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carnÂges - Page 5

  • La der d'Eden (2)

    Le chapeau mou sur le front moite
    la lippe lâche, mais benoîte
    les yeux... chacun, dedans, dehors...
    le geste souple, sans effort
    une paresse aussi, au ventre
    je laisse mes pensées couler depuis leur centre

    Que s'agite la ville alentour, je n'en ai cure...
    A elle, amours du jour; à moi, la couverture

    Je tire un abandon - d'au moins sa bonne livre !
    des eaux du fleuve blond et ses reflets de cuivre

    La lune a tout fripé son visage enfantin
    (je lui prodiguerai un massage, demain)

    De sa joue est tombée une larme opaline
    que je viens aboucher sur la lèvre marine

    Le vent me souffle un chant connu
    J'ai beau chercher, je n'en sais plus
    ni les couplets, ni le refrain
    Je fais illusion, de la main
    (celle qui n'est pas dans mon ventre
    à farfouiller pour m'arracher ce mal au centre)

    Demain ! Demain ! Reste où tu es !
    drapé de ton éternité...
    Sais-tu comme la fleur t'ignore ?
    Alors que tu ronges mon corps
    - et à commencer par la foi...

    Oh, c'est bien la dernière fois
    que j'espère
    vivre un amour entier sur cette terre

    Aussi, chanté-je
    un chant connu des éternelles neiges

    Aucun amen
    sans avoir entendu la Der d'Eden

     

     

    poésie,la der de den,Delphine Signol


    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Echelle de valeurs

    Arabesques en julienne


    Ah, tiens ? Je marche en corps…
    C’est malin; pas nouveau… C’est touchante attention…
    Ça gratte un brin au fond, mais c’est de l’eau bénite !
    Je marche un peu plus vite…

    Bon, il m’en reste encore
    - fèves dans mes gâteaux, quelques cartons d’invites…
    Aussi, vais-je bon train
    promener Mon Bon Chien à la queue qui s’agite
    loin des plains quotidiens
    remettre le paquet sur l'écheveau

    Je passe une guérite…

    Voici qu’un chant de mars vibre dans cet avril
    Ce n’est pas opportun !
    Qu’en dirais-tu, Le Chien ?
    Rien, vraiment ? Oh, très bien !
    Allons vers la presqu’île…

    Bonjour, Mademoiselle
    C’est pourquoi, ces ficelles ?
    Un attrape-… nigaud ?
    Et pour mon rêve en do, feriez-vous la vaisselle ?

    J’écourte un fandango…

    Mains croisées au garrot, je regarde mon ventre
    Il dit : « C’est quand, tu rentres ? »
    Et je sors une esquive
    Et je longe – tu sais… toujours la même rive
    au long du morne fleuve
    où je vais retirer toujours la même épreuve

    C’est le soir, désormais, ma petite compagne…
    Je lui verse mon dû
    Evidemment, des glands vont passer là-dessus…
    Je suis par trop déchu pour y mener campagne
    Ça me f'rait mal au ch'veu, tiens même !
    de lancer l’À-Quoi-Bon sur leurs pauvres « je t’aime »

    Je te fronde, Cyclope…

    Rendu à l'embouchure, il fait meilleur, ce soir
    Le temps de prendre au bond une chère interlope
    (elle aussi nyctalope)
    Le temps d’un cor à cri, nous oublions l’espoir
    (sans craindre nos soli)

    1020495234.jpgEt la plage, déserte
    n’en est pas moins diserte
    quand, l’affaire conclue
    je me gratte le cul
    pour en virer le sable

    Je dore au fond d’un puits…

    Je ne vois plus de ciel
    que celui de l'échelle
    apparue sans un bruit
    dans cette faste nuit
    (orné d’un couperet, qu'il est)

    Une marche âpre, et l’autre, et bientôt la suivante
    Elle est rude, la pente
    J’éprouve sa charpente et, soudain, je me vautre !
    Ah, ce n’est pas de jeu !
    Qu'as-tu fait de mon vœu, Guillotine ?

