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acrostiche à son palmier

  • Lunatic waves

    L'obscurité nous va si bien
    que nous en parons nos paupières
    levant, haut ! nos chopes de bière
    vers tous les dieux aux noms de chien

    Un manteau même, chargé d'ombre
    eh ! cheminons, bras d'ssus, bras d'ssous
    mêlant de chansons nos courroux
    moi qui suis d'ici, toi de Londres

    Nos yeux souhaitent ne rien avoir
    pour mieux plonger au fond du puits
    et, lestes, s'offrir à la nuit
    qui miroite sur les trottoirs

    " - Ah, Curnonsky, non plus que l'aube..."
    ai-je murmuré sur ta lèvre
    " - ... Ma vie a passé comme un rêve..."
    répliqua ton œil émeraude

    Tout va t'au mieux, la ville est morte...
    Il fait bon vivre au coude-à-coude
    et laisser nos traces de soude
    à de policés pas-de-porte

    Il en va de savoir souffrir
    comme de jouir de l'instant
    sous le blanc regard insistant
    mieux que sous l'autre astre à venir

    Qu'allons-nous manger sur le pouce ?
    Ce vol égal de goéland ?
    Ce rideau sur l'appartement ?
    Cette vieille pute qui tousse ?

    Un vent s'est levé dru à l'ouest
    Il fera beau, demain matin...
    Allons ! notre pitre chemin
    tes bras noués dessous ma veste

    Et Dame Lune, à l'œil poché
    couvre nos pas d'un lait sans nom
    Tu tiens mon nez dans ton giron
    pour m'enjoindre de l'oublier

    S'il-te-plaît, fais-moi peur encore !

    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Ulema (mmpôfêmol)

    Une ombre est passée au tableau
    apprendre sa leçon du jour
    tandis que d'autres, dans la cour
    s'emparaient d'un éclat nouveau

    Le maître lui pose question
    (est-ce que je l'ai méconnu
    pour ne l'avoir pas entendu ?)
    sa craie en main, la ride au front

    Elle, de se ronger les sangs
    Lui, patient devant le tableau
    lui tend la craie, sans dire mot
    Elle frémit à cet instant

    "Merde, Maître; j'ai tout foiré !"
    (le cri demeure à l'intérieur)
    Une fois surmontée la peur
    l'ombre formule une pensée :

    Aucune erreur n'est inhumaine...
    Chacune oriente son destin
    au chant des orgues - surhumain !
    où se jouent l'ordre des semaines
    et la qualité du festin

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    tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Un coup de fil

    Une main près de l’ombre et l’autre à griffonner
    je remets au métier un tissu qui m’héberge
    avec des bleus mêlés à des fibres de serge
    et quelques abandons pas loin de s’émécher

    « Nous n’irons plus... Oh, bois ! »; Poucet est à l’école
    d’une pensée frivole et prompte à s’étourdir
    du convenu « ...pour le meilleur et pour le pire... »
    tandis qu’à son entour des orgues batifolent

    C’est l’adroite ou la gauche, affairée sur le fil ?
    Laquelle est trop fébrile et laquelle falote ?
    « Les deux, mon Capital ! Vois comme elles gigotent... »
    Et tout ce tremblement gagne bientôt la ville

    On renoue des horreurs sur les Rives de l’Orne
    pour des bêtes z’à corne – et jusque sous les pieds !
    par des Caen-Caen feutrés (pourtant qu’émoustillés)
    en allant tricoter des quilles, sur des bornes...

    Une main près de l’Autre et mes yeux dans les siens
    je fais taire Mon-Chien car l’heure est souveraine
    Le métier a cessé de battre sa rengaine...
    Il est temps d’étoffer mon propos par le sien

    « - Tu m’attendrais un peu si je partais ce soir ? »
    Pas question de surseoir et j’en mouille mes linges !
    Ravaler mon histoire... Délier les méninges...
    « - N’aurai qu’à faire un nœud à ce papier-mouchoir »

    De là que je ne suis qu’un issu de « ...m’en songe »
    En garde, un martinet sous ma serviette éponge...

    Fatchede ! Chair Amie... Quel train nous tient à quai ?
    Les yeux fous ! Au taquet ! N’est-ce pas la culture ?
    Du lin, ni du millet ! Pour le coup, ça, c’est sûr !
    Nul besoin de partir quand on sait contempler

    « Il y faut, s’il-te-plaît, quand même des rencontres... »
    (je regarde ma montre, elle est pas loin de Lyon)
    Le soir étend son dais d’automnal horizon
    sur ce que j’en connais, des caïds z’et des pontes

    Là, c’est le temps d’arrêt... Personne au bout du fil
    Je demeure tranquille, une main en plein four...
    Puisqu’elle ne sens pas mes doigts dans ses ajours
    qu’importe ! la navette accorde nos textiles !

