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°ruades° - Page 5

  • La veste

    Timides ? Ite !! Missa est...

    Quelle ombre à vos tableaux ?
    Quelle angoisse ?
    Il n'est pas d'autres maux
    qui ne poissent
    que la peur de soi-même
      le besoin d'un Je t'aime
      et le sourire en coin
      qui dit "Je t'avais vu venir de loin"

    Quelles hontes ?
    Faut-il toujours, en fins, qu'on s'en raconte
    des histoires ?
    à fouiller les poches d'un manteau noir
    il s'y trouve
    la seule vérité qui nous éprouve
    atchoum !contenue
    dans l'oubli d'un mouchoir
    qui donne sur la rue

    Mascarades !
    Petits cachotiers bavant sur la promenade
    Vous rentrez pour nous peindre
    la dernière des nouveautés à feindre

    Branleurs, que vous êtes !
    Timides ? Ite !! Missa est...

    Pour un Impromptu Littéraire - tiki #108
    tiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

  • Bételgeuse

    betelgeuse"Le cœur étrange aux battants lourds
     tu colles ta peau à la mienne..."
    dans l'élan m'en songeais
    quand par la ville
    en flaque d'huile
    une nuit me quittais

    "Dormir à deux doit d'êtres morts
     l'envie de s'en saisir encore..."
    - sans effort, du carnâge !
    où nos corps s'aimaient davantage
    entiers, légers, volages

    "...et seul dormir
     souffre le luxe de ne pas finir"
    m'en songeaient mes disances
    revenant sur mes pas
    par quelque inadvertance rigoureuse
    m'obligeant vers ta Bételgeuse

    "L'aube blanche aura les dents jaunes"
    m'en tirais-je

    mais ne mentirai pas, vraiment
    ma nuit jaune avait les yeux blanc
    (peut-être bouche au nay)
    et certain nouveau chardon sur le nez

    alexandre tonneau,designer,chardonnaytiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    - with a little help from the Blue Meanings

    et Alexandre Tonneau pour le logo ci-contre

  • Et vola l'étale âge...

    Il en sera de l'un l'autre
    toujours à grappiller ici,
    à hurler fort avec les chiens.
    Je n'en veux rien
    que l'un des "si"
    ne souhaite seul et pour lui-même
    (et son lot de paramécies)

    À la fin du pot, comme l'aiment
      les heurts ouvrables
      les guitares sans nom
      les vins serviables
      et des réverbères les capuchons
    Rien qu’ils me valent...
    Ni d'aller ricocher
    mon entier sur le fleuve étale

    Le jour couvé par sa garniture nocturne
    bouge un peu, et me cass' les burnes !
    Taisez-vous, oiseaux de Pâleur
    Ne mettez-pas au ciel rêveur
    encore cette aube sans suées
    qui me ramène à séjourner
    toujours plus loin de ma panse, et
    de chercher partout mon toutou
    mon chien, son lien à mon sang fou
    - il a le matin en horreur...

    Je me saisis d'un papillon
    incapable de mouvement
    pour m'en rehausser la paupière
    Et, non !
    Décidément,
    je n'ai pas le goût des chaumières

    Rien ne me va
    Rien ne va plus
    que boire à tes babines nues
    Ma chienne

    Allons, finissons la semaine
    en hurlant
    avec nos semblables tourments
    que les sages
    demeurent sur leurs étalages

    poésie,qu'a du,chien,non ?

    Illustration : Samuel Cochetel

     

    Pour un Impromptu Littéraire - tiki #105
    tiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Catho dicte

    kikirikiDebout, pierre loquace, à vue, ta langue ancienne
    pointe ses prétentions au-delà du commun
    La ville sait ton nom comme un lieu de passage
    L'œil touriste y confond l'intérêt, le dédain
    et sa fascination pour les monstres
    au faciès apatride, au sourire vilain
    Avec l'obstination figée dans sa torture
    ils recrachent l'opprobre et son cuisant venin
    dans un plus qu'édifiant inaudible vacarme

