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paVupApRi - Page 5

  • Épreuves paralimbiques

    Sur la pierre de Caen, l'or était à pleurer
    quand le ciel, déclinant mon invite, fuyait
    un hiver opiniâtre étalant son glacis
    mêlé de blancs-mangers émiettés en grésil
    pour finir en gelée plus froide qu'un lent deuil
    qui me crispait les doigts et m'aveuglait un œil

    Le printemps se tenait, pourtant, en embuscade
    disant son chapelet de buisson en calade
    bourgeonnant çà et là, j'en sentais les prémisses
    timides, parfumer ses algides esquisses
    mais le froid persistant... et quelques cigarettes
    m'engourdissaient le nez, pis qu'un jus de chaussette !

    Des vents se renvoyaient les orgues sépulcrales
    - aux échos saisissants ! du long sommeil hiémal
    où je ne percevais plus que la plainte sourde
    et résignée du temps affectant mes esgourdes
    (ce fracas silencieux, c'est à n'y rien entendre
    et laisser sa chanson mouronner sous la cendre)

    Voulant pousser la mienne et sa clameur farouche
    je remâchai ma peine et ouvris grand la bouche
    Un relent de brandade envahit mon palais
    et, dans le même instant, je fermais mon clapet
    Moi qui n'ai jamais craint d'exhaler mes courroux
    je m'étonnai soudain de n'y prendre plus goût !

    Puis, j'ai tendu la main vers la seule misère
    qui parle comme moi, mais siège cul à terre
    pour lui raccorder ma pièce d'humanité
    à son tas de chiffons et de journaux papier
    quand - surprise ! un juron jaillit de l'agrégat
    Ben... sans aller au front, ça m'a coûté un bras !

     

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#313

  • sûre prise

    L'œil vif et le regard curieux
    gravement malicieux
    elle remet en jeu son titre de Markise
    à lever la surprise
    dans le champ de l'instant
    où flotte un mouvement qui rameute le sens
    interroge l'essence
    vient à brouiller la mise
    et s'efface en riant dès la prochaine prise

    Où que logent ses ombres
    des propos satisfaits, elle n'est pas du nombre
    et, dans sa profonde heure
    cultive une abyssale noblesse de cœur

    Un allant coloré dore ses intentions
    de feuilles enfantines
    cultivées à Berlin
    pour fleurir à son front
    comme autant de boutons à son coffret d'épines

    Impossible mission remise au goût du jour
    avec obstination, sur un meuble métier
    elle veut embrasser des fantômes, des fours
    des ballons dans la cour, le pied à l'Être y est !

    Ses robes tuent le temps
    d'un éternel élan vers un soudain espace
    sa chair est, sans menace
    un aveu délirant

    Elle remet en jeu son titre de Markise
    (vous dis-je, à chaque prise !)
    l'âme dans l'objectif
    et le geste amoureux, sincère, suggestif

    Photographie, insta, poésie, tiniak, Louise Markise
    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Dédié à Louise Markise (photographie en illustration)

  • A E E O R J G L N L

    Sur un crottoir de Carpentras
    où je progresse à petits pas
    je vois bien que mon ombre jongle
    - merde ! me suis pété un ongle...
    Boh... Ma bouche le rognera

    (pour elle, c'est un lent régal !)

    Dans cette rue de Caen meurtrie
    avant que ferme Monoprix
    un dur vent sibérien m'étrangle
    je m'en protège un peu, à l'angle
    du 6 juin et Langannerie

    (où la vue est phénoménale !)

    Hier encor, en bon paria
    cheminant vers quelque Au-Delà
    je grignotais un pain de seigle
    en regardant planer un aigle
    j'ai jugé trop maigre mon bras

    (pour prétendre égaler sa voile)

    Ce matin accueille en goujat
    - et à grand renfort de frimas !
    mes yeux derrière leurs bésicles
    car l'hiver prolonge son cycle
    tandis que j'allonge mon pas

    (le nez toujours dans les étoiles)

    Rentré chez moi, fermée la porte
    je lorgne la nature morte
    que m'a refilé un vieux pingre
    (la chine, c'est son violon d'Ingres)
    C'est au printemps qu'elle m'exhorte

    (moins que Kiki tombant le voile)

     

    tiniak au tableau,polétique appliquée,voyelles,consonnes,pas mieux,violon d'ingres,kiki de montparnasse

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#312

    Photographie : Man Ray, "Le violon d'Ingres" (1924).

  • poires et raisins

    Sur un crottoir de Carpentras
    où je progresse à petits pas
    je vois bien que mon ombre jongle
    - merde ! me suis pété un ongle...
    Boh... Ma bouche le rognera
     
    (pour elle, c'est un lent régal !)
     
    Dans cette rue de Caen meurtrie
    avant que ferme Monoprix
    un dur vent sibérien m'étrangle
    je m'en protège un peu, à l'angle
    de 6 juin et Langannerie
     
    (où la vue est phénoménale !)
     
    Hier encor, en bon paria
    cheminant vers quelque Au-Delà
    je grignotais un pain de seigle
    en regardant planer un aigle
    j'ai jugé trop maigre mon bras
     
    (pour prétendre égaler sa voile)
     
    Ce matin accueille en goujat
    - et à grand renfort de frimas !
    mes yeux derrière leurs bésicles
    car l'hiver prolonge son cycle
    tandis que j'allonge mon pas
     
    (le nez toujours dans les étoiles)
     
    Rentré chez moi, fermée la porte
    je lorgne la nature morte
    que m'a refilé un vieux pingre
    (la chine, c'est son violon d'Ingres)
    C'est au printemps qu'elle m'exhorte
     
    (moins que Kiki tombant le voile)
     
     
    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#311

  • pulsations (épiglogue)

    Plus que je ne l'attends, je l'espère
    tel un rêve inassouvi
    l'âme piquée à la boutonnière
    sur la lèvre un autre pli

    Urgence impromptue gonflant ma voile
    j'aspire à ce souffle étrange
    que prodigue sa voix cérébrale
    dans de sublimes échanges

    La prochaine fois qu'elle sourit
    je veux en être, instamment !
    sentir frétiller entre nos cils
    à connaître de nos sangs

    S'il est un jour qui ne prend pas fin
    c'est celui de la rencontre
    car il nous reste au creux de la main
    ce dont nous aurons fait montre

    Ah, qu'enfin j'embrasse une autre cause !
    - eh ! Fantômes sur l'épaule...
    J'en ai fini de prendre la pause...
    Elle est superbe... Elle est drôle !

    Tu vois, mon cœur, tu peux battre encore
    Allons remettre une couche
    sur les façades; à l'Heure En Or
    frapper la craie de son cartouche

    Il bat pour dire : "ne meurs jamais !"
    cet espoir qui me promène
    sur les trottoirs sans ombre à mon pied
    vers la fin... de la semaine ?

    Où loge-t-elle ? Je l'ai compris !
    la sève crue sous l'écorce
    l’œil humide, livrant son esprit
    d'un verbe sûr, sans négoce

    Neuve matière, un aveux discret
    en se confiant se fait jour...
    Mon sentiment patiente et se tait...
    ...compte ses pas dans la cour...

    S'il est inquiet, le bonheur appert
    grave son art à l'eau forte
    (j'ai des pulsations plein le couvert !)
    se presse et frappe... à ma porte ?

     

    poésie,églogue,pulsations,étienne,nette

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK