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anarchie

  • La ligne indécise des arbres

    J'avançais, mon pas - ce festin !
    par de magnifiques miroirs
    qui se renvoyaient mes espoirs
    sur d'oblongues moires, sans tain

    J'allais mon train, dans la forêt
    me demandant : quel horizon
    murmura qu'il n'est de raison
    qu'entre les ombres dans l'allée ?

    Un blond papillon, brun dessous
    et des ocres doux plein les yeux
    vint me caresser le cheveu
    (et pas pour m'y chercher des poux)

    Je le chassais d'une main molle
    vu que j'étais un rien pensif
    que j'avais oublié mes tiffs
    et que je cherchais mon école
    dans les feuillages
    où frétillait, d'en haut, le sang blanc d'un mirage

    Quelques champignons m'interrogent...
    Je leur réponds, le cœur troublé
    Ma réponse n'a pas d'effet !
    Ils montent grignoter ma loge

    Disiez : « La vie est dégueulasse »
    Léo Malet, Jacquottet, frères...
    perclus d'horreurs z'et de misères
    Mais, cette forêt, c'est du strass !

    Et voici que je suis la ligne
    indécise des arbres morts
    très occupée à mon décor
    pas à pas, pour y voir un cygne
    rogner son aile
    et me narguer, gracile opale, irrationnel

    poésie,arbre,mort,tiniak

    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#295

     

  • Les Autres Sur Le Banc

    La journée bat son plein sur la place du bourg
    Qui court à son train-train, qui compte ses débours
    y promène son chien, son humeur intestine
    ou cherche le printemps dans la frêle glycine

    Le quotidien ballet des ruses ouvrières
    si prompt à ignorer son pas foulant la terre
    s'emploie à observer l'impérieuse et futile
    obligation de faire et de se croire utile

    Mais, voyez ! quelques-uns, quelques-unes - Les Autres !
    ont posé leurs destins, se sont faits les apôtres
    d'une toute autre fin, dans l'immobilité
    qu'ils ont choisi de prendre, au cœur de la journée

    Ils ne bougeront plus; c'est dit ! C'est leur courage !
    C'est leur seule vertu. C'est leur insigne hommage !
    Le temps ne compte plus qu'à l'aune de leur acte
    La société refonde ici quel est son pacte

    Un règne est mis au ban par la sobre attitude
    de quelques simples gens refusant l'habitude
    son cirque, son carcan, sa terrible injonction
    de courir sans savoir, ni amour, ni raison

    Quand ils ne seront plus les Autres Sur Le Banc
    mais ceux qui auront su changer le cours du temps
    se connaîtront cocus, les derniers profiteurs
    et Madame jouira dans son carré de fleurs

    Le vent, l'eau et le feu retrouveront leurs places
    et le sol généreux offrira sa surface
    à notre aventureux besoin de perdurer
    quand fourmi n'en sait rien, mais que nous aurons joué

    Notre rôle
    soucieux du lendemain au pied du triste saule

    tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#153

    poésie,anarchie,position réfractaire,banc,merci,cacoune

    ©crédit photo : Cacoune

    et musique suggérée par Miss Tiss ;)

  • à Curnonsky

    Las, cure n'ont ceux qui n'ont plus que l'aube
    - pour tout pays !
    de ces refuges tropicaux - pour être honnête !
    A leurs talons, des nuits sans tête
    Devant eux rien qui ne ressemble au paradis
    que le fumet connu des saisonnières daubes
    sous la pluie

    Ils cheminent pourtant, progressent coude à coude
    Ils ont un lieu commun qui leur ouvre l'esprit
    Ils vont, l'Humanité sous le bras qui les soudent
    en leur anonymat porté loin du nombril

    Haubans inachevés, les réverbères
    font mine de veiller sur les crottoirs
    Des larmes de safran s'écoulent de leurs blaires
    finir au caniveau dans un jus noir

    Au-dessus, le platane à la tête au carré
    Son bel alignement est à mauvaise école
    Une jeune corneille y demeure au taquet
    (la nichée n'est pas près de prendre son envol
     le printemps traîne ici
     dans un vieux pyjama sa trop courte vessie!)

    Derrière ses rideaux, la cadette au supplice
    voit brûler l’armada établie aux acquêts
    son fanal orgueilleux ramené sur sa drisse
    et de poupes en proues le chaos des parquets
    malgré la pluie tenace

    Maints tenant, le cortège avance comme un flot
    ou tel un plein filet qui monte à la manille
    marmonne, chante et crie de Nation à Bastille
    "Ministres ! N'avons pas dit notre dernier mot;

    voici le premier : Mais... !"

