis trois révolutions aux flancs du mont Darn en sommeil.
    Bien des voix s'étaient succédées, venues de tous les horizons connus, clamer leurs mélopées sous le Daarnem. Chaque soir, chaque matin, Li Gürln y accueillait les prétendants, chaque fois entourée de nouveaux membres de son clan. Jeunes ou vieux, mâles ou femelles, tous la secondaient dans son choix. Mais Li Gürln savait une chose : le chant qui plairait à son peuple sera celui qui la fera vibrer elle-même.

     

    tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK -#340-3
    proposition inspirée par une illustration originale de Nephyla

    (toubi continioude...)

  • Aracna (1)

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    illustration : NEPHYLAinterprétant librement les illustrations de la dessinatrice Nephyla, je me suis proposé, avec son autorisation, d'extrapoler quelque nouvelle fantastique, inspirée par son graphisme expressif.

    EN RESUME :

    coutumier de promenades noctambules au bord du canal de Ghiz, Akitin, le Colporteur a fait la découverte, flottant dans l'eau entre les bras d'un arbre mort, de la petite et mystérieuse Aracna. ayant confié la jeune enfant aux soins de la famille du docteur Grescar, Akitin la retrouve quelques mois plus tard.  à défaut de connaître ni les origines exactes de l'enfant ni les circonstances de son abandon supposé, les Grescar en ont fait leur femme de chambre. apparement amnésique, la fragile Aracna s'accomode tant bien que mal de sa situation. Les visites d'Akitin, sont toujours une fête pour l'enfant secrète.

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    ARACNA

     

    et me voici, frappant de nouveau à sa porte.

    j'entends les pas guillerets de la petite employée de maison se porter à ma rencontre. j'étais attendu - surtout par elle! baillant grand la lourde porte, elle me lança au visage son plus franc sourire rehaussé d'un regard de braise.
    " ma petite sirène! " lui dis-je tendrement en lui ouvrant mes bras. elle vint s'y blottir comme en ce soir lointain où je l'avais couverte de mon attention, sans me douter qu'elle finirait par accaparer la meilleure part de mon affection.

    le souper n'avait pas encore été servi - loin s'en faut! c'est donc en tenue de femme de chambre (sa nouvelle fonction dans la maison Grescar)que ma petite sirène se jeta dans mes bras pour s'en extirper très vite et me dévorer tout vif de ses yeux plus que jamais rougeoyants.

    " Si vous voulez bien vous donner la peine, Sliur Akitin " fit-elle en s'effaçant devant moi avec un sérieux aussi pompeux que grotesque entre nous. je me prétai au jeu, raffermissant mon allure. au passage, je lui remis une fleur que j'avais cueillie près de l'eau, en lui adressant tout de même un clin d'oeil entendu. puis, sans me douter de rien, je déclarai :
    - veuillez m'annoncer je vous prie, Anna...
    - ah, ça non, alors! rétorqua la fillette avec un bel aplomb. d'abord tout le monde t'attend! et puis, ajouta-t-elle avec davantage de malice indignée dans le murmure, ne m'appelle plus Anna! tu sais bien...

    Carna-Original.jpg

    je savais, en effet.
    le nom que lui avaient donné les Grescar (à défaut de savoir quel était le sien véritable) ne lui plaisait pas. et, lors de ma dernière visite, nous étions retournés près de l'arbre où je l'avais trouvée. comme elle était profondément fâchée de devoir s'appeler Anna, je lui proposai de se nommer elle-même, sachant que je serais toutefois la seule personne possible dans la confidence. le complot lui avait plus. elle me demanda de tracer dans le sol détrempé les signes de son nom, ce que je fis.
    - le nom entier, avait-elle précisé.
    - que veux-tu dire ?
    - bah, avec Grescar au bout, quoi.

    la fillette demeura un moment, debout entre mes jambes. ramenant sur elle les plis de mon manteau, elle contemplait les lettres molles. puis elle prit une brindille et traça en miroir une anagramme qui me stupéfia. visiblement satisfaite, elle déclara :
    - voilà! je m'appelle comme ça, maintenant.
    sur le sol, les lettres molles formaient cet étrange patronyme : ARACNA GRENS.
    - c'est joli, tu trouves pas ?
    je plongeai mes yeux noirs dans la rougeur des siens. la tenant par la main, j'acquiesçai en silence. comme pour souligner la gravité de ma révérence, un vent siffla dans les branches de l'Arbre Mort.

    tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK -#340-2
    proposition inspirée par une illustration originale de Nephyla

    (toubi continioude...)

