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Mue de la ruse - Page 4

  • Partout, les seins !

    Tout un : havre de paix et caresses dansantes
    ce sont, en fait, deux faux jumeaux de chair vibrante

    Entre eux vient, humblement, nicher la vérité
    (d'un secret... d'un élan... d'une nécessité...)

    Qu'il fait bon en cueillir le parfum de mystère
    quand l'âme erre où balancent la femme et la mère

     

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    Dédié, en passant, à  Célestine ¸¸.•*¨*• ☆

  • sûre prise

    L'œil vif et le regard curieux
    gravement malicieux
    elle remet en jeu son titre de Markise
    à lever la surprise
    dans le champ de l'instant
    où flotte un mouvement qui rameute le sens
    interroge l'essence
    vient à brouiller la mise
    et s'efface en riant dès la prochaine prise

    Où que logent ses ombres
    des propos satisfaits, elle n'est pas du nombre
    et, dans sa profonde heure
    cultive une abyssale noblesse de cœur

    Un allant coloré dore ses intentions
    de feuilles enfantines
    cultivées à Berlin
    pour fleurir à son front
    comme autant de boutons à son coffret d'épines

    Impossible mission remise au goût du jour
    avec obstination, sur un meuble métier
    elle veut embrasser des fantômes, des fours
    des ballons dans la cour, le pied à l'Être y est !

    Ses robes tuent le temps
    d'un éternel élan vers un soudain espace
    sa chair est, sans menace
    un aveu délirant

    Elle remet en jeu son titre de Markise
    (vous dis-je, à chaque prise !)
    l'âme dans l'objectif
    et le geste amoureux, sincère, suggestif

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    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

    Dédié à Louise Markise (photographie en illustration)

  • Eirin 115

    Elle est rentrée avec...
    puis s'est laissée tomber
    entre les bras replets du fauteuil vert

    Il serait bientôt sec...
    le bouquet de genêts
    ne connaîtra jamais Sèvres ni verre

    Rêverie ni chanson
    n'emportent plus son âme
    sur les vents du Galway vers les Aran

    Il n'est plus de raison
    même d'en faire un drame
    Ulster lui a repris son Adhamhan

    Nues comme le Burren
    ses mains demeurent fières
    et dignes sur les bras du fauteuil vert

     

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    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    dédié à la "Confession Cent Quinze... du Fauteuil Vert"
    - ©2017 Gaëna da Sylva, Photographe.


  • Cousine forestière

    Tant la forêt me plaît
    allant sur sa peau blanche
    trouver où m'oublier
    tomber, faire la planche
    et puis, apercevoir
    moutonnant, grise et noire
    sa tendre intimité
    offerte à mon idée

    Je l'écoute frémir
    peut-être à mon approche
    avec, en moi, ce mioche
    qui aurait tant à dire
    pour ce qu'elle m'a fait
    sur les pas de Poucet
    devenir enfin homme
    un trèfle dans l'album

    Je mâche ta lumière
    foison inextricable
    ta clarté douce-amère
    changeante et improbable
    et laisse dans ton ombre
    un songe qui m'encombre
    avant de m'en aller
    plus loin, vers la vallée

    Et je chante (pourquoi ?):
    "Prom'nons-nous dans l'émoi..."

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    Pour une photographie de Gaëna Da Sylva
    tiniak ©2017 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Alt. ère

    Ainsi, j'ai promené dans un lent cauchemar
    Ce n'était pas le mien et je m'y égarais
    comme on perd la mémoire ou le besoin d'aimer
    en un lieu déserté par l'heur ou le hasard

    L'intense gravité plombait le mouvement
    pourtant qu'une mauvaise urgence y fût à l'œuvre
    mettant le sentiment et les nerfs à l'épreuve
    avec une impudence abreuvée de tourments

    Teinté de bleus azur à l'étrange contraste
    un environnement cosmique et désolé
    absorbait le regard dans son infinité
    martelant, par échos : « Tu vois ? Je suis trop vaste ! »

    .

    Essaimées dans ce flux, des myriades sans noms
    laissaient couler leurs jus en folle et molle danse
    sur des airs impromptus, caressés de silences
    dépourvues de conscience, imbibées d'illusion

    Rêve sans destinée, songe privé de sources
    confondant le chaos de vos langues brunies
    à partager le lieu d'un oublieux parvis
    vous traciez le chemin où s'épuisait ma course

    Et moi, de promener sur cette langue brune
    il me venait des chants à l'enfantine plainte
    il me venait des chants sur des amours défuntes
    qui se muaient en creux d'ardeurs inopportunes

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    Inspiré d'un tableau de Christelle Guillemine, 'Energie' (2015)