     

    anarchie !

    tiniak © 2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#149

  • Catho dicte

    kikirikiDebout, pierre loquace, à vue, ta langue ancienne
    pointe ses prétentions au-delà du commun
    La ville sait ton nom comme un lieu de passage
    L'œil touriste y confond l'intérêt, le dédain
    et sa fascination pour les monstres
    au faciès apatride, au sourire vilain
    Avec l'obstination figée dans sa torture
    ils recrachent l'opprobre et son cuisant venin
    dans un plus qu'édifiant inaudible vacarme

    Tu règles le bonheur que de pieux nostalgiques
    vont trouver dans un ordre où tout est bien rangé
    avec, rivée au corps, à l'acte, l'espérance
    en une absolution complète du péché
    dans un règne de gloire et de verbe hypocrites
    Pour tous, au nom du Père, un même sang versé
    à boire en communion dans une même coulpe
    que sauve l'ordinaire et le petit salé
    la certitude enjouée de Sa miséricorde

    Dimanche, c'est ton jour des matinées contrites
    Au menu : gymnastique des génuflexions,
    pain fondant sur la langue et sermon extatique
    où l'amour du prochain assomme la raison
    Tandis que l'oraison prône le Sacrifice
    et vaut pour le voisin, pas pour Notre Maison
    l'ombre dans les recoins se réjouit et salive
    attendant au détour la brebis, le mouton
    qu'un prompt "Vae soli" vienne tôt les maudire

    Vue d'ici - du dehors ! pierre de belle ouvrage
    je te lis comme au soir mon livre familier
    Sous tes piliers gravés pour les Siècles des Siècles
    à promener mon chien, j'aime lever le pied
    C'est qu'aujourd'hui tout court, en tout sens et sans rêve
    avec la bouche pleine de termes guerriers
    Et, si pisse mon chien sur ton glacis de marbre
    (entretenu aux frais de quelque râtelier)
    ce n'est pas cher payer pour tes Saintes Croisades

    J'observe un saint patron, colombe sur l'épaule
    quand surgit le bourdon austère et grégorien
    qui me cause un tournis, pire qu'un acouphène
    et semble également incommoder mon chien
    - si les Voies du Saigneur nous sont impénétrables
      que Ses monotonies d'octaves, paroissiens !
      n'ont-elles modulé au fil des harmonies
      que chante l'aujourd'hui pour son élyséen
      plutôt que d'ânonner d'immuables hommages ?

    A mienOui, vraiment, je préfère encore l'éloquence
    de la pierre au silence chargé de passions
    qu'il m'appartient de lire et d'accorder aux miennes
    Y demeure un motif pour la révolution
    autant qu'un aiguillon de tension spirituelle
    Ici, la dualité de notre condition
    affiche son conflit vaniteux et superbe
    Au méritoire effort de sa restauration
    j'applaudis en brûlant mon carburant diesel

     

     

    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Ni ni

    « ...mais il faut cultiver notre jardin. »
    Dieu, d'accord... mais d'un œil
    et pas dans mon cercueil
    je n'en désire aucun
      Nu, sous l'amas de feuilles,
      c'est bien

    D'un œil, oui... mais qui passe
      rougi de guerre lasse
    avant de pointer l'autre
    et son brillant cortège d'apôtres

    Qui passe sans rien dire
    Non ! sans rien commenter
    des ceci et cela qui firent la journée
     - du Sinn ?
       Pas sûr...
    Certains n'auront jamais goûté Sa confiture

    Tant qu'on y est, pas de Maitre
      Merci, non, ça suffit
    J'ai pour l'évanescence
    idée d'une magie plus pure
    Oh, pas de quoi aller chanter
    les deux pieds dans l'ordure
      Juste, la flamme est vive
    et dégage au souris la canine incisive

    Maître, non, pas d'accord...
    Injonctions carnassières
    Théâtre d'Ombre et Sorts
    Mépris, hargne foncière
    Trop connu, le décor !
      Mais, à l'encontre
      allé à ta rencontre
      me mettre à m'Être encore

    Pas d'accord sans civilité
    de partage sans amitié
    de respect sans hommage
    ni aucun avantage
    Voyer le boulot à fournir !
    Debout, Voltaire ! il faut mourir
      élevant haut la main
      relire :
    « ...mais il faut cultiver notre jardin. »


    tiniak - Ruades © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK