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polésie lubrifiante mais pas trop

  • Qui ? Dame... !

    L'ai-je trop écoutée, cette obscure chamade ?
    J'allais, ma promenade, auprès des berges crues
    tout oreilles tendues parmi les bousculades
    à espérer d'un cœur qu'il m'apparaisse nu

    Mais, simulacres, transe en l'inique "bonsoir..."
    crachat au dévaloir et rêves sans partances !
    Il est, à l'évidence, un risque de surseoir
    mais bien plus périlleux d'invoquer les errances

    L'amie que je chérie pour sa sollicitude
    se nomme solitude et se repaît de peu
    de là qu'être amoureux dévaste l'habitude
    et nourrit son foyer dans chaque paire d'yeux

    Mon corps s'est fatigué, meurtri, mis à l'amende
    sur les routes d'Ostende et les rus forestiers
    à courir les quartiers de l'une ou l'autre, tendres
    à espérer d'un cœur qu'il me baise les pieds

    Qui vient (car je l'entends) me prendre par le col ?
    Une (peut-être folle ?) a plié le genou...
    Il me vient d'un courroux d'être à meilleure école

    Disons que j'ai dit "oui"; fêtons-en l'impromptu
    Alors... Chacun chez soi, est-ce bien entendu ?
    Mais oui, mais oui, allons ! Goûtons-nous chaque jour
    Et laissons z'à la nuit de jauger le parcours !

    Eh, laissons t'à la nuit jauger notre parcours !

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    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Papillonnant, prémices...

    Pour l’épure d’un jour lacé de noir et blanc
    Rejoue-moi ton secret à l’opalin tourment
    Epaule dénudée, mais ceinte à l’encognure…
    Main tenant le carton d’une fête annoncée
    Il y faut le hors-champs pour mieux la désirer
    [serions-nous sur le point de partager la coupe ?]
    Ces plis sont-ils au pas de plus tendre chaloupe ?
    Et vers quoi les haubans de cette gorge tendent
    Si ce n’est à l’endroit d’où riait George Sand ?

     

    poésie,photographie,papillon papillonnage,graphisme

    tiniak ©2019 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour "Prémices N°2",une photographie de Papillon Papillonnage

  • Jeu grave

    (et rejet de graphème)


    Je n'ai jamais reçu
    ni vécu jamais plus
    un amour si intense
    une cour, quelques danses
    puis rien qui ne va plus

    Et je lèche une lame
    si fine que mon âme
    tranchée comme un jambon
    se fait un napperon
    où l'on vient perdre à dame

    Un siècle est mort depuis
    quoiqu'en moi rien n'ait fui
    nul sourire fugace
    aux bourgeoises menaces
    ni soupirs dans la nuit

    Gorge accorte et plaintive
    fraîche et meuble salive
    vous étiez le festin
    que d'un franc coup de rein
    je menais à dérive

    Rien n'est plus désormais
    que mes yeux sous le dais
    esquivant sa lumière
    et la verve (trop fière ?)
    qui m'a dit : « …plus jamais ! »

    Ah ! Voici que la lune
    rameute ma fortune
    et son prochain trépas
    là, au creux de mes bras
    soufflant : « en voilà une… »

    Vomissures sans gain
    diarrhées sans festin
    je m'éveille, si veule
    que, blessé, tigre feule
    et meurt sur le matin

    Et pas une elliptique
    pas même un mur en briques
    pour m'éloigner un temps
    (libre du sentiment)
    d'un rang de véroniques

    ***

    Résumons… Résumons…
    (l’encre veut se coucher
    sur un douillet velours)

    Eraillons, à l’eau forte, plutôt…

    Jeu grave - sur mon nom !
    d'un trait dans ce feuillet
    - bave sur mon carnet !
    « elle fut ma passion »

    Eh, là ! Mais…

    Toujours ?

    ***

    De grâce, aime !

     

    tiniak ©2018 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • Jungle, couine !

    La jungle est au jardin et la ville s'en dore
    Bon... je respire encore et tu me tiens la main
    Un cri prend son essor; il plaide son chemin
    dans le jour incertain du fruit de nos efforts

    La pluie s'est ravisée : "Non, pas ici... Ailleurs..."
    Nous cherchons le meilleur en fouillant nos carnés
    Aux nubiles veilleurs, la nuit vient murmurer
    qu'il fera beau pleurer par excès de bonne heure

    La vapeur a surgi au revers des toitures
    et va lécher au mur la toile qui s'oublie
    tandis que s'aventure une araignée meurtrie
    sur le sol étourdi par nos jeux, nos postures

    La fête est au plus haut ! que nos âmes convoquent...
    Eh, peu nous chaut l'époque ! elle a toujours bon dos
    Fi de taille ou d'estoc, c'est, la garde au fourreau
    que nous fendons les maux, libres de nos défroques !!

    La bête grogne un peu, mais c'est avant de jouir
    Elle est toute au plaisir de mourir par le feu
    et - c'est peu de le dire, elle a ce qu'elle veut...
    Je le vois dans tes yeux qu'inondent mes soupirs

    La ville se résume à sa tête d'épingle
    car notre étoile dingue au ciel, avec ses plumes
    Tu caresses mon flingue et proposes : "On la fume ?"
    Je t'aspire la brume et vais tailler ma jungle

     

     

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    tiniak ©2016 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • bénitencier

    Que font les dieux, ce soir ? Ils n'ont pas dit ton nom
    Leur chandelle est un lieu perdu de guerres lasses
    Quand ta lune est levée, qu'y peut la Lune, au fond ?
    Suffise à nos carnés de s'offrir une passe

    Le soleil est plus franc, mon ombre dans ton dos
    D'un soupir étouffé, annonce-moi le faste
    Au sortir de l'oubli, dis-moi l'heure à nouveau
    Ouvre le ciel en grand, ton regard est plus vaste

    Offre ton rire au vent, qu'il me rejoigne ici
    Pauvre, l'oreille sourde à nos chants entendus
    L'orage a disparu avec ton dernier cri
    Quelle histoire ignorée me réclameras-tu ?

    Ô miel ! Ô nougatine ! Oh, c'est bon d'avoir faim !
    En dévorant mes yeux, épouse mon haleine
    Çà, tu m'auras saisis au moment opportun
    le ventre plus béant qu'une secrète peine

    Tu craches sur la croix, je te lave les pieds
    dépose entre ces mains une larme sincère
    Je bois ton vain de messe en mon bénitencier
    Il fleure, en ce Par Don, nos allants éphémères

    Tu viens presser mon front sur ton sein maternel
    Le matin ne sait plus quelle est sa latitude
    Qu'importe, je respire un divin hydromel
    L'esprit n'y fut jamais si près de l'hébétude

    Et tant pis si les dieux n'ont plus voix au chapitre
    je lis à ton pupitre une consécration
    autrement dévolue à notre fibre, arbitre
    où l'instant fraternel emporte la passion

     

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    tiniak ©2013 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK