Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

manifeste poétique - Page 2

  • Onzième nuit

    C'est bientôt la douzième nuit, ma chère alarme
    Choisis-le avec soin l'œil qui va se fermer
    Par l'autre, grand ouvert, un monde va passer
    Déjà, le Lent Demain vient déposer les armes
     
    Sur ses genoux de vieille est tombée, rousse, l'heure
    Ses cheveux colorés pissent dans les nuages
    La ville ramassée dégrafe ses corsages
    Dans un demi-sommeil, tremblent d'anciens bonheurs...
     
    « D'où m'es-tu revenu, catastrophique amour ?  »
    « Comme on t'a bien coiffée, ma sublime grand-mère !  »
    « Oui, c'est après ton sein que j'ai couru, Mystère...  »
    « Ma fille à quatre mains vient chanter dans ma cour »
     
    Les bruits de cette nuit se rhabillent d'orange
    Une idée après l'autre, un règne d'oubli croît
    Tout se résume enfin à ma dernière foi
    Au premier coup sonné, j'entends pleurer mes anges
     
    Et ça vibre là-haut, dans le ciel incertain !
    (je n'en crois pas un mot, mais c'est bon de le dire)
    Ah, ça y est ! J'ai brisé la forme et son empire
    autant y retourner, c'est toujours du bon pain...
     
    « Encore une chanson, s'il-te-plaît, ma mémoire...  »
    « Bon, le numéro neuf... Va pour la nostalgie...  »
    « De toutes, je suis veuf ! et voilà l'ironie...  »
    « J'aime tant ces fantômes, leur faconde, leur gloire... »
     
    Là, au septième coup, je ne fais plus le fier
    Avec cet œil fermé, j'ai l'air d'être imbécile !
    Je me sens égaré, en volontaire exil
    Le monde me pénètre, et c'est pas mince affaire !
     
    Une pèche écrasée me ravive la bouche
    Une vaste nuée prépare son vacarme
    Une mort annoncée n'arrache aucune larme
    Un malingre poucet regrette un peu sa couche
     
    « Bonsoir, tristes mortels aux sourires béats !  »
    « Allez ! Vous revoilà, musique et tes visages...  »
    « Quoi... ?! Je les ai signés mes plus-vibrants-z'hommages !  »
    « Ah, non ! Foin des missels au maussade nougat… »
     
    Purée sans champignons, la nuit avance vite
    Le doute qui s'invite a le goût de ta chair
    - toi, qui m'auras tué plus qu'une fois hier...
    Je garde un œil fermé sur ta larme hypocrite
     
    Par l'autre, un monde passe et me vide les sangs
    La nuit se rafraîchit, même si loin du fleuve
    Quelques belles z'amours s'illusionnent de preuves
    Leur vie, de guerre lasse, isole, incidemment
     
    « Bon, c'est bien beau tout ça, mais on touche à l'ultime...  »
    « L'aube ne viendra pas, je l'ai décommandée...  »
    « Que s'arrête mon pas, mais perdurent mes fées !  »
    « Plus rien à condamner, revenons à l'infime »
     
    Mais l'aurore déjà lève son hypothèque
    Le rêve doit finir
     
     
    3576727618.JPG
    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    écrit le 24 août 2014, date anniversaire pour tous ceux qui lui furent chers et l'ont aimée.

  • immobile pugilat

    Pour ce nouveau reflet de ta belle personne
    voici l'or annoncé dans le ciel qui résonne
     
    Une ombre a dépassé l'heure de se revoir
    où la duplicité s'offre un nouveau boudoir
     
    Glisse une main plus haut, que vibre cette scène
    et sa lutte au cordeau avec les meubles chêne
     
    It lives on a fake, you see, le vilain soir
    dont tu te prémunis derrière un cheveu noir
     
    La vie t'arrache un œil, mets dans l'autre ton âme !
    depuis son vaste seuil en réchappent tes flammes
     
    Avalanche de mots, les pas dans le couloir
    tiennent dans ta photographie, dans son miroir
     
    Tu floutes les parties qui disent qui tu es
    dans les bras reverdis d'un fauteuil fatigué
     
     
     

    Gaëna da Sylva,photographie,sensuelle,nip,seat

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour une photographie de Gaëna da Sylva
     
  • split et ideat

    Tant de foi mise à la pesée
    sans pouvoir en tirer parti ?
    Quoi d'hier en cet aujourd'hui
    ouvre des raisons d'espérer ?
     
    Ils font le moins bon, le meilleur
    du sentiment, de l'esprit, l'âme
    d'un bord à l'autre de la trame
    tissent, navettes, les humeurs
     
    De sang, de platine, d'argile
    d'herbe écrasée sous le pas lent
    (et sourd, et peut-être innocent)
    l'enchevêtrement, fil à fil
     
    Que survienne au plus pur dessein
    l'accidentelle déchirure
    une apaisante tessiture
    vibre sous de câlines mains
     
    Comme le rêve est insipide
    est la joie sans lumineux ors
    quand ils n'ont pas pris leur essor
    depuis les terreaux apatrides
     
    De même, toi qui n'es plus rien
    que l'idée que j'ai pu m'en faire
    je raccommode ton mystère
    à mon intime va-et-vient
     
    Qu'importe qu'au-delà des nues
    jeté sans espoir de retour
    mon regard poursuive son cours
    cette errance le constitue
     
    Je demeure à mon postulat
    rigoureux, l'artisan fidèle
    de l'hasardeuse ritournelle
    filant le split et l'idéat
     
     

    métier à tisser

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     
  • Tant que le sable y est...

    Immuablement si changeante
    que l'est la frange littorale
    aux chromatiques vespérales
    se maquille d'humeurs l'attente
     
    Au bout, tintera le signal
    d'un nouvel égal sentiment
    mais c'est ici, dans le suspens
    que chaque instant m'est un régal
     
    Parvenu à l'intersection
    de la mer et sa métaphore
    au sablier, je boude encore
    l'inévitable solution
     
    En acrobate, j'improvise
    une mâchoire à crémaillère
    pour empêcher que l'hémisphère
    ne s'écoule trop à sa guise
     
    Sur ce rivage, il n'y pas foule
    que des songes panoramiques
    et des lueurs antinomiques...
    De l'autre côté, c'est le moule !
     
     

    crémaillère

    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire - tiki#218  
  • pluvieux oubli

    Une pluie déliant les ciments sédentaires 
    entraîne dans son jus les pavés de la route 
    Le pas cherchant dessus l'équilibre sans doute 
    eut tort d'y engager sa démarche trop fière 
     
    La boue qui s'est formée révèle des visages
    qui furent davantage à l'hier qu'au présent
    les puissants frontaliers de vastes océans
    d'où se levaient au soir les sublimes présages
     
    Quels noms jetés par eux jusques aux dieux anciens
    pour plaider leur moisson de répit séculier
    furent ainsi gobés que le fruit saisonnier
    dont le noyau craché ne fertilise rien ?
     
    Pour eux, j'ai tué mon fils avec la meute au cul
    braillant je ne sais plus quel air abominable
    pour n'en tirer parti ni gloire inaliénables
    mais le droit d'oublier comme j'ai mal vécu
     
    Et me voici, mille ans peut-être après ce jour
    à contempler le cirque incertain du vivant
    le pied ferme, serein, et me précipitant
    vers mon prochain désastre, son dernier amour
     
    Le caniveau rempli charrie des flots de bulles
    tandis que la chaussée couve ses vieilles traces
    Chacun, le pavé nu rivé à la godasse
    navigue son oubli en maître funambule
     
    Lève les bras au ciel, plaide un jour... et sa nuit...
    Lève les bras au ciel et tombe dans la pluie
     
    2956240071.jpg
    tiniak ©2014 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    pour un Impromptu Littéraire  - tiki#206