    Je reconte mes doigts…

    Bien ! Il en manque trois !!
    Boh, allez… avec sept
    - malgré ce mal en tête
    je peux curer mon foie
    des humeurs intestines qui l'embêtent

    Je range un mésespoir
    dans cette basse armoire
    garnie de trahisons
    tartinées dans les plis du linge de maison

    Si je veux, je suis niais !
    J’orange mes crayons…

    D’où que pleure ma joie
    ce n’est qu’une allume-être
    ...Soit, saule n’est pas hêtre
    mais, pour leur donner foi
    d’un même et doux reflet
    l'eau ne fait que passer

    De ce fleuve à l'amer, nul choix !

    N'en pas trop dire...
    Et n'arracher jamais, qu'en offrande, un soupir

    Tant va l'heure à l'échelle
    qu'en sa libre et inquiète et simple ritournelle
    murmure l'arabesque, aux marches du poème
    "... selon moi, ...comment j'aime"

     

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    (voir aussi : Arabesques de malheur de Jules Laforgue)

     

    Ecrit pour un Impromptu Littéraire - tiki#261

     

     

  • spore en chambre

    La chambre bat son plain dans la lumière fauve
    au creux de la poitrine encombrée de guimauve
    Tu connais le refrain; j'en récris les couplets
    une once d'elle, fine, encore à mon chevet

    Le regard a son prix quand la ville est tant chaire
    et je ne puis tirer les rideaux là-dessus...
    Trop secs ! Trop poussiéreux ! Pas bleus, mes yeux sont nus
    À mon front débordé, j'ai cousu les paupières

    Dormir importe peu, le songe est mon éveil
    Bon, c'est vrai, il se peut que j'y laisse une oreille
    Ô ma chère asyndète, tu cligneras bien mieux
    occultant la fenêtre et ses avaries d'cieux

    Mais les ciels... ! C'est du miel ! dont on fait l'hydromel
    que je m'en vais, céans ! crer ben vite au toniau
    Pour leurs modulations, je porte un si en do
    en hommage au ponant que drague une hirondelle

    Mes yeux cherchent du vert et ne voient que de l'ambre
    Mon cœur, as-tu fini de rebattre ta chambre ?
    Demain, c'est décidé, je sors et vais mourir
    dans les bras de l'idée qui m'aura fait courir

     

    poésie,delphine signol,œil pour œil

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • pures pertes

    La pierre ensoleillée où musardait un rêve
    La nuée aspirant l'ombre des ris du fleuve
    Le frisson printanier d'une montée de sève
    Le trésor océan paré de libre épreuve

    Les gestes anodins dont fleurissait le sens
    La croisée des chemins béante à l'ouverture
    Les intimes festins perlés de fleuve essence
    Le quadrille des mains griffant leur signature

    Le chant, d'un seul couplet, que reprenait le jour
    La touche pianotée avant de s'endormir
    Le parfum résurgeant dans le moindre alentour
    La goulée prodiguant son prochain souvenir

    Et soudain, le regard butant sur l'horizon
    Dire est une prison plus lourde qu'un silence
    Aimer, un vain aveu, dérouté, sans maison
    Rêver, le triste jeu d'une absurde évidence :

    Pures pertes !
    Dès lors, demeure au cœur, insistante, l'alerte

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Helléniques ajours (épais et décroissants)

    Il fait grand vent sous mon chapeau
    Le cheveu court après l'amour
    que j'ai en corps - eh, bien profond
    et pis que tenace chanson !
    Tu sais : la la... la lère, en do
    Sans ristourne, la ritournelle !
    Je l'aimais seul, seulement elle
    a tout bien tiré ses rideaux

    ~

    Comment s'écrit l'amitié
    sur un vieux papier buvard
    quand les plumes sont mâchées
    que l'encrier pleure, noir
    l'injonction sur l'écritoire
    de n'être plus, dans ces yeux
    que trop encombrant espoir ?

    ~

    J'ai nourri (c'était moi ?)
    une passion soudaine
    pour un parfum d'Eden
    et j'en suis resté - quoi ?
    allez, ma quotidienne
    à me ronger les foies

    ~

    Un ombre a chuté,
    là, devant mes pieds...
    Je laisse un regard
    baigner dans son lard
    et m'assaisonner

    ~

    I' r'tomb' des gouttes !
    Ça fait des plis
    jusqu'à mon lit
    rincé au doute

    ~

    Nul mystère
    Caponière ?
    Rien à faire !

    ~

    Ces maux ?
    C'est trop

    ~

    Eh
    Paix !

     

    vent,ritournelle,Delphine Signol

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK