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carnâge

  • Interrupteur (presque) pas chair

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    à Vegas-sur-sarthe

    Clic !

    Et puis t'il y eut la mort du Chien
    au p'tit matin
    son drame
    (celui de ravager de flammes, la nuitée)
    d'amorcer la neuve journée
    mais l'air de rien
    mains dans ses poches de brouillard
    disant : "maintenant, c'est plus tard"
    Ah, dieu ! Peu l'âge
    quand il n'est, âpre et tout, question
    que de s'aimer, entiers, le cul nu sur la plage
    encore, au bord de ses tréfonds

    Le chien ? Mais si ! Tu te rappelles
    comme il allumait les poubelles
    d'un seul aboi
    pour feu de joie
    Qu'ça brillait fort durant la nuit
    jusqu'aux rivages des Inuit
    le vent du nord gonflant les focs
    et sa chanson - connue défroque !
    du marais
    Ho, ho ! Pardon...
    Point de Marais, mais bien plutôt du Jean Sablon

    Claque !

    Et puis t'il y eut la belle odeur
    d'un cent de fleurs
    leur âme
    (la seule qu'adoube les femmes à ravir)
    exhaltante et près... t'à frémir !
    mais sans douleur
    les yeux engourdis de "...Mens, songe !..."
    priant : "Qu'on me donne une éponge !"
    Et merde, quoi !
    Ce bouquet, c'est du lourd (saynète !)
    que de s'aimer, entiers, sans profession de foi
    lents sur les traces de Hamlet

    L'odeur ? Mais si ! Tu t'en souviens
    Elle importait, tu sais... du chien
    la confiture
    tellement sûre
    qu'ça puait fort, la nuit durant
    (à vous gaver les graves gens !)
    ses vents perdus sous les braguettes
    sans moyen de lever la tête
    et jurer
    Ha, ha ! Coriace...
    Mais prompt fumet n'est certes pas une menace

    Clic !

    Et puis t'il y eut ce bel instant
    (Cybèle ! ardent...)
    du besoin de suspendre l'heure
    où z'elle m'invita, doigt sur l'interrupeur
    cachant encore un peu ses formes
    (rien que de douillet, rien d'énorme...)
    Et ce fut bientôt lumineux
    quand se fit l'ombre sur nos corps libidineux
    Caresse intime, souffles brefs...
    Et confession sur l'oreiller
    "Je n'ai pas payé l'EDF"

    interrupteur pas cher

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#275

  • pures pertes

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    La pierre ensoleillée où musardait un rêve
    La nuée aspirant l'ombre des ris du fleuve
    Le frisson printanier d'une montée de sève
    Le trésor océan paré de libre épreuve

    Les gestes anodins dont fleurissait le sens
    La croisée des chemins béante à l'ouverture
    Les intimes festins perlés de fleuve essence
    Le quadrille des mains griffant leur signature

    Le chant, d'un seul couplet, que reprenait le jour
    La touche pianotée avant de s'endormir
    Le parfum résurgeant dans le moindre alentour
    La goulée prodiguant son prochain souvenir

    Et soudain, le regard butant sur l'horizon
    Dire est une prison plus lourde qu'un silence
    Aimer, un vain aveu, dérouté, sans maison
    Rêver, le triste jeu d'une absurde évidence :

    Pures pertes !
    Dès lors, demeure au cœur, insistante, l'alerte

     

    poésie,Den,Delphine Signol,saltimbanques,déception amoureuse

    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • ibidem

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    Les bras de l'un dans l'autre et sa Partie Prenante
    en appui sur le mur des heures à venir
    il ne va pas s'en dire aux lendemains qui chantent
    une brouée de plus

    Ni les bouches émues des armoires béantes
    ni les arbres peu fiers de ne pouvoir mûrir
    tous les fruits attendus
    n'y entendent plus mais dans le bruit continu
    que font les citadins
    par les tristes jardins bordant les avenues
    où le brouillard sommeille

    Vois comme l'on s'encastre avec délectation
    C'est des membres fait pour ! et c'est de l'élixir
    ces heures à fleurir
    tous les ponts et chaussées de la ville marron
    à boire les buées de notre adéquation
    l'œil de l'autre dans l'une et son profond miroir
    Que des rires ! partout, sur les bancs fatigués
    les ardoises meurtries, les armoires sans fond
    et le petit poney qui promène un gamin

    Ah, ça y est ! Pour de vrai ! C'est la Partie Prenante
    - élégant, le printemps lui fait quelque douceur
    Aurais-je assez de mains ? de bouches ? de folie ?
    Ah, tu m'auras bien pris et travaillé le corps
    - plus que n'en peut souffrir l'ombre au liseré d'or
    quand il sera parti
    vers des chinoiseries d'un autre méridien
    le soleil qui lavait naguère encor ton sein

    Allez, hop ! Vent Debout, attrape, si tu peux
    nos ventres monstrueux qui se gavent d'eux-mêmes
    dans les jeux amoureux de leur faste ibidem

     

    hearts-2.gif

    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#187

  • brossé

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    Des heurts plein sa maison - toile peinte à la brosse
    le cœur, à sa chanson, la main posée dessus
    mélancolique humeur, fidèle et rebattue
    broie son bouquet de pleurs, de sang, de chair et d'os
    reprend sur le métier son étude féroce
    accordant trait pour trait les fragments de son cru
    puis s'étale
    de toute sa surface de sentimental
    sur les tissus et les textures
    tyran ! à lui, la couverture
    les fibres charnues et veineuses
    le jus des suées savoureuses
    la panoplie faste, complète
    courant des pieds jusqu'à la tête
    le corps pris
    le voilà maître du moindre espace de vie
    à l'œuvre...

    D'un rai de sang les limbes font
    un plat couchant à l'horizon

    D'ossements poudrées, les collines
    croûtent sous des laves marines

    Un lacis de cheveux grisâtres
    pour l'herbe où jambe ne folâtre

    Des tendons et des nerfs en boules
    n'empêchent qu'un fleuve s'écoule

    La salive a tout barbouillé
    de ses trop voraces baisers

    Des jets de matières fécales
    fleurissent chaque verticale

    Rognure d'ongle éparpillée ?
    Coquillages dénaturés !

    Mou tamis de lambeaux, la chair
    densifie l'opaque atmosphère

    Veines engluées de maroufle
    fanals stupéfaits, sans un souffle

    Le suspens !
    a retenu l'artiste main du maître à temps

    Le corps fait un pas en arrière
    sans vraiment quitter sa partie
    Dessus, la face mal polie
    assouplit son masque de terre
    sourit ?
    grimace ?
    Mince déjà, la furtive expression s'efface
    met en place la réflexion
    l'intègre
    à son inanité allègre
    dans les ravines de ses joues
    dans les plis noueux de son cou
    Dans les tremblements de son buste
    la certitude satisfaite d'être juste

    Contemplation paradoxale, dos au mur
    l'œuvre achevée, un cœur adore son épure

     

    Pur Rien, hommage à F. Bacon...

    tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : Heaume de Prince, ©2009 Pur Rien