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peinture - Page 2

  • jolimo

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    LisaG_Les jolis mots.jpgLes jolis mots
    ces perles d'eau
    douce au creux de la main

    calment la fièvre
    scellant mes lèvres
    à ton prochain festin

    Oh, Lisa j'ai
    un rêve entier
    sur le bout de la langue

    où tes mirages
    sont des rivages
    qui me brisent la gangue

    tous ces trésors
    de rouge et d'or
    toutes les peaux diaphanes

    je les arrime
    à cette rime
    avant que ne se fânent

    tes pas dans les jardins de Diane

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustration : Lisa G., Les jolis mots - 2009.

  • horreur, merveille

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    (hommage gothique à Francis Bacon, artiste peintre)

     

    agrandirHorreur, combien je te préfère
    à l'angoisse et ses peurs
    sans visage, sans nom
    sans rien qu'un tourbillon
    où l'enfer
    est une rêverie sans aire

    Horreur, ta laideur stupéfie
    mais quand je soutiens ton regard
    j'y connais mon parti
    j'y entends ma nature
    et comme elle t'épouse la texture

    Horreurs...
    ta viande hachée qui crie
    ton sourire emporté à demi
    tes yeux mous dans la terre
    tes joues marquées au fer

    Horreur, sur ton fumier
    se peut-il que j'espère ?

    Horreur, tu m'as lancé ta tête
    je l'ai saisie au vol
    et pour lui faire fête
    laissée rouler au sol
    elle m'y a léché les pieds
    comme une folle

    Horreur, quel goût peux-tu avoir
    pour ma carne d'homme ?

    Ne sais-tu pas ces fruits plus goûteux que la pomme
    et si juteux qu'à boire on s'enivre à bon compte
    quand on oublie un peu de sa peine et sa honte
    et que tout le sang râle et nous enjoint d'aller
    curer, mordre, sucer, jouir de cette chair
    qu'on n'a pas de plaisir sinon à satisfaire
    et la soif et la peau, entières ?

    Horreur, j'ai ton nom sur la langue
    et n'ose t'invoquer
    que dans l'inimitié
    si vive, si profonde
    que l'autre fait surgir en un coin de ce monde
    où je cherche la paix
    l'autre, qui me harangue
    me sert une envie de tout assassiner
    à perdre de l'esprit l'entier

    Horreur, je te connais
    à table je t'invite
    à dîner d'une soupe
    il y trempe du laid, du maigre
    et dans ta coupe
    je verse un peu du sang - ce régal !
    que j'ai repris aux miens
    - qu'ils pleurent du vinaigre
    la face dans leurs mains

    Horreur, si je t'épouse
    me feras-tu l'honneur
    de me passer la blouse
    dont tu revêts tes gens
    quand ils vont officier
    sur les champs de bataille
    pour approvisionner
    tout ton content d'entrailles ?
    Ainsi, tu me rendras pareil
    à ces nuits dans la nuit qui mangent le sommeil

    Horreur, merveille.

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    illustration : Francis Bacon.

  • natures fortes

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    Deux tableaux se font face
    l'un grisonnant, l'autre vivace ;
    ce qui se passe entre eux
    - je l'observe, ne saute pas aux yeux
    et comme ils parlent peu
    il me faut deviner leur dialogue discret

    Le naturel de l'un semble incommoder l'autre
    dont le sourcil arqué, torse, froissé, se vautre
    sous la paroi exsangue du front inquiet
    grogne, rogne à la base du nez la trogne
    d'un coup de griffe de jais

    appelons-le Visage
    (malgré son teint de pitre)

    Une France de rois pourrait mener sa courre
    par les allées du bois que celui-là présente
    à travers les frimas une frondaison lente
    révoque le regain de plus franches amours
    dans l'or timide et pâle d'une aube naissante

    nommons-le Paysage
    (d'ailleurs, c'est dans le titre)

    Comme tout les oppose
    je ne sais pas trancher où va ma préférence
    à cette austère pose ? à ces luminescences ?
    je n'ose... je balance...

    Tu m'es plaisant, Visage, avec ta mine sombre
    il y a du ridicule à ta colère noire,
    tandis que ta tristesse nourrit quelque espoir
    forêt de Paysage où s'effacent les ombres

    Je ne veux pas choisir, laisse ouverte la porte
    et mon âme bondir dans ces natures fortes.

     

    allee-foret-241205.jpg

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    (à paraître dans l'abécédaire poLétique)

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • ...quoi d'autre dans le chili tunisien ?

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    Nasreddine_El_Assaly1.jpg

    murs austères et songeurs, à l'enfilade
    réfléchissant la chaleur par les calades
    où le pavé poussiéreux mollit un peu
    mais ce n'est qu'un lumineux trouble des yeux

    c'est l'heure où fille et mère d'oranges
    passent au rouge dans l'ombre étrange
    qui se gardait sous l'arcade fraîche
    de seulement leur frôler la mèche

    père et frères sont au souc à leur étal
    pratiquant un franc marché sentimental
    enrobé de thé bouillant le doux halwa
    retient le parfum des doigts de Fatima

    souffle vers la rive tunisienne
    un chili a rosi les persiennes
    et dans la cité de Jaouhara
    s'est invité le vieux Sahara.

    tiniak © 2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK -#525
    inspiré par un tableau de Nasreddine El Assaly, peintre.

  • impossible conservatoire

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    Le Déjeuner sur l'Herbe, de Monet.jpg
    le gazon pianotait sur le dos des fourmis
    sous la brise légère, un bel après-midi
    s'offrait à la paresse, invitait au voyage
    et tenait sa promesse à l'abri des feuillages :

    la guerre est impossible.

    des enfants se cachaient quelque part alentour
    en allant débusquer sous les bosquets l'amour
    et son gentil murmure au long des boutonnières ;
    le printemps triomphait dans l'oubli de l'hiver

    la mort est impossible.

    le saucisson suait sur la nappe à carreaux
    et l'abeille agaçait la confiture en pot
    mais on n'y prenait garde, on débouchait le vin
    et dans l’œil qui s'attarde palpitait le sein

    la peur est impossible.

    des chants couvraient des ris qui couvraient des hommages
    éloges à la vie, à son doux badinage
    on s'échangeait des plis, des poèmes, des lettres
    et le temps s'étonnait d'avoir le temps d'y être

    l'horreur est impossible.

    et le très cher ami venu de son lointain
    admirant de ta chair la rondeur et le teint
    à la pâleur étrange, avait quelque embarras
    à dire en notre langue un terme délicat

    la fange est impossible.

    on était loin du compte à rêver d'éternel
    l'horizon nous masquait un horrible cheptel
    le siècle se trompait, croyant que rien ne bouge
    des crânes craqueraient bientôt sous l'herbe rouge

    la paix est impossible.

    Le Déjeuner sur l'Herbe, de Manet

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

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    bonus, with a little help from Joe KRAPOV
    mettant en musique un poème de NERWEN* :

    Canzonetta

    * "Nerwen - Canzonette" ; texte orginial paru sur Kaléidoplumes