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chansonges

  • Impériale

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    Mélancolie
    je sais le prix
    de ta miséricorde à nœuds

    Grince, poulie !
    Ta mélodie
    drague des fonds libidineux

    Trille têtue
    Ah ! cœur perdu
    pour l'harmonie testamentaire

    J'ai rebattu
    des pavés nus
    le long corps expéditionnaire

    Des caniveaux
    tous les bateaux
    baillent aux bourgeoises corneilles

    L'ante credo
    d'un trémolo
    du balcon jusqu'à la corbeille

    Galimatias
    des entrechats
    respirez entre vos soupirs

    Petits soldats
    des "ah là là"
    sonnez la charge de l'Empire


    (Goûtez le charme suranné de ce poème
     à la carne aussi mesurée que XIXème

     Pour moi, sachez qu'il suffira
     d'en rire et croquer du nougat
     avec mon café d'Agadir)

    london_greenbus.jpg

    tiniak - Mes chanSonges ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • nocturne

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    HeliosR.jpg

    La nuit n'est jamais complètement seule et nue;
    il y traîne toujours, une étoile après l'autre
    élégamment vêtus, sobres comme l'apôtre
    et réclamant obstinément mon regard ou le vôtre :

    quelque divinité parcourant son domaine
    au regret d'avoir oublié les jours de la semaine

    une ardente jeunesse en peine avec son char

    (il voudrait s'arrêter, allez ! voir la chute d'Icare)

    ultime fulgurance entrant dans l'atmosphère

    des météores le galop fertile et suicidaire

    l'écho mystérieux d'océanes sirènes

    dont personne ici ne sait plus lire la cantilène

    l'écharpe effilochée, l'enfantine espérance

    qu'une âme bien intentionnée lui porte chance

    le drapé rigoureux d'aurores boréales

    orne à septentrion le front de marbres pâles

    l'épais tapis moussu des vastes canopées
    offre à la nuit venue de s'essuyer les pieds

    et la nuit librement laisse sa chevelure
    flotter au gré du vent pailletée de dorures.

    tiniak - mes chanSonges
    © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un
    Impromptu Littéraire - tiki#81.

  • Au compte-tours

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    compte_tours.gifMerde, si !
    je l'ai compris
    il y a une vie après la mort
    et ce n'est pas la mienne

    je respire encore
    - faut-y que j'y tienne !

    Poussez pas, derrière !
    j'ai les pieds devant
    et je n'aime tant la rivière
    qu'à fair' des ricochets dedans

    Tiens, voilà main droite
    Tiens, voilà main gauche
    Prête-moi tes yeux, ma benoite
    que je les chevauche

    Je t'en ferai voir
    de ces verdoyures
    ployant au passage du soir
    leurs tendres courbures

    Nous regarderons
    sens dessus dessous
    un ciel dépourvu d'horizon
    J'effeuillerai des liserons
    pour te caresser le genou

    Et puis quoi encore ?!
    Qui frappe si fort ?

    Si c'est vous, madame La Mort
    souffrez que je soye occupé
    à volontiers compter fleurette
    et pas les années !

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • berceuses

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    BERCEUSE.JPG

    Il y a des berceuses
    qui vous font les yeux doux
    des baisers sur la joue
    et vous laissent, rêveuse
    la nuit qui s'amadoue

    Il y a des histoires

    qui vous disent le temps
    où naquirent les vents
    déchirant au ciel noir
    la cape des géants

    Il y a des caresses

    qui s'emparent du froid
    et du bout de leurs doigts
    n'auront jamais de cesse
    d'en faire un feu de joie

    Et puis, il y a l'absence

    sourde et muette distance
    et le besoin d'aimer
    qui se fait désirer

    Il y a des berceuses

    Il y a des histoires
    Il y a des caresses
    et moi qui veux te voir

    3berceuses.jpg

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • L'Oublieux

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    porte-cles.JPGL'Oublieux
    sa porte,
    lui devant qui s'éloigne
    autant
    que son pas l'accompagne
    et l'hier, à demeure
    sur sa porte palière, pleure
    - et ça pleure misère
    tout le vain dénuement
    de son petit quart d'heure en fer blanc

    Postulat admettant
    par défaut le mouvement :

    « lumière vent debout
    lumière vent arrière
    villes... paysages...
    sans garde-barrière sage
    flopée, le tout-venant
    aux visages béants
    qu'autant d'ombres partagent
    sans aucun arrimage au temps
    dont je ne sais plus l'âge et moins le dénouement »

    Nulle trace après l'huis

    Rien à tirer au puits de l'histoire
    ni palette du blanc au noir
    ni l'odeur véhicule
    ni pleurs qui coagulent
    et pas le moindre nom où placer la virgule ;
    exempte de ciment sa forme adjectivale
    ne l'oblige à compter ni en bien ni en mal
    les jalons de sa trajectoire tendue
    hélicoïdale absolue
    dans un bel aujourd'hui fantasque et contigu

    Vient la tentation (salutaire ?)
    des contemplations stationnaires :

    vent debout les microbes, les astres
    et la poussière des cadastres !
    escadrons-les, nos complots lumineux
    pour fondre sans attendre et puis fendre ces yeux
    aux appétits amphigouriques
    d'aspiration cosmogonique
    où pourraient disparaître
    nos précieux alambics
    n'était le bon goût d'hydromel
    de nos crémeux et vastes ciels

    « Hélice, hélas

    comme tout se fracasse
    contre cette invisible passe
    qui me tient droit et dos au mur
    indéfectible devanture
    que seul un charriot
    mû par quatre chevaux
    parvient à franchir chaque soir
    tirant dans son sillage un sombre promenoir »

    Où la contrainte exponentielle
    absorbe le référentiel :

    « Bon vent à vous, les arriérés
    héritages sans intérêts
    si mon sang ne vous albumine
    c'est de craindre que vos rapines
    l'assèchent
    et que s'engouffrent dans la brèche
    les voleurs dans leurs jarres d'huile
    les mousses rongeant la tuile
    et de Poucet les pauvres quignons inutiles »

    La tête faite comme un saule

    épanche sur son épaule
    une frange mouvante aux bras tentaculaires
    s'y attardent - poissons aux destins éphémères,
    des matières vivantes
    des embryons de signes
    qui tiennent compagnie à ses humeurs malignes
    et des vers
    résolvant les énigmes qui dansent dans l'air

    l'Oublieux, bouche ouverte
    et sa plume diserte
    effaçant trait pour trait le monde qu'elle nomme
    tel un maître forain démonte son barnum
    vide son encrier sur une page planche
    - crisse, grincheux archet tes baroques dimanches !
    que noircisse la vierge trame
    et les bris de l'ennui s'écoulant du calame
    recouvrent un semblant d'âme
    sous le saule
    à la tignasse moite
    par-dessus l'épaule, droite

    tiniak ©2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK