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  • Hors-la-loi

    Le retour du printemps échauffant les esprits
    tout concordait ici pour que bientôt ça barde !
    Sans rien en dégonfler, on ouvrait les mansardes
    les rideaux s'agitaient au souffle du pays
    comme le linge écru déployé sur les fils
    et les robes passant de blafarde en bavarde...
    la pression demeurait palpable sous les ris

    On en avait pourtant supporté, des bravades !
    et des occupations ! des heurts et du mépris...
    Mais il exagérait, l'autre Béni-Oui-Oui
    à nous servir sa soupe aux relents de moutarde
    car, à creuser un peu, sa morgue se lézarde :
    l'était pas le dernier à téter du pastis
    ni à tâter en coin quelque fesse gaillarde

    Il s'était condamné en disant, à l'envi
    conspuer nos valeurs, pisser sur la cocarde
    et de fanfaronner de sa voix nasillarde
    arguant de religion et de suprématie...
    Ça n'a pas fait long feu ! Ça n'a pas fait un pli !
    On lui a fait bouffer ses bottes, sa guimbarde
    et le fameux Stetson à son front de Teddy !!

    Non, mais…
    Au pays du Horla !

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour la 500ème du Défi du samedi !!

  • C'est le métier qui rentre

    Il croyait bien connaître l'ombre
    à force d'embrasser la suie
    et le voici pris dans la nuit
    à hurler seul sous les décombres
    de ce qu'il avait tant chéri
    le ramoneur
    ramoné par un sang meurtri

    Il ne livra plus ses casiers
    couverts d'encre bleue, pleins de nacre
    saturée de laiteux massacres
    ne pouvant rien anesthésier
    de l'aveu ni du simulacre...
    l'écailler fou
    le couteau planté dans un fiacre

    Il masque son cœur à l'envers
    fuyant les regards sur la place
    plus froids que les verres de glace
    que lui commandent les chaumières
    pour se refaire un peu la face
    le vitrier
    l'haleine chargée de vinasse

    Il aura bientôt sa revanche
    contre les bouchées à la reine
    bradées à la petit' semaine
    par le gros porc au triste manche
    Oh, il s'en paiera une tranche
    l'écarisseur
    de la bouchère aux vastes hanches

    Moralité ?
    Méfiez-vous des petites mains...
    Ne minorez pas leur ouvrage
    car il est tout sauf anodin
    pétri tant de force que rage

    Ce mal au ventre ?
    Allons ! C’est le métier qui rentre

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#314

  • Ma, no !

    à Marie-Noëlle Roederer

    Son nom ? C'est un regard, large comme un sourire
    des parfums cuisinés depuis quelque grimoire
    - oublié ? négligé ? Non pas ! dans cette histoire
    qui lui filait le train et prévenait du pire

    D'elle, je l'ai compris : on est jeune à tout âge !
    Il suffit de chanter, d'embrasser une fleur
    de garder, bien au frais, quelque poème au cœur
    et puis de s'indigner contre les avantages !

    Chacun de ses enfants m'ont donné à connaître
    la beauté de l'instant, la musique du jour
    et la curiosité qu'il faut garder - toujours !
    soucieux, mais bon vivant, cherchant ce que c'est d'être

    Adieu, vains cardinaux ! Cette femme fut digne !
    Qu'avions-nous z'en commun ? Laforgue, par exemple
    "Tant les bois sont rouillés..."; je vais m'en faire un sample !
    Je signe ce regain : MaNo, en quatre signes...

    Et, tristement gouailleux
    je ramasse en vos yeux
    cette invite anarchiste
    où Marie-No subsiste
    et dit : « soyez heureux… »

    MaNo,Marie-Noëlle Roederer

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Épreuves paralimbiques

    Sur la pierre de Caen, l'or était à pleurer
    quand le ciel, déclinant mon invite, fuyait
    un hiver opiniâtre étalant son glacis
    mêlé de blancs-mangers émiettés en grésil
    pour finir en gelée plus froide qu'un lent deuil
    qui me crispait les doigts et m'aveuglait un œil

    Le printemps se tenait, pourtant, en embuscade
    disant son chapelet de buisson en calade
    bourgeonnant çà et là, j'en sentais les prémisses
    timides, parfumer ses algides esquisses
    mais le froid persistant... et quelques cigarettes
    m'engourdissaient le nez, pis qu'un jus de chaussette !

    Des vents se renvoyaient les orgues sépulcrales
    - aux échos saisissants ! du long sommeil hiémal
    où je ne percevais plus que la plainte sourde
    et résignée du temps affectant mes esgourdes
    (ce fracas silencieux, c'est à n'y rien entendre
    et laisser sa chanson mouronner sous la cendre)

    Voulant pousser la mienne et sa clameur farouche
    je remâchai ma peine et ouvris grand la bouche
    Un relent de brandade envahit mon palais
    et, dans le même instant, je fermais mon clapet
    Moi qui n'ai jamais craint d'exhaler mes courroux
    je m'étonnai soudain de n'y prendre plus goût !

    Puis, j'ai tendu la main vers la seule misère
    qui parle comme moi, mais siège cul à terre
    pour lui raccorder ma pièce d'humanité
    à son tas de chiffons et de journaux papier
    quand - surprise ! un juron jaillit de l'agrégat
    Ben... sans aller au front, ça m'a coûté un bras !

     

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#313

  • sûre prise

    L'œil vif et le regard curieux
    gravement malicieux
    elle remet en jeu son titre de Markise
    à lever la surprise
    dans le champ de l'instant
    où flotte un mouvement qui rameute le sens
    interroge l'essence
    vient à brouiller la mise
    et s'efface en riant dès la prochaine prise

    Où que logent ses ombres
    des propos satisfaits, elle n'est pas du nombre
    et, dans sa profonde heure
    cultive une abyssale noblesse de cœur

    Un allant coloré dore ses intentions
    de feuilles enfantines
    cultivées à Berlin
    pour fleurir à son front
    comme autant de boutons à son coffret d'épines

    Impossible mission remise au goût du jour
    avec obstination, sur un meuble métier
    elle veut embrasser des fantômes, des fours
    des ballons dans la cour, le pied à l'Être y est !

    Ses robes tuent le temps
    d'un éternel élan vers un soudain espace
    sa chair est, sans menace
    un aveu délirant

    Elle remet en jeu son titre de Markise
    (vous dis-je, à chaque prise !)
    l'âme dans l'objectif
    et le geste amoureux, sincère, suggestif

    Photographie, insta, poésie, tiniak, Louise Markise
    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Dédié à Louise Markise (photographie en illustration)