     

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Qui ? Dame... !

    L'ai-je trop écoutée, cette obscure chamade ?
    J'allais, ma promenade, auprès des berges crues
    tout oreilles tendues parmi les bousculades
    à espérer d'un cœur qu'il m'apparaisse nu

    Mais, simulacres, transe en l'inique "bonsoir..."
    crachat au dévaloir et rêves sans partances !
    Il est, à l'évidence, un risque de surseoir
    mais bien plus périlleux d'invoquer les errances

    L'amie que je chérie pour sa sollicitude
    se nomme solitude et se repaît de peu
    de là qu'être amoureux dévaste l'habitude
    et nourrit son foyer dans chaque paire d'yeux

    Mon corps s'est fatigué, meurtri, mis à l'amende
    sur les routes d'Ostende et les rus forestiers
    à courir les quartiers de l'une ou l'autre, tendres
    à espérer d'un cœur qu'il me baise les pieds

    Qui vient (car je l'entends) me prendre par le col ?
    Une (peut-être folle ?) a plié le genou...
    Il me vient d'un courroux d'être à meilleure école

    Disons que j'ai dit "oui"; fêtons-en l'impromptu
    Alors... Chacun chez soi, est-ce bien entendu ?
    Mais oui, mais oui, allons ! Goûtons-nous chaque jour
    Et laissons z'à la nuit de jauger le parcours !

    Eh, laissons t'à la nuit jauger notre parcours !

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Rhapsode, dite en bleu

    Fatigué, là... Nan, mais si, fatigué je suis. J’ai erré, toute la nuit, bourré au point de jeter mes bras dans le ciel pour en faire une… tartouillade, quoi. T’imagines ? Avec la ville sous mes pas, mes maigres doigts de plumitif caressant le platane, l’orme et… si !... si !... même l’if. Ces foutues haies d’ifs ! Nul pardon pour les amateurs; même pas désolé… C’est pas des interrogations, ces buissons ratés ! Cette grossière trucherie ! C’est une injure à la façon d’organiser un peu sa haie en donnant, s’il-vous-plaît, quelque chose aimable et singulière à contempler. Passons…

    [Tiens, c’est marrant, Gogol du web reconnaît pas s’il-vous-plaît, passons…]

    Sauf que le greffier que je suis, au service du cabinet Vattefer, piloté par Maître Hassac, il s’est réveillé ce matin, auprès de sa moitié gobant des mouches tsé-tsé (hiver, printemps, été… qu’importe la saison, elle dort tout autant), les esgourdes (les miennes !) embrouillées par un foutu croque-notes. Attends ! Que tu mettrais, dans un sanibroyeur SFA, Nathalie Dessay et Johnny Rotten, ça t’aurait encore un semblant de Tom Waits, quoi ! Que lui, le gonze, il braillait, une sorte de chanson réaliste, truffée de termes abscons et désuets où il était question d’une « damoiselle » dont il s’était « enganté naguère » (nan, mais attends ! « enganté » !!) et qui l’avait jeté sur le pavé… à venir rhapsoder jusque sous mes fenêtres, dis !

    [Tiens, c’est marrant, rhapsoder, Gogol du web connaît pas non plus, dis…]

    La journée qui s’ensuivit ne fut pas moins irritante. Au bureau, j’avais le cerveau englué dans mes dossiers pis qu’en cuisine, les doigts de ma grand-mère travaillant sa guinette. Grève de métro à l’aller, panne de RER au retour, tombée de drache par vent violent rendant l’usage du pébroque impossible, pour finir par reconnaître, dans le couple échangeant un baiser fougueux sous le porche d’une résidence voisine, ni plus ni moins que celle dont j’avais préservé le sommeil ce matin en quittant silencieusement notre (?) chambre. J’ai balancé ma serviette dans l’entrée, sans entrer, puis j’ai tourné les talons et j’ai foncé Chez Loulou & Raymond, bar LGBT où je savais pouvoir trouver un air de fête salutaire… mais pas salvateur, vu que j’en suis sorti, rond comme un petit beurre même pas LU et plus chargé qu’une douteuse ripopée, tant et si bien qu’en ce morne petit matin, je n’entends pas venir la voiture électrique qui me f…

    [Quelqu’un peut-il ajouter ripopée au dico de Gogol – ultime pensée qui me f…]

     

    tiniak, Joëlle CHEN, rhapsody in blue,blond fail

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#346

    Avec les obsolescences programmées: ripopée, tartouillade, rucherie, croque-notes, s’enganter, guinette, rhapsoder et plumitif (à tes souhaits !).

    Illustration Joëlle CHEN, artiste peintre... T'en veux ?