     

  • irruption opaline

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    NEPHYLA2Ayant reçu confirmation de la dessinatrice Carole Carrion alias Nephyla, je vous soumets ce début de nouvelle, inspiré par une de ses illustrations. pour vous donner un énigmatique aperçu de ce qui vous attend, les mirettes! j'agrémente également cette note d'un projet de couverture en cours chez la même graphiste (hop! : ci-contre).
    comment je l'ai rencontrée ? ah!
    eh bien, je vais vous faire une confidence : je me suis découvert arachnophile, dis... si ; et l'intitulé du blog de Nephyla étant "L'Araignée au Plafond"...
    C'EST VU , C'EST PRIS...
    l'auteure y développe divers projets dont, si j'ai bien tout compris, celui d'une BD qui pourrait avoir pour titre "Les Enfants de L'Arbre Mort"...

    a-donc, proposition librement adaptée de l'original !

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    NEPHYLA (détail)IRRUPTION OPALINE

    je ne croyais pas aux sirènes, pensais avoir amplement dépassé l'âge requis pour de telles fantasmagories. puis vint ce jour sombre et gris vert d'un mois de novembre où l'hiver peinait à s'imposer dans l'air saturé de brouillards matinaux traînant les plis de leurs manteaux jusque tard dans l'après-midi. l'esprit encombré de pensées imprécises, j'avais fini - comme de coutume, par déambuler près du canal de Ghiz, où je me laisse couramment hypnotiser par les ombres et les reflets de l'onde apprivoisée. je m'étais laissé entraîné jusqu'aux limites des faubourgs, bien au-delà de la fonderie, où de vagues terrains avoisinent les labours, tandis qu'au ciel un firmament disputait ses rougeoiements avec ceux plus intermittents des grandes coulées de métaux lourds. c'est là, tranchant dans un rais de lune hésitant, que je vis son petit corps flotter de façon singulière. on l'eût dit couché sur la terre - ou sur quelque vieux canapé, mais il flottait! immergé à peine à moitié, sur le flanc droit et glissait nu sur le courant ne semblant pas souffrir du froid.

    A y regarder de plus près, je me trompais. ou plus exactement, j'étais victime d'une illusion d'optique. le corps de la toute jeune fille flottait bel et bien sur le canal, mais le courant passait dessous! tout en m'approchant davantage, je constatai qu'il en était de même pour les quelques insectes et résidus de branchages qui flottaient alentour. j'observai alors qu'un arbre mort, les pieds dans l'eau, délimitait cette zone incongrue, où le courant ne savait plus avoir de prise sur quoi que ce fût.

    illustration : NEPHYLA

    je me portai naturellement au secours de la pauvre enfant (idiotie présomptueuse!) et parvins à la hisser sur la berge, couvrant son petit corps aux longs cheveux luminescents sur la blanche et pure opaline de sa peau fine. seules quelques rougeurs logées aux articulations donnaient à cette apparition un témoignage de vie sanguine, car la faible respiration qui s'échappait de la menue poitrine ne laissait rien présager de bon. quelle ne fut pas ma surprise alors, comme je prenais dans mes bras le petit corps aux fins de le mener à de plus conséquents secours, le visage de l'enfant s'anima et découvrit sous ses paupières immenses, des yeux rouges vifs - de ceux qu'on voit aux lapins de laboratoire!

    " ça y est ? on est arrivés ? " me demanda le petit être, comme si j'avais toujours été de sa parentée.

    la petite sirène ne tarda pas à replonger dans sa torpeur engourdie.
    je m'avisais alors que nous étions plus proches de la demeure d'un de mes clients, médecin, que d'aucun autre secours. je m'y rendis au plus vite.

    et me voici, frappant de nouveau à sa porte.

    j'entends les pas guillerets de la petite employée de maison se porter à ma rencontre. j'étais attendu - surtout par elle! baillant grand la lourde porte, elle me lança au visage son plus franc sourire rehaussé d'un regard de braise.
    " ma petite sirène! " lui dis-je tendrement en lui ouvrant mes bras. elle vint s'y blottir comme en ce soir lointain où je l'avais couverte de mon attention, sans me douter qu'elle finirait par accaparer la meilleure part de mon affection.

    tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK -#340
    proposition inspirée par une illustration originale de Nephyla

    (toubi continioude...)

    NEPHNIAK.JPG
    hop! découvrez l'univers de Nephyla

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    Qui plus est, je dois à k-roll cette autre découverte, musicale celle-là.

    y a pas! avec Carole, ça colle...