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Chapitre VIe

  • Petits riens du tout... (grandis ?)

    Le jour se lève
    et je le prends, benoîtement, pour couverture
    A mon réveil, les bruits de la rue sont plus durs
    que le sera jamais mon sexe
    en quête d’aventures, concave, convexe..

    Un rideau tremble…
    (ma parole, il me fait de l’œil !)

    L’Aujourd’hui ment
    obstinément, bourgeoisement; je n’en ai cure…
    (pour le moment, j’ai besoin d’être en écriture)
    Je vais me poster près du fleuve
    à en attendre quelque risée qui m’émeuve

    Un canard passe…
    (en revue, sa lignée fébrile)

    L’hiver se meurt
    (dans chaque bourgeon, chaque fleur) de mésespoir
    car le soleil étend sa charge, chaque soir
    Sur son arnaque horizontale
    je viens épancher mon brûlot sentimental

    Un souffle gronde…
    (c’est pas du vent, c’est du poitrail !)

    La ville chante
    (un air atlante ?), à présent que la nuit s’invite
    de l’un à l’autre, j’en épouille, les points de fuite
    au « raillons-gris ! », sur mon carnet
    lui, qui sait si bien recueillir tout mon carné

    Une idée pleure…
    (âpre est l’autre et ainsi de suite)

    Le printemps sourd
    (de chaque jardin, chaque four), le ventre plein
    de notre amour de ces petits riens du matin
    quand, sur mon dos, passe ton doigt
    pour me dire à nouveau : « Eh, j’ai faim ! Lève-toi. »

    Un rire explose…
    (c’est bonheur d’en être la cause !)

    « - Eh, se pendant, il rêve encore ! »
    (applause)

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#345

  • Escape game

    Le monde était à ciel ouvert
    Il fleurait bon, dans l’alentour
    des parfums gras et prometteurs
    Je ne voulais pas savoir l’heure
    (me contentais de ses contours)
    et jurais n’avoir pas souffert

    La porte était fermée, pourtant
    (à double tour, me semblait-il…)
    l’idée me vint, dans ce chenil
    que tu m’y laissas trop longtemps
    croupir
    pour que ne survînt, là, le besoin d’advenir

    Les ombres reculaient soudain !
    De leur impérieux œuvre au noir
    il surgissait des coloris
    déchirant les bruns et les gris
    que mes songes, dans ce couloir
    caressaient du plat de la main

    Ayant recouvré la palette
    animant de neuf ma rétine
    j’ai loué la grâce divine
    qui m’aura rendu mes lunettes
    d’un rire
    plus éclatant que ne le serait Agadir

    Adieu, chenil, laisse, collier !
    Je viens promener dans tes pas
    et fredonner quelque largo
    Un fantôme à cru sur le dos
    je lance à nouveau ton Vespa
    sur le bitume et le gravier

    Avec ta clé rouillée en poche
    (tu sais, celle de Malakoff…)
    je suis à nouveau, bel et sauf
    le Chien qui n’y voit rien de moche
    à mourir
    depuis que j’ai compris que tu fus mon Nadir

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#344

  • Anarchiste en questions

    As-tu même l’idée que tu es déjà libre autant qu’à ta naissance ?
    Nan ? Le récit dominant contraint ce que tu penses ?
    A qui tends-tu la main après t’un bon repas ?
    Riche idée d’ignorer le sang sur les gravats ?
    Comment fais-tu rimer les maux de tyrannie ?
    Homme, femme et enfant… de la boulangerie ?
    Inventes-tu le Jour avant la Nuit Dernière ?
    Sais-tu qu’un Lent Demain renifle ton derrière ?
    Te sens-tu masculin, féminin ou pluriel ?
    Et c’est quoi, selon toi, un amour éternel ?

    Eh, reprends-toi ! Respire !
    N’en fais pas tout un foin; je te questionne, au pire…

    Quadratures du cercle, arrêtez la fiction* !
    Un modèle bourgeois va tomber du bal, con !
    En bas, y danseront les flammes dans nos yeux !
    Suffise que chacun affirme son parti !
    Tout… sera le festin qui nous manquait ici !
    Il nous faudra signer à nouveau le contrat !
    On ne mentira plus, car l’avoir ne paie pas !
    Nan… Et sinon (tu me suis ?), j’en maudirai les dieux !

    Shhhht…

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    *Inspiré par la relecture du "Banquier anarchiste" de Pessoa
    tout récemment et si généreusement à moi prêté par mon camarde Abel F.
    lequel ne jure qu'en français (jamais en portugais) ! Eu égard à sa mère, sans doute ;)

  • Cas seul ?

    Je promène
    entre les deux tours de mon château favori
    dans leur parfum de craie si tendre, le nez pris
    laissant me prendre une charnelle griserie
    à en oublier la semaine, Ben !

    Et je glisse
    vers son jardin à la française, au fin tracé
    ahanant près de sa labyrinthique entrée
    dont je sais que le puits saura m’abreuver
    mieux qu’un long bâton de réglisse, fils !

    Un soupir
    s’échappe alors de ce souterrain abreuvoir
    m’écharpe, encore progressant dans ses couloirs
    et c’est, mieux que douce liqueur, un nectar
    aux troubles vertus d’élixir, 

    D’élection
    je reviens m’asseoir à sa table, où elle trône
    ma châtelaine amie (à nul Game of Thrones
    comparable, ni à aucun semblant icône)
    goûter blancs, cuisses z’et croupions…

    Ô Chatte Laine…
    Eh, tu seras toujours mon château, favorite !
    … à en oublier la semaine

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#340

  • Lume

    Plus le mur tombait sous nos yeux
    plus nous dansions comme deux fous
    privés de partager le feu
    couvant pourtant des ciels plus doux
    à l'occident comme à l'orient
    pour nos révoltes contenues

    Plus la nuit nous tendait les bras
    plus le poison se répandait
    et nous chantions sur nos gravats
    le sang bouillant en aparté
    sous nos carnés déliquescents
    par nos rencontres impromptues

    Plus brutale fut la lumière !

    Certain matin, palpant nos corps
    il ne fut plus question d'espoir...
    Ce pût-il qu'on portât la mort
    le cœur drapé de rouge et noir ?
    A l'occident comme à l'orient
    la joie sentait mauvais du cul !

    Sereins mâtins, larges Suzon...
    Si brutale fût la lumière
    (impitoyable d'A-Quoi-Bon)
    qu'elle obscurcit vos âmes fières
    « Putride occident ! »; « Vil orient ! »
    dans vos billets d'astres mourants
    une révolution déchue !

    Serpentins... quelque anniversaire ?

    Europe, ah dieux (voici ta chute) !
    Esope, il reste un peu de vain ?
    Endoscope, était-ce une pute ?
    Ethiopie, rends-moi ton doux sein !
    De gauche à droite, un astre ment...
    Que pleure le nord vers le sud !!

    «- Oui, j'ai fini; tu peux m’éteindre. »

    «- Ffff... »

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK