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Grrr!

  • Elle gît, Betty ?

    La lune et sa gueule fendue

    n’en pourront bientôt plus

    de suivre, pas à pas

    ton périple de bras en bras

    la bouche pleine et l’œil foutraque

    l’âme tapie dans son hamac

    le cheveu fébrile à ton front

    au chevet d’un mâle buisson

     

    Girl ! L’aube à l’amère et blanche heure

    relevant ton quart d’heurts

    dégrisera tes ombres

    parmi d’autres, plaquées z’en nombre

    sur le trajet qui te ramène

    à ta chambrée de peine pleine

    où tu vas vomir de vains pleurs

    car il n’y loge aucun bonheur

     

    Buvant ton bol de solitude

    qu’un lent soupir élude

    il faut plonger la main

    dans les cloaques quotidiens

    et rapprivoiser ton sourire

    pour le soumettre au Triste Empire

    approuvé par des nuques molles

    que modèlent bien des écoles…

     

    Tout suit son cours - et c’est mortel !

    et ça va, son rituel

    et sans rien à offrir

    pas même un caillou, un sourire

    sur qui l’on marche, droit devant

    sans se soucier, cependant

    qu’il est même de la famille

    ce garçon né pour être fille

     

    "Que c'est pour ça qu'elle gît, Betty ?"

    tinak,poésie,lgbtq,zelda weinen,still alive,have you seen jackie?

    - à ma JBDouce et sa  talentueuse cousine Zelda Weinen -

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Misère, mi-raison

    Drôles de gens, pas rigolos
    (mais alors, pas du tout !)
    dont l'On dit en avoir plein l'dos
    (pour leur tordre... le coût ?)
    je vous vois plaider vos histoires
    (au tribunal du zinc)
    et le verbe, et la face, noirs
    (à vous voir comme : dingues !)

    Petites gens, le cœur meurtri
    (au regard égaré)
    sous le "magnitudo parvi"
    (deux balles dans le pied)
    je vous entends rire trop maigre
    (pas loin de nos agapes)
    sur votre verre de vinaigre
    (au bras de vos satrapes)

    Bordels du genre (en apostrophes)
    Pâtés de sable (en catastrophe)
    Grèves de l'esprit (limitrophes)
    Propos obscurs (et limite off)
    C'est trop de réflexes, Pavlov !
    Allons coucher sur le papier
    des raisons de nous embrasser
    plutôt...
    que se raviv'nt au brasero
    des indignations à la Coffe

    Mais...

    "Ce petit cul chaud, fumant dans la brise, au matin..."
    En oublieras-tu le festin
    ...la question, nue sur l'oreiller ?
    Tableau paisible et plein de charmes...
    Si tant que s'abreuve d'alarmes
    un cœur pas si bien éveillé !

    Et cette mèche...
    C'est un vrai conflit : miel ou pêche ?

    Et pi les autres... ?
    C'est pas du blé, mais de l'épeautre !

    Grands conflits, belles rages...
    Qui vous donnera l'avantage
    sur quelques soupirs quotidiens ?

    Nul ! Grand Soir... et nulle ! aube de Petite Oie
    A chaque extrême, aucune voie, que la vôtre...
    Me va mieux prendre, à ses deux bouts, le crépuscule
    au bras de l'Autre
    que nuit et jour soient même Joie
    sans coup férir et sans férule

    "...the same stars that cover you, they cover me..."
    Regarde...
    (les étoiles sont le reflet de ceux qu'on n'a pas vu passer)

    Prends garde, eh !
    Celui-là va nous faire chier...
    Changeons vite fait de trottoir...
    Allons ! Allons, ce disert soir
    baiser le pli de notre histoire

     

    polésie smirituelle,je vous salis ma rue,anarchie

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Maint au panier...

    Ça va pleurer
    dans les paniers
    nombre pages de libre farce

    Des palsembleu
    à qui mieux-mieux
    et des larmeux z’à double face

    Sous les portraits
    dénaturés
    y a plus de tain, que d’la mélasse

    Et, des gamelles
    tomb’nt t’à la pelle
    des mets qui n’ont plus d’âme, hélas

    Mais, des brûlots ?
    plus que n’en faut !
    pour se navrer les uns les autres

    Quand, sur la toile
    on met des voiles
    c’est d’être de piètres apôtres

    Des crus s’y fient...
    des burkinis...
    sans horizon dansent, macabres

    Quand, à foison
    veules toisons
    étouffent cru tous les palabres

    Foin de déclics
    dans cette clique
    (à désespérer de la langue)

