Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

enfance

  • la plaie du cri

    Sans ailes, des enfants terribles
    jouent dans la cour à Qui Pour Cible

    L'un d'eux vient à se mettre en boule
    et sitôt rouler sa colère
    au bas terreux du mur d'enceinte
    à son visage, aucune crainte
    aucune plainte dans sa voix
    qu'un long souffle qui mange l'air

    Les autres figurent la foule
    ses invectives, ses abois
    ses poings armés à bout de bras
    ses regards, brûlantes folies
    ses hymnes de cacophonie...
    Sa masse infecte et cohérente
    pointe alors une flèche ardente
    décochée d'un commun élan
    vers le cœur de la cible-enfant

    Dans l'instant s'ouvre, formidable
    partition du buste enfantin
    une profondeur insondable
    Elle réclame son festin
    La meute hurlante s'y enfonce
    Des mains agrippent ses rebords
    pour prix de cet ultime effort
    s'y déchirent comme à des ronces

    Dans la vaste chambre d'échos
    s'amenuisant se répercutent
    les clameurs à jamais en bute
    avec le vorace chaos
    qui, les absorbants, se referme
    telle une plaie sous l'épiderme
    reforme la chair à nouveau

    les enfants terribles

    tiniak ©2012 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Illustration : Les Enfants Terribles.

  • pluviométries

    ...d'après © Louise Markise

    Deux mains fouillent un sol où le visage aimé
    a fini d'abriter son intime
    à chaque œil, un centime
    à chacun son loyer

    Mais la terre argileuse ayant durci le ton
    fait de la rétention de calvaire
    n'entend pas la prière
    les regrets, l'abandon

    Obstinément des pleurs martèlent la surface
    sans pouvoir délayer la poussière tenace

    Et le front qui se lève au ciel inamovible
    souhaiterait qu'enfin crève un nuage tangible

    L'orage passe au loin
    épargnant le bon foin pour les granges d'ici

    Ah, dieu ! que fait la pluie ?

    Les bottes gavées d'eau terreuse et de gravier
    un enfant du quartier, goguenard
    rentrera sur le tard
    sa gueule enfarinée

    Parenté pointilleuse, il aura sa leçon...
    mais l'heure est à l'affront, haut et fier
    devant tous ses confrères
    garder ses pantalons !

    Ouvertement railleur et le rire bravache
    ajoute à son aspect déplorable des taches !

    Et c'est la lutte à mort qui s'ouvre au caniveau
    Ça redouble d'ardeur et ça hurle "taïaut !"

    Il ne manque plus rien
    qu'un déluge au festin; que tout soit accompli

    Putain ! que fait la pluie ?

    Une glaise attend là de prendre forme humaine
    Et tout un régiment d'achever la semaine

    Une larme se tient tranquille au bout du nez
    Un coup de pied au cul se perd dans la soirée

    © Louise MarkiseMais la pluie ne viendra
    (toute à son importance)
    qu'à cette condition :
    Formez le rigodon !
    Il y faut une danse...
    Qui en saurait le pas ?

     

     

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#132 

    Illustrations d'après et de
    ©
    Louise Markise

  • septimes

    lune_004.gifRousse naît l'une
    quand l'autre, brune
    offre à la lune ses serments

    La loi de Mars
    au vent éparse
    couve une farce de géant

    Fine soudure
    or et mercure
    jamais ne dure si longtemps

    Qu'un Jupiter
    atrabilaire
    à son affaire martelant

    Cet angélus
    mulieribus
    au sein de Vénus résonnant

    D'heures nocturnes
    versées dans l'urne
    d'un vieux Saturne évanescent

    Et voici comment, le dimanche
    la messe dite, se ramènent
    au résumé de la semaine
    en songes mes ennuis d'enfant

    tiniak © 2011 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#130

  • terne air

    poésie,trois Parques,enfance,vieillesse,temps

     

     

    Je t'ai vue - la première foi, légère
    et le pied enfantin
    tu me donnais la main
    du rire entre les doigts

    Il m'a paru si clair que c'était toi
    quand je t'ai vue à la seconde
    dans le suspens du monde
    tu m'accordais ta main

    L'ombre est plus douce à regarder, ce soir
    C'est l'automne et l'On sème
    Des Barques, la troisième
    avance et viens pour moi

    Je t'acquitte, ma chair, à cet endroit.

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • !papossib!

    Lever le nez au ciel et se sentir chez soi
    où Castor et Pollux tiennent à bout de bras
    (passez-moi un gourdin, j'ai l'âme cro-magnonne !)
    et puis rire au tonnerre – euh, qui tonne ?
    qui pique sa colère et donne de la voix
    Écouter qui chantonne ailleurs – une autre voie ?
    dans le bois qui sommeille
    quand, sur la route vieille où s'enroulent les vents
    les talons des enfants rangés pour la bataille
    n'attendaient que ce signe et maintenant s'égaillent
    par les prés, les ruelles
    et toute autre échappée où se la tailler belle
    en hurlant
    aux étoiles :
    « Éhan batoa vouaaaleu »

    Donner à un caillou l'élan qui lui manquait
    la hanche sous le coude en cassant le poignet
    ou d'un savant brossé de la pointe extérieure
    du pied
    - qu'on n'avait pas voulu aussi endimanché
      ce matin, au moment de partir
      quand la viande eut fini de rôtir
      pile à l'heure
      pour gagner l'autoroute avant les emmerdeurs
    et rejoindre les cousins germains sous le pont
    enjambant le ruisseau qui borde leur maison
    pour le décompte à la loyale, en moyenne
    de nos joutes dominicales – en Mayenne...
    et ça flique et ça floque et ça ratatataque
    les recommandations que les vieux nous matraquent

    « Pas possible !
      Vous en êtes encore à ce stade ?! »
    s'indignait haut et fort un ancien camarade
    qui me croisait hier au sortir d'un endroit
    où la paille et la poutre emportent les émois
    d'une foule aux couleurs dûment incompatibles
    (qui se prennent de fait également pour cibles)
    « Euh, ben oui » ai-je donc répondu
    comptant que ça suffise et qu'on n'en parle plus
    « Eh ben, c'est du joli, à votre âge »
    Je le remerciai du chaleureux message
    et lui donnai congé prétextant quelque urgence
    - m'attendais-tu, peut-être pour une danse ?
      Tu penses ! Pour sûr !
      Tu venais de t'offrir de nouvelles chaussures

    tiniak - totalités mineures
    © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    shoes.jpg