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automne

  • instant karma

    Flottant sur le déclin du jour
    voici le sentiment plus calme
    au lent balancement des palmes
    et leurs digitales esgourdes

    Je le mettrais - si je pouvais...
    de côté pour une autre fois
    quand rêve et pensée me dévoient
    mais l'instant n'est qu'à savourer

    Un vent léger se prend à rire
    des chemisiers qui passent là
    poitrine lourde, nu le bras
    (c'est l'automne qui le soupire)

    Ici, je ne te cherche plus
    l'entier vibre à ce moment rare
    la moindre corolle est un phare
    sa lumière, un chant moins aigu

    Tout m'est aussi vrai qu'incertain
    (il fait bon s'en laisser accroire)
    les couleurs absorbent le noir
    en suspendent tous les desseins

    Que peut signifier le retour ?
    Je demeure, à l'heure d'Or Pâle
    livré à mon Senti Mental
    égaillant ma carne à l'entour

     

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK 

  • Incendie monochrome

    Je ne vois plus tes yeux autres que rouge sang
    ma rousse heure
    quand l'alentour ferme ses fleurs
    pour les soustraire aux plis du vent

    Toute couleur est un massacre, désormais
    au détour
    du tableau qui ronge le jour
    et le consume sous son dais

    Saigne, beige arqué sous les ponts !
    Fume, orange sur les trottoirs !
    Jaunes rais, mourez au dortoir !
    Fane, verdure au bas du tronc !

    Je t'ai attendue et tu viens, couronne feu
    une promesse de festin dans le cheveu

    Conciliabule, un lent nocturne sous le dôme
    nous couvre de sa pellicule monochrome

     

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    tiniak ©2015 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#249

  • Parer haut

    Vacuité s'accordait aux nuances de l'ombre
    devant la majesté forcée du paysage
    (celle qu'a tant louée l'agence de voyage)
    pour mieux y consoler ses lâchetés en nombre
     
    L’habitacle toilé avait la transparence
    que n'eût pas le cheveu - qui trahirait son âge !
    Des sourires conviés buvaient à leur mirage
    et dormaient cependant au plus près de l'eau rance
     
    La nature elle-même était fort hypocrite
    avec tous ses couchants calés sur les brochures
    flattants de fats reflets le métal des voitures
    Elle était payée pour, mais comptait ses moustiques
     
    Chaque jour, le retour éloignait sa défaite
    et les rires joyeux masquaient la meurtrissure
    Le temps jouait ici sa plus belle imposture
    et tout s'enorgueillait de n'avoir rien en tête
     
    Là, bourgeoise coulait l'heure paradisiaque
    Du minois s'empourprer aux joutes masculines
    ayant l'intensité des fièvres maghrébines
    chargées de leur fierté haschischine et foutraque
     
    Oh, c'est tout comme il faut pour oublier l'histoire
    Le fringant paréo espère des rapines
    la vigueur à nouveau dans la verve saline
    et du si bel ego le long cri de victoire
     
    Moi, le cœur satisfait de rivages normands
    j'actualise mon sang à l'orageux mois d'août
    j'en épouse les vents et les soudains courroux
    ne devant déplorer qu'être encor trop aimant
    cette fleur
    qui décline mon nom en tâches de rousseur
     
     

    Laurence Le Masle

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
  • blonde heure

    J'ouvre mes paupières
    grand comme des sacs
    seul au bord du lac
    pour choper au vol
    quelques billets de lumière
    que l'automne affole
     
    ***
     
    Trahison ! Trahison !
    Ces feuilles maudites
    trahissent ma fuite
    loin de la maison
     
    Canopée des canopées !
    Je voulais tant m'évader...
     
    C'est pas du jeu, ces façons
    d'avoir couvert, dans la nuit
    la clairière d'un tapis
    d'embuches rouge et marron !
     
    C'est la saison, diable ! diable !
    C'est la saison, tour pendable !
    C'est la saison Mille Feux
    C'est la saison qui le veut
     
    ***
     
    Je te vois, je te respire
    comme l'humus flamboyant
    de l'octobre finissant
    d'étaler son frais empire
     
    Tu chemines devant moi
    dans ce bois qui se déplume
    ta rousse blondeur allume
    un feu au bout de tes doigts
     
    Elle embrase jusqu'aux cieux
    des nuées la course molle
    et m'arrache des paroles
    que réciteront tes yeux
     
    Il est temps que je t'appelle
    par le nom que je te donne
    quand je rêve ta personne
    où loge une heure nouvelle
     
    Nous allons, dans le vent froid
    bientôt hurler nos ivresses
    les fondre en un vin de messe
    et célébrer nos émois
     
    Vous saurez nous laisser faire
    esprits discrets, faune, flore
    goûtant que l'on s'aimât fort
    quand déjà menace Hiver
     
    Ils chantent, déjà plus vifs
    les vents du septentrion
    mais notre conjugaison
    ignore leur subjonctif
     
    Elles passent près de nous
    chaque année, les saisonnières
    sans égaler ta crinière
    ni, pour toi, mon amour fou !
     

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    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi du Samedi
  • Arrière, Saison !

    Prolongations de la saison
    les soirées traînent en douceur
    des simulacres de langueur
    aux pans ouverts de leurs visons

    Congrégation des afflictions
    dythirambe hâlée, des soupirs
    célèbrent de latents désirs
    aux estivales émulsions

    Débonnaire, un Bonhomme-Hiver
    picore déjà feuille morte
    flaque piègeuse au pas de porte
    onguent, tisane et le thé vert

    Prune amère, une idée d'en l'ère
    vogue mollement sur les toits
    n'entend pas que le monde aboie
    mais débarque enfin à Cythère

    Emballement des expédients
    l'heure est aux dernières folies
    dénichées (plutôt à bas prix)
    par les greniers vidés à temps

    Rengorgement des Ci-Devant
    sur les bancs faits pour - à la tâche !
    comme au poste-clé va la gâche
    au buvard, les émargements

    Hallali des péripéties
    dans la main, le courrier grimace
    le ciel assemble ses menaces
    et bouchonne aux périphéries

    Incurie des salmigondis
    le plat refroidit, ras le bol
    le piano tire des bémols
    et canarde l'enharmonie

    Désolation ! L'Arrièr'-Saison
    à siffler son dernier dimanche
    avec un bourguignon (de Branches)
    y laissa toute profusion

    Constellation des pantalons !
    C'est fini, les fanfaronnades...
    Rangées les tongues z'et pommades
    montent les cols sous les mentons

    arb_automne_056.gif

     

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#194