    Tu règles le bonheur que de pieux nostalgiques
    vont trouver dans un ordre où tout est bien rangé
    avec, rivée au corps, à l'acte, l'espérance
    en une absolution complète du péché
    dans un règne de gloire et de verbe hypocrites
    Pour tous, au nom du Père, un même sang versé
    à boire en communion dans une même coulpe
    que sauve l'ordinaire et le petit salé
    la certitude enjouée de Sa miséricorde

    Dimanche, c'est ton jour des matinées contrites
    Au menu : gymnastique des génuflexions,
    pain fondant sur la langue et sermon extatique
    où l'amour du prochain assomme la raison
    Tandis que l'oraison prône le Sacrifice
    et vaut pour le voisin, pas pour Notre Maison
    l'ombre dans les recoins se réjouit et salive
    attendant au détour la brebis, le mouton
    qu'un prompt "Vae soli" vienne tôt les maudire

    Vue d'ici - du dehors ! pierre de belle ouvrage
    je te lis comme au soir mon livre familier
    Sous tes piliers gravés pour les Siècles des Siècles
    à promener mon chien, j'aime lever le pied
    C'est qu'aujourd'hui tout court, en tout sens et sans rêve
    avec la bouche pleine de termes guerriers
    Et, si pisse mon chien sur ton glacis de marbre
    (entretenu aux frais de quelque râtelier)
    ce n'est pas cher payer pour tes Saintes Croisades

    J'observe un saint patron, colombe sur l'épaule
    quand surgit le bourdon austère et grégorien
    qui me cause un tournis, pire qu'un acouphène
    et semble également incommoder mon chien
    - si les Voies du Saigneur nous sont impénétrables
      que Ses monotonies d'octaves, paroissiens !
      n'ont-elles modulé au fil des harmonies
      que chante l'aujourd'hui pour son élyséen
      plutôt que d'ânonner d'immuables hommages ?

    A mienOui, vraiment, je préfère encore l'éloquence
    de la pierre au silence chargé de passions
    qu'il m'appartient de lire et d'accorder aux miennes
    Y demeure un motif pour la révolution
    autant qu'un aiguillon de tension spirituelle
    Ici, la dualité de notre condition
    affiche son conflit vaniteux et superbe
    Au méritoire effort de sa restauration
    j'applaudis en brûlant mon carburant diesel

     

     

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • passade

    G_PAN01.JPG

    La chair compacte et contractée
    parcourue de gris et d'oranges
    où la nuit trempe ses phalanges
    la ville faux-bourdonne
    une ardoise après l'autre entonne
    l'hymne grave et surnaturel
    d'un soupir échappé du ciel

    Flottille au fil de ses nervures
    une marée automatique
    véhicule sa mécanique
    et sourde, aveugle presque
    - jugerez : superbe ou grotesque,

    enchaîne à bon train anguillules
    et lumineuses mandibules

    « - Pardon, que faites-vous dehors,
    ce chien bavant sur vos chaussures ?
    Il me semble qu'à cette allure,
    vous n'êtes pas couché, encore ! »

    « - Je pratique une discipline
    antique - si ce n'est plus vieille,
    tandis que la ville sommeille,
    je m'apaise la mélanine. »

    C'est ça, passons... par la fenêtre ?
    Un œil, alors... pas tout l'entier !
    Quoique après tout, vous me tentiez
    Oui, vous... à l'instant même
    Noble Cœur aux prompts anathèmes ;
    comme au tableau une ombre passe
    pâlit, déjà sotte, menace

    Il en reste bien quelque chose
    Est-ce du gris ou de l'orange ?

    Mais mon chien n'a pas eu sa dose
    Je vois que la queue lui démange

    Et les oiseaux en embuscade
    relanceront tôt la parade

    Allons, marcher !
    Et reprendre le vers où on l'avait laissé.

     

    G_PAN02.JPG

    tiniak - Ruades © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Illustration : fragments d'une photographie de Gaëna,
    que vous trouverez dans son entier, par là, jusqu'à
    "La Duchesse D'Aiguillon"
    © 2007 Gaëna da Sylva, photographies