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abécédaire

  • la belle prise

    Bouguereaucrottes de biques
    kilométriques
    tes petits pas semés
    loin des anciens pavés
    courant dans la garrigue

    mon atavique
    rire cynique
    en avait relevé
    l'arnachique tracé
    qu'on dirait une gigue

    mais la distance
    où tu t'élances
    n'est pas si dure à voir
    quand je nourris l'espoir
    de te choper, la belle

    car de la danse
    des transumances
    je connais les couloirs
    et j'entends dans le soir
    tout ton troupeau qui bêle

    et je te flaire
    jolie bergère
    jusque sous ton jupon
    où ton connet mignon
    exhale sa cyprine

    au loin tes frères
    là-bas derrière
    dansent le rigodon
    et courent la Ninon
    en t'oubliant, Fantine

    la nuit est prête
    voici, pauvrette
    dans son ravissement
    déjà que je te prends
    au sommet de la combe

    ah, quelle fête
    crie à tue-tête
    personne ne l'entend
    tout ce déchirement
    où je jouis et tu tombes

    bergere_dormant_a_l-ombre_de_un_buisson_de_chenes.jpg

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    (à paraître dans l'abécédaire poLétique)

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
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    crédits illustrations:
    ci-dessus : Bergère dormant à l'ombre d'un buisson - Jean-François Millet, 1873.
    en médaillon : Jeune bergère - William Bouguereau, 1885.

  • L'ABECEDAIRE poLétique

    Yihaa !Œuvre de pédagogie légère sensée démontrer avec bonheur combien la poLésie a son terme ancré dans le quotidien ; où l’on verra en outre tout l’intérêt de conserver par devers soi les ouvrages et essais littéraires, les recueils de poésie et ces vieux manuels de littérature française qui nous ont tant pourri la vie scolaire.

     

     

     

    Epigraphe incipitatif aux fins de caution littéralesque :

    « Ce n’est pas la station debout permanente qui a séparé l’homme du singe, c’est la poésie » Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française – © Éditions Grasset et Fasquelle, 2005.

     

    AU SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE POLETIQUE :

     

     

    AVANT-PROPOS INTRODUCTIF EN MANIERE D'EXERGUE :

    J’avoue avoir choisi cette forme catégorique par lâche concession faite à l’actuelle pression qu’exerce sur les individus certaine gestion du temps qui se prétend moderne et pragmatique. Alliage des fonctions contradictoires de la lecture documentaire et de la contemplation poétique, cet ouvrage (un mictionnaire de poLétique ?) recèle de miens écrits originaux suivis de citations d’auteurs pertinemment décédés pour la plupart – ce qui ajoute au caractère péremptoire de mes choix et permettra au lecteur avisé de s’exclamer ici ou là « ah oui tiens, ça je connais ».

     

    Alors, de la pourriture didactique qui nous les avaient rendues indigestes, je gage que nous verrons, après cet exercice, refleurir nos parcs de leurs nourritures terrestres.

     

    ...mmmmnawouiche...Ah, et puis si on vous le demande : le L dans « poLésie », ça veut dire ludique, donc.

    PoLétiquement vôtre,

    tiniak.

     

     

     

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    Avec, par ordre alphabétique d’apparition magnifiante :

    Allais
    Apollinaire
    Aveline
    Barbey D’Aurevilly
    Barjavel
    Barrès
    Bernard
    Boyer
    Breton
    Cadou
    Cendrars
    Charef
    Cocteau
    Cohen
    Cros
    Dac & Blanche
    De Beauvoir
    De Navarre
    De Noailles
    Deleuze
    Destouches
    Devos
    Dovalle
    Duby
    Eluard
    Fargue
    Follain
    Gautier
    Gélis
    Giono
    Giraudoux
    Goll
    Grécourt
    Hugo
    Ionesco
    Jacob
    Jarry
    La Fontaine
    Laforgue
    Lamartine
    Lapointe
    Leduc
    Malet
    Malherbe
    Mallarmé
    Malraux
    Marinier
    Martin du Gard
    Michaux
    Michel
    Montaigne
    Moréas
    Neveu
    Pennac
    Péret
    Pieyre de Mandiargues
    Ponti
    Queneau
    Reine Margot
    Reverdy
    Rimbaud
    Rochefort
    Roy
    Saint-Exupéry
    Saint-John Perse
    Samain
    Sarraute
    Sartre
    Schwob
    Senghor
    Soupault
    Supervielle
    Thérèse de Lisieux
    Thiry
    Toulet
    Valade
    Vargas
    Verhaeren
    Verlaine
    Vian
    Vildrac
    Wittig
    Yourcenar