    Là, sous nos yeux
    c’est pas du jeu
    mais sauvagerie délétère

    Sous ta souris
    t’as trop d’amis
    pour t’en faire une de la terre

    Tant de déchets
    vont au panier
    qui en sortiront pis encore

    Tout est foutu
    Tremble, vertu !
    Tes valeurs restent lettre morte


    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Downtown walk through

    Des mains déchaînées s'en racontent...
    Pas loin, sur un chemin de honte
    des coups pour rien, des embuscades
    aux gras teints, aux nuits de muscades
    et puis s'engoncent dans les porches
    lames légères sous les torches

    On n'a rien vu (c'est mieux, ça comme
    - mais si, tu le sais bien, bonhomme)

    Watusi, hey! what did you see?
    Si je m'en réfère à ces cornes
    à l'extrémité de tes doigts
    tu sais combien elle est sans bornes, la violence
    qui a forgé ces résistances
    au fond de toi

    Nan ? Nan ? Mais si... Mais si, petit !

    Tu vois sillonner au jardin
    la tortue dans sa carapace
    quelques pissenlits pour festin
    sous des ciels exempts de menace
    et chaque jour de Normandie
    à l'épargner de vilains cris
    si vains que courbe
    va, son chemin, le reptilien et sans esgourdes

    Oh ! C'est déjà l'heure espagnole aux flancs du port
    il en saigne une muse à règne sans trésor

    What have you heard, you silly bird along the bank ?

    Neither a word wiping the hurt nor a demand

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Scénario pour tout un fromage

    J’aime à voir sinuer, entre les fins copeaux de Comté, les reflets verdâtres et veloutés de l’huile d’olive quand, du pouce et de l’index, je fais légèrement osciller ma tartine de pain grillé pendant la pause pub de mon film du soir. Dans ces plages de publicité indigeste, je déteste en revanche voir ces femelles béates devant le prochain bien de consommation sur lequel vont se ruer nombre d’écervelées désespérément en quête d’un brin de reconnaissance. Reconnaissance de quoi donc ? De leur uniformité normée ? Peuh… !

    Après le dernier film du soir, j’aime prendre l’air, quel que soit le temps et marcher dans le quartier où je réside depuis plus de trente ans de célibat résolu. Je jette un œil aux nains de jardin du voisin, celui du 40bis, voir s’il n’aurait pas fait une nouvelle acquisition de ces pitoyables mochetés qu’il vient briquer tous les matins avant de se rendre au boulot et le soir au retour, sous le regard flétri de mièvrerie que lui prodigue sa vieille bique de mère, derrière son rideau brodé, par-dessus la jardinière de géraniums rabougris. A pleurer...

    Battre lentement les cartes de ma patience, un grand bol de café ravissant mes narines tandis que la radio égraine ses émissions, aussi matinales que je le suis, me procure un plaisir savoureux. J’aime y manifester lascivement la plénitude de mon quotidien solitaire contre les vaines turpitudes qu’assènent, avec une obstination quasi obscène, les prétendues « nouvelles du jour ». Quid novi sub sole ? Des nèfles ! La litanie des bassesses, du pain, des jeux… Du flan !

    Elle s’annonce fort belle, cette journée. La lumière est à s’y dissoudre ! On dirait un 4 juillet dans un film américain à gros budget. J’ai bien l’intention de la mettre à profit car demain, à la Maison de Quartier, se tiendront des sélections (des sélections… !) pour désigner la future Reine des Pétasses de notre région. Je file droit vers le fleuve avec, encore en tête, les images confuses et vivement colorées de mon dernier rêve; un de ceux que j’affectionne particulièrement, où je promène, flanqué de mon Âne-Chien, par des rues saturées d’odeurs et sous le vert couvert d’arbres bavards. L'entièreté de mes sentiments s'y répand. Délice !

    Ramdam comme prévu, le lendemain matin ! En fermant les volets, j’entrevois l’autre benêt du 40bis sortir son chien ridiculement minuscule dont la clochette tintant à son collier a le don de m’exaspérer. Le jour durant, je me contenterai de l’ombre douillette et enfumée de mon meublé. Pourvu que les voisins n’aient pas la mauvaise idée de jouer de leurs tondeuses durant ma sieste ! Au moment de fermer les yeux, je tends le bras vers la radio qui bruisse sur le guéridon près du canapé. A peine si j’entends les derniers mots du bulletin des actualités…
    « …Drame aux élections de Miss Normandie : l’élue du jour a été retrouvée à l’aube, près du fleuve, le corps massacré et odieusement mutilé. Des témoignages concordants lèvent la piste d’un individu aperçu portant un nain de jardin, passablement ensanglanté et figurant le célèbre chef Apache, Jéronim… » - OFF -

     

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    Peinture d’Art Brut – ©Jaber (Al Mahjoub)

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#350

    Sur la proposition d'Emma :
    "Cette histoire se déroule un 4 juillet. 
    Elle fait intervenir un chien riquiqui, une tondeuse, un vieil Apache et une reine de beauté."