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paVupApRi - Page 5

  • Pas de brouillon !

    S’agissant de dire mon fait au sombre idiot
    chaussé d’immondes godillots pour marcher (droit ?)
    droit sur la fille-mère et son frangin « homo »
    j’ouvre bien grand ma gouge et je dresse mon doigt
    Ah, ça non !
    Je ne fais pas de brouillon

    S’il est question d’interroger ce pas qui vient
    (qui n’est pas celui de mon chien), je me méfie
    de ces abois sans qu’on se soit serré la main
    de ma propension à me perdre en arguties
    Pour le don
    je ne fais pas de brouillon

    Trop d’intéressements pour si peu d’intérêt !
    Tant de chœurs concordant sur des voies de fossés
    de minois réchampis à d’obscures vitrines
    et de culs féminins creusés par la strychnine
    font que, non !
    je ne fais pas de brouillon

    Mais quand je pense à toi, ma mère, fille et sœur
    toi qui m’a fait humain à penser à demain
    toi qui m’a démontré que la joie tue la peur
    car tu sais, mieux que moi, où loge le malin
    c’est tout bon !
    Je sais n’être qu’un brouillon

    Devenu père
    livrant mes brouillons éphémères
    Un rien, brouillons des cartes les chimères...

    poésie,impromptus littéraires,pensée,brouillon,humanisme,polétique appliquée

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#348

     

  • Timor, saison !

    L’était bien loin encore, l’été…
    mais l’avait tant lavé le ciel, l’hiver
    qu’elle en était toute rêche, la terre
    où mon pas s’est déboussolé

    Pas vue, l’eau… depuis l’an dernier !
    ruisseler son long chant sous les grands joncs
    ni le fleuve caresser tous les ponts
    jusqu’à sa mère, bouche bée

    C’est pas du printemps, cet orage !
    Avec ça qu’il reste là-haut et peste
    zébrant le ciel sans pleurer sur ma veste
    avec ses éclairs d’un autre âge…

    Même pas peur ! Je marche encore…
    manteau bleu court, sur de noirs escarpins
    (chaussés –au fait ! pour quelle fête, hein ?)
    Soudain, devant moi, merde alors !

    Passez, passereaux sans parvis…
    Il n’avait jamais disparu, le flot
    du brave et obstiné brûlot !
    M’aviez menti ? Soyez mots dits !

     

    Click and enjoy the original!!

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour "L'égarée (Merde alors) !" une photo de mon cher Ernesto 

    Crédit photo ©2017 Timor Rocks 

  • Où l'haleine fait tilt !

    Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en apnée, à pas d’heure.

    L’heure étendait son pas
    juste là, devant moi
    mieux que le parvis d’une église
    toute, mon ombre y fut soumise
    et s’étirait comme un vieux chat

    J’allais, sur ce plat, mon entier
    étaler quelque vérité
    momentanément extatique
    quand j’avisai une barrique
    flanquée d’un vieux chien dépouillé

    Mon approche n’y faisait rien
    il ronflait d’un sommeil canin
    chargé d’une vinaigre haleine
    devant cette entrée (souterraine ?)
    croûtée d’ocres, jaune et carmin

    L’antre exposait deux pieds crasseux
    déchaussés à la qui-mieux-mieux
    et plus odorants qu’une lèpre
    À quelque clocher sonnait vêpres
    et je n’en croyais pas mes yeux

    Lâché du fond de ce fatras
    un borborygme m’alerta
    dont je reconnus le sans-gêne
    C’était lui ! Ce foutu Diogène
    aux initiatiques crachats

    « - Eh, dis ! Oh, dis voir, Dio’
    C’est bien toi, sâle ego* ?
    Kesstufoulà, ce soir
    dans la commune histoire
    où vont mes godillots ? »

    De réponse ? Ben, nan !
    Au mieux, des grognements…
    J’y entends : « Va plus vite !
    Observe et prends ma suite… »
    D’où je pisse un nouvel élan

    Sur le fleuve
    des seules personnes et pensées qui m’abreuvent

     

    polésie smirituelle,poésie,diogène,le chien,ego,nouvel élan,convivialiste

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#346 (hors délai)

  • Jet d’ancre, hier

    J'ai déjà passé deux longs jours
    (et quelques parties de leurs nuits)
    à me révoquer le velours
    de tes cris d'oiseau alanguis
    - printanière bergeronnette...

    Et brûle encor, d'un même four
    mon corps meurtri par la disette

    Tes pas ont déserté la cour, sans bruire
    Désormais, tout m'écharpe; tout me fuit :
    la voisine à sa harpe, au pied du lit
    la vitre où est venue danser la pluie
    la journée jouée pour ne faire aucun pli
    jusqu'à ce tweet qui ne peut aboutir

    [Demain n'est qu'un bel endroit pour mourir
    Et qu’en serait-il à dire, aujourd'hui ?]

    D'en avoir, vibrant à l'oreille
    des nocturnes, des matinales
    il me semble que c'est merveille
    de céder au sentimental
    - passagère bergère honnête...

    « - Ah ! Tu me fus trop trop humaine !
    que j'en eus le cœur bien amène »

    ...Nous rendant autant la pareille
    que la surprise d'une fête...

    Ces pas qui viennent dans la cour, sans feindre
    sonnent si juste que le jour éteint
    claquant leur talent pour couvrir ma plainte
    Les murs et les plafonds, en sons, repeints
    t'ouvrent les bras pour la prochaine étreinte
    et la suivante, et leurs chansons à joindre

    Retour à la case des « pars »
    « attends-moi », « reste un peu », « cui-cui »...
    chacun son quart sur les remparts
    faisant des rondeurs à mi-nuit
    - et jusqu'à « dès potron... », minette !

    Eh ! qu'en pâtisse l’Au-Jour-Dit !!

    ***

    Hiatus ! Hiatus ! Posons-nous là...
    « - Regarde, j'ai dit ça de toi.
    « - Plus tard... Plus tard... Embrasse-moi.
    Très bientôt, le goût passera. »

    Il coule de l'eau sous les ponts
    (c'est bien tout ce qu'on en demande)

    Et je t'embrasse les paupières
    tes chants d'oiseau plein les esgourdes
    La semaine passée fut lourde
    mais jamais de ton franc mystère

    « - Rigole ! » dis-tu, endormie.
    Dehors, les moineaux font la bringue
    Je file à la boulangerie
    et t'y choisis une meringue
    - Ô bergeronnette crémière !

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Listenning to Rosie Lowe's 'Bidsong'

  • La rouée

    Le temps, pourtant inavoué
    traverse un plein cœur mis à jour
    quand, sur la berge où elle accourt
    l’ombre déporte ses nuées

    Au vent, s’égaille un cri d’amour
    à l’extrême pli de sa robe
    à l’opposé, l’allure probe
    elle offre son front sans détour

    Révoquant sa dernière lutte
    elle cabre son cheveu brun
    dans la pagaille des embruns
    ravis de jouer dans ces volutes

    « - Oh, mais bien sûr ! C’en était trop… »

    Un vilain creux sous la paupière
    lui donne raison pour son crime
    (acte sauvagement sublime)
    accordé à son linge aubère

    Et, dans ce décor maritime
    lâchant sa montre à bout de bras
    s’autorisant un dernier pas
    elle suspend sa pantomime

    Et meurt, à l’heure douce et grise
    où se perdent soir et matin
    où se fondent tous les chemins
    d’une femme rouée, pas soumise !

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour une photographie de Val Tilu, que j'embrasse.
    Et parce que le 8 mars, c'est toute l'année !!