     

     

     

    *poLèmes précédemment parus sur http://pavupapri.hautetfort.com

    Le Bel Aujourd'hui en PoLésie (I & II) ©2007-2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

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    et allez... pour les pointilleux, les références des textes cités sont compilées à l'index de ce mictionnaire poLétique

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  • LES VERBES HAUTS

    Les verbes hauts
    de l'abécédaire poLétique


    Conjuguant l’action et la réflexion, les verbes hauts portent haut les couleurs du récit. Grâce à eux, quelles que soient sa fonction ou son genre, sa teneur s’écarte des chemins de basse-fosse où versent trop souvent le pamphlet qui mène sa charge, le pédant qui pérore, le pompier qui ne tarit plus d’éloge, et le parnassien qui contemple.
    Ayons donc quelque indulgence pour ceux d’entre eux qui désuètent, ou surannent... n'allons pas trop vite leur prêter des intentions péremptoires ou un caractère élitiste. Désignons-les plutôt par ce à quoi ils prétendent : une certaine hauteur de l’esprit.

    • ABC
      adorer - briquer - caresser
    • DEF
      donner* - espérer - fleurir
    • GHI
      gémir - hypothéquer - inonder
    • JKL
      jouer - lire
    • MNO
      mourir - naître* - oser
    • PQR
      plaire quitter - révoquer
    • STU
      savoir - tancer - unir
    • VW
      voiler
    • XYZ
      zigzaguer

    Avec, par ordre d’apparition volubile :
    Monsieur Léon-Paul Fargue ; Monsieur Claude Ponti ; Monsieur André Pieyre de Mandiargues ; Monsieur Marcel Thiry ; Mademoiselle Frédérique Audouin-Rouzeau (dite Fred Vargas) ; Monsieur René Barjavel ; Monsieur Alphonse Allais ; Monsieur Michel de Montaigne ; Monsieur René-Guy Cadou ; Monsieur Robert (dit Boby, aussi dit Robert Foulcan) Lapointe ; Madame Monique Wittig ; Madame Anna (de Brancovan, comtesse) de Noailles ; Monsieur Jean Cocteau ; Monsieur Albert Cohen ; Monsieur Jean Giraudoux ; Monsieur Léon-Paul Fargue ; Madame Marguerite de Navarre ; Monsieur Léopold-Sédar Senghor ; Monsieur Mehdi Charef ; Monsieur Albert Samain ; Monsieur Isaac Lang (dit Ivan Goll) ; Monsieur Claude (né Evgen Atsine) Aveline.

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

     

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    Aussi au sommaire de l’abécédaire poLétique :
    Des noms communs
    Des substantifs peu ordinaires
    Des adjectifs épithètes
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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • verbes hauts (abc)

    adorer :
     Il n’est pas d’ici ou d’ailleurs rien que j’adore
     plus que ton pas venant à moi dans le silence
     ainsi qu’en ce moment tout ce à quoi je pense
     est contenu dans ce feulement que j’implore

     Il n’est pas d’avant ni d’après que cette vie
     où le soleil ne luit que pour créer ton ombre
     et la nuit dévoile ces étoiles en nombre
     pour éclairer ton rêve où s’abreuve la pluie

     Toute chose reste sans nom sans ta parole
     rien d’agréable qui ne vaille ton sourire
     auprès de toi l’arbre entend comme l’on respire
     la vérité même semble être à bonne école

     Dire que tu m’es tout n’est rien
     si ton destin n’est pas le mien
     je m’en retourne avec les chiens dans la ruelle
     
     Et quand tu sortiras le tien
     trottinant au bout de son lien
     je dirai aux miens : ma maîtresse, c’était elle.
    ; vouer une passion, un culte à quelque objet qui nous occulte.
    - J'adore les huîtres : on a l'impression d'embrasser la mer sur la bouche [Léon-Paul Fargue].

    briquer :
     Allons, briquons, mon bon ami
     ci les marches du palais rose
     la Madelon a tant servi
     qu’on y a pissé quelque chose

     Et si l’on doit pousser demain
     la populaire chansonnette
     aucune rose, c’est certain
     ne s’y lerrait conter fleurette

     Fi qu’on nous tienne pour des cons
     gardons sauf notre bel adage
     selon quoi tout finit chanson
     ménageons point notre courage

     Il en va de la Nation
     comme de la paix des ménages
     Allons, mon bon ami, allons
     briquons ! briquons !
    ; tâcher de me rendre tout ça tout propre et en moins d’deux, je veux !
    - La porte a parlé (…) On l'a nettoyée, briquée, graissée, huilée partout où on pouvait. On a versé du pétrole dans la serrure et on lui a laissé le temps de comprendre. [Claude Ponti].

    caresser :
     D’espoir on ne caresse pas
     plus que du doigt ne touchera
     la vérité des anges

     Mais que cela n’empêche pas
     qu’on espère et recherche la
     compagnie de l’étrange
    ; imiter de la main (ou tout autre pareil aimable) le vent dans la fourrure pour apprivoiser de l’autre l’être, procéder de même de l’esprit sur l’idée (ou toute autre pareil objet).
    - Ses mains avaient remué premièrement, et elles lui avaient rendu le sentiment de son corps en se portant sur ses petits seins, en caressant son ventre avec amitié, en parcourant tout le beau domaine lisse dont il lui semblait qu'elle s'était retirée pour se concentrer uniquement dans sa tête. " je ne me hais pas", avait-elle pensé encore [André Pieyre de Mandiargues].

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

    HUITRE_2.JPG

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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • verbes hauts (def)

    donner *:
     Nuage, sans visage et sans nom
     tu forces mon admiration
     je te contemple et je voyage
     sur tes volutes de coton
     je m'obstine à te reconnaître
     à te nommer, à te faire être
     monstre, divagation
     en abusant à ton passage
     mon imagination volage

     Nuage, clé des songes
     presse ma vue comme une éponge

     Nuage, rêve en plein jour
     donne à mon esprit libre cours
    ; faire exactement le contraire du mondain qui reçoit.
    - Les dames donnent, c’est leur nom en italien, / L’une qui laisse voir une mouche à son sein, / L’une qui marche comme on danse ou l’on encense… [Marcel Thiry].

    espérer :
     Porte close vibre

     Oh ! mon amour, mon bel amour
     viens, je t'en prie
     et vois ce que j'ai là pour toi
     ce que j'ai pris
     
     Elle est à toi comme jamais
     je ne le puis
     c'est une tendre fleur des bois
     que j'ai cueillie

     Porte close geint
     
     Oh ! mon amour, mon bel amour
     veux-tu entendre
     de ma douleur le chant qui te dit
     viens me prendre

     Oh, mon seigneur ! Oh, mon malheur !
     Oh, ma lubie
     ne reste pas aveugle et sourde
     à ma folie
     
     Porte close nuit
     
     Oh ! mon soleil, mon doux réveil
     mon cher festin
     vois combien mon souffle est pareil
     à ton destin
     
     Oh, mon idole ! Oh, mon école
     des Enfers
     poison de mon sang qui s'affole
     je t'espère
     
     Porte close feint
     
     Ah, mon fidèle ! Ah, mon cruel
     te voilà donc
     Ah ! mon néant, tu m'ensorcelles
     Cupidon !
     
     Ah, mon bonheur ! Ah, mon ardeur !
     Ah, ma furie !
     Ah, mon adorable grenouille
     au fond du puits
    ; remettre à plus tard ce que l’on souhaite à présent.
    - Il faut signaler que l'âme humaine, qu'elle soit bantoue ou de la ferme Desmonchel (Villiers d'Écaudart, Haute-Normandie) est la même partout, j'espère que tout le monde le sait [Fred Vargas].

     

    fleurir :
     Elle a germé entre nos doigts ta nouvelle assurance
     quand j’ai laissé ta main sur moi éprouver mon désir
     et que nous avons accordé de pleines résonances
     nos mouvements et nos élans sans craindre de folir

     Elle a fleuri entre nos doigts ta liberté nouvelle
     quand j’ai laissé ta main sur toi promener à plaisir
     et regagner parmi la soie le précieux hydromel
     avant de partager la joie d’aller le recueillir

     Maintenant tu goûtes des fruits dorés à même l’arbre
     les saveurs et le jus sertis dans son plateau de chair
     et prends de l’atmosphère et l’ombre et tout le charme

     Et je sais que dès aujourd’hui je ne suis que poussière
     craignant de n’être déjà plus demain l’objet des larmes
     qu’à l’issue du vacarme, je t’arrachais naguère.
    ; faire éclater une brillante promotion à la boutonnière.
    -…il créa une rose dont la forme et la couleur varient d’heure en heure et qui ne vit qu’une journée. elle fleurit encore en Angleterre. Les Anglais la nomment Yesterday [René Barjavel].

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

     

    fleur1min.jpg

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    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK