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culture

  • Ovale, perdure !

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    Au val perdu
    foin d'Élysées
    l'écheveau n'y est plus auprès
    Adieu métiers, bures et Parques !

    Ovale n'est plus
    des Arts, Monique
    le flux solidaire et mythique

    d'où les règnes académiques ou monarques
    piédestant tour à tour Mireille ou Jeanne d'Arc

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • heyoka

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    soyeuse comme un sexe
    la prairie indienne en sous-main
    propre et pure

    le trop plein de sang bleu
    d'où viendra l'aigle sioux
    lui prête sa verdure

    un homme se tient là
    comme l'arbre
    aussi vieux et sans pieds

    il chante, il dit :

    wasichu, pauvre fou
    mes pieds sont dans le ciel
    c'est ma tête que tu vois
    c'est ma tête plantée là

    écoute wasichu
    elle chante pour toi

    elle chante, elle dit :

    nu sur le Rocher Mère
    j'ai vu l'Oiseau-Tonnerre
    et je n'ai fait qu'un pas
    et j'ai quitté la terre
    et je suis heyoka

    j'ai pleuré pour ce rêve
    quatre nuits
    quatre jours
    dans l'âge de Tunka

    la vérité m'achève
    quatre nuits
    quatre jours
    pour n'en revenir pas

    sans la vision trop brêve
    de Wakinyan-Tanka

    je suis son heyoka
    je chatouille la peur
    ainsi la peur s'en va
    qu'elle aille faire ailleurs
    ce qui ne m'atteint pas

    écoute, wasichu
    si je suis le chaud-froid
    c'est toi le fou du roi :

    tu ne vois pas mes jambes
    tu as peur et tu trembles
    quand je t'ouvre les bras

    ouvre-les, wasichu
    ouvre tes bras en croix
    tu auras les mains pleines

    tu auras les mains pleines
    heyoka.jpgde la prairie indienne
    soyeuse comme un sexe

    propre et pur

    le sang bleu du rocher
    où se tient l'aigle sioux
    lui prête sa verdure

    lave-t-en, wasichu

     

    tiniak © 2010 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Défi du samedi

     

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  • Oui

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    oui01.jpg

    Oui, j'aime le populot, me méfie du populaire
    Oui, je rends à ces salauds et les horreurs et l'enfer
    Oui, j'embrasse autant la vie que la mort, l'amour, la sueur
    et oui, je défie le temps, les tourments, le sang, la peur

    Oui, j'ai le goût du vertige inscrit là, en nombre d'or
    Oui, j'aime comme vos tiges me disent tout de vos corps
    Oui, j'ai dormi à la niche et hurlé parmi les chiens
    et oui, Vénus Callipyge, c'est ta croupe que je tiens

    Oui, petite véronique, j'ai tout bu de ton poison
    Oui, quand cesse la panique, je retourne en oraison
    Oui, me reste le parfum de ta chevelure brune
    et oui, c'est toi qui me tiens en verves inopportunes

    Oui, je suis fier et serein et rivé à mon carné
    Oui, le poLème qui vient sera mis dans mon carnet
    Oui, je bois, je fume et bande - quel que soit ton nom, Fernande
    et oui, je ne serais rien si tu n'avais pris ma main

    Ne sois donc pas fâchée de ça
    toi que j'aime aujourd'hui - ah !
    Aussi bien ne me dis jamais
    "avant nous plus rien de vrai"

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • merci, Derain

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    Derain - L'Estaque, 1907

    Dans les sous-bois de l’Estaque
    à l’abri d’un soleil flaque
    je t’ai vue venir, orange
    partagée d’aucun mélange
    oser le blanc sur le mauve
    là, entre les ocres fauves
    dans une ombre enfin lumineuse
    ta nudité radieuse

    Le cheveu brun à l’épaule
    le poing serré sur la gaule
    je t’ai croquée toute, écrue
    du bout du sein et du cul
    Ignorais-tu que je planque
    chaque jour dans les calanques
    tandis que dru le soleil plaque
    un dais sablé sur l’Estaque

    Tourbillon vertigineux
    l’œil mi-clos et la main bleue
    tu embrassais des fantômes
    essences parmi les chromes
    Quel bonheur de te saisir
    absolue dans cet empire
    lent mouvement rafraîchissant
    dansante absence de vent

    A travers le chêne-liège
    par quelque envieux sortilège
    tu m’aperçus, me souris
    m’approchas sous les taillis
    sans un mot pour mon travail
    ôtas mon chapeau de paille
    me confondis sur ta poitrine
    perlée de suées cristallines

    Notre bal sous les branchages
    un feu païen de sauvages
    rappelait de la nature
    la force brutale et pure
    surgissant de la bruyère
    s’égaillant dans la clairière
    escadrons frôlant nos genoux
    des nuées de criquets fous

    De vie à trépas, retour
    en ma chambrée de Collioure
    sous l'coude un canevas cru
    où tu ne figurais plus
    Je t’ai gardée pour moi seul
    pièce manquant au puzzle
    où l’écho de ta robe claque
    dans le marin sur l’Estaque

    (épilogue)
    t'ai-je vraiment retrouvée ?
    un peu tard, l’été dernier
    tes yeux plongeaient dans la toile
    mi-clos comme l’Estivale
    tu as vieilli ; moi, pareil
    nous reproche un franc soleil
    tu me remis ce chèque en main

    tu dis : merci
    moi : Derain.

    tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    inspiré d'une toile de André Derain
    L'Estaque, 1907.

  • brosli

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    Dans ma bibliothèque, Brassaï
    joue et tire à la courte paille
    pour savoir de Hegel ou Kant
    qui a Le Don des cartes ; et Dante
    repeint le plafond des Enfers
    pour accueillir chez Lucifer
    les pleurs de Melmoth, L'Homme Errant
    - Minotaure aux rives du Temps

    Dans ma bibliothèque, Camus
    peste contre des rois Ubu
    ramenant leurs bien tristes mines
    morne rigodon chez Céline
    qui vient de chasser Eluard
    et son lot de copains braillards
    dont les clameurs fondent, rigole
    par le soupirail de l'école

    Dans ma bibliothèque, Ronsard
    cuve avec Ovide au mitard
    le plastron rougi de vins lourds
    (ils ont incendié Jean Dutour!)
    dehors, Simenon les attend
    assis sur un banc avisant
    les silhouettes embrumées
    au bras de vagues gringalets

    Dans ma bibliothèque, Alphonse
    allait chercher quelque réponse
    le Cap droit sous la Tour Eiffel
    ignorant Drieu La Rochelle
    Gide au présent garde sa veste
    pour ne pas demeurer en reste
    et traduit encore et encore
    Gitanjali pour son Tagore

    Dans ma bibliothèque, Malraux
    chevrote du Victor Hugo
    au Panthéon faisant l'éloge
    des absurdités de Desproges
    dans son coin Gaston Gallimard
    éconduit par la Yourcenar
    marmonne un mot de Mallarmé
    et se perd dans les escaliers

    Ma bibliothèque infinie
    Caverne, abîme de Brosli
    en carton,  main, poche, étagères
    perle d'ombre ou puits de lumières
    être d'impairs en Nombre d'Or
    lettrine torsade en décor
    parcours sans tain, tous les dédales
    dans un vieux cahier à spirales

    tiniak © 2008 DUKOU ZUMIN &ditions Twalesk
    impromptu littéraire - tiki#9